La gauche qui a tous les pouvoirs, politiques et
médiatiques, avance ponctuellement des pions pour discréditer ou au contraire
faire monter le Front national, comme le fit Mitterrand. Il semblerait ainsi que
le livre Le Pen, une histoire française de Péan et Cohen, qui réhabilite partiellement Jean-Marie Le Pen (notamment en doutant de ses actes de torture présumés en Algérie),
réponde à ce dernier objectif : flatter l’électorat du parti frontiste
pour diviser la droite. Mais pas seulement.
En pleine campagne pour la présidence de l’UMP, cette
stratégie revêt un autre intérêt pour nos gouvernants et leurs
auxiliaires : inciter les militants pro-Copé à se détourner de leur
champion et à prendre leur carte au FN, libérant la voie au Hollande de droite,
Fillon. En choisissant le député de la seconde circonscription de Paris
comme adversaire principal en 2017, la gauche pérennise la structure et les
codes traditionnels de l’échiquier politique français, composé d’une gauche
modérée (ou "molle" diront certains), d’une droite modérée, et
d’une soi-disant menace fasciste en embuscade, contre laquelle l’union sacrée
des républicains sera alors possible et requise.
Le livre qui se veut "la première enquête sérieuse et sans parti pris sur Le Pen et les siens" (dixit l'éditeur Laffont) complète l'oeuvre de normalisation du FN en prêtant à son fondateur des aventures homosexuelles. Ce piège est là soit pour l'inciter à s'en défendre violemment (auquel cas il sera taxé d'homophobie), soit pour montrer que, sous ses airs réactionnaires, traditionnels et virils, ce parti, plus délicat qu'on ne l'aurait imaginé, est bien ancré dans son époque et donc parfaitement respectable.
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samedi 17 novembre 2012
mardi 30 octobre 2012
L'AVENIR DU FN : UN PARI ÉTAYÉ PAR DES FAITS
Le FN sera absorbé par la
droite et non l’inverse. Au mieux, et comme le prédisait Zemmour, une fusion se
réalisera, qui estompera ce qu’il restait encore de différences au parti
frontiste en voie de normalisation. Je disais, dès mars, que la surenchère
« islamophobe » était une lame de fond qui nuirait au bateau Marine
et la ferait échouer à la présidentielle. L'histoire me donna raison. Car en dépit du relatif enthousiasme affiché par ses cadres le dimanche 22 avril, les résultats du FN, en progression médiocre au regard des scores de 1995 et 2002 (même pondérés par la participation), furent finalement décevants compte tenu de la concurrence incroyablement inefficace et impopulaire (désamour record pour le Président sortant, challenger moqué au sein de son propre camp, candidats de micro-partis sans moyens ni projet décent).
Pour ce qui est de la suite des réjouissances, Florian Philippot ne restera pas dans cette physionomie
du FN mariniste. Soit il le quittera pour s’allier à Dupont-Aignan, moins
sectaire et plus cohérent sur la manière de combattre le véritable ennemi, soit il créera, comme Bruno Megret avant lui, un mouvement
dissident pour s’affranchir d’une dynastie Le Pen (Jean-Marie, Marine, Marion)
qui bloquera son ascension personnelle et lui refusera à coup sûr la présidence du parti.
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mardi 17 avril 2012
MA CONSIGNE DE VOTE DE PREMIER TOUR ? DÉTRUIRE L'UMPS
Vous êtes encore indécis, 6 jours avant le premier tour de l'élection présidentielle ? Vous avez du mérite ! Car vous parvenez à résister au matraquage des journalistes et éditocrates qui étalent depuis des semaines leurs certitudes dans les médias, au mépris de toute déontologie et de la démocratie. Alors puisque cette campagne n'est qu'une farce, un mensonge supplémentaire de la société du spectacle, rions un peu.
Ma consigne : si vous vous sentez plutôt humaniste, votez Bayrou ; si vous vous sentez d'abord patriote, votez Marine Le Pen. Les deux options que je vous propose sont les seules susceptibles de faire mentir ces courtisans poudrés, mais surtout de détruire l'UMPS en désorganisant leurs rangs respectifs défaits et en discréditant tout "vote utile républicain" au second tour. En particulier, que l'UMP appelle à voter Hollande contre Marine Le Pen, ou que le PS appelle à voter Sarkozy contre elle, et cette collusion contre-nature et illégitime démasquera au grand jour ceux qui se présentent faussement comme les deux grandes forces de l'alternance politique.
Ma consigne : si vous vous sentez plutôt humaniste, votez Bayrou ; si vous vous sentez d'abord patriote, votez Marine Le Pen. Les deux options que je vous propose sont les seules susceptibles de faire mentir ces courtisans poudrés, mais surtout de détruire l'UMPS en désorganisant leurs rangs respectifs défaits et en discréditant tout "vote utile républicain" au second tour. En particulier, que l'UMP appelle à voter Hollande contre Marine Le Pen, ou que le PS appelle à voter Sarkozy contre elle, et cette collusion contre-nature et illégitime démasquera au grand jour ceux qui se présentent faussement comme les deux grandes forces de l'alternance politique.
lundi 16 avril 2012
POURQUOI LA PRÉSENCE DE MARINE LE PEN AU SECOND TOUR SERAIT UNE ÉPREUVE DE VÉRITÉ
Voter Marine Le Pen au premier tour, reste la meilleure manière de faire tomber les masques au second tour. Dans ce scénario où la présidente du FN ferait mentir les sondages officiels, toute consigne de vote serait doublement empoisonnée, pour l’UMP ou le PS. Disséquons un peu certaines relations de ce trio de tête électoral que les médias traditionnels excluent à dessein.
Cas de figure n°1 : Nicolas Sarkozy - Marine Le Pen
Que le PS appelle à voter pour son pire ennemi, celui qu’il a combattu vigoureusement durant au moins cinq ans, et le parti ajoutera au déshonneur de la défaite le discrédit intellectuel. Un Nicolas Sarkozy réélu avec les pleurs de la gauche, en sortirait lui-même tellement affaibli qu’il ne gouvernerait pas. Soit parce que les législatives sanctionneraient les deux principaux partis français « main dans la main dès qu’il s’agit de sauver leurs places dorées », soit parce qu’une grève générale bloquerait le pays, la démocratie de rue prenant le relais des urnes. Jean-Luc Mélenchon, l'allié préféré du président-candidat, a déjà anticipé une réédition d'avril 2002. Serinant depuis longtemps que sa priorité est de faire barrage à Marine Le Pen, il n'aurait aucune difficulté à justifier le vote utile quoique grimaçant, envers le candidat UMP.
Cas de figure n°2 : François Hollande - Marine Le Pen
Symétriquement, la droite ne pourrait pas appeler à voter Hollande « la catastrophe, la ruine de la France », sans perdre son âme ni créer une ligne de fracture politique entre "droite dure nationale" et "socio-démo-collabos" -- un schisme mortifère qui profiterait largement au Front national. Enfin, que Marine soit opposée à Sarkozy ou Hollande au second tour, et toute consigne contre-nature donnerait instantanément raison à la candidate frontiste, validant l’idéologie poreuse qu’elle désigne par le sigle « UMPS ». Qu’elle éjecte l’un de ces leaders aussi virtuels qu’arrogants, et elle aura déjà gagné son pari.
La peste, le choléra... ou un nouvel espoir ?
Quant à l'option "rassemblement in extremis autour de Marine Le Pen contre le système", cela relève du rêve ou du cauchemar, selon la sensibilité de chacun. Car après tout, ni Hollande ni Sarkozy ne sont à l'abri d'une prise de conscience collective et critique des électeurs de gauche et de droite durant l'entre-deux tours : "En quoi Marine Le Pen serait-elle plus dangereuse pour la France que le président sortant ?"...
Cas de figure n°1 : Nicolas Sarkozy - Marine Le Pen
Que le PS appelle à voter pour son pire ennemi, celui qu’il a combattu vigoureusement durant au moins cinq ans, et le parti ajoutera au déshonneur de la défaite le discrédit intellectuel. Un Nicolas Sarkozy réélu avec les pleurs de la gauche, en sortirait lui-même tellement affaibli qu’il ne gouvernerait pas. Soit parce que les législatives sanctionneraient les deux principaux partis français « main dans la main dès qu’il s’agit de sauver leurs places dorées », soit parce qu’une grève générale bloquerait le pays, la démocratie de rue prenant le relais des urnes. Jean-Luc Mélenchon, l'allié préféré du président-candidat, a déjà anticipé une réédition d'avril 2002. Serinant depuis longtemps que sa priorité est de faire barrage à Marine Le Pen, il n'aurait aucune difficulté à justifier le vote utile quoique grimaçant, envers le candidat UMP.
Cas de figure n°2 : François Hollande - Marine Le Pen
Symétriquement, la droite ne pourrait pas appeler à voter Hollande « la catastrophe, la ruine de la France », sans perdre son âme ni créer une ligne de fracture politique entre "droite dure nationale" et "socio-démo-collabos" -- un schisme mortifère qui profiterait largement au Front national. Enfin, que Marine soit opposée à Sarkozy ou Hollande au second tour, et toute consigne contre-nature donnerait instantanément raison à la candidate frontiste, validant l’idéologie poreuse qu’elle désigne par le sigle « UMPS ». Qu’elle éjecte l’un de ces leaders aussi virtuels qu’arrogants, et elle aura déjà gagné son pari.
La peste, le choléra... ou un nouvel espoir ?
Quant à l'option "rassemblement in extremis autour de Marine Le Pen contre le système", cela relève du rêve ou du cauchemar, selon la sensibilité de chacun. Car après tout, ni Hollande ni Sarkozy ne sont à l'abri d'une prise de conscience collective et critique des électeurs de gauche et de droite durant l'entre-deux tours : "En quoi Marine Le Pen serait-elle plus dangereuse pour la France que le président sortant ?"...
mercredi 14 mars 2012
NICOLAS "LE PEN" SARKOZY : "STIGMATISE L'ISLAM, PAS LE LIBÉRALISME !"
Nicolas Sarkozy n'ignorait pas le tollé que ses propositions protectionnistes allaient rencontrer. Il prit le risque car il souhaitait en mesurer l'impact sur l'opinion et les sondages français. Toutefois, il a sous-estimé l'effet d'une telle réorientation de campagne, sur le plan diplomatique.
D'abord, l'entourage d'Angela Merkel fit la moue. Puis hier, ce furent le Wall Street Journal et le député libéral ex-premier ministre belge Guy Verhofstadt au Parlement européen, qui taclèrent allègrement le Président français, jusqu'à le qualifier de "Nicolas Le Pen". Sarkozy, le vrai représentant de l'extrême-droite française ? Pas faux. Les observateurs étrangers sont souvent plus lucides que la majorité de nos compatriotes.
Cette petite sortie, plus ou moins discutable et crédible du chef de l'Etat, nous révèle également le degré de tolérance de nos partenaires européens et atlantistes à la droitisation. "Oui à l'extrême-droite sur le plan sociétal, oui au ralentissement de l'immigration musulmane, mais Non ! aux entraves à la libre circulation européenne et donc au libéralisme économique". Attendons de voir comment Sarkozy et l'UMP réagiront à ce recadrage...
D'abord, l'entourage d'Angela Merkel fit la moue. Puis hier, ce furent le Wall Street Journal et le député libéral ex-premier ministre belge Guy Verhofstadt au Parlement européen, qui taclèrent allègrement le Président français, jusqu'à le qualifier de "Nicolas Le Pen". Sarkozy, le vrai représentant de l'extrême-droite française ? Pas faux. Les observateurs étrangers sont souvent plus lucides que la majorité de nos compatriotes.
Cette petite sortie, plus ou moins discutable et crédible du chef de l'Etat, nous révèle également le degré de tolérance de nos partenaires européens et atlantistes à la droitisation. "Oui à l'extrême-droite sur le plan sociétal, oui au ralentissement de l'immigration musulmane, mais Non ! aux entraves à la libre circulation européenne et donc au libéralisme économique". Attendons de voir comment Sarkozy et l'UMP réagiront à ce recadrage...
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mardi 6 mars 2012
LORSQUE MARCHAIS RAPPELAIT QUE L'ANTI-IMMIGRATIONNISME EST UN PRINCIPE D'ESSENCE COMMUNISTE
Extrait du discours de Montigny-les-Cormeilles de feu Georges Marchais (1980). Une vidéo qu'il est absolument vital de visionner et de comprendre, en particulier avant de voter pour Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, dans 48 jours. Le propos de l'ancien président du PCF, dont se réclame si souvent Mélenchon, semble présenter une contradiction insupportable (l'anti-immigrationnisme et le patriotisme, au nom de la défense des valeurs ouvriéristes de gauche ?!) pour le sympathisant communiste de 2012. Jusqu'au moment où la prise de conscience triomphe des mensonges accumulés depuis 30 ans...
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vendredi 2 mars 2012
L'AGRESSION DU COUPLE PULVAR-MONTEBOURG : QUAND LA GAUCHE SORT SON DIABLE DE CONFORT
Le couple Pulvar-Montebourg agressé un soir dans le XVIe arrondissement de Paris ? Comme par hasard, deux jours plus tard, c’est au tour de Nicolas Sarkozy d’être à Bayonne le martyr de service, comme s’il était hors de question que la gauche s’arroge le monopole de la victimisation. Cela n’est certainement qu’une coïncidence ; je n’irai pas jusqu’à dire que leurs agresseurs respectifs étaient des figurants. En revanche, il est évident que tout cela a été instrumentalisé politiquement par chaque camp.
Tout est politique, comme on sait. Le soir même où Audrey Pulvar relatait ses mésaventures sur les réseaux sociaux, les cadres du PS tweetaient déjà pour moraliser, mettant en garde contre le réveil de la "bête immonde" fasciste et l’influence supposée pernicieuse des discours d’une partie de l’UMP et surtout du FN. Le coupable, ou du moins le responsable moral, fut tout désigné : les jeunes éméchés qui avaient pris à partie Pulvar et Montebourg étaient des sbires du Front national ou en suivaient les préceptes.
Applaudissons ces fins limiers de la gauche qui ont su identifier instantanément les cerveaux de l’affaire avant même que la police n’ait commencé son travail d’enquête ! Mais il est vrai qu’au parti socialiste la présomption d’innocence est un principe à géométrie variable...
Tout est politique, comme on sait. Le soir même où Audrey Pulvar relatait ses mésaventures sur les réseaux sociaux, les cadres du PS tweetaient déjà pour moraliser, mettant en garde contre le réveil de la "bête immonde" fasciste et l’influence supposée pernicieuse des discours d’une partie de l’UMP et surtout du FN. Le coupable, ou du moins le responsable moral, fut tout désigné : les jeunes éméchés qui avaient pris à partie Pulvar et Montebourg étaient des sbires du Front national ou en suivaient les préceptes.
Applaudissons ces fins limiers de la gauche qui ont su identifier instantanément les cerveaux de l’affaire avant même que la police n’ait commencé son travail d’enquête ! Mais il est vrai qu’au parti socialiste la présomption d’innocence est un principe à géométrie variable...
samedi 18 février 2012
COMMENT MARINE LE PEN TOMBE DANS LE PIÈGE DE L'UMP
Depuis des mois, par intermittence, l'UMP défie le FN sur son terrain de prédilection : l'identité et la sécurité. Pour l'opinion, les deux revers d'une même médaille. Systématiquement, le FN et sa présidente, se sentant légitimement concurrencés, répliquent à leur insolent rival. Dans tous les cas, le parti frontiste tombe, paradoxalement, dans un piège de débutant.
Sa riposte est trop douce ? L'UMP serine que le FN n'a rien inventé et que ses propositions sont déjà pleinement assumées par le parti majoritaire. Sa riposte est trop radicale ? L'UMP en profite pour se différencier d'un parti qu'elle juge outrancier, "anti-républicain", et compte sur la communauté médiatique pour amplifier les accusations de fascisme. Son verbe se joint aux piques puériles des uns et des autres ? Elle se laisse phagocyter en gommant sa spécificité.
Au final, tandis que les enjeux économiques et géopolitiques sont largement occultés, Marine Le Pen participe, à son corps défendant, au succès présent et futur des conservateurs. En reprenant en chœur le credo de droitisation voulu par l'UMP, elle normalise un peu plus dans le débat public les politiques sécuritaires de droite et aussi, par émulation électoraliste, de gauche sociale-démocrate. A ce jeu, le "système" sera toujours plus malin et efficace qu'elle.
Dommage pour elle de gâcher aussi naïvement ses chances de remporter une élection majeure. Mais surtout, dommage de voir un candidat de plus renoncer à la seule voie susceptible de restaurer la grandeur nationale : le rassemblement. La division est un poison, et il n'y a plus guère que François Bayrou qui le sache.
Sa riposte est trop douce ? L'UMP serine que le FN n'a rien inventé et que ses propositions sont déjà pleinement assumées par le parti majoritaire. Sa riposte est trop radicale ? L'UMP en profite pour se différencier d'un parti qu'elle juge outrancier, "anti-républicain", et compte sur la communauté médiatique pour amplifier les accusations de fascisme. Son verbe se joint aux piques puériles des uns et des autres ? Elle se laisse phagocyter en gommant sa spécificité.
Au final, tandis que les enjeux économiques et géopolitiques sont largement occultés, Marine Le Pen participe, à son corps défendant, au succès présent et futur des conservateurs. En reprenant en chœur le credo de droitisation voulu par l'UMP, elle normalise un peu plus dans le débat public les politiques sécuritaires de droite et aussi, par émulation électoraliste, de gauche sociale-démocrate. A ce jeu, le "système" sera toujours plus malin et efficace qu'elle.
Dommage pour elle de gâcher aussi naïvement ses chances de remporter une élection majeure. Mais surtout, dommage de voir un candidat de plus renoncer à la seule voie susceptible de restaurer la grandeur nationale : le rassemblement. La division est un poison, et il n'y a plus guère que François Bayrou qui le sache.
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mardi 7 février 2012
L'OBJECTIF CACHÉ DES "INADMISSIBLES" APHORISMES GOUVERNEMENTAUX
Les Français ont tendance à analyser les problèmes de façon
partielle et partiale, au lieu de prendre du recul et le temps de la réflexion.
Lorsqu’ils n’ont pas compris quelle était la cause rationnelle des difficultés
de leur pays, ils cherchent un bouc émissaire national. Ils sont prompts à se
ruer sur la main coupable qui frappe, mais remontent rarement le long du bras
et jusqu’à la tête du responsable. Nos dirigeants politiques savent tout cela.
La raison ultime des sorties multiples de Guéant n’est pas seulement
électoraliste. Elles visent un objectif de long terme qui est de nous préparer
au choc physique des civilisations. Lui et ses camarades sont d’ailleurs en
train de réussir leur coup.
Car à force de distiller depuis des mois, sous
couvert de fierté républicaine, des idées portées par un fond de suprémacisme,
ils les impriment durablement dans l’inconscient collectif. Là encore, une majorité de nos compatriotes, nourrie à la Pravda TF1, se contente des échéances et mobiles proches d’eux : les
élections présidentielles et législatives, la volonté de capter les voix du FN.
C’est sous-estimer l’intelligence de ceux qui nous gouvernent… et oublier
qu’ils ne gouvernent pas seuls. Il n’y pas de « complot », mais des
intérêts communs somme toute très prosaïques.
Nicolas Sarkozy n'avait pas cité Gramsci par hasard. Avant de mettre en place
certaines réformes, ou engager un pays dans une guerre, les synergies politico-financières
ont en effet besoin de cautions médiatiques et culturelles pour ancrer leurs doctrines
dans l’opinion (telles que le racisme institutionnalisé, ou bien les droit et
devoir d’ingérence). Ce sont les ministres et les médias officiels qui s’en
occupent, souvent à leur insu, comme des pions qui sont poussés, pas à pas, pour préparer le mat final.
Qu’ils soient perçus positivement ou non par le
public, les signaux envoyés peuvent compter sur l’effet d’accélérateur du net
pour accroître leur portée et leur résonance intime. Au lieu de voir
l’information une ou deux fois, chacun la reçoit en écho par l’entremise d’une
foultitude de contacts virtuels, de sorte qu’elle tourne en boucle durant des
journées entières et qu’il est impossible d’y échapper.
Les « petites
phrases » de Claude Guéant sont bien plus insidieuses que les journalistes
et éditorialistes veulent bien le dire. Alain Juppé, peut-être le plus
pro-arabe membre du gouvernement, ne s’y est pas trompé en qualifiant
d’« inadéquate » (euphémisme diplomatique) sa dernière saille. Lui,
et d’autres ministres qui ont préféré garder le silence, ont très bien
entendu l’intention de leur collègue…
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NKM INAUGURE LA MODE "TARTUFE EN CUIR NOIR"...
Le ton est donné. Nicolas Sarkozy en pré-campagne compte se repositionner à la droite de la droite afin de drainer les voix du Front National. Dopé par le sondage favorable qui testait l'hypothèse d'une absence de Marine Le Pen en défaut de parrainages, le candidat UMP latent a lâché les chiens. Ou plutôt ses plus fidèles paladins. La tactique est maintenant bien rodée. Ainsi, le tollé suscité par l'énième saillie de notre ministre de l'Intérieur Claude Guéant ce week-end ("toutes les civilisations ne se valent pas"), justifia les sorties médiatiques de l'arrière-garde UMPiste. Objectif : feindre d'apaiser les tensions en expliquant que le propos a été mal interprété et sorti du contexte ("Claude Guéant ne parlait pas de différences de civilisation au sens de culture, il reste un républicain"), mais sans jamais lever l'équivoque pour ne pas gommer totalement l'effet du message subliminal ("civilisation au sens de différences de société et de régime oui"). Le message aura été donc transmis et validé, quitte à prendre les citoyens pour des sots, sans connaissances lexicales ni anthropologiques.
Néanmoins, à trop faire des appels du pied aux électeurs du Front National, on finit par se déchausser et exhiber quelques malformations plantaires et autres cors. Le ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet a parfois été brillante. Ce soir, sur le plateau du Grand Journal de Canal Plus, elle aurait mieux fait de se taire. Acculée par l'opiniâtre Jean-Michel Aphatie, elle trébucha. "Pourquoi parler de civilisation ? Le voile et les prières de rue sont un problème de politique et de nombres de places dans les mosquées [...] Vous confondez religion, régime politique, et civilisation", insista l'éditorialiste. Prenant conscience qu'elle s'invétérait à défendre une phrase effectivement inepte, elle tenta l'approche universaliste et humanitaire en évoquant le rôle de la France dans la démocratisation du monde arabe. Les relents des "droits et devoirs d'ingérence" à la rescousse !
Evidemment, ces ministres savent pertinemment que le concept de "civilisation" fut au centre d'une polémique historique entre le camp de Jules Ferry et celui de Georges Clémenceau. Et c'est bien dans un registre analogue, néocolonialiste, qu'ils l'emploient, sans toutefois en assumer les contradictions contemporaines. "Si vous dites que tout se vaut, alors au nom de quoi on se bat en Libye, en Afghanistan ? Et qu'est-ce que vous dites aux démocrates tunisiens ? [...]", asséna-t-elle crânement. Oui on se le demande, madame le ministre. Pourquoi se bat-on là-bas ? Et surtout, comment expliquez-vous aux Français qu'une civilisation soi-disant "supérieure par ses valeurs républicaines", luttant contre l'intégrisme musulman, renverse des régimes laïcs pour leur substituer des gouvernements islamiques, furent-ils "modérés" ? Où est la cohérence ? Comment peut-on s'ingérer dans un pays, et le démocratiser selon nos critères de "civilisation républicaine supérieure", tout en facilitant l'instauration d'une charia qu'on juge pourtant "contraire aux valeurs républicaines" ?
Votre exemple, madame, était tout aussi inopportun que la phrase anti-républicaine qui l'a motivée. Théorie : 0. Cohérence entre la théorie et la pratique : 0. Mensonges en série : 1.
Néanmoins, à trop faire des appels du pied aux électeurs du Front National, on finit par se déchausser et exhiber quelques malformations plantaires et autres cors. Le ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet a parfois été brillante. Ce soir, sur le plateau du Grand Journal de Canal Plus, elle aurait mieux fait de se taire. Acculée par l'opiniâtre Jean-Michel Aphatie, elle trébucha. "Pourquoi parler de civilisation ? Le voile et les prières de rue sont un problème de politique et de nombres de places dans les mosquées [...] Vous confondez religion, régime politique, et civilisation", insista l'éditorialiste. Prenant conscience qu'elle s'invétérait à défendre une phrase effectivement inepte, elle tenta l'approche universaliste et humanitaire en évoquant le rôle de la France dans la démocratisation du monde arabe. Les relents des "droits et devoirs d'ingérence" à la rescousse !
Evidemment, ces ministres savent pertinemment que le concept de "civilisation" fut au centre d'une polémique historique entre le camp de Jules Ferry et celui de Georges Clémenceau. Et c'est bien dans un registre analogue, néocolonialiste, qu'ils l'emploient, sans toutefois en assumer les contradictions contemporaines. "Si vous dites que tout se vaut, alors au nom de quoi on se bat en Libye, en Afghanistan ? Et qu'est-ce que vous dites aux démocrates tunisiens ? [...]", asséna-t-elle crânement. Oui on se le demande, madame le ministre. Pourquoi se bat-on là-bas ? Et surtout, comment expliquez-vous aux Français qu'une civilisation soi-disant "supérieure par ses valeurs républicaines", luttant contre l'intégrisme musulman, renverse des régimes laïcs pour leur substituer des gouvernements islamiques, furent-ils "modérés" ? Où est la cohérence ? Comment peut-on s'ingérer dans un pays, et le démocratiser selon nos critères de "civilisation républicaine supérieure", tout en facilitant l'instauration d'une charia qu'on juge pourtant "contraire aux valeurs républicaines" ?
Votre exemple, madame, était tout aussi inopportun que la phrase anti-républicaine qui l'a motivée. Théorie : 0. Cohérence entre la théorie et la pratique : 0. Mensonges en série : 1.
mardi 3 janvier 2012
SARKOZY CÉLÈBRE JEANNE D'ARC : QUAND LES COLLABOS SE MOQUENT DES RÉSISTANTS
Le président Sarkozy-Zébulon en mode "ratissage des voix du FN", célébrera le 6 janvier le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc. Nouvel outrage à la pucelle, louée par l'agent que d'aucuns qualifient de "traître américanophile". C'est à la protection de ce patrimoine que les lois mémorielles devraient être destinées !
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jeudi 1 décembre 2011
EURO(PE) 2012 : HOMOLOGATION DU LANCEMENT DE NAIN AMATEUR DE CHOUCROUTE
L’alternative selon Nicolas Sarkozy ? L’Europe des nations, ou bien une nation européenne de type "empire germano-français" ou à terme "Europe fédérale". Et la discipline budgétaire de chaque Etat, aiguillonnée par des contrôles européens, comme condition et contrepartie de la solidarité. Porté par un credo mitterrandien, il a agité le spectre nationaliste comme source de guerre, et fait le parallèle entre les décisions qui n’avaient pas été prises durant la crise des années 30 et celles qu’on peut encore prendre aujourd’hui. Néanmoins, et après avoir conversé avec des internautes souverainistes, je m’interroge. Ce renoncement de souveraineté (qu’on l’appelle ainsi ou autrement ne change rien à sa nature), est-il le seul choix pour une paix économique et politique durable en Europe ? Sarkozy a annoncé un nouveau cycle, celui du désendettement, succédant à celui de l’endettement.
Chevènement a parlé, lui, d’ère post-démocratique, avec ce surcroît de responsabilités et de pouvoir délégués à l’Allemagne ou autre une institution non élue par la majorité des citoyens européens. Des compromis qui risqueraient bien de ressembler à des compromissions inacceptables, voire à une forme de collaboration insupportable, pour nombre de français. Je ne crois pas qu’ils se laisseront aussi facilement impressionner par le baratin de Sarkozy en vue de la présidentielle de 2012. Ayant fait allégeance à la double gouvernance, européenne et mondiale, il n’a même plus de scrupule à s’incliner devant le chantage des marchés et des agences de notation. Car soutenir une vision impérialo-fédéraliste de l’Europe comme seul moyen de défense face à la financiarisation, présuppose effectivement de reconnaître la toute-puissance des marchés financiers. La mission de ce président est de servir ces maîtres et de détruire un peu plus chaque jour le modèle social français, en commençant par nous accoutumer à la fatalité de la gouvernance européenne, la première étape dans le processus qui conduit à la gouvernance mondiale. Sempiternel discours, "L’Europe faillit à cause d’un manque d’Europe". Les 5 000 personnes qui l’ont ovationné ce soir devaient être ses 5 000 plus fervents et derniers soutiens. La majorité des français désavouent ce choix. Les gaulois ont accepté de se brasser avec les romains, les francs avec d’autres peuples barbares et avec la chrétienté, mais pour ce qu’il reste de notre âme française "la coupe est pleine !"
Ce soir, en prêcheur lénifiant, il a voulu rassurer les électeurs tentés par le vote de repli protectionniste ; en commercial agressif et péremptoire, leur vendre le rapprochement franco-allemand comme la seule option envisageable. Pourtant, des alternatives existent, mais l’intérêt de Sarkozy est évidemment de mener sa mission européiste jusqu’au bout et de ne pas s’étendre sur les autres chemins. "Notre destin est celui-ci" a-t-il seriné du haut de sa chaire, galvanisé par des paroles réverbérées tel un prêche plein de ferveur au milieu d’une cathédrale. Ainsi soit-il… Sarkozy et Hollande, ne sont que deux facettes d’une même optique. Entre eux, il n’y a guère qu’une différence de degré. Le débat projet contre projet serait plus intéressant, mais cela nécessite des directions politiques différentes. Comme entre Marine Le Pen et le président sortant.
L’Allemagne a rendez-vous avec son Histoire : en se soumettant à son voisin germanique, la France lui offre une chance inespérée de faire mieux qu’en 1871 et durant les guerres mondiales. Marine Le Pen a parfaitement traduit la vérité : notre chef d’Etat n’aime pas la France et n’est là que pour servir ses véritables maîtres que sont les marchés, les agences, les Etats-Unis et l’Allemagne. A la moindre injonction, au moindre éternuement de l’un d’eux, Nicolas s’empresse de tendre servilement un mouchoir, en s’excusant de son retard. Pour lui, si les agences méjugent des performances françaises, nous ne devons nous en prendre qu’à nous-mêmes, et qu’à la mauvaise gestion des précédents gouvernants. Comprenez "Si j’avais été là à l’époque nous n’en serions pas là aujourd’hui ! Mais il n’est pas trop tard pour bien faire, alors réélisez-moi en 2012 !"
Seulement, ses mensonges et sa rhétorique ne prennent plus dans l’opinion, et ses choix sont révélateurs de son vrai visage, comme le souligne la candidate du FN. Il apparaît évident que cet homme aime bien plus la politique et sa carrière que son pays. Ce qu’il cherche avant tout, c’est de plaire à ceux qui, selon ses critères, peuvent le mieux servir durablement sa propre destinée, à savoir les puissants et les riches. Peut-être est-il payé par certains intérêts étrangers pour saboter notre modèle social et politique, cependant il n’est pas exclu qu’il se prête de bon gré à cette prostitution de la fonction présidentielle. A moins que tout cela ne procède de la lâcheté. Gageons toutefois que cette faute criminelle causera sa perte : son zèle l’aveugle et lui fait surestimer le panurgisme français. Oui les Français ont été parfois des veaux, mais je ne crois pas qu’ils le demeurent encore longtemps face à un pantin aux gestes si grossiers et aux ficelles à présent si grosses. Il est aussi prévisible dans sa médiocrité, ses calculs et son hypocrisie, que dans son mépris du peuple.
Durant son allocution, il a encore trouvé le moyen, parmi d’autres éléments de politique intérieure, de diviser les Français et d’opposer en particulier les smicards aux bénéficiaires du RSA, comme des despotes obscurs l’auraient fait par le passé avec les borgnes et les aveugles, les pestiférés et les malades du choléra. La politique du bouc-émissaire qu’il ne cessera vraisemblablement jamais d’employer témoigne de son impuissance politique ; lui et son équipe n’auront jamais rien été d’autre qu’un plâtre ou qu’un mauvais rafistolage destiné à disparaître rapidement et se voir relégué aussi vite aux oubliettes de l’Histoire. Mais qu’ils fassent attention, car entre leurs casseroles personnelles et leur trahison nationale, il est peu probable qu’ils soient oubliés avant que d’avoir rendu des comptes à leur peuple. En cas d’échec de la zone euro, nos actuels dirigeants mériteront d’être jugés pour haute trahison.
Le gouvernement, Alain Juppé en tête, accuse l’opposition d’entretenir des relents de germanophobie à des fins partisanes. Il n’y a pas de fumée sans feu : l’éventuelle germanophobie ne serait qu’une réaction de défense naturelle face à la germanophilie exacerbée de l’exécutif français. Les citoyens français, une fois de plus, n’ont pas été consultés et on les prend en otage d’une barque européenne qui ressemble de plus en plus à un radeau de fortune. La caricature n’est plus dans le camp des frontistes, mais bien du côté de leurs détracteurs ; inversement, la vérité n’est plus dans le bloc qui ose s’arroger l’épithète « républicain » mais dans l’autre, et les électeurs commencent à en prendre conscience, bien au-delà de ce que nous content les fallacieux sondages.
2012 va décidément nous réserver une bonne dose de surprises. Ainsi, depuis l’annonce bilatérale de la convergence France-Allemagne, la majorité du parti socialiste en arrive à se rapprocher des critiques formulées par le FN à l’encontre de l’Europe. Une partie des gens de la gauche Delors-Mitterrand, traditionnellement les plus ardents partisans de la construction européenne, vivent un réveil patriotique républicain et prennent conscience que nous sommes allés déjà trop loin dans l’abandon de notre souveraineté. Martine Aubry, première secrétaire du PS est allée jusqu’à qualifier la situation de "capitulation française".
Cet épisode fut très révélateur de l’opposition latente au sein de la classe politique française, entre les souverainistes et les impérialistes. Dépassant leur rôle traditionnel d’opposants à la droite, certaines personnalités de gauche, plus honnêtes que leurs coreligionnaires, ont eu cette semaine un sursaut patriotique en entendant l’allocution de Nicolas Sarkozy. Elles se sont immédiatement offusquées que notre président puisse vendre son pays à l’Allemagne. La réponse des agents de l’empire ne s’est pas fait attendre, et les âmes rétives ont été rapidement recadrées par l’entourage du candidat socialiste, et pour cause : François Hollande compte appliquer la même politique européenne que Sarkozy, mais en pire. Sa réaction, fût-elle par procuration, prouve qu’il n’a aucun intérêt à fâcher dès maintenant ses futurs alliés, puisqu’il prévoit lui aussi de diluer la nation française au nom de l’intérêt supérieur européen. La méthode Hollande serait différente de celle de l’actuel chef d’Etat français, mais le résultat serait identique : la France ne serait plus que la province d’un nouvel empire germanique.
Sarkozy a surestimé la tolérance tricolore aux couleuvres et à la convergence franco-allemande ; nous avons sous-estimé sa lâcheté et son mépris de la France.
La France peut-elle encore s’amalgamer et se mélanger à d’autres peuples, elle qui a déjà du mal à faire cohabiter les lillois et les parisiens, les parisiens et les marseillais, les alsaciens et les bretons, les natifs français et les immigrés ? La convergence franco-allemande est utopique et à terme dangereuse. C’est elle seule qui risquerait d’attiser la germanophobie.
Chevènement a parlé, lui, d’ère post-démocratique, avec ce surcroît de responsabilités et de pouvoir délégués à l’Allemagne ou autre une institution non élue par la majorité des citoyens européens. Des compromis qui risqueraient bien de ressembler à des compromissions inacceptables, voire à une forme de collaboration insupportable, pour nombre de français. Je ne crois pas qu’ils se laisseront aussi facilement impressionner par le baratin de Sarkozy en vue de la présidentielle de 2012. Ayant fait allégeance à la double gouvernance, européenne et mondiale, il n’a même plus de scrupule à s’incliner devant le chantage des marchés et des agences de notation. Car soutenir une vision impérialo-fédéraliste de l’Europe comme seul moyen de défense face à la financiarisation, présuppose effectivement de reconnaître la toute-puissance des marchés financiers. La mission de ce président est de servir ces maîtres et de détruire un peu plus chaque jour le modèle social français, en commençant par nous accoutumer à la fatalité de la gouvernance européenne, la première étape dans le processus qui conduit à la gouvernance mondiale. Sempiternel discours, "L’Europe faillit à cause d’un manque d’Europe". Les 5 000 personnes qui l’ont ovationné ce soir devaient être ses 5 000 plus fervents et derniers soutiens. La majorité des français désavouent ce choix. Les gaulois ont accepté de se brasser avec les romains, les francs avec d’autres peuples barbares et avec la chrétienté, mais pour ce qu’il reste de notre âme française "la coupe est pleine !"
Ce soir, en prêcheur lénifiant, il a voulu rassurer les électeurs tentés par le vote de repli protectionniste ; en commercial agressif et péremptoire, leur vendre le rapprochement franco-allemand comme la seule option envisageable. Pourtant, des alternatives existent, mais l’intérêt de Sarkozy est évidemment de mener sa mission européiste jusqu’au bout et de ne pas s’étendre sur les autres chemins. "Notre destin est celui-ci" a-t-il seriné du haut de sa chaire, galvanisé par des paroles réverbérées tel un prêche plein de ferveur au milieu d’une cathédrale. Ainsi soit-il… Sarkozy et Hollande, ne sont que deux facettes d’une même optique. Entre eux, il n’y a guère qu’une différence de degré. Le débat projet contre projet serait plus intéressant, mais cela nécessite des directions politiques différentes. Comme entre Marine Le Pen et le président sortant.
L’Allemagne a rendez-vous avec son Histoire : en se soumettant à son voisin germanique, la France lui offre une chance inespérée de faire mieux qu’en 1871 et durant les guerres mondiales. Marine Le Pen a parfaitement traduit la vérité : notre chef d’Etat n’aime pas la France et n’est là que pour servir ses véritables maîtres que sont les marchés, les agences, les Etats-Unis et l’Allemagne. A la moindre injonction, au moindre éternuement de l’un d’eux, Nicolas s’empresse de tendre servilement un mouchoir, en s’excusant de son retard. Pour lui, si les agences méjugent des performances françaises, nous ne devons nous en prendre qu’à nous-mêmes, et qu’à la mauvaise gestion des précédents gouvernants. Comprenez "Si j’avais été là à l’époque nous n’en serions pas là aujourd’hui ! Mais il n’est pas trop tard pour bien faire, alors réélisez-moi en 2012 !"
Seulement, ses mensonges et sa rhétorique ne prennent plus dans l’opinion, et ses choix sont révélateurs de son vrai visage, comme le souligne la candidate du FN. Il apparaît évident que cet homme aime bien plus la politique et sa carrière que son pays. Ce qu’il cherche avant tout, c’est de plaire à ceux qui, selon ses critères, peuvent le mieux servir durablement sa propre destinée, à savoir les puissants et les riches. Peut-être est-il payé par certains intérêts étrangers pour saboter notre modèle social et politique, cependant il n’est pas exclu qu’il se prête de bon gré à cette prostitution de la fonction présidentielle. A moins que tout cela ne procède de la lâcheté. Gageons toutefois que cette faute criminelle causera sa perte : son zèle l’aveugle et lui fait surestimer le panurgisme français. Oui les Français ont été parfois des veaux, mais je ne crois pas qu’ils le demeurent encore longtemps face à un pantin aux gestes si grossiers et aux ficelles à présent si grosses. Il est aussi prévisible dans sa médiocrité, ses calculs et son hypocrisie, que dans son mépris du peuple.
Durant son allocution, il a encore trouvé le moyen, parmi d’autres éléments de politique intérieure, de diviser les Français et d’opposer en particulier les smicards aux bénéficiaires du RSA, comme des despotes obscurs l’auraient fait par le passé avec les borgnes et les aveugles, les pestiférés et les malades du choléra. La politique du bouc-émissaire qu’il ne cessera vraisemblablement jamais d’employer témoigne de son impuissance politique ; lui et son équipe n’auront jamais rien été d’autre qu’un plâtre ou qu’un mauvais rafistolage destiné à disparaître rapidement et se voir relégué aussi vite aux oubliettes de l’Histoire. Mais qu’ils fassent attention, car entre leurs casseroles personnelles et leur trahison nationale, il est peu probable qu’ils soient oubliés avant que d’avoir rendu des comptes à leur peuple. En cas d’échec de la zone euro, nos actuels dirigeants mériteront d’être jugés pour haute trahison.
Le gouvernement, Alain Juppé en tête, accuse l’opposition d’entretenir des relents de germanophobie à des fins partisanes. Il n’y a pas de fumée sans feu : l’éventuelle germanophobie ne serait qu’une réaction de défense naturelle face à la germanophilie exacerbée de l’exécutif français. Les citoyens français, une fois de plus, n’ont pas été consultés et on les prend en otage d’une barque européenne qui ressemble de plus en plus à un radeau de fortune. La caricature n’est plus dans le camp des frontistes, mais bien du côté de leurs détracteurs ; inversement, la vérité n’est plus dans le bloc qui ose s’arroger l’épithète « républicain » mais dans l’autre, et les électeurs commencent à en prendre conscience, bien au-delà de ce que nous content les fallacieux sondages.
2012 va décidément nous réserver une bonne dose de surprises. Ainsi, depuis l’annonce bilatérale de la convergence France-Allemagne, la majorité du parti socialiste en arrive à se rapprocher des critiques formulées par le FN à l’encontre de l’Europe. Une partie des gens de la gauche Delors-Mitterrand, traditionnellement les plus ardents partisans de la construction européenne, vivent un réveil patriotique républicain et prennent conscience que nous sommes allés déjà trop loin dans l’abandon de notre souveraineté. Martine Aubry, première secrétaire du PS est allée jusqu’à qualifier la situation de "capitulation française".
Cet épisode fut très révélateur de l’opposition latente au sein de la classe politique française, entre les souverainistes et les impérialistes. Dépassant leur rôle traditionnel d’opposants à la droite, certaines personnalités de gauche, plus honnêtes que leurs coreligionnaires, ont eu cette semaine un sursaut patriotique en entendant l’allocution de Nicolas Sarkozy. Elles se sont immédiatement offusquées que notre président puisse vendre son pays à l’Allemagne. La réponse des agents de l’empire ne s’est pas fait attendre, et les âmes rétives ont été rapidement recadrées par l’entourage du candidat socialiste, et pour cause : François Hollande compte appliquer la même politique européenne que Sarkozy, mais en pire. Sa réaction, fût-elle par procuration, prouve qu’il n’a aucun intérêt à fâcher dès maintenant ses futurs alliés, puisqu’il prévoit lui aussi de diluer la nation française au nom de l’intérêt supérieur européen. La méthode Hollande serait différente de celle de l’actuel chef d’Etat français, mais le résultat serait identique : la France ne serait plus que la province d’un nouvel empire germanique.
Sarkozy a surestimé la tolérance tricolore aux couleuvres et à la convergence franco-allemande ; nous avons sous-estimé sa lâcheté et son mépris de la France.
La France peut-elle encore s’amalgamer et se mélanger à d’autres peuples, elle qui a déjà du mal à faire cohabiter les lillois et les parisiens, les parisiens et les marseillais, les alsaciens et les bretons, les natifs français et les immigrés ? La convergence franco-allemande est utopique et à terme dangereuse. C’est elle seule qui risquerait d’attiser la germanophobie.
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vendredi 8 juillet 2011
PARTIS SEGMENTES : POURQUOI FAIRE SIMPLE QUAND ON PEUT FAIRE COMPLIQUÉ ?
« Les deux droites vont finir par faire imploser l’UMP ! » L’actualité ne manque effectivement pas de thèmes susceptibles de mettre en relief les contrastes saillants entre les courants gaulliste-social et libéral-populaire de l’UMP. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Pour ce qui est de la pluralité idéologique, la gauche non plus n’est pas en reste.
Ses avatars sont encore plus nombreux : conservatrice, réformiste, sociale-démocrate, patriotique-populiste de gauche, communiste, sécuritaire, protectionniste, écologiste, etc. Une palette de couleurs déclinée finalement autour de deux valeurs chromatiques : l’une interprète son hémisphère politique comme une émanation intangible des Lumières et de la Révolution, luttant contre les injustices et inégalités ; l’autre, hédoniste et libertaire, cherche moins l’égalité que le progrès socio-économique et humain.
J’ai retenu ma main tentée par la dichotomie « l’une est idéaliste, l’autre pragmatique », car ni l’une ni l’autre ne sauraient de nos jours être qualifiées ainsi. Les partis républicains de ce début de XXIe siècle sont dirigés par des gestionnaires, élus pour organiser le partage des fruits de la mondialisation. De fait, il n’y a plus de clivage patent tel qu’au XIXe siècle entre une « gauche charitable et proche du peuple » et une « droite cynique et élitiste, protectrice du capital et des riches ». Lorsque d’aucuns essaient de le ressusciter, c’est à grand renforts de caricatures — une mayonnaise qui ne prend presque plus. Il est toutefois intéressant de noter que leurs anciens crédos respectifs sont entretenus dans l’inconscient collectif par les éléments de langage des politiciens.
A gauche, « la modernité sociétale » (le mariage homosexuel en particulier) s’est substituée à la lutte des classes sociales, tandis qu’à droite on fustige le « compassionnel » compassé et « les solutions dépassées » de la gauche en lui opposant un esprit de « responsabilité ». Au milieu de cette nouvelle harmonie, le leitmotiv wagnérien du secrétaire général de l’UMP était prévisible : « Le FN c’est surtout des devoirs. Le PS c’est surtout des droits. Nous, nous sommes le parti des droits et des devoirs ».
La France est décidément une terre d’exception politique. Gauloise et romaine à la fois, elle porte en germe tout et son contraire, avant que ses antagonismes ne se résolvent en complémentarités nécessaires. Ses lumières sont tamisées, ses contours changeants. Lionel Jospin a répété après sa défaite en 2002 que le FN ne représentait pas une menace fasciste. Mal voyant ou clairvoyant ? Car s’il n’était alors pas une porte ouverte sur une dictature, il est peu probable que sa nouvelle mouture normalisée le soit davantage. Une majorité d’historiens affirme d’ailleurs que notre pays n’a jamais eu de tradition fasciste, pas même au sein de l’extrême-droite des années 30. Pas plus qu’une culture communiste à tendance stalinienne. Petitesse et grandeur d’une nation viscéralement attachée aux nuances, pour le meilleur et pour le pire.
J’ai retenu ma main tentée par la dichotomie « l’une est idéaliste, l’autre pragmatique », car ni l’une ni l’autre ne sauraient de nos jours être qualifiées ainsi. Les partis républicains de ce début de XXIe siècle sont dirigés par des gestionnaires, élus pour organiser le partage des fruits de la mondialisation. De fait, il n’y a plus de clivage patent tel qu’au XIXe siècle entre une « gauche charitable et proche du peuple » et une « droite cynique et élitiste, protectrice du capital et des riches ». Lorsque d’aucuns essaient de le ressusciter, c’est à grand renforts de caricatures — une mayonnaise qui ne prend presque plus. Il est toutefois intéressant de noter que leurs anciens crédos respectifs sont entretenus dans l’inconscient collectif par les éléments de langage des politiciens.
A gauche, « la modernité sociétale » (le mariage homosexuel en particulier) s’est substituée à la lutte des classes sociales, tandis qu’à droite on fustige le « compassionnel » compassé et « les solutions dépassées » de la gauche en lui opposant un esprit de « responsabilité ». Au milieu de cette nouvelle harmonie, le leitmotiv wagnérien du secrétaire général de l’UMP était prévisible : « Le FN c’est surtout des devoirs. Le PS c’est surtout des droits. Nous, nous sommes le parti des droits et des devoirs ».
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vendredi 10 juin 2011
PRIME AU PREMIER ENFANT ?
Vous connaissiez l'UMP en mode "anti-insécurité", puis "anti-immigration" ? Voici venue sa nouvelle politique pour marcher sur les plates-bandes du FN : l'encouragement nataliste. Une ligne qui prolonge la précédente sortie sur la réduction de l'immigration du travail, sur fond de "repeuplons la France sans attendre que d'autres le fassent à notre place !" (le message est clair, sans mauvais jeu de mot). Concrètement, Christian Estrosi et 91 autres députés UMP préconisent le versement d'une prime au premier enfant. Travail, famille, patrie en somme. Le couple présidentiel apprécierait le geste et l'hommage. Les contribuables beaucoup moins♦
TRIBUNES ET PAMPHLETS ANTI-FN : DES COPIES À REVOIR
Chaque période a ses modes. Après celle des frasques sexuelles de nos hommes politiques, voici qu’en plein bachot, certaines personnalités emboîtent le pas à leurs cadets pour se fendre de brûlots destinés à éclairer et avertir les consciences populaires d’une possible toxicité du vote FN. Sortez un quart de feuille ou plutôt une bonne centaine de pages, et lâchez-vous ! Les Indignés espagnols ont décidé la fin de leur mouvement, qu’à cela ne tienne ! Vous, responsables français, prenez le relais ! Indignez-vous à grands coups de “Au feu, au loup, au Front National !”
On crie oui, mais pas trop fort. Faudrait pas réveiller certains répulsions dormantes. On s’insurge juste assez pour tenter de reconquérir une partie des anciens électeurs de l’UMP, en instillant le doute et la peur dans les esprits — une arme qui a fait ses preuves — et en se positionnant comme pompiers responsables face aux dangereux incendiaires. Alors bien sûr tout cela est de bonne guerre ; il s’agit d’une contre-attaque politique et idéologique aux critiques souvent cinglantes de Marine Le Pen. “La caste se défend et s’affole”, ironise-t-elle. Mais au-delà des redondances (“son parti n’a pas changé … en grattant sous le vernis on retrouve les mêmes thématiques et idées que son père … la préférence nationale est contraire aux valeurs républicaines … leur programme économique c’est la ruine de la France”) dont la réappropriation par l’UMP frise au mieux la démagogie grotesque, au pire l’injonction paradoxale, la “caste” craint tellement de ne pas être reconduite en 2012, qu’elle omet quelques considérations macroéconomiques fondamentales.
“Les gens ne comprendraient pas. Évitez les étapes incertaines, les mécanismes seulement probables et les leviers instables. Allez à l’essentiel, parlez-leur de l’inflation, des taux d’intérêt, de leur pouvoir d’achat”, peut-on lire en creux. Les électeurs sont-ils irréfléchis ? Je ne le crois pas. Aveugles ? Encore moins. La critique du projet frontiste aura du mal à convaincre. Sa difficulté provient du fait qu’elle n’est pas actuellement en mesure de quantifier les conséquences possibles de la sortie de l’euro. Comment se comporteraient les marchés boursiers et financiers en cas d’anticipation de ce repli nationaliste et protectionniste ? Dans quel sens et avec quelle ampleur systémique réagiraient les volumes de change ? …
En réalité, le front anti-FN répond par une spéculation au “pari” de Marine que la France pourrait aller mieux en retrouvant sa souveraineté monétaire pleine et entière. Approchez mesdames et messieurs, le catch des droites va commencer ! “Conjecture contre conjecture !” C’était cela ou “Le concombre masqué contre la tomate juteuse !” Pas sûr qu’on y gagne au change … Dans l’affrontement dialectique, pour faire court, il y a juste une chose que l’UMP oublie parfois plus que le FN : nous évoluons en économie ouverte. En cas de sortie unilatérale de la France, les conditions de change réel ne seront pas 1 euro = 1FF mais pas davantage 1 euro = 6.56 FF (taux légal arrêté au moment de l’abandon du franc), puisque la zone euro bâtie sur les piliers allemands et français se disloquerait dès l’annonce de la sortie. A mon tour de prendre un pari : si la crise du système banque-assurance-réassurance que certains annoncent pour l’automne 2011 se produit, alors nous connaîtrons un printemps 2012 où les assauts européistes contre le FN seront devenus aussi caducs que l’euro♦
“Les gens ne comprendraient pas. Évitez les étapes incertaines, les mécanismes seulement probables et les leviers instables. Allez à l’essentiel, parlez-leur de l’inflation, des taux d’intérêt, de leur pouvoir d’achat”, peut-on lire en creux. Les électeurs sont-ils irréfléchis ? Je ne le crois pas. Aveugles ? Encore moins. La critique du projet frontiste aura du mal à convaincre. Sa difficulté provient du fait qu’elle n’est pas actuellement en mesure de quantifier les conséquences possibles de la sortie de l’euro. Comment se comporteraient les marchés boursiers et financiers en cas d’anticipation de ce repli nationaliste et protectionniste ? Dans quel sens et avec quelle ampleur systémique réagiraient les volumes de change ? …
jeudi 9 juin 2011
MARINE LE PEN : "JE CRÉERAI 500 000 NOUVEAUX EMPLOIS EN CAS DE VICTOIRE PRÉSIDENTIELLE EN 2012"
"Si je gagne la présidentielle de 2012, je créerais 500 000 nouveaux emplois dans l'industrie, grâce au protectionnisme et au patriotisme économiques". Voilà la promesse que la candidate Marine Le Pen a faite aujourd'hui durant une conférence de presse au siège du FN à Nanterre.
mardi 31 mai 2011
"DIS PAPA, POURQUOI TU VOTES PAS POUR LE PS?"
J’imagine aisément la réponse. Un réquisitoire dont la forme contemporaine pourrait ressembler à cela :
"Le socialisme est un mensonge qui a depuis longtemps tourné le dos à ses racines marxistes et révolutionnaires. Ce ne sont plus pour lui que de lointains souvenirs. Le socialisme moderne procède d’une orientation sociale-libérale, c’est-à-dire d’un accommodement, pour ne pas dire d’une soumission, de cette sensibilité traditionnelle de gauche aux règles libérales.
Le PS est le représentant de commerce de la mondialisation : ouverture des frontières, libre-circulation des marchandises, des personnes etc. Son objectif n’est pas de révolutionner le régime, mais de le réformer en douceur par la politique fiscale, la redistribution, et la régulation du libéralisme. Réguler le système pour mieux en faciliter l’application ; non pas le contrarier. A ce titre, le parti socialiste ne saurait appliquer l’ascenseur social et ne pourrait libérer les miséreux de leur condition. Là n’est pas son intérêt, puisque soustraire par quelque inspiration providentielle les êtres à la misère hypothéquerait ses chances d’être réélu, en lui ôtant l’objet même de son engagement.
En outre, ses moyens d’action se limitent à prodiguer aux plus pauvres la béquille et les expédients prompts à leur faire supporter leur condition. Ici, le but n’est pas de guérir, mais de fournir des soins palliatifs, d’accompagner l’autre dans sa douleur avec commisération, puis de l’inciter à se résigner par le découragement. Le socialiste moderne n’entretient pas les pulsions révolutionnaires, mais ne les rejette pas explicitement. Il ménage l’ambiguïté pour mériter encore son titre d’homme de gauche et surtout pour mieux faire passer le breuvage faussement édulcoré et réellement amer de la mondialisation. En vérité, sa conception est celle d’une antinomie profonde entre la défense des classes populaires et celle de l’humanité dans son ensemble ; comme le disait Simone de Beauvoir dans Pyrrhus :
Le PS est le représentant de commerce de la mondialisation : ouverture des frontières, libre-circulation des marchandises, des personnes etc. Son objectif n’est pas de révolutionner le régime, mais de le réformer en douceur par la politique fiscale, la redistribution, et la régulation du libéralisme. Réguler le système pour mieux en faciliter l’application ; non pas le contrarier. A ce titre, le parti socialiste ne saurait appliquer l’ascenseur social et ne pourrait libérer les miséreux de leur condition. Là n’est pas son intérêt, puisque soustraire par quelque inspiration providentielle les êtres à la misère hypothéquerait ses chances d’être réélu, en lui ôtant l’objet même de son engagement.
En outre, ses moyens d’action se limitent à prodiguer aux plus pauvres la béquille et les expédients prompts à leur faire supporter leur condition. Ici, le but n’est pas de guérir, mais de fournir des soins palliatifs, d’accompagner l’autre dans sa douleur avec commisération, puis de l’inciter à se résigner par le découragement. Le socialiste moderne n’entretient pas les pulsions révolutionnaires, mais ne les rejette pas explicitement. Il ménage l’ambiguïté pour mériter encore son titre d’homme de gauche et surtout pour mieux faire passer le breuvage faussement édulcoré et réellement amer de la mondialisation. En vérité, sa conception est celle d’une antinomie profonde entre la défense des classes populaires et celle de l’humanité dans son ensemble ; comme le disait Simone de Beauvoir dans Pyrrhus :
'On ne peut en se transcendant vers le prolétariat se transcender du même coup vers toute l’humanité, car la seule manière de se transcender vers lui, c’est de se transcender avec lui contre le reste de l’humanité.'
Servir sa nation, ça n’est pas monter une catégorie contre une autre. C’est aimer et reconnaître chaque composante de la société, sans chercher à privilégier l’une ou l’autre. Le populaire ou l’humain, il faut choisir. Il y a bien longtemps que j’ai choisi."
Au parti socialiste, dans sa dénomination actuelle ou bien dans une autre, de faire mentir cet électeur.
Au parti socialiste, dans sa dénomination actuelle ou bien dans une autre, de faire mentir cet électeur.
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GUÉANT, PALADIN DE LA NORMALISATION
"Se sentir bien en France". L’intention est bonne. Les moyens et leurs conséquences seraient plus discutables. Dans une tribune du Monde de mercredi, le ministre de l’Intérieur fait ainsi prévaloir l’assimilation à l’intégration des immigrés. "Assimilation" le mot périlleux. Banni même il fut un temps. Dans les années 80, certains enseignants poussaient des cris d’orfraie en l’entendant prononcer par d'impudents élèves. 2011. Une page s’est tournée. Guéant délaisse la morale humaniste pour le pragmatisme. "Il double le FN à droite, une fois de plus !" s’insurge la gauche. La droite répond que ce sont eux, socialistes en tête, les vrais populistes qui refusent de voir la réalité en face, déforment et instrumentalisent les propos, tentent de s’affirmer comme force d’opposition idéologique à défaut d’exister par des projets réalistes. Ping-pong interminable. Dépassons la critique électoraliste et examinons de plus près les propos de Claude Guéant afin de démêler la vérité et le fantasme.
"La France est un pays ouvert, mais elle n’a pas vocation à accueillir des étrangers pour en faire des chômeurs. A cet égard, je pense qu’il est urgent d’adapter notre politique en matière d’immigration du travail à la réalité économique et sociale de notre pays."
Le sieur Guéant, maître de l’ellipse et du raccourci, tenterait-il de rapiécer l’habit républicain en y cousant une équation de couleur frontiste "plusieurs millions d’étrangers = autant de chômeurs" ? Des dizaines d’études et témoignages de chercheurs ont durant ces deux derniers mois rappelé que l’immigration du travail n’a pas un caractère artificiel mais nécessaire et adaptatif : le marché recourt à l’immigration légale pour ses propres besoins d’emplois saisonniers et qualifiés. De fait, la marge de manœuvre des politiques dans le domaine de l’immigration légale est faible. Donc non, la France n’accueille pas des étrangers pour en faire des chômeurs. En outre, elle n’a guère besoin de populations allogènes pour crouler sous les déséquilibres frictionnels et structurels du marché du travail. Et puis voyons Claude, n’oubliez pas que les immigrés ne peuvent pas, comme vous le prétendez, à la fois prendre le travail que des français pourraient occuper et en même temps faire exploser les chiffres du chômage. Un peu de cohérence s’il vous plaît, à moins que votre désir le plus fou soit bien de faire élire Marine en 2012…
Quelle forme prendrait donc "l’adaptation" dont parle le ministre ? La réponse, rimée, se résume en un mot, "assimilation" :
"La France doit offrir à ceux à qui elle ouvre les bras, les conditions d’une intégration voire d’une assimilation réussie […] Les immigrants doivent être fiers d’être accueillis sur le territoire français et se fondre dans un destin collectif […] Ils doivent épouser notre culture, adopter notre façon de vivre et nos valeurs cardinales."
Et la valse des raccourcis vertigineux de continuer. Pour combattre les difficultés économiques et sociales patentes des derniers arrivés, Claude Guéant croît pertinent d’invoquer les mânes de Jules Ferry et de répondre sur le terrain culturel. "Donnant-donnant. La France vous fait confiance. En contrepartie, vous lui devez allégeance culturelle." D’abord, nous ne sommes pas en dictature. La vocation républicaine de la France n’est pas de contraindre les sensibilités ni les modes de vie individuels. C’est heureux car à ce jeu-là, je serais en droit, au nom de mes ancêtres, d’exiger des amateurs de MacDo et d’anglicismes ridicules qui gangrènent notre nation de marcher au pas, et de s’affranchir de ce qui, selon moi, avilit notre héritage chéri. Le fait est que je dois composer avec eux, comme avec tout le monde. Alors bien sûr, on peut concevoir que la tolérance et la protection des libertés puissent chagriner les nostalgiques de l’Ancien Régime, cependant ce qu’on demande à chacun, immigré légal ou indigène, c’est de se soumettre à la loi et non à un rêve. Merci au ministre de l’Intérieur de nous rappeler expressément son incapacité chronique à faire respecter cet impératif.
Allons plus loin, quels sont selon lui les outils de cette assimilation ?
"[…] l’apprentissage de la langue française, de l’Histoire de France, des règles du vivre ensemble qui sont les nôtres et plus largement de tout ce qui fait notre identité."
"La France est un pays ouvert, mais elle n’a pas vocation à accueillir des étrangers pour en faire des chômeurs. A cet égard, je pense qu’il est urgent d’adapter notre politique en matière d’immigration du travail à la réalité économique et sociale de notre pays."
Quelle forme prendrait donc "l’adaptation" dont parle le ministre ? La réponse, rimée, se résume en un mot, "assimilation" :
"La France doit offrir à ceux à qui elle ouvre les bras, les conditions d’une intégration voire d’une assimilation réussie […] Les immigrants doivent être fiers d’être accueillis sur le territoire français et se fondre dans un destin collectif […] Ils doivent épouser notre culture, adopter notre façon de vivre et nos valeurs cardinales."
Et la valse des raccourcis vertigineux de continuer. Pour combattre les difficultés économiques et sociales patentes des derniers arrivés, Claude Guéant croît pertinent d’invoquer les mânes de Jules Ferry et de répondre sur le terrain culturel. "Donnant-donnant. La France vous fait confiance. En contrepartie, vous lui devez allégeance culturelle." D’abord, nous ne sommes pas en dictature. La vocation républicaine de la France n’est pas de contraindre les sensibilités ni les modes de vie individuels. C’est heureux car à ce jeu-là, je serais en droit, au nom de mes ancêtres, d’exiger des amateurs de MacDo et d’anglicismes ridicules qui gangrènent notre nation de marcher au pas, et de s’affranchir de ce qui, selon moi, avilit notre héritage chéri. Le fait est que je dois composer avec eux, comme avec tout le monde. Alors bien sûr, on peut concevoir que la tolérance et la protection des libertés puissent chagriner les nostalgiques de l’Ancien Régime, cependant ce qu’on demande à chacun, immigré légal ou indigène, c’est de se soumettre à la loi et non à un rêve. Merci au ministre de l’Intérieur de nous rappeler expressément son incapacité chronique à faire respecter cet impératif.
Si tout le monde n’a pas de travail en France, certains hauts fonctionnaires d’Etat ne chôment pas, mus qu’ils sont par une conscience nationale qui abolit les frontières de leur champ de compétence. En cas de défection du ministre de l’Education Nationale, pas de panique : Claude Guéant assurerait la relève au pied levé, les mains propres et le front haut. Seulement, il n’existe pas d’hyper-ministre, et les présomptueux qui ont voulu endosser cet habit s’en sont fiévreusement séparés comme d’une tunique de Déjanire. Surtout, l’épigraphe ci-dessus ne peut nous abstraire du problème principal, de ce qui fait l’indignité de notre nation : la négation par une majorité de français d’origine de leurs propres racines. Qu’est-ce qui fait "l’identité française", messieurs du gouvernement ? Vous ne le savez pas, et ne pouvez répliquer que par le constat d’échec des politiques sécuritaires et éducatives… Bon courage à vous pour la traversée du désert qui vous attend après 2012. Le peuple s’efforcera de supporter le mandat d’un socialiste, à moins que dans l’intervalle il ne ressuscite ou n’invente une manière de se délivrer de ses chaînes. [Photo : Reuters / Daniel Joubert]
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mardi 24 mai 2011
GUÉANT N'A PAS BESOIN DU FN...
Si Claude Guéant et les autres émissaires zélés de l'Elysée avaient vraiment orienté leurs actions en fonction du Front National, ils auraient rapidement changé de stratégie en constatant le caractère contre-productif d'une telle manœuvre électoraliste. A la première "sortie", on pouvait encore le penser. Plus maintenant. Sarkozy aurait réellement voulu contrer le FN, il serait devenu gaulliste social. Son objectif est manifestement ailleurs ...
Le gouvernement serait immobile, on lui reprocherait de dédaigner les citoyens et de faire ainsi le jeu du FN. Il propose des mesures de bons sens point trop coûteuses "Mon Dieu ! Ils sont populistes ! Ils veulent faire le monter le FN !" Ce délire est une instrumentalisation socialiste reprise en chœur dans un réflexe pavlovien, par une certaine foule lassée des discours du "nain" et de ses sbires.
Le gouvernement serait immobile, on lui reprocherait de dédaigner les citoyens et de faire ainsi le jeu du FN. Il propose des mesures de bons sens point trop coûteuses "Mon Dieu ! Ils sont populistes ! Ils veulent faire le monter le FN !" Ce délire est une instrumentalisation socialiste reprise en chœur dans un réflexe pavlovien, par une certaine foule lassée des discours du "nain" et de ses sbires.
samedi 14 mai 2011
L'UMP SE LAISSERA-T-ELLE GANGRENER PAR LE RACISME ?
La secrétaire d'Etat à la jeunesse, Jeannette Bougrab, a quitté précipitamment une réunion UMP qui se tenait aujourd'hui à Besançon, après qu'un militant ait lâché "Y en a marre des bougnoules !" Le point de départ était une critique du deux poids deux mesures "une mosquée a été construite à Strasbourg tandis que la cathédrale manque de fonds pour sa rénovation !" Le parti majoritaire, dont les rangs se sont encore desserrés cet après-midi suite à l'indépendance du parti radical, risquerait bien de voir son propre électorat imploser et Marine Le Pen monter, monter, monter.
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