Nicolas Sarkozy n'ignorait pas le tollé que ses propositions protectionnistes allaient rencontrer. Il prit le risque car il souhaitait en mesurer l'impact sur l'opinion et les sondages français. Toutefois, il a sous-estimé l'effet d'une telle réorientation de campagne, sur le plan diplomatique.
D'abord, l'entourage d'Angela Merkel fit la moue. Puis hier, ce furent le Wall Street Journal et le député libéral ex-premier ministre belge Guy Verhofstadt au Parlement européen, qui taclèrent allègrement le Président français, jusqu'à le qualifier de "Nicolas Le Pen". Sarkozy, le vrai représentant de l'extrême-droite française ? Pas faux. Les observateurs étrangers sont souvent plus lucides que la majorité de nos compatriotes.
Cette petite sortie, plus ou moins discutable et crédible du chef de l'Etat, nous révèle également le degré de tolérance de nos partenaires européens et atlantistes à la droitisation. "Oui à l'extrême-droite sur le plan sociétal, oui au ralentissement de l'immigration musulmane, mais Non ! aux entraves à la libre circulation européenne et donc au libéralisme économique". Attendons de voir comment Sarkozy et l'UMP réagiront à ce recadrage...
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mercredi 14 mars 2012
NICOLAS "LE PEN" SARKOZY : "STIGMATISE L'ISLAM, PAS LE LIBÉRALISME !"
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mardi 31 mai 2011
GUÉANT, PALADIN DE LA NORMALISATION
"Se sentir bien en France". L’intention est bonne. Les moyens et leurs conséquences seraient plus discutables. Dans une tribune du Monde de mercredi, le ministre de l’Intérieur fait ainsi prévaloir l’assimilation à l’intégration des immigrés. "Assimilation" le mot périlleux. Banni même il fut un temps. Dans les années 80, certains enseignants poussaient des cris d’orfraie en l’entendant prononcer par d'impudents élèves. 2011. Une page s’est tournée. Guéant délaisse la morale humaniste pour le pragmatisme. "Il double le FN à droite, une fois de plus !" s’insurge la gauche. La droite répond que ce sont eux, socialistes en tête, les vrais populistes qui refusent de voir la réalité en face, déforment et instrumentalisent les propos, tentent de s’affirmer comme force d’opposition idéologique à défaut d’exister par des projets réalistes. Ping-pong interminable. Dépassons la critique électoraliste et examinons de plus près les propos de Claude Guéant afin de démêler la vérité et le fantasme.
"La France est un pays ouvert, mais elle n’a pas vocation à accueillir des étrangers pour en faire des chômeurs. A cet égard, je pense qu’il est urgent d’adapter notre politique en matière d’immigration du travail à la réalité économique et sociale de notre pays."
Le sieur Guéant, maître de l’ellipse et du raccourci, tenterait-il de rapiécer l’habit républicain en y cousant une équation de couleur frontiste "plusieurs millions d’étrangers = autant de chômeurs" ? Des dizaines d’études et témoignages de chercheurs ont durant ces deux derniers mois rappelé que l’immigration du travail n’a pas un caractère artificiel mais nécessaire et adaptatif : le marché recourt à l’immigration légale pour ses propres besoins d’emplois saisonniers et qualifiés. De fait, la marge de manœuvre des politiques dans le domaine de l’immigration légale est faible. Donc non, la France n’accueille pas des étrangers pour en faire des chômeurs. En outre, elle n’a guère besoin de populations allogènes pour crouler sous les déséquilibres frictionnels et structurels du marché du travail. Et puis voyons Claude, n’oubliez pas que les immigrés ne peuvent pas, comme vous le prétendez, à la fois prendre le travail que des français pourraient occuper et en même temps faire exploser les chiffres du chômage. Un peu de cohérence s’il vous plaît, à moins que votre désir le plus fou soit bien de faire élire Marine en 2012…
Quelle forme prendrait donc "l’adaptation" dont parle le ministre ? La réponse, rimée, se résume en un mot, "assimilation" :
"La France doit offrir à ceux à qui elle ouvre les bras, les conditions d’une intégration voire d’une assimilation réussie […] Les immigrants doivent être fiers d’être accueillis sur le territoire français et se fondre dans un destin collectif […] Ils doivent épouser notre culture, adopter notre façon de vivre et nos valeurs cardinales."
Et la valse des raccourcis vertigineux de continuer. Pour combattre les difficultés économiques et sociales patentes des derniers arrivés, Claude Guéant croît pertinent d’invoquer les mânes de Jules Ferry et de répondre sur le terrain culturel. "Donnant-donnant. La France vous fait confiance. En contrepartie, vous lui devez allégeance culturelle." D’abord, nous ne sommes pas en dictature. La vocation républicaine de la France n’est pas de contraindre les sensibilités ni les modes de vie individuels. C’est heureux car à ce jeu-là, je serais en droit, au nom de mes ancêtres, d’exiger des amateurs de MacDo et d’anglicismes ridicules qui gangrènent notre nation de marcher au pas, et de s’affranchir de ce qui, selon moi, avilit notre héritage chéri. Le fait est que je dois composer avec eux, comme avec tout le monde. Alors bien sûr, on peut concevoir que la tolérance et la protection des libertés puissent chagriner les nostalgiques de l’Ancien Régime, cependant ce qu’on demande à chacun, immigré légal ou indigène, c’est de se soumettre à la loi et non à un rêve. Merci au ministre de l’Intérieur de nous rappeler expressément son incapacité chronique à faire respecter cet impératif.
Allons plus loin, quels sont selon lui les outils de cette assimilation ?
"[…] l’apprentissage de la langue française, de l’Histoire de France, des règles du vivre ensemble qui sont les nôtres et plus largement de tout ce qui fait notre identité."
"La France est un pays ouvert, mais elle n’a pas vocation à accueillir des étrangers pour en faire des chômeurs. A cet égard, je pense qu’il est urgent d’adapter notre politique en matière d’immigration du travail à la réalité économique et sociale de notre pays."
Quelle forme prendrait donc "l’adaptation" dont parle le ministre ? La réponse, rimée, se résume en un mot, "assimilation" :
"La France doit offrir à ceux à qui elle ouvre les bras, les conditions d’une intégration voire d’une assimilation réussie […] Les immigrants doivent être fiers d’être accueillis sur le territoire français et se fondre dans un destin collectif […] Ils doivent épouser notre culture, adopter notre façon de vivre et nos valeurs cardinales."
Et la valse des raccourcis vertigineux de continuer. Pour combattre les difficultés économiques et sociales patentes des derniers arrivés, Claude Guéant croît pertinent d’invoquer les mânes de Jules Ferry et de répondre sur le terrain culturel. "Donnant-donnant. La France vous fait confiance. En contrepartie, vous lui devez allégeance culturelle." D’abord, nous ne sommes pas en dictature. La vocation républicaine de la France n’est pas de contraindre les sensibilités ni les modes de vie individuels. C’est heureux car à ce jeu-là, je serais en droit, au nom de mes ancêtres, d’exiger des amateurs de MacDo et d’anglicismes ridicules qui gangrènent notre nation de marcher au pas, et de s’affranchir de ce qui, selon moi, avilit notre héritage chéri. Le fait est que je dois composer avec eux, comme avec tout le monde. Alors bien sûr, on peut concevoir que la tolérance et la protection des libertés puissent chagriner les nostalgiques de l’Ancien Régime, cependant ce qu’on demande à chacun, immigré légal ou indigène, c’est de se soumettre à la loi et non à un rêve. Merci au ministre de l’Intérieur de nous rappeler expressément son incapacité chronique à faire respecter cet impératif.
Si tout le monde n’a pas de travail en France, certains hauts fonctionnaires d’Etat ne chôment pas, mus qu’ils sont par une conscience nationale qui abolit les frontières de leur champ de compétence. En cas de défection du ministre de l’Education Nationale, pas de panique : Claude Guéant assurerait la relève au pied levé, les mains propres et le front haut. Seulement, il n’existe pas d’hyper-ministre, et les présomptueux qui ont voulu endosser cet habit s’en sont fiévreusement séparés comme d’une tunique de Déjanire. Surtout, l’épigraphe ci-dessus ne peut nous abstraire du problème principal, de ce qui fait l’indignité de notre nation : la négation par une majorité de français d’origine de leurs propres racines. Qu’est-ce qui fait "l’identité française", messieurs du gouvernement ? Vous ne le savez pas, et ne pouvez répliquer que par le constat d’échec des politiques sécuritaires et éducatives… Bon courage à vous pour la traversée du désert qui vous attend après 2012. Le peuple s’efforcera de supporter le mandat d’un socialiste, à moins que dans l’intervalle il ne ressuscite ou n’invente une manière de se délivrer de ses chaînes. [Photo : Reuters / Daniel Joubert]
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mercredi 27 avril 2011
BOURDE DE WAUQUIEZ SUR SCHENGEN : (IM)PARDONNABLE ?
Source vidéo : "Bourdin & Co", BFMTV et RMC, Christophe Jakubyszyn (27/04/2011).
Lors du dernier remaniement ministériel, Nicolas Sarkozy avait pourtant insisté sur le grand professionnalisme de la nouvelle équipe Fillon. Or, durant ce doux printemps 2011, les erreurs gouvernementales bourgeonnent et les copies méritent sérieusement d'être revues.
Après le concert des cafouillages véniels commis par Dati, Lefebvre, Morano, et consorts, voici une bévue bien plus inquiétante, de la part du présumé "petit génie" du gouvernement, Laurent Wauquiez. A l'heure où le traité de Schengen est en mode "pause", certains d'entre vous se demandent peut-être : mais au fait, combien de pays l'espace Schengen contient-il ? Qui mieux que le ministre chargé des affaires européennes pour répondre à cette question, pensez-vous. Et bien, détrompez-vous ... Un flagrant délit d'ignorance qui frise l'injure.
Faut-il rire ? Pleurer ? On ne sait plus. Mais surtout, quel exemple pour la jeunesse ; cette jeunesse à qui les institutions osent encore faire la morale ! Perché sur ses talonnettes, il y en a un qui doit trépigner d'envie de rétablir les châtiments corporels à l'encontre de sa progéniture ministérielle♦
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