"Il n'y a pas d'exigence plus forte pour le gouvernement que la lutte contre le chômage". Le diagnostic était bon, dommage que les remèdes soient aussi vains. Ne pouvant retenir les emplois, ne disposant plus de souveraineté
suffisante pour jouer sur les leviers monétaires et budgétaires, et n’ayant pas
assez de crédibilité pour tenir tête aux Etats-Unis et aux pays émergents, l’exécutif
français, en la personne de François Hollande, nous ressort l’urgence d’une
politique de flexi-formation obligatoire des demandeurs d’emploi, semblant ignorer
qu’elle n’a pas permis de relancer les indicateurs économiques sous la mandature précédente (c'est le moins qu'on puisse dire). Les
chômeurs ne souffrent pas, pour la plupart, d’un manque de formation, mais d’un
manque de perspectives pertinentes et décentes. Alors, sauf à vouloir faire le jeu du
patronat (ne surtout pas le toucher, autrement que superficiellement ou apparemment !), cette
politique produira les mêmes effets qu’hier et restera socialement
sous-optimale.
Le gouvernement social-libéral rêverait que les demandeurs
d’emploi, tels le facteur travail des modèles micro-économiques, s’adaptent au
marché, sans avoir besoin de remettre en cause les traités européens, l’euro et
la mondialisation. Hélas pour son futur bilan, la réalité est plus complexe et
les travailleurs n’acceptent pas si facilement d’être formés et reformés, bringuebalés de stages en CDD, traités comme des marchandises
et de simples variables d’ajustement. Il pourra bien multiplier les
déclarations volontaristes et les formations proposées par Pôle Emploi, cela ne
n’endiguera pas les délocalisations et donc ne résorbera pas le chômage. Comme l’Etat ne peut plus s’endetter davantage ni demander un surcroît d’efforts de
solidarité aux actifs, on peut aisément en déduire que notre cher Président,
loin d’être responsable et honnête, nous conduit dans une impasse dont la seule
vertu sera d’exposer au grand jour et au grand public les incohérences et
mensonges grossiers du système.
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lundi 4 mars 2013
lundi 19 novembre 2012
ÉLECTION DU PRÉSIDENT UMP : MOI J'AI DIT PRIMAIRE, COMME C'EST PRIMAIRE
Après s’être gaussée des irrégularités du congrès PS de Reims (2008) et avoir applaudi sportivement la primaire socialiste de l’an passé, l’UMP se devait d’être exemplaire dans l’élection de son président. "A droite aussi on peut être démocrate,et on va le montrer !", pensait-on, confiant. Trop confiant. Car les
deux candidats en lice, Jean-François Copé et François Fillon, n’auront réussi
qu’à se ridiculiser en revendiquant chacun précocement la victoire, le tout
entre deux suspicions de fraude (Nice en particulier), qui s’évanouirent
d’ailleurs comme par enchantement.
Copé casaque « décomplexée » fut le premier à grimper sur le podium, suivi de près par Fillon casaque « modérée ». Peut-être dopé aux pains au chocolat et visiblement fâché avec le protocole électoral, Jeff accomplit l’impensable : anticiper le verdict de la COCOE (non comestible, c'est la commission électorale qui est censée officialiser le résultat et recompter en cas de litige). Coup d'état ! Crime de lèse-légitimité ! Sortez le carton rouge, monsieur l'arbitre ! Le rejeton spirituel de Chirac et Sarkozy se révéla plus Bonaparte (voire Napoléon) que le président sortant, en s’autoproclamant vainqueur de l’élection au nez et à la barbe sidérés du camp Fillon.
Ses rivaux dénoncèrent à demi-mot une opération de communication pour ne pas dire de manipulation : "C'est comme si dans une élection présidentielle n'importe qui pouvait se déclarer vainqueur (...) Ce serait suspect", lança la porte-parole de campagne fillonniste, Valérie Pécresse, abasourdie et un brin énervée, en pleine joute technique avec le copéiste Franck Riester sur BFMTV. Mazerolle, malicieux, en profita pour tancer cette bande de cancres thermophiles : "La réforme scolaire est effectivement nécessaire, car à l'UMP vous ne savez pas compter !"
En résumé, une soirée d’embrouilles, de propos acides maugrées à droite,et encore à droite, ping-pong empoisonné entre les uns et les autres. Ridicule, pas sérieux, et surtout suicidaire pour un mouvement qui s’était déjà vu ravir tous les pouvoirs au Parlement et dans les régions. La gauche n'en demandait pas tant. Marine Le Pen non plus. A l'heure actuelle, le résultat n'est toujours pas connu, l'UMP possède donc deux présidents pour le prix d'un. Alors les gars, que se passe-t-il quand, en pleine guerre des chefs et des clans, deux partisans de la méthode Coué s'affrontent ? On tranche le noeud gordien par la méthode Couac ?
Pas encore élu, le nouveau président de l'UMP est déjà affaibli. On ne change pas une formule qui perd, finalement.
Copé casaque « décomplexée » fut le premier à grimper sur le podium, suivi de près par Fillon casaque « modérée ». Peut-être dopé aux pains au chocolat et visiblement fâché avec le protocole électoral, Jeff accomplit l’impensable : anticiper le verdict de la COCOE (non comestible, c'est la commission électorale qui est censée officialiser le résultat et recompter en cas de litige). Coup d'état ! Crime de lèse-légitimité ! Sortez le carton rouge, monsieur l'arbitre ! Le rejeton spirituel de Chirac et Sarkozy se révéla plus Bonaparte (voire Napoléon) que le président sortant, en s’autoproclamant vainqueur de l’élection au nez et à la barbe sidérés du camp Fillon.
Ses rivaux dénoncèrent à demi-mot une opération de communication pour ne pas dire de manipulation : "C'est comme si dans une élection présidentielle n'importe qui pouvait se déclarer vainqueur (...) Ce serait suspect", lança la porte-parole de campagne fillonniste, Valérie Pécresse, abasourdie et un brin énervée, en pleine joute technique avec le copéiste Franck Riester sur BFMTV. Mazerolle, malicieux, en profita pour tancer cette bande de cancres thermophiles : "La réforme scolaire est effectivement nécessaire, car à l'UMP vous ne savez pas compter !"
En résumé, une soirée d’embrouilles, de propos acides maugrées à droite,et encore à droite, ping-pong empoisonné entre les uns et les autres. Ridicule, pas sérieux, et surtout suicidaire pour un mouvement qui s’était déjà vu ravir tous les pouvoirs au Parlement et dans les régions. La gauche n'en demandait pas tant. Marine Le Pen non plus. A l'heure actuelle, le résultat n'est toujours pas connu, l'UMP possède donc deux présidents pour le prix d'un. Alors les gars, que se passe-t-il quand, en pleine guerre des chefs et des clans, deux partisans de la méthode Coué s'affrontent ? On tranche le noeud gordien par la méthode Couac ?
Pas encore élu, le nouveau président de l'UMP est déjà affaibli. On ne change pas une formule qui perd, finalement.
mardi 13 novembre 2012
HOLLANDE : SA DÉCLARATION DE GUERRE CONTRE LA SOUVERAINETÉ SYRIENNE
Suite de l'indignité nationale. Durant sa première conférence de presse, le mardi 13 novembre à l'Elysée, François Hollande aura confirmé le peu d'estime qu'il a pour la souveraineté des peuples, signifiant en creux que la France s'apprêtait à réarmer les mercenaires djihadistes illégitimes et à préparer une issue libyenne à la crise en Syrie :
« J’annonce ici que la France reconnaît la coalition nationale syrienne comme la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement de la Syrie démocratique permettant d’en terminer avec le régime de Bachar al-Assad. »
mardi 14 août 2012
100 JOURS DE HOLLANDE : DÉJÀ L'ABDICATION ET L'EXIL
Au lendemain de la nuit d'émeutes à Amiens (plusieurs policiers blessés), le bon président Hollande nous a fait l'insigne honneur d'interrompre durant quelques minutes ses congés payés, pour réaffirmer sa volonté "ferme" de lutter contre la délinquance. Son arme ultime ? Manuel Valls, le chasseur de Roms sur les traces de son prédécesseur UMP Claude Guéant. Rien de neuf en somme. "Paroles, paroles". Napoléon avait choisi l'aigle pour le représenter, le peuple choisira bientôt le coucou pour figurer le "règne de Normal Ie", dont les promesses criées sonnent comme des suppliques affamées aux travailleurs Français : "Nourrissez-moi s'il vous plaît ! Payez-moi mes vacances !" Le changement ? Jamais, probablement. Mais ce qui est sûr que c'est que la rentrée sociale pourrait bien annoncer un nouveau slogan tacite : "La déception, c'est maintenant !"
jeudi 22 mars 2012
NICOLAS SARKOZY L'A ENFIN SON PATRIOT ACT A LA FRANÇAISE !
Game over et pas de jugement pour le jeune Mohamed Merah. Le tueur présumé de Toulouse a été "neutralisé" par le Raid à l'issue d'un assaut épique et de 32 heures de suspens, devenant de fait un tueur avéré. Ce qu'on sait pour l'instant, c'est que l'homme serait mort au sol, dehors, après avoir sauté de la fenêtre de son appartement du rez-de-chaussée, vraisemblablement abattu par une balle de la police après avoir "présenté une forte résistance et usé 300 cartouches".
Le Président, solennel, salue le Raid et fait taire les rumeurs...
L'enquête sera chargée de lever le voile (sans jeu de mot), sur son passé, afin de vendre à l'opinion un portrait un tant soit peu crédible. Mais déjà, pour faire taire les critiques naissantes, notamment des proches de Hollande, quant aux possibles défaillances des services de renseignement qui suivaient le "djihadiste" supposé, Nicolas Sarkozy a tenu à reprendre l'initiative publiquement et significativement. Durant une courte allocution élyséenne, il a ainsi reconnu en creux que les failles du système judiciaire et préventif concernant l'anti-terrorisme appelaient des réformes immédiates.
Avant de convoquer le candidat Sarkozy pour corriger ses lacunes
Montant la tension d'un cran, il a souhaité en particulier pénaliser tous ceux qui pourraient dorénavant diffuser ou participer à la propagande de l'extrémisme, notamment de l'islam radical : sanction de la consultation de sites Internet qui encouragent les actes terroristes et l'endoctrinement islamiste, interdiction du prosélytisme djihadiste dans le milieu carcéral et de séjour dans des camps d'entraînement en Afghanistan ou au Pakistan...
L'occasion rêvée de justifier le cap "à droite toute !"
"Que ne l'a-t-il fait plus tôt ?" pourrait-on se demander. La réponse est peut-être à chercher du côté de l'analogie idéologique entre Nicolas Sarkozy et celui qui fut (ou reste) son modèle... Souvenons-nous que lorsque George Bush Jr voulait justifier le renforcement de sa politique sécuritaire, il instrumentalisa (pour ne pas dire plus...) les attentats du 11 septembre 2001 pour faire voter le Patriot Act. Certaines mesures ne peuvent en effet passer dans l'opinion et au Parlement qu'après un traumatisme national suffisant...
Le Président, solennel, salue le Raid et fait taire les rumeurs...
L'enquête sera chargée de lever le voile (sans jeu de mot), sur son passé, afin de vendre à l'opinion un portrait un tant soit peu crédible. Mais déjà, pour faire taire les critiques naissantes, notamment des proches de Hollande, quant aux possibles défaillances des services de renseignement qui suivaient le "djihadiste" supposé, Nicolas Sarkozy a tenu à reprendre l'initiative publiquement et significativement. Durant une courte allocution élyséenne, il a ainsi reconnu en creux que les failles du système judiciaire et préventif concernant l'anti-terrorisme appelaient des réformes immédiates.
Avant de convoquer le candidat Sarkozy pour corriger ses lacunes
Montant la tension d'un cran, il a souhaité en particulier pénaliser tous ceux qui pourraient dorénavant diffuser ou participer à la propagande de l'extrémisme, notamment de l'islam radical : sanction de la consultation de sites Internet qui encouragent les actes terroristes et l'endoctrinement islamiste, interdiction du prosélytisme djihadiste dans le milieu carcéral et de séjour dans des camps d'entraînement en Afghanistan ou au Pakistan...
L'occasion rêvée de justifier le cap "à droite toute !"
"Que ne l'a-t-il fait plus tôt ?" pourrait-on se demander. La réponse est peut-être à chercher du côté de l'analogie idéologique entre Nicolas Sarkozy et celui qui fut (ou reste) son modèle... Souvenons-nous que lorsque George Bush Jr voulait justifier le renforcement de sa politique sécuritaire, il instrumentalisa (pour ne pas dire plus...) les attentats du 11 septembre 2001 pour faire voter le Patriot Act. Certaines mesures ne peuvent en effet passer dans l'opinion et au Parlement qu'après un traumatisme national suffisant...
mardi 28 février 2012
LA LOI PÉNALISANT LA NÉGATION DU GÉNOCIDE ARMÉNIEN JUGÉE INCONSTITUTIONNELLE
"Le Conseil constitutionnel a jugé qu'en réprimant la contestation de l'existence et de la qualification juridique de crimes qu'il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels, le législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l'exercice de la liberté d'expression et de communication", indique le communiqué des Sages. En clair, la plus haute juridiction française reconnaît et rappelle que ce n'est pas au législateur d'édicter une Histoire officielle. Le président de la République va proposer un nouveau texte, mais d'ici là les précédentes lois mémorielles conservent pleinement leur caractère exceptionnel au sein des lois sur la liberté d'expression et de presse...
Qu'elle se soit ou non inclinée devant des pressions politiques d'Ankara, la loi française fait du moins fi de toute cohérence, n'étant guère troublée par l'affirmation d'un nouveau "deux poids deux mesures" législatif. Le motif du Conseil est parfaitement légitime : il se range derrière l'un des principes inaliénables et fondamentaux de notre république. Il est en outre si explicite qu'il pourrait former en la matière une nouvelle jurisprudence, si demain une action juridique était menée pour abolir les lois d'exception. Seulement, le rôle proverbial d'une exception reste celui qu'on sait : confirmer la règle...
Qu'elle se soit ou non inclinée devant des pressions politiques d'Ankara, la loi française fait du moins fi de toute cohérence, n'étant guère troublée par l'affirmation d'un nouveau "deux poids deux mesures" législatif. Le motif du Conseil est parfaitement légitime : il se range derrière l'un des principes inaliénables et fondamentaux de notre république. Il est en outre si explicite qu'il pourrait former en la matière une nouvelle jurisprudence, si demain une action juridique était menée pour abolir les lois d'exception. Seulement, le rôle proverbial d'une exception reste celui qu'on sait : confirmer la règle...
lundi 23 janvier 2012
MON ODE EN DEMI-TEINTE A FRANÇOIS HOLLANDE (MEETING DU BOURGET)
Et puis la mémoire sollicitée.Tous ces souvenirs, conscients, inconscients, les déceptions qui ressortent : des erreurs multiples de la gauche depuis 1983, aux vraies fausses illusions du candidat Sarkozy, le magicien de 2007 devenu depuis un pantin désarticulé, presque pathétique, maigre, essoufflé, chancelant à l'image de son quinquennat écoulé. Enfin, ces paroles vraies qui touchent, vont droit au cœur. Ce diagnostic clair et net, évident presque, malheureusement évident : l'aggravation des déficits ; le mot qui, selon Hollande, résume les 5 ans voire les 10 ans de la droite UMP "dégradation" ; l'accaparement du pouvoir par une minorité, une oligarchie que le candidat socialiste n'a pas hésité à qualifier d'"aristocratie"... Oui tout cela est certainement pertinent. Voilà quelles furent mes premières impressions spontanées. Ensuite, vient l'épreuve de vérité, celle de la raison qui revient à l'esprit et des pieds qui retombent sur terre. Et là, je dois avouer que je ne peux que porter un jugement mitigé.
Première méthode pour convaincre : se présidentialiser en s'élevant ostensiblement au-dessus du débat partisan. Ne nommant jamais Nicolas Sarkozy, il aurait pu y parvenir... s'il n'avait préalablement fixé son cap par opposition aux politiques de droite ; un exemple à ne pas suivre, dont il s'appliqua par conséquent à lister tous les travers. Candidat certes, mais homme de gauche avant tout. Une affiliation assumée, jusqu'au rappel de son propre itinéraire, de cet enfant né de normands conservateurs qui ne subit pas le socialisme mais le choisit. Chassez le naturel... Donc oui, dans ce discours, François Hollande est apparu en socialiste, bien plus qu'en rassembleur national.
Deuxième nécessité stratégique pour se poser, si ce n'est en rassembleur du peuple français, du moins en rassembleur de la gauche : synthétiser les propositions de ces anciens rivaux de la primaire, et au-delà, ratisser le plus large possible, du centre à l'extrême-gauche, en passant par les préoccupations écologistes. En peaufinant son discours, François Hollande n'aura oublié de flatter aucun allié potentiel. Et surtout pas ceux qui ne le ménagèrent pas ces dernières semaines, à savoir les membres de la fameuse "aile gauche de la gauche" (Hamon, Emmanuelli, Montebourg).
Troisième méthode : un fil rouge. Rouge, c'est le cas de le dire. Son nouveau leitmotiv, il le rôda mercredi lors de sa mini-conférence avec Stéphane Hessel aux Journées de Nantes: "je n'ai qu'un seul adversaire ; il n'a pas de nom, pas de visage. C'est le monde de la finance". Ambitieux, noble et surtout malin d'éviter la guéguerre stérile et sempiternelle gauche-droite, devenue indigeste pour l'électorat. Néanmoins, pour tout vous dire, je ne crois pas en la puissance de cette conviction. Pas une seule seconde. Qu'il ait entendu les doléances des classes populaires à travers le Front de gauche et repris, presque mot pour le mot, la sentence de Jean-Luc Mélenchon, cela ne fait aucun doute. Mais qu'il soit un jouteur crédible, en lice pour défaire cet ennemi tentaculaire, terminant son mandat victorieux, là où Sarkozy n'aura été qu'impuissant, ça c'est une autre histoire.
Les idées demandent du temps pour mûrir, les moyens d'actions politiques encore plus pour bâtir un édifice pérenne. "Le changement c'est maintenant", "L'esprit de la force", "La volonté". On a presque envie de lui dire, "tais tes intentions, et économise tes paroles, François, c'est demain que tu auras besoin de ton énergie". Quelle arme compterait-il, pourrait-il utiliser, hormis l'imposition ? Une lance insuffisante et mouchetée...
Sur le fond, les principaux thèmes d'actualité furent abordés. François Hollande surprit même les observateurs en anticipant certaines propositions concrètes et chiffrées. Il s'engagea notamment pour le retour de la retraite à 60 ans à taux plein avec 41 annuités, la création, confirmée, de 60 000 postes d'enseignant à effectif fonctionnaire constant, le retour à l'équilibre budgétaire d'ici 2016, l'inscription dans la Constitution de la loi de 1905 sur la laïcité, le droit de vote accordé aux étrangers dans les élections locales, l'élévation du taux de la dernière tranche de l'ISF à 45%, l'abaissement de 30% de la rémunération de l'exécutif, le doublement du plafond du livret A, le mariage homosexuel et l'adoption par les couples homoparentaux, l'interdiction des stock options, exiger des entreprises qui délocalisent qu'elles remboursent leurs aides publiques...
D'autres propositions restèrent plus allusives : faire de l'éducation et de la jeunesse sa priorité ; rétablir la justice partout (fiscale avec la fusion IRPP-CSG, financière par la taxe Tobin) et en finir avec les "petits caïds de quartier" ; équilibrer le mix énergétique (réduire la part du nucléaire, favoriser la recherche et le développement dans les énergies renouvelables et les économies d'énergie) ; séparer les activités de dépôt et d'affaires dans les banques, et mettre en place une banque d'investissement pour les PME ; préserver l'indépendance à la presse ; généraliser l'internalisation des coûts par le système "pollueur-payeur", notamment en surtaxant les produits étrangers (protectionnisme européen) ; remplacer Hadopi par une autre loi qui équilibrerait davantage les intérêts des créateurs et du public ; encadrer les loyers ; construire plus de logements sociaux ; organiser le retrait des troupes françaises d'Afghanistan sans attendre ; accroître la pression française sur le conseil de sécurité de l'ONU pour s'interposer en Syrie ; lutter contre un encadrement et un renforcement des relations franco-allemandes...
Emporté par son idéalisme de gauche, il se contenta d'inviter les électeurs séduits par le vote extrême ou l'abstention à plus de "confiance". Comme Nicolas Sarkozy avant lui, il se trompe de problème, en oubliant que la peur n'est pas qu'un phénomène irrationnel et qu'il ne suffit pas d'un discours volontariste pour l'éradiquer : des actes forts sont d'autant plus nécessaires qu'elle se fonde sur une extension réelle des clivages sociétaux et du chômage structurel. Bien sûr, l'espoir est une vertu porteuse de progrès, mais on ne gouverne plus en 2012 comme on le faisait en 1981. Et les électeurs qui se sont éloignés de la gauche durant ces trente dernières années savent très bien pourquoi ils l'ont fait. Ce qui paraît primordial aux déçus de l'UMP et du PS, il ne l'a pas identifié ou du moins ne souhaite-t-il pas en faire un axe de campagne. En particulier, il n'a pas compris que les valeurs conservatrices de droite ne sauraient se réduire à des questions contingentes, ni ne concerner que les alliés de la finance. Il lui restera jeudi une seconde chance de préciser les détails et le chiffrage de son programme.
Plus on se rapproche de l'échéance, plus les candidats exhibent leurs tripes, s'expriment de façon plus personnelle. Mélenchon et Le Pen dans le registre de la fronde et de la colère. François Bayrou dans la critique mesurée et la sérénité. François Hollande lui aussi est en train de se découvrir à nous, de se découvrir à lui. Il ne reste plus que le candidat de droite. J'ai parié que Nicolas Sarkozy, par un mauvais tour du destin ou par le vox populi, ne serait pas présent au second tour. J-91. Nous serons bientôt fixés♦
jeudi 19 janvier 2012
SARKOZY DEMANDE À ÊTRE SANCTIONNÉ : FAITES-LUI PLAISIR !
La vidéo tourne beaucoup sur le net depuis 2 jours et c'est bien légitime. Avant d'être élu en 2007, Nicolas Sarkozy y précise expressément le cahier des charges du futur président de la République : obligation de résultat et sanction électorale si le taux de chômage dépassait les 5%. Tout bon citoyen français et cohérent sait donc à quoi s'en tenir...
lundi 7 novembre 2011
HOLLANDE ET UNE CERTAINE PRESSE : PRAVDA FOREVER
En réalité, le pari est très risqué pour le PS, car la naïveté populaire perdure bien moins que certaines méthodes de propagande. Un martèlement aussi effréné peut en effet interroger sur la crédibilité réelle de François Hollande. A moins qu'il ne soit que la traduction d’un mauvais pressentiment, au lendemain de la déclaration de candidature de Jean-Pierre Chevènement, de triste mémoire. De l'art de conjurer le sort sans y paraître...
jeudi 22 septembre 2011
KARACHI - LE DÉMENTI OFFICIEL DE L’ÉLYSÉE : "ATTRAPÉ LA MAIN DANS LE SAC ?"
Voici le communiqué officiel de l'Elysée publié ce jour sur le site www.elysee.fr, visant à démentir les accusations mettant en cause Nicolas Sarkozy et son entourage direct dans le dossier Karachi.
"Communiqué de la Présidence de la République :
La Présidence de la République tient à apporter les précisions suivantes :
- M. Nicolas SARKOZY n'a jamais dirigé la campagne de M. Edouard BALLADUR.
- Il n'a jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne. Il en était le porte-parole.
- S'agissant de l'affaire dite de « Karachi », le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier. Il n'a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier. Il y est donc totalement étranger d'autant plus qu'à l'époque où il était ministre du Budget, il avait manifesté son hostilité à ce contrat comme cela apparaît dans les pièces de la procédure.
- Les familles des victimes de l'attentat de Karachi ont droit à la vérité et au respect de leur souffrance.
Tout le reste n'est que calomnie et manipulation politicienne."Problème : pour savoir si le nom de Nicolas Sarkozy a été mentionné ou non dans le dossier protégé du secret de l'instruction, il aurait fallu que l'exécutif le viole. Une "République irréprochable" qu'il promettait, c'est cela ?
mardi 23 août 2011
lundi 4 juillet 2011
"DSK INNOCENT", L'OXYMORE AMORAL
4 juillet 2011. Independance day outre-Atlantique. Trêve des affaires là-bas. Et trêve de plaisanterie ici : DSK ne peut en aucun cas être “martyre” ou “victime”. Il y a une vérité intermédiaire entre “100% coupable” et “100% innocent”, et le choix des termes est signifiant tant du strict point de vue sémantique que des orientations politiques qu’ils portent.
Certains amis de l’ex-patron du FMI l’ont bien compris, eux qui, sans nuance aucune, l’ont déjà réhabilité, voire béatifié. L’homme a souffert. Beaucoup souffert. Pas mort en martyre, mais martyrisé symboliquement, abattu médiatiquement. Soif de justice. Fini le “Tiens l’puissant, prend ça dans tes dents ! Néo-colonisateur qui a voulu abuser d’une femme noire, humble et pieuse !”
La première réparation, avant les futurs dommages et intérêts et autres conséquences juridiques pour la menteuse Nafissatou Diallo, appartient au champ de la politique intérieure. Il s’agirait de reporter la date de clôture des candidatures aux primaires, pour faire coïncider l’acquittement de l’accusé avec le timing électoral. “Légitime !” Vraiment ?
Autant je peux comprendre qu’on réaménage le calendrier des primaires pour un ténor du parti victime d’un accident ou d’une manigance totalement indépendante de sa volonté, autant il serait coûteux de discréditer les primaires tant attendues en les accommodant pour un homme qui “au mieux” a trompé sa femme, au pire a violé une femme de chambre. Un ami m’a dit hier “Dans tous les cas, si DSK revient dans la course aux primaires, pour se présenter ou pour soutenir ses alliés, il offrira un cadeau empoisonné aux socialistes ; ce sera la nouvelle machine à perdre de la gauche !”
Comment pourrait-on en effet confier les rênes d’une nation à un homme qui a du mal à tenir ses propres rênes et ses reins ? Un épris de la lettre médiane de “toqué”, dont on se demanderait en permanence s’il n’a pas rechuté durant le dernier sommet mondial avec telle Allemande, Anglaise, Américaine ou Chinoise. Ah ça pour redresser, il redresserait, Dom’ ! Et pas que les finances. Terrible de passer si vite de “chance de la gauche, DSK la gâchette” à ce statut de “Pervers pépère la défaite” . Il a perdu sa crédibilité, et ne saurait en aucuns cas être “blanchi”. Terme inapproprié en plus d’être vulgairement équivoque.
Certes, l’homme, économiste compétent, qui se serait bien passé de l’emballement médiatique, aspirera à se reconstruire, personnellement, politiquement. S’il est relaxé, il devra s’expliquer. Oui, l’ordre de la séquence peut paraître illogique, mais c’est ainsi lorsque l’accusation s’effondre sous une plaignante grevée d’erreurs et de parjure, et qu’il n’y a aucun autre témoignage direct à charge. Un non-lieu probable et il retrouvera bientôt son passeport et son entière liberté de déplacement … et la malédiction d’un châtiment perpétuel. Car à peine aura-t-il posé le pied sur le territoire français qu’une autre affaire de mœurs l’attendra.
Il y a quelques jours je me risquais à une anticipation :
Les socialistes ont attendu tout le week-end la réaction de Martine Aubry à la (dé)veine et nouvelle donne politique. C’est finalement dimanche soir qu’elle a rassuré ses partisans tout en ménageant les plus ardents strauss-kahniens : “Quoi qu’il arrive, je maintiens ma candidature […] Personne n’osera opposer à Dominique un quelconque calendrier”. On notera la proximité amicale assumée, mais aussi le traitement de faveur qui sacrifie la grande valeur de gauche qu’est l’équité au profit du réalisme des suffrages : pas question de fermer la porte au précédent champion des sondages et à ses aficionados. Une bien périlleuse compromission de la part de l’intransigeante Martine, la garante de l’agenda et du pacte passé avec DSK à Marrakech. Et quelle idée d’être aussi clémente envers un homme politique à ce point infidèle et inconséquent. A moins qu’elle n’ait eu quelque bonne assurance que nonobstant son acquittement aux Etats-Unis, il ne pourrait pleinement se consacrer à sa carrière politique en France. Ce qui expliquerait qu’elle n’envisage pas de désistement précoce pour son ami, pour son allié devenu “rival” le temps d’un été♦
Certains amis de l’ex-patron du FMI l’ont bien compris, eux qui, sans nuance aucune, l’ont déjà réhabilité, voire béatifié. L’homme a souffert. Beaucoup souffert. Pas mort en martyre, mais martyrisé symboliquement, abattu médiatiquement. Soif de justice. Fini le “Tiens l’puissant, prend ça dans tes dents ! Néo-colonisateur qui a voulu abuser d’une femme noire, humble et pieuse !”
La première réparation, avant les futurs dommages et intérêts et autres conséquences juridiques pour la menteuse Nafissatou Diallo, appartient au champ de la politique intérieure. Il s’agirait de reporter la date de clôture des candidatures aux primaires, pour faire coïncider l’acquittement de l’accusé avec le timing électoral. “Légitime !” Vraiment ?
Autant je peux comprendre qu’on réaménage le calendrier des primaires pour un ténor du parti victime d’un accident ou d’une manigance totalement indépendante de sa volonté, autant il serait coûteux de discréditer les primaires tant attendues en les accommodant pour un homme qui “au mieux” a trompé sa femme, au pire a violé une femme de chambre. Un ami m’a dit hier “Dans tous les cas, si DSK revient dans la course aux primaires, pour se présenter ou pour soutenir ses alliés, il offrira un cadeau empoisonné aux socialistes ; ce sera la nouvelle machine à perdre de la gauche !”
Certes, l’homme, économiste compétent, qui se serait bien passé de l’emballement médiatique, aspirera à se reconstruire, personnellement, politiquement. S’il est relaxé, il devra s’expliquer. Oui, l’ordre de la séquence peut paraître illogique, mais c’est ainsi lorsque l’accusation s’effondre sous une plaignante grevée d’erreurs et de parjure, et qu’il n’y a aucun autre témoignage direct à charge. Un non-lieu probable et il retrouvera bientôt son passeport et son entière liberté de déplacement … et la malédiction d’un châtiment perpétuel. Car à peine aura-t-il posé le pied sur le territoire français qu’une autre affaire de mœurs l’attendra.
Il y a quelques jours je me risquais à une anticipation :
Bingo et comble de l’ironie. On a effectivement appris aujourd’hui que l’avocat de Tristane Banon, autre victime présumée du pressant séducteur, a transformé l’avertissement de plainte en plainte effective pour tentative de viol. Contre-attaque immédiate des avocats de Strauss-Kahn avec un dépôt de plainte pour dénonciation calomnieuse. L’objectif est double. D’une part, défendre farouchement une liberté péniblement reconquise ainsi que ce qui lui reste de réputation dans l’opinion, en récusant formellement et sans délai les allégations de la journaliste et romancière. D’autre part, montrer à son accusatrice qu’il est prêt à engager le bras de fer, espérant l’inciter à retirer sa plainte. A peine arrivé sur le territoire, et vlan que ça r’commence.
lundi 6 juin 2011
DSK VS NAFISSATOU DIALLO (GUIGNOLS DE L'INFO)
Extrait des Guignols de l'Info (Canal Plus, 06/06/2011).
Libellés :
Canal Plus,
CIA,
Diallo,
DSK,
FBI,
Guignols,
Hollande,
humour,
info,
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Nafissatou,
Obama,
politique,
président,
Sarkozy,
sondage,
Strauss-Kahn
mardi 31 mai 2011
GUÉANT, PALADIN DE LA NORMALISATION
"Se sentir bien en France". L’intention est bonne. Les moyens et leurs conséquences seraient plus discutables. Dans une tribune du Monde de mercredi, le ministre de l’Intérieur fait ainsi prévaloir l’assimilation à l’intégration des immigrés. "Assimilation" le mot périlleux. Banni même il fut un temps. Dans les années 80, certains enseignants poussaient des cris d’orfraie en l’entendant prononcer par d'impudents élèves. 2011. Une page s’est tournée. Guéant délaisse la morale humaniste pour le pragmatisme. "Il double le FN à droite, une fois de plus !" s’insurge la gauche. La droite répond que ce sont eux, socialistes en tête, les vrais populistes qui refusent de voir la réalité en face, déforment et instrumentalisent les propos, tentent de s’affirmer comme force d’opposition idéologique à défaut d’exister par des projets réalistes. Ping-pong interminable. Dépassons la critique électoraliste et examinons de plus près les propos de Claude Guéant afin de démêler la vérité et le fantasme.
"La France est un pays ouvert, mais elle n’a pas vocation à accueillir des étrangers pour en faire des chômeurs. A cet égard, je pense qu’il est urgent d’adapter notre politique en matière d’immigration du travail à la réalité économique et sociale de notre pays."
Le sieur Guéant, maître de l’ellipse et du raccourci, tenterait-il de rapiécer l’habit républicain en y cousant une équation de couleur frontiste "plusieurs millions d’étrangers = autant de chômeurs" ? Des dizaines d’études et témoignages de chercheurs ont durant ces deux derniers mois rappelé que l’immigration du travail n’a pas un caractère artificiel mais nécessaire et adaptatif : le marché recourt à l’immigration légale pour ses propres besoins d’emplois saisonniers et qualifiés. De fait, la marge de manœuvre des politiques dans le domaine de l’immigration légale est faible. Donc non, la France n’accueille pas des étrangers pour en faire des chômeurs. En outre, elle n’a guère besoin de populations allogènes pour crouler sous les déséquilibres frictionnels et structurels du marché du travail. Et puis voyons Claude, n’oubliez pas que les immigrés ne peuvent pas, comme vous le prétendez, à la fois prendre le travail que des français pourraient occuper et en même temps faire exploser les chiffres du chômage. Un peu de cohérence s’il vous plaît, à moins que votre désir le plus fou soit bien de faire élire Marine en 2012…
Quelle forme prendrait donc "l’adaptation" dont parle le ministre ? La réponse, rimée, se résume en un mot, "assimilation" :
"La France doit offrir à ceux à qui elle ouvre les bras, les conditions d’une intégration voire d’une assimilation réussie […] Les immigrants doivent être fiers d’être accueillis sur le territoire français et se fondre dans un destin collectif […] Ils doivent épouser notre culture, adopter notre façon de vivre et nos valeurs cardinales."
Et la valse des raccourcis vertigineux de continuer. Pour combattre les difficultés économiques et sociales patentes des derniers arrivés, Claude Guéant croît pertinent d’invoquer les mânes de Jules Ferry et de répondre sur le terrain culturel. "Donnant-donnant. La France vous fait confiance. En contrepartie, vous lui devez allégeance culturelle." D’abord, nous ne sommes pas en dictature. La vocation républicaine de la France n’est pas de contraindre les sensibilités ni les modes de vie individuels. C’est heureux car à ce jeu-là, je serais en droit, au nom de mes ancêtres, d’exiger des amateurs de MacDo et d’anglicismes ridicules qui gangrènent notre nation de marcher au pas, et de s’affranchir de ce qui, selon moi, avilit notre héritage chéri. Le fait est que je dois composer avec eux, comme avec tout le monde. Alors bien sûr, on peut concevoir que la tolérance et la protection des libertés puissent chagriner les nostalgiques de l’Ancien Régime, cependant ce qu’on demande à chacun, immigré légal ou indigène, c’est de se soumettre à la loi et non à un rêve. Merci au ministre de l’Intérieur de nous rappeler expressément son incapacité chronique à faire respecter cet impératif.
Allons plus loin, quels sont selon lui les outils de cette assimilation ?
"[…] l’apprentissage de la langue française, de l’Histoire de France, des règles du vivre ensemble qui sont les nôtres et plus largement de tout ce qui fait notre identité."
"La France est un pays ouvert, mais elle n’a pas vocation à accueillir des étrangers pour en faire des chômeurs. A cet égard, je pense qu’il est urgent d’adapter notre politique en matière d’immigration du travail à la réalité économique et sociale de notre pays."
Quelle forme prendrait donc "l’adaptation" dont parle le ministre ? La réponse, rimée, se résume en un mot, "assimilation" :
"La France doit offrir à ceux à qui elle ouvre les bras, les conditions d’une intégration voire d’une assimilation réussie […] Les immigrants doivent être fiers d’être accueillis sur le territoire français et se fondre dans un destin collectif […] Ils doivent épouser notre culture, adopter notre façon de vivre et nos valeurs cardinales."
Et la valse des raccourcis vertigineux de continuer. Pour combattre les difficultés économiques et sociales patentes des derniers arrivés, Claude Guéant croît pertinent d’invoquer les mânes de Jules Ferry et de répondre sur le terrain culturel. "Donnant-donnant. La France vous fait confiance. En contrepartie, vous lui devez allégeance culturelle." D’abord, nous ne sommes pas en dictature. La vocation républicaine de la France n’est pas de contraindre les sensibilités ni les modes de vie individuels. C’est heureux car à ce jeu-là, je serais en droit, au nom de mes ancêtres, d’exiger des amateurs de MacDo et d’anglicismes ridicules qui gangrènent notre nation de marcher au pas, et de s’affranchir de ce qui, selon moi, avilit notre héritage chéri. Le fait est que je dois composer avec eux, comme avec tout le monde. Alors bien sûr, on peut concevoir que la tolérance et la protection des libertés puissent chagriner les nostalgiques de l’Ancien Régime, cependant ce qu’on demande à chacun, immigré légal ou indigène, c’est de se soumettre à la loi et non à un rêve. Merci au ministre de l’Intérieur de nous rappeler expressément son incapacité chronique à faire respecter cet impératif.
Si tout le monde n’a pas de travail en France, certains hauts fonctionnaires d’Etat ne chôment pas, mus qu’ils sont par une conscience nationale qui abolit les frontières de leur champ de compétence. En cas de défection du ministre de l’Education Nationale, pas de panique : Claude Guéant assurerait la relève au pied levé, les mains propres et le front haut. Seulement, il n’existe pas d’hyper-ministre, et les présomptueux qui ont voulu endosser cet habit s’en sont fiévreusement séparés comme d’une tunique de Déjanire. Surtout, l’épigraphe ci-dessus ne peut nous abstraire du problème principal, de ce qui fait l’indignité de notre nation : la négation par une majorité de français d’origine de leurs propres racines. Qu’est-ce qui fait "l’identité française", messieurs du gouvernement ? Vous ne le savez pas, et ne pouvez répliquer que par le constat d’échec des politiques sécuritaires et éducatives… Bon courage à vous pour la traversée du désert qui vous attend après 2012. Le peuple s’efforcera de supporter le mandat d’un socialiste, à moins que dans l’intervalle il ne ressuscite ou n’invente une manière de se délivrer de ses chaînes. [Photo : Reuters / Daniel Joubert]
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lundi 30 mai 2011
PUISSANCE ET JUSTICE : L’ADULTÈRE NÉCESSAIRE
Au-delà de la récompense du travail, il y a deux principales justifications au train de vie et à la rémunération confortables des hauts fonctionnaires d’État : inciter à exercer ces postes à hauts devoirs et responsabilités, et réduire le risque de prévarication, réel ou fantasmé par l’opinion. Car non, indigence et pouvoir n’ont jamais fait bon ménage, et ce n’est pas un hasard. Dans un environnement de mondialisation et de lobbys financiers, il serait bien imprudent de réduire à peau de chagrin les avantages de nos représentants publics. Les exemples abondent dans notre Histoire.
On peut penser à la Monarchie de Juillet, à Louis-Philippe, ce premier et dernier monarque français de l’ère industrielle. Ne conservant plus du prestige royal que le pouvoir nominal, le roi-citoyen ne put jamais stabiliser ses gouvernements. Comparé à ses prédécesseurs et aux chefs républicains qui suivirent il se retrouva marionnette malmenée par l’oligarchie financière, sans puissance ni indépendance vis-à-vis de la bourgeoisie. Ne laissons pas les oripeaux et titres du passé nous aveugler : le cas est plus que transposable, il est d’une modernité brûlante. L’exécutif doit vivre aisément afin de pouvoir gouverner dans la sérénité et la justice. Pour stabiliser les institutions, il se doit d’être inflexible face aux intérêts particuliers.
Au délit du faste ostentatoire, que le couple Strauss-Kahn a réveillé durant ce printemps 2011 avec son triptyque "Porsche-tableaux de maître-appartements de luxe", j’oppose non la justice idéalisée de l’humble, mais le pragmatisme et la richesse nécessaire à la force souveraine.
Au délit du faste ostentatoire, que le couple Strauss-Kahn a réveillé durant ce printemps 2011 avec son triptyque "Porsche-tableaux de maître-appartements de luxe", j’oppose non la justice idéalisée de l’humble, mais le pragmatisme et la richesse nécessaire à la force souveraine.
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lundi 16 mai 2011
DSK ARRÊTÉ, JUGÉ, PLACÉ EN DÉTENTION PROVISOIRE
Il est des cas qui ne laissent personne indifférent. Le lundi 16 mai 2011 aura laissé l'opinion et la classe politique française pantelantes, partagées entre peur, révolte, dégoût, soulagement, allégresse parfois.
Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn n'aura jamais autant fait parler de lui. Plus facile et terrible à comprendre que les mécanismes économiques, le choc des images : arrêté, menotté, médiatisé impitoyablement dans une scénographie typiquement américaine qui fait fi de toute décence. Tout cela n'est pas qu'une procédure habituelle aux Etats-Unis, c'est aussi pour eux une opportunité de vanter avec ostentation l'impartialité de leur justice dans le but d'étayer l'exemplarité de leur modèle démocratique.
Les procureurs, désireux d'avoir le scalp d'« un gros client », ont fait preuve d'une rare combattivité que les journalistes habitués des procès américains n'ont pas tardé à relever. Certains commentateurs se sont même risqués à expliquer un tel zèle professionnel et moral par la manœuvre d'un commanditaire politique. Indépendamment même du statut de DSK, il n'est pas impossible que les Etats-Unis cherchent à se présenter aux yeux du monde comme un modèle de justice exemplaire, afin de faire oublier leurs violations régulières du droit international comme lors du raid contre Ben Laden. Ne pas voir d'agenda derrière une telle séquence d'évènements à la portée mondiale, c'est être dangereusement candide♦
Les procureurs, désireux d'avoir le scalp d'« un gros client », ont fait preuve d'une rare combattivité que les journalistes habitués des procès américains n'ont pas tardé à relever. Certains commentateurs se sont même risqués à expliquer un tel zèle professionnel et moral par la manœuvre d'un commanditaire politique. Indépendamment même du statut de DSK, il n'est pas impossible que les Etats-Unis cherchent à se présenter aux yeux du monde comme un modèle de justice exemplaire, afin de faire oublier leurs violations régulières du droit international comme lors du raid contre Ben Laden. Ne pas voir d'agenda derrière une telle séquence d'évènements à la portée mondiale, c'est être dangereusement candide♦
jeudi 7 avril 2011
GUÉANT VEUT RÉDUIRE L'IMMIGRATION LÉGALE
Et un effet d'annonce à finalité électoraliste de plus, un ! Des mesures purement démagogiques, et presque prévisibles, dans la continuité des débats identitaire-sécuritaires, un clin d'œil de plus à l'électorat du FN. Le chercheur Patrick Weil du CNRS explique pourquoi les intentions du ministre sont parfaitement irréalisables (France-Inter, 07/04/2011).
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Cacophonie gouvernementale. Interrogée sur le sujet, la ministre de l'Economie s'est dite surprise. "Je ne sais pas quelles sont les raisons qui l'ont amené à dire cette phrase et je me méfie beaucoup des phrases que l'on sort de leur contexte [...] Il faut réfléchir au court terme mais aussi au long terme. Dans le long terme, on aura besoin de main-d'oeuvre, on aura besoin d'effectifs salariés formés".
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07/04/2011. En visite dans une usine d'aluminium du groupe Alcan EP, au cœur du Puy-de-Dôme, Nicolas Sarkozy en a profité pour répondre sans tarder au "condensé de démagogie" (sic Fillon) du programme socialiste, par une surenchère démagogique flagrante. Deux couches : "Les entreprises qui augmentent leurs dividendes doivent accroître également les salaires versés !", "Les chômeurs doivent être davantage contrôlés ; c'est une question de justice sociale envers les ouvriers qui travaillent dur".
La dernière pourrait tout à fait se lover dans un plan anti-arabe qui ne dit pas son nom. La parfaite illustration du raisonnement du politicien libéral issu d'une bourgeoisie parisienne aisée : "Il y a trop d'arabes à notre goût, mais on ne peut pas les dégager directement sans être hors-la-loi. Employons d'autres leviers pour les virer. Comme on les trouve essentiellement parmi les musulmans, les immigrés, et les chômeurs, établissons un programme visant à restreindre chacune de ces catégories sociales". Après avoir tenté d'opposer les musulmans aux non-musulmans, le président et ses lieutenants cherchent à opposer les ouvriers et les chômeurs... Il oublie juste qu'en continuant à diviser les français, c'est sa propre majorité présidentielle qu'il clive. Il se retrouve de plus en plus esseulé dans cette course pour rattraper la gauche, le FN, le centre-droit, les gaullistes, à tel point que cela devient pitoyable.
mardi 5 avril 2011
LAÏCITÉ : COPÉ PRÊCHE CONTRE LE FN ET LE PS
Extrait de l'introduction du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, à la fameuse convention polémique sur la laïcité (05/04/2011, Paris, France Info).
Copéator predicator, suite. Sa harangue est devenue si caricaturale, que je ne peux m'empêcher d'en poster les manifestations périodiquement. Le Bossuet de la Sarkozye, en plein sermon sur la laïcité, en a profité pour taper à sa gauche et à sa droite, histoire de joindre l'(in)utile au désagréable, en vue de défricher le terrain de la future campagne électorale du roi-président.
Il va falloir s'habituer à ce que l'apôtre Jean-François nous resserve à tous les repas la rengaine "l'UMP est le parti de la responsabilité" qui relègue les autres au rang des judas, des démagogues, et des fumistes inconséquents. Amen.
vendredi 4 mars 2011
SARKOZY, PRÉSIDENT ÉLU... DES DIEUX ?
On peut être de taille modeste et avoir les idées larges et hautes. Très hautes. Un homme va bientôt s'ériger en champion fédérateur de la chrétienté, défenseur de nos valeurs millénaires, ultime rempart contre les extrémismes ... tout en décimant les rangs de sa propre famille politique et en exacerbant les tensions interconfessionnelles avec un acharnement inspiré.
Audio : chronique de Christophe Jakubyszyn (RMC, Bourdin & Co, Les Coulisses de la politique, 04/03/2011).
Photo : Nicolas Sarkozy en la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay (Haute-Loire) © REUTERS/Philippe Wojazer.
De son propre aveu et plus que jamais, des difficultés profondes incombent à notre président de la République dans sa noble mission de service et de représentation. Seulement, la fonction temporelle ne suffit plus à notre "Sauveur". En émule reconnaissant de George Bush Jr, le chef de l'Etat lorgne de plus en plus sur Louis XIV, en se rêvant président des catholiques français, en charge d'un nouveau gallicanisme.
"C'est un héritage qu'on célèbre, une histoire qui nous fonde". Certes. Mais d'aucuns soulignent que ce pèlerinage de Nicolas Sarkozy n'est pas qu'une réaffirmation d'une série d'évidences factuelles. C'est avant tout un signe politique et idéologique fort; pour renouer avec une partie de son électorat de droite et des catholiques. Tandis que d'un côté de la Méditerranée, les despotismes périclitent, de l'autre, ils progressent. Doit-on y trouver une relation de cause à effet ? ... Décidément, notre Président ne parvient pas à rester à la place que la République lui a dévolu. En l'état et en l'Etat, parler encore de république serait hypocrite. Tacitement, nous sommes revenus à une monarchie parlementaire chrétienne. Les plus critiques ajouteront "L'avons-nous jamais quittée ?"
"Il ne faut pas opposer identité et diversité" marque l'entrée en matière présidentielle dans le débat sur la laïcité, concomitant de l'entrée en vigueur de l'interdiction du voile intégral. Le propos répartit fièrement les rapports de force sur l'échiquier. Il met les choses au point, non pas tant sur la sensibilité religieuse personnelle de Nicolas Sarkozy, que sur une hiérarchisation symbolique des valeurs culturelles françaises. Notons la précaution du Président. Sans qu'on lui ait demandé quoi que ce soit, il anticipe et nie déjà l'accusation de prosélytisme qui pourrait être dirigée à son endroit. Une autre question s'impose : ce prélude orienté constitue-t-il une manière sereine de poser les bases d'un débat objectif sur la laïcité ?
Audio : chronique de Christophe Jakubyszyn (RMC, Bourdin & Co, Les Coulisses de la politique, 04/03/2011).
Photo : Nicolas Sarkozy en la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay (Haute-Loire) © REUTERS/Philippe Wojazer.
De son propre aveu et plus que jamais, des difficultés profondes incombent à notre président de la République dans sa noble mission de service et de représentation. Seulement, la fonction temporelle ne suffit plus à notre "Sauveur". En émule reconnaissant de George Bush Jr, le chef de l'Etat lorgne de plus en plus sur Louis XIV, en se rêvant président des catholiques français, en charge d'un nouveau gallicanisme.
"C'est un héritage qu'on célèbre, une histoire qui nous fonde". Certes. Mais d'aucuns soulignent que ce pèlerinage de Nicolas Sarkozy n'est pas qu'une réaffirmation d'une série d'évidences factuelles. C'est avant tout un signe politique et idéologique fort; pour renouer avec une partie de son électorat de droite et des catholiques. Tandis que d'un côté de la Méditerranée, les despotismes périclitent, de l'autre, ils progressent. Doit-on y trouver une relation de cause à effet ? ... Décidément, notre Président ne parvient pas à rester à la place que la République lui a dévolu. En l'état et en l'Etat, parler encore de république serait hypocrite. Tacitement, nous sommes revenus à une monarchie parlementaire chrétienne. Les plus critiques ajouteront "L'avons-nous jamais quittée ?"
"Il ne faut pas opposer identité et diversité" marque l'entrée en matière présidentielle dans le débat sur la laïcité, concomitant de l'entrée en vigueur de l'interdiction du voile intégral. Le propos répartit fièrement les rapports de force sur l'échiquier. Il met les choses au point, non pas tant sur la sensibilité religieuse personnelle de Nicolas Sarkozy, que sur une hiérarchisation symbolique des valeurs culturelles françaises. Notons la précaution du Président. Sans qu'on lui ait demandé quoi que ce soit, il anticipe et nie déjà l'accusation de prosélytisme qui pourrait être dirigée à son endroit. Une autre question s'impose : ce prélude orienté constitue-t-il une manière sereine de poser les bases d'un débat objectif sur la laïcité ?
Prochaine étape ostentatoire ? Cluny, Vézelay ou le Mont-Saint-Michel. Pour Noël Mamère, jamais à court de formules lui non plus, en particulier quand il s'agit de fustiger les incongruités et autres dérives de l'exécutif, la réponse est sans équivoque :
"Avec ce qu'est en train de faire le chef de l'Etat, nous atteignons un niveau politique proche de l'encéphalogramme plat !"Espérons toutefois que nos politiques aient encore suffisamment d'influx nerveux pour conduire le débat avant que nous en arrivions nous-mêmes à nous brûler les esprits et les corps dans une nouvelle guerre de religion♦
vendredi 18 février 2011
LES 23 PRÉSIDENTS DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Musique : extrait du premier mouvement de la Symphonie N°1 en sol mineur (1809) d'Etienne-Nicolas Méhul, par Marc Minkowski et les Musiciens du Louvre. Source pour les photos et illustrations : Wikipedia.
Par ordre chronologique et d'apparition : 1) Louis-Napoléon Bonaparte [1848-1852 ; empereur des français Napoléon III, entre 1852 et 1870] , 2) Adolphe Thiers [1871-1873], 3) Patrice de Mac Mahon [1873-1879], 4) Jules Grévy [1879-1887], 5) Sadi Carnot [1887-1894], 6) Jean Casimir-Perier [1894-1895], 7) Félix Faure [1895-1899], 8) Emile Loubet [1899-1906], 9) Armand Fallières [1906-1913], 10) Raymond Poincaré [1913-1920], 11) Paul Deschanel [1920], 12) Alexandre Millerand [1920-1924], 13) Gaston Doumergue [1924-1931], 14) Paul Doumer [1931-1932], 15) Albert Lebrun [1932-1940 de facto], 16) Vincent Auriol [1947-1954], 17) René Coty [1954-1959], 18) Charles de Gaulle [1959-1969], 19) Georges Pompidou [1969-1974], 20) Valéry Giscard d'Estaing [1974-1981], 21) François Mitterrand [1981-1995], 22) Jacques Chirac [1995-2007], 23) Nicolas Sarkozy [2007-en cours].
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