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jeudi 14 mars 2013
FRANÇOIS, PAPE, 76 ANS ET (PRESQUE) TOUTES SES DENTS
Le nouveau pape, 76 ans, jésuite (une première) et Argentin, de prénom
François, en référence vraisemblablement à François d’Assise, mais aussi à
François Xavier et François 1er pendant le règne duquel fut fondé en
France l’ordre des jésuites, se veut humble et attaché à la mission sociale de son
apostolat. En particulier, l’ancien cardinal Bergoglio entend amplifier ici son
discours critique contre la spéculation boursière et financière. « Rassurons »
les droitiers et catholiques traditionalistes : en tant que souverain
pontife et chrétien social, il serait néanmoins plus proche politiquement d’un
gaulliste social que d’un marxiste. Notons d’ailleurs que le temporel rejoint
parfois le spirituel, dans des coïncidences étonnantes. A ce titre, qu’il
débute son pontificat le 14 mars 2013, soit le jour anniversaire des 130 ans de
la mort de Karl Marx, pourrait per se présager
d’un progrès, si ce n’est dans les institutions ecclésiales et doctrinales, du
moins dans le message social et critique de l’Eglise catholique. Saint Malachie
prédisait que ce pape serait le dernier. Certes, il n’a qu’un poumon et
certains de ses coreligionnaires lui donnent peu de temps à vivre, néanmoins il
ne semble pas à priori correspondre au « Pierre le Romain » de la
prophétie. Trêve d’élucubrations, laissons-le travailler et observons.
jeudi 16 août 2012
MARIAGE GAY : PITIE POUR LES PRISES MÂLE ET FEMELLE !
Je ne suis pas favorable au mariage homosexuel, non pas parce que je serais catholique croyant pratiquant, non pour une question de morale, mais pour une question de logique.
Prendre le meilleur de chaque époque, ne signifie pas oublier le sens des mots et des actes. Une société qui ne regarde pas devant elle, s'essouffle ; une société qui oublie ses traditions meurt. Par définition, le mariage ne consacre pas seulement l’amour entre deux êtres (ou alors nous serions tous polygames, et mariés à nos amis, à nos parents), mais les retrouvailles terrestres de deux moitiés. Qu’on y croit ou non, n’en change pas la valeur sémantique : le mariage c’est la connexion spirituelle et physique établie entre « une prise mâle » et « une prise femelle ». Deux prises mâles ne permettent pas une connexion, pas plus que deux prises femelles.
Une célébration de l’amour ? On n’a pas besoin de se marier pour se prouver mutuellement son amour et vivre ensemble, et il faudrait être naïf pour penser que le mariage gay réduirait le clivage entre les différents types d’union, ou que cela dissuaderait les hétéros de se répandre en lazzis à l’encontre des homos. Dans l’inconscient collectif, les époux homos continueraient à être perçus comme des « couples de seconde zone », et on peut aisément imaginer les conversations : « Qui ? Roger et son mari ? Non, je ne te parle pas d’eux, je te parle d’un vrai couple… »
Une recherche d’équité républicaine ? Le PACS existe, aussi perfectible soit-il. Par ailleurs, pour naître et grandir avec un minimum de repères affectifs, sociaux et anthropologiques, un enfant a besoin d’un père et d’une mère. A force de poursuivre partout une soi-disant « tolérance » (terme impropre), notre société se nivelle et, paradoxalement, nie ses différences et sa richesse. Ce doit être ça le progrès…
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lundi 4 avril 2011
GUÉANT : "L'ACCROISSEMENT DU NOMBRE DE MUSULMANS POSE PROBLÈME"
Audio : Claude Guéant au micro d'Europe1.
"Trop, c'est trop !" Entend-on partout. Oui, trop c'est trop... mais de quel côté se trouve l'excès ? Crier haro sur le baudet est une stratégie habituelle des partis d'opposition, autant qu'un fond de commerce pour des médias d'information qui ne reculent devant aucune bulle communicationnelle susceptible de créer le buzz. Et le martèlement de reprendre : "C'est un scandale, nous allons porter plainte contre le ministre ! C'est indigne ! Il est même désavoué par son parti !"
On se calme, on met en veille la paranoïa trente secondes, et on se contente de réécouter les propos, dans le contexte, en se souvenant que le locuteur possède une double casquette : ministre de l'Intérieur et des cultes sur le territoire de la République. Que dit-il ? "Il y a davantage de musulmans aujourd'hui que lors du vote de la loi sur la laïcité en 1905". C'est un fait. Propos révoltant ? Non, à moins bien entendu qu'énoncer un fait soit révoltant. "Cet accroissement pose problème CAR nous n'avons pas suffisamment de mosquées actuellement pour accueillir les fidèles". Deuxième fait. Choquant ? Même en m'adonnant à un furieux brainstorming, là encore il me semble que rappeler un fait n'a rien de répréhensible. Y-a-t-il une maladresse ? Même pas -- pour une fois, diront les mauvaises langues. On ne peut repérer une maladresse qu'en éludant, sciemment ou non, la fin de sa phrase "[...] il n'y a pas suffisamment de lieux de prière".
Dans la lignée de ces procès d'intentions, il sera bientôt interdire de simplement prononcer les mots "musulmans", "Islam", "mosquée", peut-être ensuite interdira-t-on aussi les mots "christianisme", "judaïsme", histoire de faire bonne mesure, et pourquoi ne pas prolonger l'intégrisme républicain jusqu'à s'offusquer d'entendre parler de "laïcité" et de "religion" ? Tout cela finira par s'arrêter car les modes changent et parfois c'est heureux.
vendredi 4 mars 2011
SARKOZY, PRÉSIDENT ÉLU... DES DIEUX ?
On peut être de taille modeste et avoir les idées larges et hautes. Très hautes. Un homme va bientôt s'ériger en champion fédérateur de la chrétienté, défenseur de nos valeurs millénaires, ultime rempart contre les extrémismes ... tout en décimant les rangs de sa propre famille politique et en exacerbant les tensions interconfessionnelles avec un acharnement inspiré.
Audio : chronique de Christophe Jakubyszyn (RMC, Bourdin & Co, Les Coulisses de la politique, 04/03/2011).
Photo : Nicolas Sarkozy en la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay (Haute-Loire) © REUTERS/Philippe Wojazer.
De son propre aveu et plus que jamais, des difficultés profondes incombent à notre président de la République dans sa noble mission de service et de représentation. Seulement, la fonction temporelle ne suffit plus à notre "Sauveur". En émule reconnaissant de George Bush Jr, le chef de l'Etat lorgne de plus en plus sur Louis XIV, en se rêvant président des catholiques français, en charge d'un nouveau gallicanisme.
"C'est un héritage qu'on célèbre, une histoire qui nous fonde". Certes. Mais d'aucuns soulignent que ce pèlerinage de Nicolas Sarkozy n'est pas qu'une réaffirmation d'une série d'évidences factuelles. C'est avant tout un signe politique et idéologique fort; pour renouer avec une partie de son électorat de droite et des catholiques. Tandis que d'un côté de la Méditerranée, les despotismes périclitent, de l'autre, ils progressent. Doit-on y trouver une relation de cause à effet ? ... Décidément, notre Président ne parvient pas à rester à la place que la République lui a dévolu. En l'état et en l'Etat, parler encore de république serait hypocrite. Tacitement, nous sommes revenus à une monarchie parlementaire chrétienne. Les plus critiques ajouteront "L'avons-nous jamais quittée ?"
"Il ne faut pas opposer identité et diversité" marque l'entrée en matière présidentielle dans le débat sur la laïcité, concomitant de l'entrée en vigueur de l'interdiction du voile intégral. Le propos répartit fièrement les rapports de force sur l'échiquier. Il met les choses au point, non pas tant sur la sensibilité religieuse personnelle de Nicolas Sarkozy, que sur une hiérarchisation symbolique des valeurs culturelles françaises. Notons la précaution du Président. Sans qu'on lui ait demandé quoi que ce soit, il anticipe et nie déjà l'accusation de prosélytisme qui pourrait être dirigée à son endroit. Une autre question s'impose : ce prélude orienté constitue-t-il une manière sereine de poser les bases d'un débat objectif sur la laïcité ?
Audio : chronique de Christophe Jakubyszyn (RMC, Bourdin & Co, Les Coulisses de la politique, 04/03/2011).
Photo : Nicolas Sarkozy en la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay (Haute-Loire) © REUTERS/Philippe Wojazer.
De son propre aveu et plus que jamais, des difficultés profondes incombent à notre président de la République dans sa noble mission de service et de représentation. Seulement, la fonction temporelle ne suffit plus à notre "Sauveur". En émule reconnaissant de George Bush Jr, le chef de l'Etat lorgne de plus en plus sur Louis XIV, en se rêvant président des catholiques français, en charge d'un nouveau gallicanisme.
"C'est un héritage qu'on célèbre, une histoire qui nous fonde". Certes. Mais d'aucuns soulignent que ce pèlerinage de Nicolas Sarkozy n'est pas qu'une réaffirmation d'une série d'évidences factuelles. C'est avant tout un signe politique et idéologique fort; pour renouer avec une partie de son électorat de droite et des catholiques. Tandis que d'un côté de la Méditerranée, les despotismes périclitent, de l'autre, ils progressent. Doit-on y trouver une relation de cause à effet ? ... Décidément, notre Président ne parvient pas à rester à la place que la République lui a dévolu. En l'état et en l'Etat, parler encore de république serait hypocrite. Tacitement, nous sommes revenus à une monarchie parlementaire chrétienne. Les plus critiques ajouteront "L'avons-nous jamais quittée ?"
"Il ne faut pas opposer identité et diversité" marque l'entrée en matière présidentielle dans le débat sur la laïcité, concomitant de l'entrée en vigueur de l'interdiction du voile intégral. Le propos répartit fièrement les rapports de force sur l'échiquier. Il met les choses au point, non pas tant sur la sensibilité religieuse personnelle de Nicolas Sarkozy, que sur une hiérarchisation symbolique des valeurs culturelles françaises. Notons la précaution du Président. Sans qu'on lui ait demandé quoi que ce soit, il anticipe et nie déjà l'accusation de prosélytisme qui pourrait être dirigée à son endroit. Une autre question s'impose : ce prélude orienté constitue-t-il une manière sereine de poser les bases d'un débat objectif sur la laïcité ?
Prochaine étape ostentatoire ? Cluny, Vézelay ou le Mont-Saint-Michel. Pour Noël Mamère, jamais à court de formules lui non plus, en particulier quand il s'agit de fustiger les incongruités et autres dérives de l'exécutif, la réponse est sans équivoque :
"Avec ce qu'est en train de faire le chef de l'Etat, nous atteignons un niveau politique proche de l'encéphalogramme plat !"Espérons toutefois que nos politiques aient encore suffisamment d'influx nerveux pour conduire le débat avant que nous en arrivions nous-mêmes à nous brûler les esprits et les corps dans une nouvelle guerre de religion♦
samedi 19 février 2011
LA TARENTELLE PRÉSIDENTIELLE
Nicolas Sarkozy veut rouvrir un début national sur la laïcité, focalisé sur la place de l'Islam en France. Il apparaît comme une aveuglante évidence que son intention n'est pas de résoudre ce qu'il qualifie de "problème pour la France", susceptible de mettre en péril nos principes républicains. Le refus du sectarisme inversé fait à présent l'objet d'un consensus apolitique. On s'y plie, bon gré mal gré, à gauche comme à droite. Toutefois, les dérives que le chef de l'Etat, ses amis et conseillers en communication stigmatisent, ne concernent que quelques minorités, voire quelques centaines d'individus sur le territoire.
Le président sait qu'il est confronté à d'autres priorités, et que ses concitoyens attendent de lui davantage de zèle dans le volet économique et social de son action. Il en a bien conscience quand il manifeste son intention de lutter contre tous les intégrismes, sans pouvoir et sans vouloir totalement s'en donner les moyens. La vérité c'est qu'il rentre dans cette thématique en poursuivant une stratégie électoraliste, bien plus qu'idéologique : il est catastrophé par les sondages d'opinion de plus en plus favorables à Marine Le Pen et, craignant de ne pas être réélu, il ne sait plus quoi trouver pour plaire aux électeurs du Front national.
Ce qui l'empêche de dormir n'est pas l'hypothétique percée de l'extrémisme religieux en France, mais celle, réelle, de mouvements politiques désignés à la vindicte publique comme "extrémistes". En creux, il livre un combat contre lui-même et contre les innombrables lacunes de son gouvernement. Se défausser sur un bouc émissaire, quel qu'il soit, est l'aveu de son impuissance à convaincre. Le plus grand fléau qui ait jamais existé, c'est la c*******.
Le président sait qu'il est confronté à d'autres priorités, et que ses concitoyens attendent de lui davantage de zèle dans le volet économique et social de son action. Il en a bien conscience quand il manifeste son intention de lutter contre tous les intégrismes, sans pouvoir et sans vouloir totalement s'en donner les moyens. La vérité c'est qu'il rentre dans cette thématique en poursuivant une stratégie électoraliste, bien plus qu'idéologique : il est catastrophé par les sondages d'opinion de plus en plus favorables à Marine Le Pen et, craignant de ne pas être réélu, il ne sait plus quoi trouver pour plaire aux électeurs du Front national.
Ce qui l'empêche de dormir n'est pas l'hypothétique percée de l'extrémisme religieux en France, mais celle, réelle, de mouvements politiques désignés à la vindicte publique comme "extrémistes". En creux, il livre un combat contre lui-même et contre les innombrables lacunes de son gouvernement. Se défausser sur un bouc émissaire, quel qu'il soit, est l'aveu de son impuissance à convaincre. Le plus grand fléau qui ait jamais existé, c'est la c*******.
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