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samedi 7 janvier 2012

GOUVERNEMENT À CRAN : ARRÊT-MALADIE COLLECTIF PRÉVU POUR MAI 2012

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Au cas où certains représentants élus l'ignoreraient, tous les citoyens ne sont pas acquis à leur cause. Que nos ministres aillent demander ce que pensent d'eux les classes populaires qui peinent à faire tourner l'économie... Car non, messieurs du gouvernement, la vie ne se limite pas au cocon politique, et tout le monde n'est pas député. Beaucoup n'ont que la tribune Internet pour exprimer leur colère fort légitime.
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Sans être moi-même un fanatique des injures que je trouve trop passionnées pour être précises, je comprends cependant la véhémence de certains de mes camarades internautes. L'irrespect et la condescendance que beaucoup de politiques témoignent à leurs administrés justifient amplement la myriade d'injures argotiques qui s'abat sur leur tête, autant que ces idolâtres, hérétiques et pervers, qui selon la Bible méritèrent leur châtiment divin. Dans ces cas-là, il est préférable de faire profil bas, plutôt que de se perdre en procès ridicules et totalitaires qui sont autant de taches sur les valeurs de notre démocratie, et qui ne font que durcir les critiques ultérieures. Lorsqu'on est une personnalité politique, on se doit d'assurer dans son action pour la collectivité et, à défaut, d'assumer ses erreurs et son incurie patente ! Hélas le fair-play se perd, comme chacun sait...

Dans la même veine, le "sale mec", qu'aurait prononcé François Hollande imitant Nicolas Sarkozy, est-il choquant ? Oui, il l'est, parce qu'un premier magistrat de France qui a tout piétiné, à commencer par l'honneur de sa fonction et son devoir d'exemplarité (un comble pour un héraut autoproclamé de la "république irréprochable"), et traité un citoyen de "pauvre con", mériterait une épithète bien plus tranchante, à la hauteur de sa prime offense ! Il n'est toutefois pas exclu que quelques associations enclenchent la machine judiciaire, pour demain demander réparation, au nom de la République, à l'impudent n°1 qui ne sera plus protégé par son immunité...

jeudi 22 septembre 2011

KARACHI - LE DÉMENTI OFFICIEL DE L’ÉLYSÉE : "ATTRAPÉ LA MAIN DANS LE SAC ?"

Voici le communiqué officiel de l'Elysée publié ce jour sur le site www.elysee.fr, visant à démentir les accusations mettant en cause Nicolas Sarkozy et son entourage direct dans le dossier Karachi.
"Communiqué de la Présidence de la République :
La Présidence de la République tient à apporter les précisions suivantes :
- M. Nicolas SARKOZY n'a jamais dirigé la campagne de M. Edouard BALLADUR.
- Il n'a jamais exercé la moindre responsabilité dans le financement de cette campagne. Il en était le porte-parole.
- S'agissant de l'affaire dite de « Karachi », le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier. Il n'a été cité par aucun témoin ou acteur de ce dossier. Il y est donc totalement étranger d'autant plus qu'à l'époque où il était ministre du Budget, il avait manifesté son hostilité à ce contrat comme cela apparaît dans les pièces de la procédure.
- Les familles des victimes de l'attentat de Karachi ont droit à la vérité et au respect de leur souffrance.
Tout le reste n'est que calomnie et manipulation politicienne."
Problème : pour savoir si le nom de Nicolas Sarkozy a été mentionné ou non dans le dossier protégé du secret de l'instruction, il aurait fallu que l'exécutif le viole. Une "République irréprochable" qu'il promettait, c'est cela ?

jeudi 8 septembre 2011

L'AVEU DE NKM : "ON NE PRÊTE PAS AUX GRECS PAR ALTRUISME"

Je ne peux résister à l'envie d'archiver ce terrible aveu de la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors du duel avec Marine Le Pen sur itélé hier soir :

"On ne prête pas aux Grecs par altruisme [..] On ne le fait pas parce qu'on les aime, mais pour sauver nos banques qui détiennent de la dette grecque".

eee.jpgVous pensiez qu'être cynique, amoral, ruineux (15 milliards de plus de prêts votés aujourd'hui pour la Grèce, une somme qu'on ne reverra vraisemblablement jamais), inconséquent et hypocrite tout à la fois était une chimère ? Et bien non, c'est possible, la preuve ! Les membres du gouvernement n'ont même plus de scrupules à reconnaître leur manque de solidarité réelle : ils ne perfusent un autre membre de la zone euro qu'à contre-coeur, dans un effort désespéré pour maintenir la France dans leur mirage vacillant. Face à des fondements économiques, politiques et moraux aussi fragiles, l'effondrement de l'actuel édifice européen ne semble plus qu'une question de mois♦

mardi 30 août 2011

BON COURAGE AUX DEMANDEURS D'EMPLOI !

Après la publication des chiffres officiels du chômage de juillet, "mauvais" (de l'aveu même du ministre du Travail, Xavier Bertrand), voici venue la rentrée sociale et son lot de galères et de revendications diverses ! A fortiori pour les demandeurs d'emploi qui souhaiteraient prendre contact avec Pôle Emploi. La messagerie téléphonique, indisponible ou saturée, leur conseille de se replier sur le site Internet. Mais ce mardi 30 août c'est au tour du site Internet de répondre aux abonnés absents !
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Les chômeurs seraient donc de mauvaise volonté, c'est cela ? ...

vendredi 26 août 2011

CURE FILLON : TRIPLE ZÉRO MENTION INUTILE

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 "Pathétique", "pusillanime" et surtout "inutile". Voilà les adjectifs qui me viennent à l'esprit pour qualifier le paquet de mesures hésitantes, sermonnées hier par François Fillon, ce croque-mort de rock opéra, ce fossoyeur de progrès en service commandé pour son maître. Michaël Darmon sur itélé ("Carte blanche" du 25/08/2011), journaliste du "premier cercle" sarkozyste, l'a confirmé : cette conférence était un plan de com' décidé lors de concertations aoûtiennes entre le chef de l'Etat, et les ministres respectivement de l'Economie et du Budget, François Baroin et Valérie Pécresse. On comprend mieux pourquoi le Premier ministre ne croyait pas lui-même en la pertinence d'une semi-cure d'austérité qui ne dit pas son nom, et qui est déjà perçue par certains comme le début de la fin pour l'équipe en place.

Vous savez, ces vendeurs de soda à la sauvette installés à l'entrée d'un parc à thème depuis la taxe voulue par le chef du gouvernement, cette équipe de poseurs d'une conscience filiale incomparable, prêts à défendre leur cap droitier néo-libéral quelle que soit la tourmente économique et sociale. Des aveugles qui courent, tout sourire, sur le bord d'un précipice rédhibitoire.

eeerr.jpgD'abord, la ministre chargée de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle, Nadine Morano, qui étrennait hier soir la nouvelle mouture d'Elysée 2012 sur itélé, et rappelait, quitte à ressasser lourdement, les légendaires vertus du sarkozysme volontariste : en cas d'attaque, la défense dictée par les éléments de langage élyséen ("Il y a eu la crise !") ; en cas d'insistance journalistique, la mauvaise foi éhontée ("Avec les socialistes la dette aurait été encore plus creusée !").

Simultanément ou presque, on a eu le droit à Xavier Bertrand le prudent ministre du Travail qui avait préféré devancer l'appel en annonçant lui-même les nouveaux chiffres accablants (euphémisme) du chômage. On aurait presque pu croire en sa contrition, si un rappel à l'ordre de sa hiérarchie, ou son propre instinct de survie, ne lui avait pas soufflé un indécent "Je suis optimiste". Une formule dont l'esprit fut relayé ce matin par Nathalie Kosciusko-Morizet dans Bourdin & Co sur RMC. La ministre de l'Ecologie, relativisant la catastrophe, tenta une ultime anesthésie des esprits éveillés : "Au premier semestre 2011, l'emploi industriel a progressé pour la première fois depuis 10 ans !"

Quant au "plan" lui-même, de Fillon ou d'on ne sait plus qui exactement (peu importe pour le peuple en souffrance !), je vous épargne la liste exhaustive des critiques qui se sont abattues de toutes parts, telles des flèches enflammées sur un camp de fortune déjà très entamé par ses propres incohérences et atermoiements funestes. En vrac et presque à l'unisson, la rue, les médias et les tribunes politiques ont fustigé "le rafistolage", "le colmatage", "les propositions insuffisantes", "le report du chantier de la dépendance", "la vision court-termiste" d'une politique où "ce sont encore les petits qui paient, tandis que les plus riches ne vont supporter qu'une saignée fiscale de 3%" etc. En bref et en prévision, entre la rigueur, le chômage, la réduction des postes d'enseignant, et la rentrée syndicale, l'automne s'annonce décidément très "chaud"♦

mercredi 1 juin 2011

LE MAGISTRAT ESSONNIEN ABUSAIT SEXUELLEMENT DES CONDAMNÉES

Après DSK, Tron et le présumé ex-ministre pédophile, voici une autre affaire d'agression sexuelle impliquant cette fois un magistrat. En Essonne, un délégué du procureur de la République vient d'être condamné à une peine d'emprisonnement pour avoir abusé de son pouvoir et embrassé des jeunes femmes qui avaient maille à partir avec la justice.

En résumé, il a appliqué une stratégie à la Francis Kuntz de Groland : "allez poupée, t'es condamnée, mais je pourrais peut-être te permettre d'alléger ta peine, à condition que tu me fasses quelques gentillesses ...". La République bananière n'est pas prête de s'éteindre.

LA DERNIÈRE TENTATION D'ALAIN JUPPÉ

"Si, pour des raisons qui aujourd'hui sont hautement improbables et que je ne souhaite pas, Nicolas Sarkozy n'était pas en mesure de se présenter en 2012, je tenterais ma chance. Mais je pense qu'on est vraiment dans le domaine de la spéculation". Ces propos sont ceux du ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé sur France Inter. Aucune sortie médiatique n'est le fruit du hasard lorsqu'il s'agit de politique. Le message subliminal est : "fais attention à toi Nicolas, j'ai une casserole en préparation pour t'empêcher d'être réélu".

mardi 31 mai 2011

GUÉANT, PALADIN DE LA NORMALISATION

"Se sentir bien en France". L’intention est bonne. Les moyens et leurs conséquences seraient plus discutables. Dans une tribune du Monde de mercredi, le ministre de l’Intérieur fait ainsi prévaloir l’assimilation à l’intégration des immigrés. "Assimilation" le mot périlleux. Banni même il fut un temps. Dans les années 80, certains enseignants poussaient des cris d’orfraie en l’entendant prononcer par d'impudents élèves. 2011. Une page s’est tournée. Guéant délaisse la morale humaniste pour le pragmatisme. "Il double le FN à droite, une fois de plus !" s’insurge la gauche. La droite répond que ce sont eux, socialistes en tête, les vrais populistes qui refusent de voir la réalité en face, déforment et instrumentalisent les propos, tentent de s’affirmer comme force d’opposition idéologique à défaut d’exister par des projets réalistes. Ping-pong interminable. Dépassons la critique électoraliste et examinons de plus près les propos de Claude Guéant afin de démêler la vérité et le fantasme.

"La France est un pays ouvert, mais elle n’a pas vocation à accueillir des étrangers pour en faire des chômeurs. A cet égard, je pense qu’il est urgent d’adapter notre politique en matière d’immigration du travail à la réalité économique et sociale de notre pays."
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Le sieur Guéant, maître de l’ellipse et du raccourci, tenterait-il de rapiécer l’habit républicain en y cousant une équation de couleur frontiste "plusieurs millions d’étrangers = autant de chômeurs" ? Des dizaines d’études et témoignages de chercheurs ont durant ces deux derniers mois rappelé que l’immigration du travail n’a pas un caractère artificiel mais nécessaire et adaptatif : le marché recourt à l’immigration légale pour ses propres besoins d’emplois saisonniers et qualifiés. De fait, la marge de manœuvre des politiques dans le domaine de l’immigration légale est faible. Donc non, la France n’accueille pas des étrangers pour en faire des chômeurs. En outre, elle n’a guère besoin de populations allogènes pour crouler sous les déséquilibres frictionnels et structurels du marché du travail. Et puis voyons Claude, n’oubliez pas que les immigrés ne peuvent pas, comme vous le prétendez, à la fois prendre le travail que des français pourraient occuper et en même temps faire exploser les chiffres du chômage. Un peu de cohérence s’il vous plaît, à moins que votre désir le plus fou soit bien de faire élire Marine en 2012…

Quelle forme prendrait donc "l’adaptation" dont parle le ministre ? La réponse, rimée, se résume en un mot, "assimilation" :

"La France doit offrir à ceux à qui elle ouvre les bras, les conditions d’une intégration voire d’une assimilation réussie […] Les immigrants doivent être fiers d’être accueillis sur le territoire français et se fondre dans un destin collectif […] Ils doivent épouser notre culture, adopter notre façon de vivre et nos valeurs cardinales."

Et la valse des raccourcis vertigineux de continuer. Pour combattre les difficultés économiques et sociales patentes des derniers arrivés, Claude Guéant croît pertinent d’invoquer les mânes de Jules Ferry et de répondre sur le terrain culturel. "Donnant-donnant. La France vous fait confiance. En contrepartie, vous lui devez allégeance culturelle." D’abord, nous ne sommes pas en dictature. La vocation républicaine de la France n’est pas de contraindre les sensibilités ni les modes de vie individuels. C’est heureux car à ce jeu-là, je serais en droit, au nom de mes ancêtres, d’exiger des amateurs de MacDo et d’anglicismes ridicules qui gangrènent notre nation de marcher au pas, et de s’affranchir de ce qui, selon moi, avilit notre héritage chéri. Le fait est que je dois composer avec eux, comme avec tout le monde. Alors bien sûr, on peut concevoir que la tolérance et la protection des libertés puissent chagriner les nostalgiques de l’Ancien Régime, cependant ce qu’on demande à chacun, immigré légal ou indigène, c’est de se soumettre à la loi et non à un rêve. Merci au ministre de l’Intérieur de nous rappeler expressément son incapacité chronique à faire respecter cet impératif.
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  Allons plus loin, quels sont selon lui les outils de cette assimilation ?

"[…] l’apprentissage de la langue française, de l’Histoire de France, des règles du vivre ensemble qui sont les nôtres et plus largement de tout ce qui fait notre identité."

Si tout le monde n’a pas de travail en France, certains hauts fonctionnaires d’Etat ne chôment pas, mus qu’ils sont par une conscience nationale qui abolit les frontières de leur champ de compétence. En cas de défection du ministre de l’Education Nationale, pas de panique : Claude Guéant assurerait la relève au pied levé, les mains propres et le front haut. Seulement, il n’existe pas d’hyper-ministre, et les présomptueux qui ont voulu endosser cet habit s’en sont fiévreusement séparés comme d’une tunique de Déjanire. Surtout, l’épigraphe ci-dessus ne peut nous abstraire du problème principal, de ce qui fait l’indignité de notre nation : la négation par une majorité de français d’origine de leurs propres racines. Qu’est-ce qui fait "l’identité française", messieurs du gouvernement ? Vous ne le savez pas, et ne pouvez répliquer que par le constat d’échec des politiques sécuritaires et éducatives… Bon courage à vous pour la traversée du désert qui vous attend après 2012. Le peuple s’efforcera de supporter le mandat d’un socialiste, à moins que dans l’intervalle il ne ressuscite ou n’invente une manière de se délivrer de ses chaînes. [Photo : Reuters / Daniel Joubert]

vendredi 27 mai 2011

DES JOB DATING DANS L'ENSEIGNEMENT

Tandis que 16 000 postes d'enseignant seront supprimés à la rentrée 2011, l'académie de Paris inaugure le job dating dans l'enseignement. Des milliers de candidats à des postes de remplaçant et vacataire se sont ainsi présentés cet après-midi dans Paris pour des mini-entretiens organisés par le rectorat et Pôle Emploi. Franck Girard, président d'Avenir Ecoles, évoque "un recrutement au rabais" et associe la file de postulants dans la rue pour décrocher ces emplois précaires aux "méthodes d'embauche du début du XIXe siècle". Les économies voulues par l'exécutif ne pourront pas masquer la conséquence durable du démantèlement de l'éducation nationale : une flexibilité du travail dont le coût social, économique et humain ne fera que s'accroître pour les élèves et les salariés, et qui devra in fine être compensé par un surcroît de dépenses publiques.

mardi 24 mai 2011

GUÉANT N'A PAS BESOIN DU FN...

Si Claude Guéant et les autres émissaires zélés de l'Elysée avaient vraiment orienté leurs actions en fonction du Front National, ils auraient rapidement changé de stratégie en constatant le caractère contre-productif d'une telle manœuvre électoraliste. A la première "sortie", on pouvait encore le penser. Plus maintenant. Sarkozy aurait réellement voulu contrer le FN, il serait devenu gaulliste social. Son objectif est manifestement ailleurs ...

Le gouvernement serait immobile, on lui reprocherait de dédaigner les citoyens et de faire ainsi le jeu du FN. Il propose des mesures de bons sens point trop coûteuses "Mon Dieu ! Ils sont populistes ! Ils veulent faire le monter le FN !" Ce délire est une instrumentalisation socialiste reprise en chœur dans un réflexe pavlovien, par une certaine foule lassée des discours du "nain" et de ses sbires.

mercredi 27 avril 2011

BOURDE DE WAUQUIEZ SUR SCHENGEN : (IM)PARDONNABLE ?


Source vidéo : "Bourdin & Co", BFMTV et RMC, Christophe Jakubyszyn (27/04/2011).

Lors du dernier remaniement ministériel, Nicolas Sarkozy avait pourtant insisté sur le grand professionnalisme de la nouvelle équipe Fillon. Or, durant ce doux printemps 2011, les erreurs gouvernementales bourgeonnent et les copies méritent sérieusement d'être revues.

Après le concert des cafouillages véniels commis par Dati, Lefebvre, Morano, et consorts, voici une bévue bien plus inquiétante, de la part du présumé "petit génie" du gouvernement, Laurent Wauquiez. A l'heure où le traité de Schengen est en mode "pause", certains d'entre vous se demandent peut-être : mais au fait, combien de pays l'espace Schengen contient-il ? Qui mieux que le ministre chargé des affaires européennes pour répondre à cette question, pensez-vous. Et bien, détrompez-vous ... Un flagrant délit d'ignorance qui frise l'injure.

Faut-il rire ? Pleurer ? On ne sait plus. Mais surtout, quel exemple pour la jeunesse ; cette jeunesse à qui les institutions osent encore faire la morale ! Perché sur ses talonnettes, il y en a un qui doit trépigner d'envie de rétablir les châtiments corporels à l'encontre de sa progéniture ministérielle♦

QUAND LES DIRIGEANTS DU CAC40 SE GOINFRENT

"Les patrons du CAC40 ont engrangé 152 fois le SMIC en 2010". Les Echos étayent l'intuition commune : la reprise économique bénéficie principalement aux patrons et actionnaires. Un écart ressenti comme une injustice et une provocation dédaigneuse par une majorité de salariés dont le pouvoir d'achat ne fait que se détériorer depuis plusieurs mois. Car dans les faits, il n'y a pas plus d'autorégulation marchande que d'autocensure dirigeante. Pour Pierre-Yves Gomez, président de l'Institut français de gouvernement des entreprises, cette "grave défaillance de l'élite" n'est pas sans rappeler l'attitude de l'aristocratie d'avant 1789, "lorsque telle comtesse avait vendu une terre pour s'acheter un miroir".

A gauche, on joue les apprentis Robins des Bois et on préconise un interventionnisme économique modéré, en confondant parfois égalitarisme avec équité. "Plafonner les salaires des dirigeants d'entreprises dont l'Etat est actionnaire ? Le principe me choque", telle fut la réponse viscéralement libérale de Christine Lagarde, à l'une des propositions socialistes pour redistribuer plus équitablement la valeur ajoutée. Le ministre de l'Economie a beaucoup plus de scrupules à plafonner les rémunérations des patrons du CAC40, qu'à refuser un soutien solidaire aux ménages face à l'inflation sur les matières premières et l'énergie.

Si l'on ajoute à cela le récent jeu de dupes « suppression du bouclier fiscal contre allègement de l'ISF », on s'aperçoit que les grosses rémunérations desserrent globalement leur contrainte, tandis que les plus menues se serrent un peu plus la ceinture : la paupérisation s'accroît en même temps que les inégalités se creusent. Alors oui, parlons de principe. Un gouvernement peut-il se prétendre responsable en faisant prévaloir le principe de neutralité économique de l'Etat, sur le principe supérieur de poursuite de l'intérêt général ?

lundi 4 avril 2011

GUÉANT : "L'ACCROISSEMENT DU NOMBRE DE MUSULMANS POSE PROBLÈME"


Audio : Claude Guéant au micro d'Europe1.

"Trop, c'est trop !" Entend-on partout. Oui, trop c'est trop... mais de quel côté se trouve l'excès ? Crier haro sur le baudet est une stratégie habituelle des partis d'opposition, autant qu'un fond de commerce pour des médias d'information qui ne reculent devant aucune bulle communicationnelle susceptible de créer le buzz. Et le martèlement de reprendre : "C'est un scandale, nous allons porter plainte contre le ministre ! C'est indigne ! Il est même désavoué par son parti !"

On se calme, on met en veille la paranoïa trente secondes, et on se contente de réécouter les propos, dans le contexte, en se souvenant que le locuteur possède une double casquette : ministre de l'Intérieur et des cultes sur le territoire de la République. Que dit-il ? "Il y a davantage de musulmans aujourd'hui que lors du vote de la loi sur la laïcité en 1905". C'est un fait. Propos révoltant ? Non, à moins bien entendu qu'énoncer un fait soit révoltant. "Cet accroissement pose problème CAR nous n'avons pas suffisamment de mosquées actuellement pour accueillir les fidèles". Deuxième fait. Choquant ? Même en m'adonnant à un furieux brainstorming, là encore il me semble que rappeler un fait n'a rien de répréhensible. Y-a-t-il une maladresse ? Même pas -- pour une fois, diront les mauvaises langues. On ne peut repérer une maladresse qu'en éludant, sciemment ou non, la fin de sa phrase "[...] il n'y a pas suffisamment de lieux de prière".

Dans la lignée de ces procès d'intentions, il sera bientôt interdire de simplement prononcer les mots "musulmans", "Islam", "mosquée", peut-être ensuite interdira-t-on aussi les mots "christianisme", "judaïsme", histoire de faire bonne mesure, et pourquoi ne pas prolonger l'intégrisme républicain jusqu'à s'offusquer d'entendre parler de "laïcité" et de "religion" ? Tout cela finira par s'arrêter car les modes changent et parfois c'est heureux.

vendredi 25 mars 2011

MARINE LE PEN : POLITIQUE ÉCONOMIQUE, SOCIALE, SÉCURITAIRE



Substantifique moelle de l'interview de la présidente du Front National par Jean-Jacques Bourdin (RMC, 25/03/2011).

Deux jours avant le second tour des cantonales, Marine Le Pen commente les sujets d'actualité, tels que la remise en question du nucléaire, la crise libyenne, et les propos controversés du ministre de l'Intérieur Claude Guéant ("la croisade en Libye", "les usagers ne doivent pas porter de signes religieux dans les services publics"). Présentant quelques-unes des grandes lignes de son programme, elle prône un protectionnisme de l'industrie nationale et l'interventionnisme accru de l'Etat dans l'économie pour réguler le marché. Ses détracteurs pourront être ou non en accord avec ses opinions ; ils ne pourront plus dire qu'elle ne parle que d'immigration.

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25/03/2011, soirée. Marine Le Pen a suspendu aujourd'hui un de ses candidats grenoblois aux cantonales qui avait été photographié en train d'effectuer le salut hitlérien. S'expliquant à ce sujet sur l'antenne de BFMTV, elle a affirmé sa volonté de "faire le ménage" au sein du Front National.

Certains commentateurs politiques interprètent cette décision comme une preuve supplémentaire du tournant démocratique dans la stratégie de communication, l'image et le style, adopté par un parti plus mûr, ambitieux, et conscient de peser sur la vie politique et institutionnelle française /// On a appris en fin de soirée que le candidat suspendu, Alexandre Gabriac, 20 ans, a démenti être présent sur la fameuse photo publiée par le Nouvel Observateur. Dénonçant un "montage", il vient de porter plainte contre le journal.

jeudi 10 mars 2011

LOPPSI 2 : UPPERCUT POUR SARKOZY ET LE GOUVERNEMENT !

Nouveau camouflet pour le chef de l'Etat avec cette censure par le Conseil Constitutionnel de 13 articles-clé (un record sous la Ve République) de la Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance sur la Sécurité Intérieure.


Audio : Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national du PS en charge des questions de sécurité (France-Info, 10/03/2011).

Parmi les dispositions invalidées qui avaient été défendues par Nicolas Sarkozy durant son discours de Grenoble (juillet 2010) et qu'il souhaitait ardemment inscrire dans son action présidentielle :

*extension des peines planchers aux mineurs,
*possibilité pour un procureur de convoquer directement un mineur devant le tribunal des enfants sans passer -par le juge des enfants,
*possibilité de punir pénalement un parent dont l'enfant n'aurait pas respecté une mesure imposée de couvre-feu,
*évacuation forcée de terrains occupés illégalement,
*possibilité pour les policiers municipaux de pouvoir effectuer des contrôles d'identité,
*vidéo-surveillance confiée à des sociétés privées.

Le président voulait prouver qu'il pouvait enfin appliquer ou faire appliquer ses promesses sécuritaires les plus fermes, histoire de se relancer dans la course pour 2012 et reconquérir d'anciens sympathisants passés au Front National. Son opération "je veux montrer que je ne suis pas un chiffe molle !" a échoué et il a dû s'incliner devant la volonté musclée des Sages.

Le Conseil Constitutionnel a condamné, en des termes d'une sévérité rare pour une telle autorité étatique, des dispositions qui faisaient trop pencher la balance de la justice vers la sécurité au détriment des droits de l'homme et des libertés individuelles. Autrement dit, en appliquant de telles mesures, l'exécutif serait devenu le principal criminel de la République, l'ennemi public n°1. Une énième marche arrière sur la thématique sécuritaire susceptible de gonfler encore le score de Marine Le Pen dans les sondages.

En pleine remise en question de l'intérêt d'un débat sur la laïcité, au lendemain du rejet de l'extension de la déchéance de nationalité, et le jour même où Kadhafi a menacé le président français de représailles à cause de son soutien aux rebelles, Nicolas Sarkozy et son équipe gouvernementale se retrouvent désavoués, sonnés et titubants sur le ring idéologique qui les avait légitimés en 2007. Ils devront avancer au ralenti avec une épine supplémentaire dans le pied... ou bien changer de cap, de moyens et de priorités. Une passe difficile à quatorze mois du scrutin présidentiel, et en pleine crise existentielle entre "la tentation extrême-droite" et "la modération centre-droite". Ce revers sonne-t-il le glas de la "Sarkozye" ? Il se rêvait un De Gaulle version modèle réduit. Il se retrouve finalement empêtré dans l'un de ses pires cauchemars : revenir sous la IVe République et n'être plus qu'un président-pantin, ligoté par le Parlement et le Conseil Constitutionnel, et ne pouvant qu'assister à sa propre impuissance face au blocage institutionnel. Le seul point commun qu'il pourrait encore partager avec le Général serait... un départ avant la fin de son mandat.

mercredi 9 mars 2011

FILLON : "L’EXTRÊME-DROITE NE FIXERA PAS LE CALENDRIER MÉDIATIQUE ET POLITIQUE"



Mise au point et recentrage républicain du Premier ministre, qui récuse les débordements de la députée UMP Chantal Brunel. François Fillon appelle à l'élévation du débat et à la responsabilisation collective, à gauche comme à droite (LCP, Questions d'actualité au gouvernement, 09/03/2011).

Un message fort. Le Premier ministre adopte une rhétorique professorale et une posture présidentielle en rappelant que la république est notre bien commun le plus précieux et que personne, ni de l'extérieur ni de l'intérieur, ne viendra en saper les fondements. En clair "Ne déféquez pas dans nos bottes républicaines ! Arrêtez de vous chamailler, et toi la vilaine députée, que je ne t'y reprenne pas !"