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lundi 19 septembre 2011

QUAND LA FUSÉE AUBRY N'ARRIVE PAS A LARGUER LES ÉTAGES DSK ET HOLLANDE

Objectif clairement affiché : l'Elysée en 2012. Etapes préparatoires : faire oublier DSK et doubler François Hollande dans les sondages... par tous les moyens.

DSK,Strauss-Kahn,PS,socialiste,Chazal,TF1,confession,Diallo,SinclairDimanche 18 septembre. Journal de 20h sur TF1. Un rendez-vous plus attendu et commenté que jamais avec la première intervention télévisée de Dominique Strauss-Kahn depuis son retour en France. Après que Claire Chazal ait interrogé l'ancien directeur du FMI sur ses démêlés judiciaires, elle ramena l'échange sur le terrain politique. En particulier sur la réalité du fameux pacte de non-agression mutuelle dit de Marrakech.

Et là, stupéfaction. Un cadeau empoisonné dont n'avait certes pas besoin une candidate qui peine à rattraper son retard dans les sondages vis-à-vis de François Hollande. Car tandis que Martine Aubry jouait, si ce n'est le démenti, du moins l'équivoque au début du mois dans l'émission "On n'est pas couché" sur France 2, DSK, lui, ne tergiversa pas : "Oui il y a eu pacte entre Martine Aubry et moi", affirma-t-il ce dimanche soir. Une incohérence ou une trahison (bilatérale ou non) qui risque de constituer un handicap supplémentaire dans la longue course vers l'Elysée, pensez-vous ? Presque. Ce serait en effet compter sans un deuxième étage susceptible d'obérer l'ascension politique de la maire de Lille.

Aubry,PS,socialiste,Grand Jury,Mougeotte,AphatieQuelques minutes avant l'intervention de DSK, Martine Aubry était l'invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Questionnée légitimement sur le ressenti de sa performance suite au débat des primaires diffusé sur France 2 jeudi soir, elle répéta avec conviction "Mon adversaire n'est pas François Hollande mais Nicolas Sarkozy".

Jusque là, l'ordre et la paix prônés par Hollande semblaient respectés. Seulement, quelque chose sonnait faux, Martine Aubry paraissant gênée aux entournures par son nouvel habit de candidate à la primaire.

"Nous... pardon, je". La mue ne serait-elle pas totalement achevée, de sorte que le rôle de première secrétaire maître d'oeuvre du projet socialiste lui serait encore totalement chevillé au corps ? Non, il y avait autre chose. Comme le ton maternel et protecteur d'une femme rompue aux vicissitudes de la vie politique, qui souhaite endosser l'investiture suprême pour éviter à sa progéniture les mêmes désillusions et revers. Son argumentaire de campagne "J'ai de l'expérience [...]" était ce soir largement nuancé, contrebalancé par un "J'ai fait des erreurs" -- une amende honorable à la tonalité d'ailleurs étrangement proche de la contrition médiatisée de DSK.

Première charge du directeur du Figaro. A la question d'Etienne Mougeotte : "Qu'avez-vous de plus que François Hollande ?", Martine Aubry, sentant qu'elle ne pouvait plus se dérober, tomba finalement le masque, pourfendant dans la foulée et sa propre armure et la crédibité du favori PS.

C'est surtout par cette nouvelle rengaine chargée de sous-entendus "La politique c'est sérieux. Il faut de la clarté et de la cohérence" qu'est arrivé l'orage. On l'attendait. D'abord, une étincelle dans l'œil d'Aphatie lorsqu'Aubry critique ouvertement la proposition rivale de "contrat de génération". "Déjà expérimenté, ça ne marche pas", affirme-t-elle. Ira-t-elle jusqu'à oser un "Hollande est incompétent" ? L'aveu est quasiment là, à portée de questions. Opiniâtre et, flairant une nouvelle félonie au sein des caciques du parti, le journaliste de RTL explora donc plus avant cette nouvelle piste. Lâchez pas prise, "travaillez-la", les gars ! Entonnera-t-elle la réponse du berger à la bergère, assortie d'une claque verbale et d'un coup de pied au derrière si tonitruants que Ségolène Royal ferait office de tendre brebis en comparaison ? La réponse.
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Hollande une "girouette" donc ? Martine Aubry n'est guère pressée de le nier. Pas plus que de défendre ses qualités de présidentiable et d'opposant à l'actuel chef de l'Etat. Ferait-il un bon ou un mauvais président ? "C'est aux Français d'apprécier". Et enfin le coup de grâce : "Si François Hollande gagne la primaire, ce que je ne crois pas..." Alors, quel que soit le candidat qui sera désigné à la primaire socialiste, la présente archive permettra à tous les électeurs, de droite comme de gauche, de se souvenir des initimités réelles derrière les futures alliances de façade. Aubry et Hollande ne peuvent pas se blairer, cela est à présent démontré. Qu'ils prétendent pouvoir gouverner le pays ensemble, et ils ne feront qu'amuser la galerie et se décrédibiliser encore un peu plus.

Après les révélations de Bourgi la semaine dernière, la gauche opportune a fustigé "la culture de trahison" de la droite. L'ironie du sort lui rappelle aujourd'hui avec force que la trahison ne connaît ni frontière ni parti. Même les familles politiques qui se veulent soudées, s'assassinent parfois. Pour paraphraser Kissinger, "La politique n'a pas de principe, elle n'a que des intérêts"♦

mardi 23 août 2011

RETOUR DE DSK : HÉSITERA-T-IL ENCORE SUR SON AVENIR POLITIQUE ?



Souvenir...

Ou la difficulté d'organiser "le match" de la primaire, en préparation de la campagne présidentielle pour 2012 (extrait de l'émission des Guignols de l'Info du vendredi 4 mars 2011).

jeudi 28 juillet 2011

LA CONFÉRENCE DE PRESSE TANT ATTENDUE DE NAFISSATOU DIALLO

La conférence de presse de la femme de chambre et de son avocat a bien eu lieu. Elle fut l’occasion d’un bras de fer par médias interposés entre l’avocat de Nafi Diallo et le procureur. Kenneth Thompson rappela celui-ci à ses devoirs envers la plaignante.

Un responsable d’association noire amplifia la charge morale en demandant la destitution d’un procureur qui, selon lui, aurait « trahi » sa mission et la confiance de la présumée victime. Un quitte ou double de Maître Thompson qui, lors de cette contre-attaque médiatique, tenta de racheter l’honneur de sa cliente, tant discréditée par les tabloïds et journaux du monde entier. L’objectif étant de reconquérir les faveurs de Cyrus Vance Jr et de lui rappeler sa volonté expresse de poursuivre l’affaire au civil. Un cas de figure très probable tandis que les avocats de DSK estiment que la procédure pénale se conclura par un non-lieu.

nafi.jpgNafi Diallo s’est exprimée durant moins de trois minutes. Elle a ensuite quitté la salle sans délai, afin de ne pas risquer la contradiction en répondant aux questions pressantes des journalistes. D’autres intervenants, notamment des pasteurs, ont profité de l’occasion pour pontifier sur la portée universelle de la circonstance, pour faire de cette femme une martyre au sens étymologique, un symbole de « toutes les femmes victimes à travers le monde » de l’abus de pouvoir des hommes riches et puissants♦ [crédit photo : Jon Swaine]

vendredi 8 juillet 2011

PARTIS SEGMENTES : POURQUOI FAIRE SIMPLE QUAND ON PEUT FAIRE COMPLIQUÉ ?

« Les deux droites vont finir par faire imploser l’UMP ! » L’actualité ne manque effectivement pas de thèmes susceptibles de mettre en relief les contrastes saillants entre les courants gaulliste-social et libéral-populaire de l’UMP. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Pour ce qui est de la pluralité idéologique, la gauche non plus n’est pas en reste.

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Ses avatars sont encore plus nombreux : conservatrice, réformiste, sociale-démocrate, patriotique-populiste de gauche, communiste, sécuritaire, protectionniste, écologiste, etc. Une palette de couleurs déclinée finalement autour de deux valeurs chromatiques : l’une interprète son hémisphère politique comme une émanation intangible des Lumières et de la Révolution, luttant contre les injustices et inégalités ; l’autre, hédoniste et libertaire, cherche moins l’égalité que le progrès socio-économique et humain.

J’ai retenu ma main tentée par la dichotomie « l’une est idéaliste, l’autre pragmatique », car ni l’une ni l’autre ne sauraient de nos jours être qualifiées ainsi. Les partis républicains de ce début de XXIe siècle sont dirigés par des gestionnaires, élus pour organiser le partage des fruits de la mondialisation. De fait, il n’y a plus de clivage patent tel qu’au XIXe siècle entre une « gauche charitable et proche du peuple » et une « droite cynique et élitiste, protectrice du capital et des riches ». Lorsque d’aucuns essaient de le ressusciter, c’est à grand renforts de caricatures — une mayonnaise qui ne prend presque plus. Il est toutefois intéressant de noter que leurs anciens crédos respectifs sont entretenus dans l’inconscient collectif par les éléments de langage des politiciens.

A gauche, « la modernité sociétale » (le mariage homosexuel en particulier) s’est substituée à la lutte des classes sociales, tandis qu’à droite on fustige le « compassionnel » compassé et « les solutions dépassées » de la gauche en lui opposant un esprit de « responsabilité ». Au milieu de cette nouvelle harmonie, le leitmotiv wagnérien du secrétaire général de l’UMP était prévisible : « Le FN c’est surtout des devoirs. Le PS c’est surtout des droits. Nous, nous sommes le parti des droits et des devoirs ».
politique,philosophie,france,économie,social,ump,sarkozy,ps,droite,gauche,fn,national,électionLa France est décidément une terre d’exception politique. Gauloise et romaine à la fois, elle porte en germe tout et son contraire, avant que ses antagonismes ne se résolvent en complémentarités nécessaires. Ses lumières sont tamisées, ses contours changeants. Lionel Jospin a répété après sa défaite en 2002 que le FN ne représentait pas une menace fasciste. Mal voyant ou clairvoyant ? Car s’il n’était alors pas une porte ouverte sur une dictature, il est peu probable que sa nouvelle mouture normalisée le soit davantage. Une majorité d’historiens affirme d’ailleurs que notre pays n’a jamais eu de tradition fasciste, pas même au sein de l’extrême-droite des années 30. Pas plus qu’une culture communiste à tendance stalinienne. Petitesse et grandeur d’une nation viscéralement attachée aux nuances, pour le meilleur et pour le pire.

lundi 4 juillet 2011

"DSK INNOCENT", L'OXYMORE AMORAL

4 juillet 2011. Independance day outre-Atlantique. Trêve des affaires là-bas. Et trêve de plaisanterie ici : DSK ne peut en aucun cas être “martyre” ou “victime”. Il y a une vérité intermédiaire entre “100% coupable” et “100% innocent”, et le choix des termes est signifiant tant du strict point de vue sémantique que des orientations politiques qu’ils portent.
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Certains amis de l’ex-patron du FMI l’ont bien compris, eux qui, sans nuance aucune, l’ont déjà réhabilité, voire béatifié. L’homme a souffert. Beaucoup souffert. Pas mort en martyre, mais martyrisé symboliquement, abattu médiatiquement. Soif de justice. Fini le “Tiens l’puissant, prend ça dans tes dents ! Néo-colonisateur qui a voulu abuser d’une femme noire, humble et pieuse !”

La première réparation, avant les futurs dommages et intérêts et autres conséquences juridiques pour la menteuse Nafissatou Diallo, appartient au champ de la politique intérieure. Il s’agirait de reporter la date de clôture des candidatures aux primaires, pour faire coïncider l’acquittement de l’accusé avec le timing électoral. “Légitime !” Vraiment ?

Autant je peux comprendre qu’on réaménage le calendrier des primaires pour un ténor du parti victime d’un accident ou d’une manigance totalement indépendante de sa volonté, autant il serait coûteux de discréditer les primaires tant attendues en les accommodant pour un homme qui “au mieux” a trompé sa femme, au pire a violé une femme de chambre. Un ami m’a dit hier “Dans tous les cas, si DSK revient dans la course aux primaires, pour se présenter ou pour soutenir ses alliés, il offrira un cadeau empoisonné aux socialistes ; ce sera la nouvelle machine à perdre de la gauche !”
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Comment pourrait-on en effet confier les rênes d’une nation à un homme qui a du mal à tenir ses propres rênes et ses reins ? Un épris de la lettre médiane de “toqué”, dont on se demanderait en permanence s’il n’a pas rechuté durant le dernier sommet mondial avec telle Allemande, Anglaise, Américaine ou Chinoise. Ah ça pour redresser, il redresserait, Dom’ ! Et pas que les finances. Terrible de passer si vite de “chance de la gauche, DSK la gâchette” à ce statut de “Pervers pépère la défaite” . Il a perdu sa crédibilité, et ne saurait en aucuns cas être “blanchi”. Terme inapproprié en plus d’être vulgairement équivoque.

Certes, l’homme, économiste compétent, qui se serait bien passé de l’emballement médiatique, aspirera à se reconstruire, personnellement, politiquement. S’il est relaxé, il devra s’expliquer. Oui, l’ordre de la séquence peut paraître illogique, mais c’est ainsi lorsque l’accusation s’effondre sous une plaignante grevée d’erreurs et de parjure, et qu’il n’y a aucun autre témoignage direct à charge. Un non-lieu probable et il retrouvera bientôt son passeport et son entière liberté de déplacement … et la malédiction d’un châtiment perpétuel. Car à peine aura-t-il posé le pied sur le territoire français qu’une autre affaire de mœurs l’attendra.

Il y a quelques jours je me risquais à une anticipation :
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Bingo et comble de l’ironie. On a effectivement appris aujourd’hui que l’avocat de Tristane Banon, autre victime présumée du pressant séducteur, a transformé l’avertissement de plainte en plainte effective pour tentative de viol. Contre-attaque immédiate des avocats de Strauss-Kahn avec un dépôt de plainte pour dénonciation calomnieuse. L’objectif est double. D’une part, défendre farouchement une liberté péniblement reconquise ainsi que ce qui lui reste de réputation dans l’opinion, en récusant formellement et sans délai les allégations de la journaliste et romancière. D’autre part, montrer à son accusatrice qu’il est prêt à engager le bras de fer, espérant l’inciter à retirer sa plainte. A peine arrivé sur le territoire, et vlan que ça r’commence.

politique,justice,police,prison,dsk,strauss-kahn,sinclair,tribunal,audience,procès,nafissatou,diallo,femme de chambreLes socialistes ont attendu tout le week-end la réaction de Martine Aubry à la (dé)veine et nouvelle donne politique. C’est finalement dimanche soir qu’elle a rassuré ses partisans tout en ménageant les plus ardents strauss-kahniens : “Quoi qu’il arrive, je maintiens ma candidature […] Personne n’osera opposer à Dominique un quelconque calendrier”. On notera la proximité amicale assumée, mais aussi le traitement de faveur qui sacrifie la grande valeur de gauche qu’est l’équité au profit du réalisme des suffrages : pas question de fermer la porte au précédent champion des sondages et à ses aficionados. Une bien périlleuse compromission de la part de l’intransigeante Martine, la garante de l’agenda et du pacte passé avec DSK à Marrakech. Et quelle idée d’être aussi clémente envers un homme politique à ce point infidèle et inconséquent. A moins qu’elle n’ait eu quelque bonne assurance que nonobstant son acquittement aux Etats-Unis, il ne pourrait pleinement se consacrer à sa carrière politique en France. Ce qui expliquerait qu’elle n’envisage pas de désistement précoce pour son ami, pour son allié devenu “rival” le temps d’un été♦

mardi 28 juin 2011

PRAGMATIQUE POLITIQUE : SÉLECTION NATURELLE CONTRE AUTO-PRÉSERVATION

Dans mon esprit, cela est clair. Le complotisme est mort-vivant. Tout comme la quasi-totalité des interprétations machiavéliennes qui considèrent que le monde s’écrit essentiellement sous l’impulsion de ses représentants, plutôt que par ceux qui les élisent et forgent la société au quotidien. Et les révolutions du monde arabe ne sont pas les seuls arguments susceptibles de contredire cette thèse.

De la mode paranoïaque…

politique,philosophie,social,antiracisme,gauche,droite,ump,ps,socialiste,fn,national,xénophobie,économieLes actions politiques sont guidées essentiellement par une force exogène à la politique, par la nécessité socioéconomique bien plus que par les stratégies politiciennes pour se maintenir au pouvoir. Considérer que ce sont des orientations politiques, soi-disant plénipotentiaires, qui sont la cause première du fait politique, serait au mieux un anachronisme, au pire un mensonge. Le monde ne maîtrise plus son destin collectif, voilà pourquoi d’aucuns le trouvent "fou". La peur du vide incite conséquemment à reconstituer le puzzle des évènements, lutter contre le sentiment d’absurdité en tissant des liens entre le passé, le présent et l’avenir, en s’abstrayant de l’illogisme, de l’instabilité économique, et de l’action au coup par coup qui en résulte. Dans le jeu d’échecs, on appelle cela "avoir un profil de tacticien plutôt que de stratège". A titre d’exemple, une critique virulente et subtile parfois adressée aux socialistes. J’en parle d’autant plus volontiers que je ne suis pas sympathisant socialiste. Je l’entends, ici ou là, ce discours bien rôdé de ceux que les journalistes traditionnels qualifient de "nouveaux réactionnaires" :

"L’antiracisme fut crée par la gauche qui, n’assumant pas sa duplicité idéologique, sa complicité avec l’immigrationnisme patronal et sa volonté de peser à la baisse sur les salaires des français, cherchait à les maquiller sous les traits plus acceptables du combat humaniste".

Ils supposent que les socialistes auraient été des cyniques et des criminels, visant à appauvrir et diviser la France pour mieux régner face à la droite. Et et et… et quoi encore ? Oublions la perversité, aussi fascinante qu’elle pût paraître pour certains esprits, et revenons à la gestion concrète des affaires de la cité. Le parti socialiste n’a rien maîtrisé du tout. Affirmer le contraire, ce serait lui prêter des vertus dont il n’a jamais pu s’enorgueillir, même pas dans ses rêves les plus audacieux. Quant à l’antiracisme et "l’immigrationnisme" si tant est qu’on leur accorde quelque consistance, rappelons qu’ils n’ont pas été mobilisés ex-nihilo, telles des fantaisies de l’esprit, mais bien sous l’effet d’une urgence sociale — choisissez le terme qui vous siéra.
  
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Cette gauche errante, en quête de nouveaux motifs de révolte pour mériter encore son intitulé "parti socialiste", a été
victime d’une profonde crise identitaire. Au moins aussi importante que celle des populations immigrées dont elle prétendait être le chantre. Avec sa "crise de la quarantaine", cette déracinée s’est un jour réveillée en prenant conscience que le monde avait changé bien plus vite qu’elle. D’abord inopérante face à la nouvelle donne internationale, pragmatique et financiarisée, elle peina à recycler ses bons sentiments en un projet réaliste et pertinent.

La mue a été difficile. À présent la voilà décomplexée, relookée, modernisée bien qu’amputée de son champion naturel DSK. La voici sous une étiquette majoritairement sociale-démocrate assortie d’une dose raisonnable de discours sécuritaire. Merci Obama.

…aux interprétations tendancieuses

A la vérité, il serait utopique de se figurer les partis politiques comme des monolithes. Ce sont des rondes de danseurs, qui se forment, se rompent, et se recomposent en permanence, à partir de nouvelles sensibilités, personnalités, le tout sur des rythmes changeants. Ne laissons pas la terminologie traditionnelle nous abuser. Il n’y a jamais eu une gauche ou une droite immuable. Ce qui n’empêche pas les courants de revendiquer des filiations intellectuelles et d’en jouer auprès des électeurs. Parfois jusqu’à la caricature. Au parti radical valois, la laïcité, l’humanisme athée, le primo-libéralisme artisanal. Au parti socialiste, les grandes causes populaires et humanitaires, la redistribution, l’amélioration des conditions de travail et de vie. A la droite républicaine, les grandes réformes régaliennes de l’Etat, de l’Education, la défense du patrimoine familial et foncier, la baisse des charges et l’encouragement à entreprendre. Seulement, les partis évoluent et il est évident, de l’aveu même de leurs cadres, que la conservation du nom n’est guère plus qu’une survivance. Un phare qui ne produit plus qu’un mince filet de lumière dans lequel on cherche quelque espoir, lorsque le vent mauvais électoral fait chavirer les certitudes. "Souvenons-nous, matelots ! Jaurès, Blum, Mendès… Soyons fiers de tenir les gréements socialistes !"

Épopée réaliste ou réalisme épique ?

Surtout, les partis sont tributaires des conditions réelles, des modes de production et de consommation. Pour survivre, ils doivent certes prendre position sur l’échiquier politique, réinventer ou réactualiser leur sémantique. Néanmoins, leur marge de manœuvre reste limitée : ne pas en faire assez, c’est être incompétent, en faire trop c’est être inutile. La satisfaction du politique est bien moins celle d’une vanité naïve que d’un eudémonisme rencontrant opportunément l’intérêt général. Le politique le plus ambitieux n’est pas un caporal ni un notable de province. C’est un empereur romain assoiffé de la plus grande gloire qui soit : celle du demi-dieu qui fait triompher ses principes et ses actions jusqu’à les coiffer des lauriers de l’immortalité.

jeudi 23 juin 2011

VERS UNE TROISIÈME RÉVOLUTION DE L'ÉDUCATION ?

Miracle, l'homme a été touché par la grâce ou bien a été visité par les mânes de Jules Ferry ! Nicolas Sarkozy, lors d'une table ronde sur le thème de l'absentéisme scolaire, après une visite dans un collège de Plaisir (78), a tenu des propos responsables, dignes et progressistes ! Il a appelé à une "troisième révolution de l'éducation", via une plus grande personnalisation des itinéraires scolaires et un passage du collège unique au collège pour tous.

samedi 11 juin 2011

L'EFFET DSK : T(R)OPIQUES AU COMPTEUR

Accalmie dans l’affaire DSK. Chaque camp affûte ses armes, un mois avant la prochaine audience. Le temps pour les esprits de se calmer, la perspective des vacances aidant. La plainte de la femme de chambre new-yorkaise a à peine essaimé, désinhibé et libéré la parole d’autres victimes présumées, que déjà l’actualité des frasques sexuelles commence à lasser l’opinion et les médias.

Un mois s’est écoulé depuis le scandale. Les journalistes et les commentateurs du net prévoyaient la foudre pour la classe politique française. L’histoire a écorné un peu plus l’image de la France à l’étranger, mais pas au point de rechigner à appuyer une candidature française pour remplacer Strauss-Kahn à la tête du FMI. Christine Lagarde, officieusement adoubée par tous les pays industrialisés, a en effet toutes ses chances.

Certains commentateurs ont hâtivement spéculé sur un effet "lutte des classes". Dommage de galvauder une expression si chargée historiquement. La lutte des classes, c’est la conscience de son exploitation par une majorité populaire affamée et son organisation pour renverser le régime de propriétaires capitalistes. Je me suis déjà exprimé, comme tant d’autres, sur les raisons pour lesquelles une Révolution n’est pas actuellement envisageable en France.politique,économie,dsk,strauss-kahn,besancenot,npa,justice,police,viol,agression,sexuelle,nafissatou,diallo,guinéenne,femme de chambre

Le bras de fer perdu durant la réforme des retraites l’a très bien illustré ; un échec qui incita même un Besancenot découragé, résigné face au manque de convictions révolutionnaires et de moyens des relais syndicaux, à anticiper sa propre retraite politique. "Bougez avec la poste !" Les enquêtes prouvent que l’histoire DSK a eu bien plus de retentissement médiatique que de répercussions sur l’électorat. Ni antagonisme ravivé entre les "puissants" et les "humbles" débouchant sur un "tous pourris" favorable au FN, ni report sur la valeur-refuge présidentielle en attente d’un heureux évènement (ou d’une calamité supplémentaire aux yeux des détracteurs de Sarko). Une inertie qui s’explique par au moins quatre facteurs.

D’abord, la stupeur et l’incrédulité. Rares sont ceux qui croient en ce fâcheux concours de circonstance d’un ex-futur favori à la présidentielle qui, chahuté sur son train de vie somptuaire, clôt sa semaine éprouvante en donnant magistralement raison à ses adversaires et en parachevant son oeuvre d’hédonisme irresponsable par le viol d’une maid. Personnellement, j’ai encore la "fellation forcée" en travers de la gorge. Que voulez-vous, il y a des choses qu’on a du mal à avaler. Certains agendas et plans nous échappent.

Mais gare aux langues déliées ! Selon le dogme Américain, douter des versions officielles US c’est être déjà "complotiste". Nos dirigeants l’ont bien compris, eux dont le cartésianisme s’est effacé docilement devant certaines raisons supranationales. Je m’entends encore en début d’année, m’entretenir avec un ami : "Quand vont-ils ressortir du placard la marionnette Ben Laden et mettre en scène sa mort ?" La réponse n’a pas tardé. Début mai, fin officielle du leader d’Al-Qaïda. Le gars n’a rien pu faire, attaqué par un service encore plus diligent qu’UPS ou Chronopost : découverte, exécution, disparition, tout cela dans la foulée. Ca ne traîne pas chez les SEALs. Chez eux, on bosse en flux hyper-tendus. Que les frustrés qui attendaient un procès se rassurent, il leur reste celui du Perv.

lklk.jpg Autre enseignement. Les gens, bien que perfusés d’informations et de buzz, ne sont pas aussi influençables que d’aucuns l’affirment. Une majorité de français évite l’amalgame : DSK n’est pas représentatif de l’ensemble de la classe politique, ce n’est qu’un "K" particulier. Pour les sympathisants et militants socialistes, sa mise en accusation ressortit d’un fait privé et n’empêchera ni la conduite des primaires du parti, ni une conquête élyséenne désirée comme rarement par le peuple de gauche.

Troisièmement, la désillusion française constitue ici un rempart. Les français sont tellement coutumiers des scandales, qu’un de plus ou de moins n’altérera pas en profondeur leur perception des "puissants". Non seulement ils s’y sont habitués, mais ils ont même tendance, dans une transposition du syndrome de Stockholm, à s’attacher sympathiquement aux escrocs jusqu’à les réélire. Le principal nœud dans le lien présent entre DSK et ses compatriotes, c’est l’incertitude. Qu’elle se lève et il passera soit pour un martyre, soit pour un criminel de grande envergure. Dans tous les cas, sa victoire sur l’indifférence est assurée ; l’Histoire ne sera pas prête de l’oublier.
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Ultimement, il ne faut pas sous-estimer le mécontentement des citoyens à l’encontre de l’action présidentielle. A ce titre, pour une majorité d’électeurs socialistes, le sort de DSK importe bien moins que l’objectif de 2012 : le candidat social-libéral, certes susceptible de moderniser le PS, était un moyen pour renverser le souverain républicain avant d’être une fin en soi. Que la détestation de Sarkozy l’emporte ici sur l’affection envers l’ancien directeur général du FMI ne procède pas tant d’une bulle médiatique ou d’un problème conjoncturel d‘"image", que d’une désapprobation de fond.

Pour la foule vindicative, dix affaires successives de mœurs qui frapperaient le PS, ne lui feraient pas plus oublier les motifs de son courroux que sa fièvre de changement. Le politicien est versatile, mais jamais autant que l’électeur. Tel qui a encensé Sarkozy hier, le déteste aujourd’hui et … le louera peut-être demain, se repentant trois fois comme Pierre. A moins d’un an du scrutin présidentiel, bien malin qui pourrait le dire.

L’impact social surestimé de cet évènement serait-il donc nul ? Pas sûr. Car si certaines associations partisanes se sont gardées d’ameuter la populace, d’autres ont saisi l’occasion pour ranimer la brûlante pertinence de leurs combats. Ainsi, les féministes et antiracistes se sont fait bien plus entendre que les mouvements de contestation politique, rappelant qu’à présent les contre-pouvoirs populaires les plus éloquents, après les antinucléaires, sont à chercher parmi les groupes d’influence sociétaux et anthropologiques à vocation humaniste.

La discrimination sexuelle et ethnique réveille les pulsions libido-insurrectionnelles. Celle économique, nettement moins romantique, trop vulgaire et prosaïque, agace tout au plus. Vérification faite à Manhattan, avec ce cortège improbable digne de l’Apprenti Sorcier, ce ballet du balais devant le palais. Admirez le tableau : un car entier de femmes de chambre en tenue de travail, venues pour conspuer l’affreux agresseur aux cris de "Shame on you ! Shame on you !" ("honte à toi", pour les réfractaires à la langue de Shakespeare). Parallèlement, les cris des Indignés espagnols et français se raréfient et leurs revendications s’éteignent avant même les feux de la Saint-Jean. Certains mouvements n’ont plus la cote. Les temps changent.
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"On s’en moque de Strauss-Kahn, il y a d’autres sujets plus graves ! Des gens meurent sous les balles ou crèvent de faim partout dans le monde !" C’est exact. Toutefois, à l’instar d’autres incrédules, je ne commencerai à tourner cette page au propre comme au figuré que lorsque j’aurai vu et entendu la présumée victime, Nafissatou Diallo. Alors je dirai "ce type est vraiment un malade ! Heureusement qu’on ne l’a pas eu comme président !" Mais pour le moment, rien ne permet de la distinguer d’un personnage fabriqué ou choisi pour les besoins du scénario. Le portrait que les médias et soi disant "proches" en ont dressé appartient aux images d’Épinal; cette femme est à ce point décrite comme une sainte qu’elle en est irréelle. Conséquemment, le contraste entre la plaignante et l’accusé est si saisissant qu’il est sujet à caution et porte avec insolence la signature du manichéisme américain. A quoi ressemblerait l’antithèse d’un homme, blanc, influent, célèbre, à la richesse ostentatoire, juif, peu pratiquant, replet, cultivé, polyglotte, marié, infidèle et hédoniste ? La réponse n’aura échappé à personne. "Les extrêmes s’attirent" dites-vous ? [Dernière photo : Reuters / Mike Segar]

jeudi 9 juin 2011

SMIC : TROP ÉLEVÉ SELON BRUXELLES

La Commission européenne vient de porter un jugement qui ne risque pas de réconcilier les eurosceptiques français avec leurs voisins. Selon Bruxelles, la compétitivité économique de notre pays serait freinée par un SMIC trop élevé. Ce n'est certes qu'un avis extérieur, mais son caractère normatif et impérieux est déjà ressenti par beaucoup comme un diktat. Quelle sera la réponse de nos dirigeants ? Un "De quoi j'me mêle ?!" implicite ou bien un tacite acquiescement, annonciateur d'une baisse prochaine du salaire minimum ?

mercredi 1 juin 2011

LE MAGISTRAT ESSONNIEN ABUSAIT SEXUELLEMENT DES CONDAMNÉES

Après DSK, Tron et le présumé ex-ministre pédophile, voici une autre affaire d'agression sexuelle impliquant cette fois un magistrat. En Essonne, un délégué du procureur de la République vient d'être condamné à une peine d'emprisonnement pour avoir abusé de son pouvoir et embrassé des jeunes femmes qui avaient maille à partir avec la justice.

En résumé, il a appliqué une stratégie à la Francis Kuntz de Groland : "allez poupée, t'es condamnée, mais je pourrais peut-être te permettre d'alléger ta peine, à condition que tu me fasses quelques gentillesses ...". La République bananière n'est pas prête de s'éteindre.

mardi 31 mai 2011

"DIS PAPA, POURQUOI TU VOTES PAS POUR LE PS?"

J’imagine aisément la réponse. Un réquisitoire dont la forme contemporaine pourrait ressembler à cela :

asqs.jpg"Le socialisme est un mensonge qui a depuis longtemps tourné le dos à ses racines marxistes et révolutionnaires. Ce ne sont plus pour lui que de lointains souvenirs. Le socialisme moderne procède d’une orientation sociale-libérale, c’est-à-dire d’un accommodement, pour ne pas dire d’une soumission, de cette sensibilité traditionnelle de gauche aux règles libérales.

Le PS est le représentant de commerce de la mondialisation : ouverture des frontières, libre-circulation des marchandises, des personnes etc. Son objectif n’est pas de révolutionner le régime, mais de le réformer en douceur par la politique fiscale, la redistribution, et la régulation du libéralisme. Réguler le système pour mieux en faciliter l’application ; non pas le contrarier. A ce titre, le parti socialiste ne saurait appliquer l’ascenseur social et ne pourrait libérer les miséreux de leur condition. Là n’est pas son intérêt, puisque soustraire par quelque inspiration providentielle les êtres à la misère hypothéquerait ses chances d’être réélu, en lui ôtant l’objet même de son engagement.

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En outre, ses moyens d’action se limitent à prodiguer aux plus pauvres la béquille et les expédients prompts à leur faire supporter leur condition. Ici, le but n’est pas de guérir, mais de fournir des soins palliatifs, d’accompagner l’autre dans sa douleur avec commisération, puis de l’inciter à se résigner par le découragement. Le socialiste moderne n’entretient pas les pulsions révolutionnaires, mais ne les rejette pas explicitement. Il ménage l’ambiguïté pour mériter encore son titre d’homme de gauche et surtout pour mieux faire passer le breuvage faussement édulcoré et réellement amer de la mondialisation. En vérité, sa conception est celle d’une antinomie profonde entre la défense des classes populaires et celle de l’humanité dans son ensemble ; comme le disait Simone de Beauvoir dans Pyrrhus :
'On ne peut en se transcendant vers le prolétariat se transcender du même coup vers toute l’humanité, car la seule manière de se transcender vers lui, c’est de se transcender avec lui contre le reste de l’humanité.'
Servir sa nation, ça n’est pas monter une catégorie contre une autre. C’est aimer et reconnaître chaque composante de la société, sans chercher à privilégier l’une ou l’autre. Le populaire ou l’humain, il faut choisir. Il y a bien longtemps que j’ai choisi."

Au parti socialiste, dans sa dénomination actuelle ou bien dans une autre, de faire mentir cet électeur.

lundi 30 mai 2011

LE VOYEURISME GRAVELEUX D'ABORD !

Indécence et complicité des médias caniveau. Tandis que 90% des médias français enchaînent les Une sur les frasques présumées des hommes politiques, l'OTAN bombarde les civils en Libye et en Afghanistan où 12 enfants ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi.

SOLDES PRINTANIERS

Après la démission de MAM, de DSK puis de Georges Tron de leurs fonctions respectives, voici que sont visés dans la même journée : Nicolas Sarkozy accusé de "crimes contre l'humanité" par maîtres Dumas et Vergès ; le ministre de la Défense Gérard Longuet qui aurait, selon les Inrocks, bénéficié des largesses du régime de Ben Ali fin 2006 ; Christine Lagarde, la ministre de l'Economie et candidate au poste de DG au FMI, soupçonnée d'abus d'autorité et de pouvoir par l'homme d'affaires Jean-Marie Kuhn, en plus de l'affaire Tapie ; un ancien ministre qui, selon Luc Ferry, aurait été surpris dans une orgie sexuelle avec des enfants à Marrakech ; la ministre de l'Apprentissage Nadine Morano qui aurait fait renvoyer une employée de magasin à l'issue d'un accrochage au Printemps de Nancy.

PUISSANCE ET JUSTICE : L’ADULTÈRE NÉCESSAIRE

Au-delà de la récompense du travail, il y a deux principales justifications au train de vie et à la rémunération confortables des hauts fonctionnaires d’État : inciter à exercer ces postes à hauts devoirs et responsabilités, et réduire le risque de prévarication, réel ou fantasmé par l’opinion. Car non, indigence et pouvoir n’ont jamais fait bon ménage, et ce n’est pas un hasard. Dans un environnement de mondialisation et de lobbys financiers, il serait bien imprudent de réduire à peau de chagrin les avantages de nos représentants publics. Les exemples abondent dans notre Histoire.

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On peut penser à la Monarchie de Juillet, à Louis-Philippe, ce premier et dernier monarque français de l’ère industrielle. Ne conservant plus du prestige royal que le pouvoir nominal, le roi-citoyen ne put jamais stabiliser ses gouvernements. Comparé à ses prédécesseurs et aux chefs républicains qui suivirent il se retrouva marionnette malmenée par l’oligarchie financière, sans puissance ni indépendance vis-à-vis de la bourgeoisie. Ne laissons pas les oripeaux et titres du passé nous aveugler : le cas est plus que transposable, il est d’une modernité brûlante. L’exécutif doit vivre aisément afin de pouvoir gouverner dans la sérénité et la justice. Pour stabiliser les institutions, il se doit d’être inflexible face aux intérêts particuliers.

Au délit du faste ostentatoire, que le couple Strauss-Kahn a réveillé durant ce printemps 2011 avec son triptyque "Porsche-tableaux de maître-appartements de luxe", j’oppose non la justice idéalisée de l’humble, mais le pragmatisme et la richesse nécessaire à la force souveraine.

vendredi 20 mai 2011

DSK AU SOFITEL : CHECK-IN, CHECK-OUT

Dans le Monde, des femmes de chambre d'hôtels de luxe témoignent de leur quotidien. Le Sofitel accueille de nombreux VIP dont l'emploi du temps est connu par le directeur. Pour couvrir le personnel et les clients eux-mêmes en cas de dégâts éventuels dans les suites, les visiteurs sont "pistés" par des caméras et par les check-in et check-out. On sait à tout moment si la chambre est occupée ou non. Si Nafi Diallo a trouvé la porte ouverte par un autre employé, c'est que celui-ci est entré alors même que le check-out n'avait pas été effectué par DSK. Une présence suspecte quand on sait que les consignes sont très strictes dans ce genre d'établissement. Une ancienne maid du Sofitel rappelle que grâce à la communication entre la réception, la conciergerie et le service clients, la femme de chambre ne croise pas le client et ne commence son service dans les pièces que lorsqu'elle a reçu confirmation du départ de celui-ci.

jeudi 19 mai 2011

DSK ET LA FELLATION FORCÉE...

Nafi Diallo. Selon le Nypost citant une source policière : "la plaignante affirme avoir craché le sperme de DSK par terre, après qu'il l'ait prise par derrière" (?!) Alors résumons : une pénétration a lieu mais reste une "tentative de viol", ensuite l'homme termine son affaire et son plaisir ressort par la bouche. Ce n'est plus une agression, c'est de la prestidigitation. Comment aurait-il pu la FORCER (par deux fois d'après la police) à lui faire une fellation, et ce jusqu'au feu d'artifice final ? Une femme a des dents et des mains pour empêcher cela. Pour qu'elle puisse cracher au sol la substance de DSK, il faut qu'il y ait eu acte bucco-génital. Et pour cela, il faut qu'il y ait eu consentement puisqu'autrement il lui aurait suffi de mordre pour que s'achève le film...

mardi 17 mai 2011

IMAGES DE DSK MENOTTÉ : RAPPEL À LA LOI GUIGOU

Sans avoir en tête les prescriptions de la loi Guigou sur le respect de la présomption d'innocence, je me suis gardé de diffuser des images du patron du FMI menotté. Grand bien m'en a pris. Un avocat de DSK songe en effet à attaquer les médias français, pour faire valoir les droits de son client, au titre de cette loi destinée à protéger l'image et la dignité des prévenus. Toutefois, pour Elisabeth Guigou, cette surmédiatisation est "moralement discutable" plus que répréhensible, l'accusé relevant du territoire juridictionnel américain.

lundi 16 mai 2011

DSK ARRÊTÉ, JUGÉ, PLACÉ EN DÉTENTION PROVISOIRE

Il est des cas qui ne laissent personne indifférent. Le lundi 16 mai 2011 aura laissé l'opinion et la classe politique française pantelantes, partagées entre peur, révolte, dégoût, soulagement, allégresse parfois.

Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn n'aura jamais autant fait parler de lui. Plus facile et terrible à comprendre que les mécanismes économiques, le choc des images : arrêté, menotté, médiatisé impitoyablement dans une scénographie typiquement américaine qui fait fi de toute décence. Tout cela n'est pas qu'une procédure habituelle aux Etats-Unis, c'est aussi pour eux une opportunité de vanter avec ostentation l'impartialité de leur justice dans le but d'étayer l'exemplarité de leur modèle démocratique.

Les procureurs, désireux d'avoir le scalp d'« un gros client », ont fait preuve d'une rare combattivité que les journalistes habitués des procès américains n'ont pas tardé à relever. Certains commentateurs se sont même risqués à expliquer un tel zèle professionnel et moral par la manœuvre d'un commanditaire politique. Indépendamment même du statut de DSK, il n'est pas impossible que les Etats-Unis cherchent à se présenter aux yeux du monde comme un modèle de justice exemplaire, afin de faire oublier leurs violations régulières du droit international comme lors du raid contre Ben Laden. Ne pas voir d'agenda derrière une telle séquence d'évènements à la portée mondiale, c'est être dangereusement candide♦

samedi 14 mai 2011

UMP : UN VIRAGE DROITIER CONTRE-PRODUCTIF

Sondage Ifop (10-12 mai 2011), pour le Journal du Dimanche. DSK perd 1 point à 26%, Marine Le Pen monte à 22%, Sarkozy obtient 21.5%. En cas de candidature Hollande, les trois candidats se talonnent aux environs de 22%. La proposition de réforme du RSA lancée par Wauquiez visait à prendre le pouls de l'opinion face à un durcissement "droitier" de la politique gouvernementale. La réponse des sondages qu'ils affectionnent tant est cinglante : le cap à la droite de la droite dessert l'UMP et fait grimper systématiquement le FN. Si l'actuel président cherche à faire monter le Front National, on ne peut que lui conseiller de proposer la suppression pure et simple du RSA et le renvoi des immigrés clandestins par voie de catapulte. "Allez, encore un petit effort", comme disait ironiquement la président du FN.