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dimanche 25 mai 2014

LE SOIR OU LE FN ME FIT PLEURER...

J'avoue. J'ai versé une larme en découvrant la première estimation du résultat des élections européennes de ce jour, dimanche 25 mai 2014. L'émotion était forte, même si j'ai du mal à l'interpréter. Joie réelle ou sarcastique, espoir, dépit, peine, étonnement, stupéfaction, quoi qu'il en soit les faits sont là : le FN enregistre un score historique en récoltant 25% des suffrages, devant l'UMP à 20% et le PS loin derrière, rétrogradant encore par rapport à 2009 pour atteindre un niveau humiliant de 14%. Le verdict journalistique le plus radical vient pour l'instant de la une du Libération de demain : "La France FN".

Si le 21 avril 2002 fut une "claque" pour le système UMPS, le 25 mai 2014 restera dans l'histoire comme un véritable coup de tazer dans ses parties sensibles ! On pourra bien sûr relativiser en rappelant que le premier parti de France, ici comme durant les récentes municipales, reste l'abstention (à près de 56%) et que, de fait, une majorité d'électeurs français n'est toujours pas plus convaincue par le FN que par les autres partis traditionnels. On pourra aussi minorer la défaite de l'UMP en pariant que si l'UDI n'avait pas fait cavalier seul il aurait permis au parti de Copé de dépasser le FN. Il n'empêche que pour Hollande, Copé, Mélenchon et consorts, ça fait mal et ça la fout mal. "C'était prévisible" entend-on partout. Prévisible mais aujourd'hui avéré. Hollande et Valls ont rendez-vous demain pour une réunion de crise et selon les informations d'itélé "l'Elysée en tirera les leçons".

Quelles leçons l'équipe Hollande pourrait-elle tirer ? D'ores et déjà, le premier ministre Manuel Valls a donné la consigne et distillé les éléments de langage du PS : "Il faut aller plus vite dans les réformes". Le remaniement ministériel venant d'avoir lieu, il est peu probable qu'un nouveau groupe se forme autour de Flanby Ier ou de Quand Même Ier. La dissolution de l'Assemblée nationale réclamée par les cadres du FN a également peu de chances de rencontrer un écho favorable. En revanche, je miserais volontiers sur une accélération... dans le frémissement du retournement de tendance. Blague à part, si Hollande, "comprenant le message" de la défaite du scrutin municipal, effectua un virage à droite au sein de l'exécutif en y plaçant Manuel Valls, il y a ici deux possibilités relatives à la future ligne gouvernementale. Soit, entendant encore plus fortement le message que l'électorat français se droitise (selon les codes du système qui catalogue le FN à l'extrême-droite), Hollande ira plus loin dans cette droitisation en feignant de la confondre avec une volonté droitière d'un libéralisme plus échevelé (c'est quelque peu pervers, mais je rappelle qu'on parle bien du PS, donc voilà...). Soit, il accélérera les effets de sa sociale-démocratie européiste, jouant le quitte ou double et espérant maintenir le navire à flot pour 2017. Auquel cas, on peut craindre des protestations d'amour régulières pour l'UE, et un lavage de cerveau accru sur fond, par exemple, de conférences, d'allocutions ou simplement de documentaires télévisuels de plus en plus fréquents mettant en garde contre les dangers de l'extrême-droite et du repli protectionniste qui, fatalement, aboutirait au fascisme, au nazisme etc.

Ce que je peux vous certifier en revanche c'est que le candidat UMP 2017 mettra le cap sévèrement à droite, en s'inspirant de la méthode Sarkozy 2012. Le siphonnage a fonctionné, il fonctionnera encore, voilà ce que parieront les ténors du parti droitier. Car, même si la soirée en est, une fois de plus, au règlement de comptes à OK UMP, le temps viendra des conclusions drastiques, et l'UMP elle aussi lancera son : "Nous avons compris le message". Et Copé se fendra, comme il l'a tant fait durant les années 2000, d'un très déterminé : "Nous ne laisserons pas le terrain de la sécurité et de l'identité nationale au FN". Je vous le dis, ça promet pour 2017...

Au-delà de la performance frontiste de ce jour, tout reste à prouver. J'attirerai simplement votre attention sur ce point que le FN, à présent premier parti de France au Parlement européen, non seulement obtient le plus grand nombre de sièges (entre 22 et 25, soit environ un tiers de la représentation française à Strasbourg), mais s'apprête à encaisser le plus gros chèque en provenance des contribuables européens, à savoir une somme dépassant les 45 millions d'euros, pour la totalité des députés et collaborateurs marinistes sur les 5 ans de la législature (sur la base de 36 000 euros / mois, nets d'impôts). Oui, on parle bien du parti qui se veut le plus hostile aux institutions européennes. Drôle, pathétique, pied-de-nez, arnaque, paradoxe... Je vous laisse libre de choisir le mot qui vous convient. En même temps, comme l'a souvent souligné François Asselineau, ni la sortie de l'euro, ni celle de l'UE ne figure dans une quelconque profession de foi du FN. Florian Philippot ce soir parla même de "reconstruire l'Europe". Une expression ambiguë, pour le moins. Mais allez, passons, et admettons même qu'on reste encore longtemps au sein de l'UE et de l'euro. En attendant un éventuel changement de la forme européenne, la seule chose qui importe, c'est de savoir si la France se portera mieux et que cette équipe protégera plus efficacement notre pays de décisions iniques. Le FN, fort de ses nouveaux droits et donc de ses nouveaux devoirs et responsabilités, a déjà bien conscience qu'on l'a à l’œil. Sans mauvais mot, en la circonstance.

samedi 1 décembre 2012

LIBERTÉ D'EXPRESSION : CES VÉRITÉS QUI DÉRANGENT LE NOUVEL OBS

"Le mariage est avant tout l’union d’un homme et d’une femme, destinée à fonder une famille". Ce rappel sémantique aux fondements anthropologiques et historiques (Littré, Dictionnaire de l'Académie française, Petit Robert) a semblé bousculer la conception libertaro-socialiste d’une journaliste du Nouvel Obs que je ne nommerai pas. Verdict : "nous ne pouvons pas accepter votre contribution". La désinformation décomplexée !

A-t-elle censuré (moins politiquement correct que "modéré" mais plus exact) mon article consciemment, afin de ne pas déplaire à sa hiérarchie ? Ce serait d'ailleurs étonnant de la part d'un prétendu véhicule de tribunes libres et éclectiques. Elle s'en défend, évidemment, prétextant "un débat sensible" qui réclame davantage de prudence et de faits circonstanciés (on a l'impression de trahir un secret d'Etat ou d'asséner un propos aux conséquences lourdes pour la nation française, voire pour la galaxie !). Mais peut-être l’a-t-elle rejeté selon des mécanismes inconscients, tous ces journalistes conditionnés et formés à la pensée de gauche, n’ayant même pas besoin d’être recadrés pour servir l’oligarchie.

Certaines vérités de bon sens deviennent trop dangereuses ; la lessiveuse médiatique, à fortiori celle qui constitue le relais officiel du pouvoir, est alors là pour jouer son rôle de Pravda, en lavant les consciences, en filtrant et en bloquant systématiquement les tribunes susceptibles de contrarier les idéologies et projets de ses commanditaires. Cette même personne n'en était pas à son coup d'essai, elle qui refusa mon article affirmant que Marine Le Pen pouvait arriver au second tour de la présidentielle. Au nom des sacro-saints sondages !

En réalité, elle n’accordait d’importance aux sondages préélectoraux que parce qu’ils étaient favorables à son champion Hollande. Autrement, elle en aurait relativisé la portée ("Oh les sondages, on leur fait dire ce qu’on veut, et puis ils peuvent se tromper comme ce fut le cas en 2002 !"). Les chiffres restent un outil privilégié de manipulation sophiste ; le journaliste partial et de mauvaise foi un artisan des victoires électorales. Ce cas concret illustre très bien l’emploi tendancieux, à tous les niveaux, d’enquêtes reprises en boucle pour habituer l’opinion à la configuration classique gauche vs droite, décourager les scénarios alternatifs en les taxant de fantasme, et permettre finalement aux sondages de contribuer largement au résultat du scrutin. Tout cela est vieux comme le monde, et nous sommes, je le constate autour de moi, de moins en moins dupes.

mardi 30 octobre 2012

L'AVENIR DU FN : UN PARI ÉTAYÉ PAR DES FAITS

Le FN sera absorbé par la droite et non l’inverse. Au mieux, et comme le prédisait Zemmour, une fusion se réalisera, qui estompera ce qu’il restait encore de différences au parti frontiste en voie de normalisation. Je disais, dès mars, que la surenchère « islamophobe » était une lame de fond qui nuirait au bateau Marine et la ferait échouer à la présidentielle. L'histoire me donna raison. Car en dépit du relatif enthousiasme affiché par ses cadres le dimanche 22 avril, les résultats du FN, en progression médiocre au regard des scores de 1995 et 2002 (même pondérés par la participation), furent finalement décevants compte tenu de la concurrence incroyablement inefficace et impopulaire (désamour record pour le Président sortant, challenger moqué au sein de son propre camp, candidats de micro-partis sans moyens ni projet décent).

Pour ce qui est de la suite des réjouissances, Florian Philippot ne restera pas dans cette physionomie du FN mariniste. Soit il le quittera pour s’allier à Dupont-Aignan, moins sectaire et plus cohérent sur la manière de combattre le véritable ennemi, soit il créera, comme Bruno Megret avant lui, un mouvement dissident pour s’affranchir d’une dynastie Le Pen (Jean-Marie, Marine, Marion) qui bloquera son ascension personnelle et lui refusera à coup sûr la présidence du parti.

dimanche 22 avril 2012

MARINE LE PEN TROISIÈME : DU PLAISIR DE TENIR UN PRÉSIDENT PAR LES PARTIS INTIMES

sarkozy,hollande,mlp,fn,front,national,front de gauche,ps,socialiste,ump,droite,populaire,fillon,françois,rachida,dati,ipsos,harris,csa,twitter,tf1,élection,présidentielle,2012,22 avril,22avril,6 mai,6mai,megret,bruno,jean-marie,mélenchon,melenchon,jean-luc,europe,euro,extrême-droiteLes jeux sont faits pour le premier tour. Le prochain président français sera encore un pantin européiste, élu "par défaut" ou par dépit. Porté par les espoirs et la colère, et portant un modèle rance et insidieux, il ne pourra sauver son mandat qu'en facilitant une guerre, civile ou à l'étranger.

Derrière les 27.5-29.5% de Hollande, les 25.5-27.5% de Sarkozy sont en soi inquiétants. Loin du "désaveu" clamé collectivement par des socialistes auto-satisfaits, le score de l'ennemi public n°1 de la presse, de la gauche et de la rue, est étonnement élevé. Le socle droitier mais surtout influençable des Français a été très indulgent envers le président sortant.

Les sondages semblent avoir vu juste pour la classement et les taux des différents candidats. Dont acte. Jean-Luc Mélenchon récolte un taux correct, dans sa moyenne des sondages de ces deux derniers mois, au-dessus de 11%, mais loin derrière la bête noire qu'il s'était choisie, Marine Le Pen. Pour sa première participation à une élection présidentielle, la candidate-présidente du Front national réalise en effet 18-20%, mieux que les 17% de son père en 2002. Rappelons toutefois que Bruno Megret, frontiste dissident et candidat à cette même élection, avait réalisé au-delà de 2% ; ce qui, en votes cumulés, plaçait le positionnement "extrême-droite" aux alentours de 19%. Pas lieu pour la gauche de s'affoler ni même pour le FN de crier "victoire". Il peut faire mieux, mais ce résultat est évidemment prometteur pour la quadra Marine Le Pen, ses idées et son parti.
Le racolage de l'UMP et de Nicolas Sarkozy envers la candidate frontistes et son électorat va s'intensifier dans l'entre-deux tours. Une fois n'est pas coutume, l'arbitre ne sera pas centriste mais mariniste, Bayrou n'ayant obtenu que 9% des suffrages, un taux deux fois plus faible que lors de sa précédente participation. Les appels du pied ont d'ailleurs commencé sur les différents plateaux de télévision. Ainsi, Guillaume Peltier sur TF1 saluait le score cumulé du bloc de droite en incluant les voix de Marine Le Pen, pendant que Rachida Dati disait "comprendre la souffrance" des électeurs du Front national.
Marine Le Pen délivrera ses consignes de vote lors de la fête de Jeanne d'Arc le 1e mai. Elles seront "blanches", vraisemblablement. D'ici là, attendons-nous à souper de discours poussifs et vains sur la réduction de l'immigration et de l'insécurité. Après tout, un président menteur ne se refait pas et, craignant les cases tribunal et prison, espère bien tromper les électeurs du FN une nouvelle fois pour l'emporter le 6 mai. L'anti-sarkozysme n'a pas encore gagné.

mardi 17 avril 2012

MA CONSIGNE DE VOTE DE PREMIER TOUR ? DÉTRUIRE L'UMPS

Vous êtes encore indécis, 6 jours avant le premier tour de l'élection présidentielle ? Vous avez du mérite ! Car vous parvenez à résister au matraquage des journalistes et éditocrates qui étalent depuis des semaines leurs certitudes dans les médias, au mépris de toute déontologie et de la démocratie. Alors puisque cette campagne n'est qu'une farce, un mensonge supplémentaire de la société du spectacle, rions un peu.

Ma consigne : si vous vous sentez plutôt humaniste, votez Bayrou ; si vous vous sentez d'abord patriote, votez Marine Le Pen. Les deux options que je vous propose sont les seules susceptibles de faire mentir ces courtisans poudrés, mais surtout de détruire l'UMPS en désorganisant leurs rangs respectifs défaits et en discréditant tout "vote utile républicain" au second tour. En particulier, que l'UMP appelle à voter Hollande contre Marine Le Pen, ou que le PS appelle à voter Sarkozy contre elle, et cette collusion contre-nature et illégitime démasquera au grand jour ceux qui se présentent faussement comme les deux grandes forces de l'alternance politique.

lundi 16 avril 2012

POURQUOI LA PRÉSENCE DE MARINE LE PEN AU SECOND TOUR SERAIT UNE ÉPREUVE DE VÉRITÉ

Voter Marine Le Pen au premier tour, reste la meilleure manière de faire tomber les masques au second tour. Dans ce scénario où la présidente du FN ferait mentir les sondages officiels, toute consigne de vote serait doublement empoisonnée, pour l’UMP ou le PS. Disséquons un peu certaines relations de ce trio de tête électoral que les médias traditionnels excluent à dessein.

Cas de figure n°1 : Nicolas Sarkozy - Marine Le Pen

Que le PS appelle à voter pour son pire ennemi, celui qu’il a combattu vigoureusement durant au moins cinq ans, et le parti ajoutera au déshonneur de la défaite le discrédit intellectuel. Un Nicolas Sarkozy réélu avec les pleurs de la gauche, en sortirait lui-même tellement affaibli qu’il ne gouvernerait pas. Soit parce que les législatives sanctionneraient les deux principaux partis français « main dans la main dès qu’il s’agit de sauver leurs places dorées », soit parce qu’une grève générale bloquerait le pays, la démocratie de rue prenant le relais des urnes. Jean-Luc Mélenchon, l'allié préféré du président-candidat, a déjà anticipé une réédition d'avril 2002. Serinant depuis longtemps que sa priorité est de faire barrage à Marine Le Pen, il n'aurait aucune difficulté à justifier le vote utile quoique grimaçant, envers le candidat UMP.

Cas de figure n°2 : François Hollande - Marine Le Pen

Symétriquement, la droite ne pourrait pas appeler à voter Hollande « la catastrophe, la ruine de la France », sans perdre son âme ni créer une ligne de fracture politique entre "droite dure nationale" et "socio-démo-collabos" -- un schisme mortifère qui profiterait largement au Front national. Enfin, que Marine soit opposée à Sarkozy ou Hollande au second tour, et toute consigne contre-nature donnerait instantanément raison à la candidate frontiste, validant l’idéologie poreuse qu’elle désigne par le sigle « UMPS ». Qu’elle éjecte l’un de ces leaders aussi virtuels qu’arrogants, et elle aura déjà gagné son pari.

La peste, le choléra... ou un nouvel espoir ?

Quant à l'option "rassemblement in extremis autour de Marine Le Pen contre le système", cela relève du rêve ou du cauchemar, selon la sensibilité de chacun. Car après tout, ni Hollande ni Sarkozy ne sont à l'abri d'une prise de conscience collective et critique des électeurs de gauche et de droite durant l'entre-deux tours : "En quoi Marine Le Pen serait-elle plus dangereuse pour la France que le président sortant ?"...

jeudi 22 mars 2012

OFFICIALISATION DU NWO EN FRANCE (RIP)

"Aidez-moi à construire la France qui entraînera le monde sur la voie d'un nouvel ordre mondial" (Nicolas Sarkozy, discours de Strasbourg sur 'l'Europe Forte' 22/03/2012)"

mercredi 14 mars 2012

NICOLAS "LE PEN" SARKOZY : "STIGMATISE L'ISLAM, PAS LE LIBÉRALISME !"

Nicolas Sarkozy n'ignorait pas le tollé que ses propositions protectionnistes allaient rencontrer. Il prit le risque car il souhaitait en mesurer l'impact sur l'opinion et les sondages français. Toutefois, il a sous-estimé l'effet d'une telle réorientation de campagne, sur le plan diplomatique.

D'abord, l'entourage d'Angela Merkel fit la moue. Puis hier, ce furent le Wall Street Journal et le député libéral ex-premier ministre belge Guy Verhofstadt au Parlement européen, qui taclèrent allègrement le Président français, jusqu'à le qualifier de "Nicolas Le Pen". Sarkozy, le vrai représentant de l'extrême-droite française ? Pas faux. Les observateurs étrangers sont souvent plus lucides que la majorité de nos compatriotes.

Cette petite sortie, plus ou moins discutable et crédible du chef de l'Etat, nous révèle également le degré de tolérance de nos partenaires européens et atlantistes à la droitisation. "Oui à l'extrême-droite sur le plan sociétal, oui au ralentissement de l'immigration musulmane, mais Non ! aux entraves à la libre circulation européenne et donc au libéralisme économique". Attendons de voir comment Sarkozy et l'UMP réagiront à ce recadrage...

mardi 13 mars 2012

MÉLENCHON ET SARKOZY : LA FRANCHE FRATERNITÉ

"Je triomphe!" Voilà le cri orgasmique d'un Jean-Luc Mélenchon qui se révèle bien être l'allié objectif de Nicolas Sarkozy contre François Hollande. Que le président-candidat reprenne à son compte les propositions du candidat du front de gauche sur l'Europe et la fiscalité, que cela puisse le faire remonter dans les sondages voire gagner en mai, et Mélenchon y voit un triomphe de ses idées.

La communauté de principes maçonniques et d'intérêts entre Mélenchon et les réseaux sarkosystes (dont le Dîner du Siècle est le point de convergence) apparaît au grand jour. Plutôt que de condamner les palinodies sarkozystes, l'homme du "bruit et de la fureur" se félicite que ses idées soient Sarko-compatibles. Finalement, il aura fallu peu de temps pour démasquer le tartufe de gauche.

samedi 18 février 2012

COMMENT MARINE LE PEN TOMBE DANS LE PIÈGE DE L'UMP

Depuis des mois, par intermittence, l'UMP défie le FN sur son terrain de prédilection : l'identité et la sécurité. Pour l'opinion, les deux revers d'une même médaille. Systématiquement, le FN et sa présidente, se sentant légitimement concurrencés, répliquent à leur insolent rival. Dans tous les cas, le parti frontiste tombe, paradoxalement, dans un piège de débutant.

Sa riposte est trop douce ? L'UMP serine que le FN n'a rien inventé et que ses propositions sont déjà pleinement assumées par le parti majoritaire. Sa riposte est trop radicale ? L'UMP en profite pour se différencier d'un parti qu'elle juge outrancier, "anti-républicain", et compte sur la communauté médiatique pour amplifier les accusations de fascisme. Son verbe se joint aux piques puériles des uns et des autres ? Elle se laisse phagocyter en gommant sa spécificité.

Au final, tandis que les enjeux économiques et géopolitiques sont largement occultés, Marine Le Pen participe, à son corps défendant, au succès présent et futur des conservateurs. En reprenant en chœur le credo de droitisation voulu par l'UMP, elle normalise un peu plus dans le débat public les politiques sécuritaires de droite et aussi, par émulation électoraliste, de gauche sociale-démocrate. A ce jeu, le "système" sera toujours plus malin et efficace qu'elle.

Dommage pour elle de gâcher aussi naïvement ses chances de remporter une élection majeure. Mais surtout, dommage de voir un candidat de plus renoncer à la seule voie susceptible de restaurer la grandeur nationale : le rassemblement. La division est un poison, et il n'y a plus guère que François Bayrou qui le sache.

mardi 3 janvier 2012

SARKOZY CÉLÈBRE JEANNE D'ARC : QUAND LES COLLABOS SE MOQUENT DES RÉSISTANTS

Le président Sarkozy-Zébulon en mode "ratissage des voix du FN", célébrera le 6 janvier le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc. Nouvel outrage à la pucelle, louée par l'agent que d'aucuns qualifient de "traître américanophile". C'est à la protection de ce patrimoine que les lois mémorielles devraient être destinées !

dimanche 18 décembre 2011

TENTATIVE DE RÉCUPÉRATION (VERBALE) DU PROTECTIONNISME

Tel fut le mot du week-end, à gauche... comme à droite. Samedi, Wauquiez (généreusement pulvérisé par Pulvar chez Ruquier) ; dimanche, MAM. Jean-Luc Mélenchon, invité de BFMTV se retrouva même embarrassé dans sa confrontation du soir avec Christian Estrosi ("Nous sommes d'accord là-dessus, c'est un bon début"), et il fallut arriver à sa seconde moitié pour que la circonstance méritât d'être qualifiée de débat. Histoire de saper les efforts du candidat du Front de gauche pour marquer les différences résiduelles, le député-maire de Nice conclut par un phagocytage inédit "Je n'ai pas peur de dire que nous avons des points de convergence". Mélenchon évoqua certes le protectionnisme européen, mais également, furtivement, celui national. Plagiat ! Marine Le Pen devrait décidément faire breveter certains de ses projets politiques. Pour ce qui est de l'application, le bataillon, que dis-je, la légion de précaires Français attend encore...

Pour bien comprendre l'inanité des promesses et du volontarisme protectionniste de l'UMP, réécoutons les propos que Christian Estrosi tenaient après la crise de 2008-2009, alors qu'il était ministre de l'industrie.


Estrosi vs Zemmour & Naulleau clash [ITV] Onpc...par peanutsie

jeudi 1 décembre 2011

EURO(PE) 2012 : HOMOLOGATION DU LANCEMENT DE NAIN AMATEUR DE CHOUCROUTE

L’alternative selon Nicolas Sarkozy ? L’Europe des nations, ou bien une nation européenne de type "empire germano-français" ou à terme "Europe fédérale". Et la discipline budgétaire de chaque Etat, aiguillonnée par des contrôles européens, comme condition et contrepartie de la solidarité. Porté par un credo mitterrandien, il a agité le spectre nationaliste comme source de guerre, et fait le parallèle entre les décisions qui n’avaient pas été prises durant la crise des années 30 et celles qu’on peut encore prendre aujourd’hui. Néanmoins, et après avoir conversé avec des internautes souverainistes, je m’interroge. Ce renoncement de souveraineté (qu’on l’appelle ainsi ou autrement ne change rien à sa nature), est-il le seul choix pour une paix économique et politique durable en Europe ? Sarkozy a annoncé un nouveau cycle, celui du désendettement, succédant à celui de l’endettement.

Chevènement a parlé, lui, d’ère post-démocratique, avec ce surcroît de responsabilités et de pouvoir délégués à l’Allemagne ou autre une institution non élue par la majorité des citoyens européens. Des compromis qui risqueraient bien de ressembler à des compromissions inacceptables, voire à une forme de collaboration insupportable, pour nombre de français. Je ne crois pas qu’ils se laisseront aussi facilement impressionner par le baratin de Sarkozy en vue de la présidentielle de 2012. Ayant fait allégeance à la double gouvernance, européenne et mondiale, il n’a même plus de scrupule à s’incliner devant le chantage des marchés et des agences de notation. Car soutenir une vision impérialo-fédéraliste de l’Europe comme seul moyen de défense face à la financiarisation, présuppose effectivement de reconnaître la toute-puissance des marchés financiers. La mission de ce président est de servir ces maîtres et de détruire un peu plus chaque jour le modèle social français, en commençant par nous accoutumer à la fatalité de la gouvernance européenne, la première étape dans le processus qui conduit à la gouvernance mondiale. Sempiternel discours, "L’Europe faillit à cause d’un manque d’Europe". Les 5 000 personnes qui l’ont ovationné ce soir devaient être ses 5 000 plus fervents et derniers soutiens. La majorité des français désavouent ce choix. Les gaulois ont accepté de se brasser avec les romains, les francs avec d’autres peuples barbares et avec la chrétienté, mais pour ce qu’il reste de notre âme française "la coupe est pleine !"

Ce soir, en prêcheur lénifiant, il a voulu rassurer les électeurs tentés par le vote de repli protectionniste ; en commercial agressif et péremptoire, leur vendre le rapprochement franco-allemand comme la seule option envisageable. Pourtant, des alternatives existent, mais l’intérêt de Sarkozy est évidemment de mener sa mission européiste jusqu’au bout et de ne pas s’étendre sur les autres chemins. "Notre destin est celui-ci" a-t-il seriné du haut de sa chaire, galvanisé par des paroles réverbérées tel un prêche plein de ferveur au milieu d’une cathédrale. Ainsi soit-il… Sarkozy et Hollande, ne sont que deux facettes d’une même optique. Entre eux, il n’y a guère qu’une différence de degré. Le débat projet contre projet serait plus intéressant, mais cela nécessite des directions politiques différentes. Comme entre Marine Le Pen et le président sortant.

L’Allemagne a rendez-vous avec son Histoire : en se soumettant à son voisin germanique, la France lui offre une chance inespérée de faire mieux qu’en 1871 et durant les guerres mondiales. Marine Le Pen a parfaitement traduit la vérité : notre chef d’Etat n’aime pas la France et n’est là que pour servir ses véritables maîtres que sont les marchés, les agences, les Etats-Unis et l’Allemagne. A la moindre injonction, au moindre éternuement de l’un d’eux, Nicolas s’empresse de tendre servilement un mouchoir, en s’excusant de son retard. Pour lui, si les agences méjugent des performances françaises, nous ne devons nous en prendre qu’à nous-mêmes, et qu’à la mauvaise gestion des précédents gouvernants. Comprenez "Si j’avais été là à l’époque nous n’en serions pas là aujourd’hui ! Mais il n’est pas trop tard pour bien faire, alors réélisez-moi en 2012 !"

Seulement, ses mensonges et sa rhétorique ne prennent plus dans l’opinion, et ses choix sont révélateurs de son vrai visage, comme le souligne la candidate du FN. Il apparaît évident que cet homme aime bien plus la politique et sa carrière que son pays. Ce qu’il cherche avant tout, c’est de plaire à ceux qui, selon ses critères, peuvent le mieux servir durablement sa propre destinée, à savoir les puissants et les riches. Peut-être est-il payé par certains intérêts étrangers pour saboter notre modèle social et politique, cependant il n’est pas exclu qu’il se prête de bon gré à cette prostitution de la fonction présidentielle. A moins que tout cela ne procède de la lâcheté. Gageons toutefois que cette faute criminelle causera sa perte : son zèle l’aveugle et lui fait surestimer le panurgisme français. Oui les Français ont été parfois des veaux, mais je ne crois pas qu’ils le demeurent encore longtemps face à un pantin aux gestes si grossiers et aux ficelles à présent si grosses. Il est aussi prévisible dans sa médiocrité, ses calculs et son hypocrisie, que dans son mépris du peuple.

Durant son allocution, il a encore trouvé le moyen, parmi d’autres éléments de politique intérieure, de diviser les Français et d’opposer en particulier les smicards aux bénéficiaires du RSA, comme des despotes obscurs l’auraient fait par le passé avec les borgnes et les aveugles, les pestiférés et les malades du choléra. La politique du bouc-émissaire qu’il ne cessera vraisemblablement jamais d’employer témoigne de son impuissance politique ; lui et son équipe n’auront jamais rien été d’autre qu’un plâtre ou qu’un mauvais rafistolage destiné à disparaître rapidement et se voir relégué aussi vite aux oubliettes de l’Histoire. Mais qu’ils fassent attention, car entre leurs casseroles personnelles et leur trahison nationale, il est peu probable qu’ils soient oubliés avant que d’avoir rendu des comptes à leur peuple. En cas d’échec de la zone euro, nos actuels dirigeants mériteront d’être jugés pour haute trahison.

Le gouvernement, Alain Juppé en tête, accuse l’opposition d’entretenir des relents de germanophobie à des fins partisanes. Il n’y a pas de fumée sans feu : l’éventuelle germanophobie ne serait qu’une réaction de défense naturelle face à la germanophilie exacerbée de l’exécutif français. Les citoyens français, une fois de plus, n’ont pas été consultés et on les prend en otage d’une barque européenne qui ressemble de plus en plus à un radeau de fortune. La caricature n’est plus dans le camp des frontistes, mais bien du côté de leurs détracteurs ; inversement, la vérité n’est plus dans le bloc qui ose s’arroger l’épithète « républicain » mais dans l’autre, et les électeurs commencent à en prendre conscience, bien au-delà de ce que nous content les fallacieux sondages.

2012 va décidément nous réserver une bonne dose de surprises. Ainsi, depuis l’annonce bilatérale de la convergence France-Allemagne, la majorité du parti socialiste en arrive à se rapprocher des critiques formulées par le FN à l’encontre de l’Europe. Une partie des gens de la gauche Delors-Mitterrand, traditionnellement les plus ardents partisans de la construction européenne, vivent un réveil patriotique républicain et prennent conscience que nous sommes allés déjà trop loin dans l’abandon de notre souveraineté. Martine Aubry, première secrétaire du PS est allée jusqu’à qualifier la situation de "capitulation française".

Cet épisode fut très révélateur de l’opposition latente au sein de la classe politique française, entre les souverainistes et les impérialistes. Dépassant leur rôle traditionnel d’opposants à la droite, certaines personnalités de gauche, plus honnêtes que leurs coreligionnaires, ont eu cette semaine un sursaut patriotique en entendant l’allocution de Nicolas Sarkozy. Elles se sont immédiatement offusquées que notre président puisse vendre son pays à l’Allemagne. La réponse des agents de l’empire ne s’est pas fait attendre, et les âmes rétives ont été rapidement recadrées par l’entourage du candidat socialiste, et pour cause : François Hollande compte appliquer la même politique européenne que Sarkozy, mais en pire. Sa réaction, fût-elle par procuration, prouve qu’il n’a aucun intérêt à fâcher dès maintenant ses futurs alliés, puisqu’il prévoit lui aussi de diluer la nation française au nom de l’intérêt supérieur européen. La méthode Hollande serait différente de celle de l’actuel chef d’Etat français, mais le résultat serait identique : la France ne serait plus que la province d’un nouvel empire germanique.

Sarkozy a surestimé la tolérance tricolore aux couleuvres et à la convergence franco-allemande ; nous avons sous-estimé sa lâcheté et son mépris de la France.

La France peut-elle encore s’amalgamer et se mélanger à d’autres peuples, elle qui a déjà du mal à faire cohabiter les lillois et les parisiens, les parisiens et les marseillais, les alsaciens et les bretons, les natifs français et les immigrés ? La convergence franco-allemande est utopique et à terme dangereuse. C’est elle seule qui risquerait d’attiser la germanophobie.

dimanche 9 octobre 2011

PRIMAIRE SOCIALISTE : SALE TEMPS POUR LA DÉMOCRATIE

Royal,Ségolène,primaire,socialiste,PS,cirque,UMP,FN,tribune,Aubry,HollandeDémocratie factice, arrangements opportunistes et détournement des règles de la concurrence. Ce cirque, loin d'être la réussite que les médias ostensiblement complices (au plus bas de leur objectivité depuis la fin de la guerre froide) nous vantent, est symptomatique d'une véritable carence idéologique du PS ; le manque de convictions le disputant à l'absence de cohésion. "En Italie les primaires ont désintégré le parti qui les portait" commente Jean-Luc Mélenchon. Le candidat du front de gauche reste persuadé qu'après l'énoncé des pseudo-différences, tout le monde rentrera sagement dans les rangs, la Ve République "machine à niveler" retrouvant alors son régime de croisière.

Tout reste à construire, et à moins de 8 mois de la présidentielle, n'offrir aux Français dépités par les affaires et la crise, qu'un laboratoire de propositions floues et irréalistes, a quelque chose d'indécent. Nos représentants sont d'abord en représentation d'eux-mêmes comme on disait autrefois de Louis XIV. Ce n'est pas qu'ils prennent les gens pour des cons, c'est qu'ils ne les comprennent pas.

De passage sur plusieurs forums, je n'ai pu que constater qu'une autre machine, celle à censurer, s'activait pour étouffer les voix discordantes susceptibles de dévoiler la nature véritable de la primaire. Les Français sont parfois moutons de panurge, mais leur mémoire n'est pas exactement celle d'un poisson rouge. Face à l'érosion résolue du pouvoir d'achat et à cette foire littéralement grotesque qu'est la dégradation consentie des notes d'Etat ("Penche-toi, chérie... ça fait mal au début mais ça ira mieux après"), à quoi ont le droit nos compatriotes ? Un traitement des problèmes à la racine ? Pensez-vous ! A droite, au mépris affiché par le gouvernement pendant la réforme des retraites, et à gauche au favoritisme éhonté des médias durant la couverture redondante des débats primaires. Pour les solutions on repassera : avez-vous appris quelque chose sur le projet PS que vous n'auriez pu deviner sans ces émissions ?
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La droite et la gauche se partagent ce qu'il reste du gâteau et se retrouvent le temps d'attribuer le label "Anti-républicain" aux partis extrémistes. Le problème c'est que le gâteau fond à vue d'oeil, réalisant la prophétie marxiste. La conséquence est encore plus prévisible : la plus grosse surprise risquerait bien de durcir les valeurs, et de délaisser le rose et le bleu d'outremer pour une couleur plus foncée...♦

jeudi 8 septembre 2011

L'AVEU DE NKM : "ON NE PRÊTE PAS AUX GRECS PAR ALTRUISME"

Je ne peux résister à l'envie d'archiver ce terrible aveu de la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors du duel avec Marine Le Pen sur itélé hier soir :

"On ne prête pas aux Grecs par altruisme [..] On ne le fait pas parce qu'on les aime, mais pour sauver nos banques qui détiennent de la dette grecque".

eee.jpgVous pensiez qu'être cynique, amoral, ruineux (15 milliards de plus de prêts votés aujourd'hui pour la Grèce, une somme qu'on ne reverra vraisemblablement jamais), inconséquent et hypocrite tout à la fois était une chimère ? Et bien non, c'est possible, la preuve ! Les membres du gouvernement n'ont même plus de scrupules à reconnaître leur manque de solidarité réelle : ils ne perfusent un autre membre de la zone euro qu'à contre-coeur, dans un effort désespéré pour maintenir la France dans leur mirage vacillant. Face à des fondements économiques, politiques et moraux aussi fragiles, l'effondrement de l'actuel édifice européen ne semble plus qu'une question de mois♦

vendredi 8 juillet 2011

PARTIS SEGMENTES : POURQUOI FAIRE SIMPLE QUAND ON PEUT FAIRE COMPLIQUÉ ?

« Les deux droites vont finir par faire imploser l’UMP ! » L’actualité ne manque effectivement pas de thèmes susceptibles de mettre en relief les contrastes saillants entre les courants gaulliste-social et libéral-populaire de l’UMP. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Pour ce qui est de la pluralité idéologique, la gauche non plus n’est pas en reste.

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Ses avatars sont encore plus nombreux : conservatrice, réformiste, sociale-démocrate, patriotique-populiste de gauche, communiste, sécuritaire, protectionniste, écologiste, etc. Une palette de couleurs déclinée finalement autour de deux valeurs chromatiques : l’une interprète son hémisphère politique comme une émanation intangible des Lumières et de la Révolution, luttant contre les injustices et inégalités ; l’autre, hédoniste et libertaire, cherche moins l’égalité que le progrès socio-économique et humain.

J’ai retenu ma main tentée par la dichotomie « l’une est idéaliste, l’autre pragmatique », car ni l’une ni l’autre ne sauraient de nos jours être qualifiées ainsi. Les partis républicains de ce début de XXIe siècle sont dirigés par des gestionnaires, élus pour organiser le partage des fruits de la mondialisation. De fait, il n’y a plus de clivage patent tel qu’au XIXe siècle entre une « gauche charitable et proche du peuple » et une « droite cynique et élitiste, protectrice du capital et des riches ». Lorsque d’aucuns essaient de le ressusciter, c’est à grand renforts de caricatures — une mayonnaise qui ne prend presque plus. Il est toutefois intéressant de noter que leurs anciens crédos respectifs sont entretenus dans l’inconscient collectif par les éléments de langage des politiciens.

A gauche, « la modernité sociétale » (le mariage homosexuel en particulier) s’est substituée à la lutte des classes sociales, tandis qu’à droite on fustige le « compassionnel » compassé et « les solutions dépassées » de la gauche en lui opposant un esprit de « responsabilité ». Au milieu de cette nouvelle harmonie, le leitmotiv wagnérien du secrétaire général de l’UMP était prévisible : « Le FN c’est surtout des devoirs. Le PS c’est surtout des droits. Nous, nous sommes le parti des droits et des devoirs ».
politique,philosophie,france,économie,social,ump,sarkozy,ps,droite,gauche,fn,national,électionLa France est décidément une terre d’exception politique. Gauloise et romaine à la fois, elle porte en germe tout et son contraire, avant que ses antagonismes ne se résolvent en complémentarités nécessaires. Ses lumières sont tamisées, ses contours changeants. Lionel Jospin a répété après sa défaite en 2002 que le FN ne représentait pas une menace fasciste. Mal voyant ou clairvoyant ? Car s’il n’était alors pas une porte ouverte sur une dictature, il est peu probable que sa nouvelle mouture normalisée le soit davantage. Une majorité d’historiens affirme d’ailleurs que notre pays n’a jamais eu de tradition fasciste, pas même au sein de l’extrême-droite des années 30. Pas plus qu’une culture communiste à tendance stalinienne. Petitesse et grandeur d’une nation viscéralement attachée aux nuances, pour le meilleur et pour le pire.

vendredi 10 juin 2011

PRIME AU PREMIER ENFANT ?

Vous connaissiez l'UMP en mode "anti-insécurité", puis "anti-immigration" ? Voici venue sa nouvelle politique pour marcher sur les plates-bandes du FN : l'encouragement nataliste. Une ligne qui prolonge la précédente sortie sur la réduction de l'immigration du travail, sur fond de "repeuplons la France sans attendre que d'autres le fassent à notre place !" (le message est clair, sans mauvais jeu de mot). Concrètement, Christian Estrosi et 91 autres députés UMP préconisent le versement d'une prime au premier enfant. Travail, famille, patrie en somme. Le couple présidentiel apprécierait le geste et l'hommage. Les contribuables beaucoup moins♦

TRIBUNES ET PAMPHLETS ANTI-FN : DES COPIES À REVOIR

Chaque période a ses modes. Après celle des frasques sexuelles de nos hommes politiques, voici qu’en plein bachot, certaines personnalités emboîtent le pas à leurs cadets pour se fendre de brûlots destinés à éclairer et avertir les consciences populaires d’une possible toxicité du vote FN. Sortez un quart de feuille ou plutôt une bonne centaine de pages, et lâchez-vous ! Les Indignés espagnols ont décidé la fin de leur mouvement, qu’à cela ne tienne ! Vous, responsables français, prenez le relais ! Indignez-vous à grands coups de “Au feu, au loup, au Front National !”

fn,national,pamphlet,politique,social,ps,socialiste,nkm,ump,droite,journaliste,critiques On crie oui, mais pas trop fort. Faudrait pas réveiller certains répulsions dormantes. On s’insurge juste assez pour tenter de reconquérir une partie des anciens électeurs de l’UMP, en instillant le doute et la peur dans les esprits — une arme qui a fait ses preuves — et en se positionnant comme pompiers responsables face aux dangereux incendiaires. Alors bien sûr tout cela est de bonne guerre ; il s’agit d’une contre-attaque politique et idéologique aux critiques souvent cinglantes de Marine Le Pen. “La caste se défend et s’affole”, ironise-t-elle. Mais au-delà des redondances (“son parti n’a pas changé … en grattant sous le vernis on retrouve les mêmes thématiques et idées que son père … la préférence nationale est contraire aux valeurs républicaines … leur programme économique c’est la ruine de la France”) dont la réappropriation par l’UMP frise au mieux la démagogie grotesque, au pire l’injonction paradoxale, la “caste” craint tellement de ne pas être reconduite en 2012, qu’elle omet quelques considérations macroéconomiques fondamentales.

“Les gens ne comprendraient pas. Évitez les étapes incertaines, les mécanismes seulement probables et les leviers instables. Allez à l’essentiel, parlez-leur de l’inflation, des taux d’intérêt, de leur pouvoir d’achat”, peut-on lire en creux. Les électeurs sont-ils irréfléchis ? Je ne le crois pas. Aveugles ? Encore moins. La critique du projet frontiste aura du mal à convaincre. Sa difficulté provient du fait qu’elle n’est pas actuellement en mesure de quantifier les conséquences possibles de la sortie de l’euro. Comment se comporteraient les marchés boursiers et financiers en cas d’anticipation de ce repli nationaliste et protectionniste ? Dans quel sens et avec quelle ampleur systémique réagiraient les volumes de change ? …

fn,national,pamphlet,politique,social,ps,socialiste,nkm,ump,droite,journaliste,critiquesEn réalité, le front anti-FN répond par une spéculation au “pari” de Marine que la France pourrait aller mieux en retrouvant sa souveraineté monétaire pleine et entière. Approchez mesdames et messieurs, le catch des droites va commencer ! “Conjecture contre conjecture !” C’était cela ou “Le concombre masqué contre la tomate juteuse !” Pas sûr qu’on y gagne au change … Dans l’affrontement dialectique, pour faire court, il y a juste une chose que l’UMP oublie parfois plus que le FN : nous évoluons en économie ouverte. En cas de sortie unilatérale de la France, les conditions de change réel ne seront pas 1 euro = 1FF mais pas davantage 1 euro = 6.56 FF (taux légal arrêté au moment de l’abandon du franc), puisque la zone euro bâtie sur les piliers allemands et français se disloquerait dès l’annonce de la sortie. A mon tour de prendre un pari : si la crise du système banque-assurance-réassurance que certains annoncent pour l’automne 2011 se produit, alors nous connaîtrons un printemps 2012 où les assauts européistes contre le FN seront devenus aussi caducs que l’euro♦

jeudi 9 juin 2011

MARINE LE PEN : "JE CRÉERAI 500 000 NOUVEAUX EMPLOIS EN CAS DE VICTOIRE PRÉSIDENTIELLE EN 2012"

"Si je gagne la présidentielle de 2012, je créerais 500 000 nouveaux emplois dans l'industrie, grâce au protectionnisme et au patriotisme économiques". Voilà la promesse que la candidate Marine Le Pen a faite aujourd'hui durant une conférence de presse au siège du FN à Nanterre.