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mardi 10 septembre 2013

SYRIE : COMMENT SAPER LE PLAN RUSSE EN UNE CONDITION

La diplomatie française ne veut pas la paix en Syrie. Pour preuve, les conditions imposées par Fabius, surajoutées au plan russe de contrôle et démantèlement des armes chimiques syriennes, pour le rendre rédhibitoire. En particulier, elles exigent, dans une résolution déposée ce jour au Conseil de sécurité de l'Onu, "la condamnation des massacres du 21 août commis par le régime syrien". Une condition que Bachar el-Assad et Vladimir Poutine ne peuvent évidemment pas accepter, puisque cela reviendrait à reconnaître la responsabilité de l'attaque chimique dont Damas s'est toujours défendu.

Pour Fabius comme pour les experts, la neutralisation même des armes chimiques "prendrait des années" et ne garantirait pas, entre-temps, qu'Assad ne fasse pas usage d'autres armes chimiques sises dans des lieux ultra-secrets. En outre, cette destruction pourrait être perçue comme un moyen d'effacer les preuves d'utilisation antérieure de gaz sur la population syrienne, et une diversion pour gagner du temps, de la part d'un régime qui, selon ses adversaires, a décimé des civils et n'hésitera pas à le refaire, avec un équipement chimique ou conventionnel. La conclusion est explicite : "il faut empêcher Assad de nuire en le destituant et le faire comparaître devant le TPI". En clair : user de la force pour le virer. On en revient donc au même point que la semaine dernière et je doute que le brio tactique russe n'aboutisse à désamorcer la bombe géopolitique dans la région...

mardi 27 août 2013

VOUS N'AVEZ PAS CONNU LA SECONDE GUERRE MONDIALE ? SEANCE DE RATTRAPAGE AVEC LA TROISIEME !

Nous y voilà. "Enfin" serais-je tenté de dire, depuis le temps qu'on en parlait. La semaine dernière, BHL l'avait fortement suggéré (un marqueur fort, cf "jurisprudence libyenne"), le Monde l'avait affirmé, aujourd'hui le Nouvel Obs confirme ; autant dire que tous les relais médiatiques du régime Hollande sont certains que la guerre contre la Syrie est inévitable. Les opinions sont préparées, le matériel est en place, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, et la France s'apprêtent à nous lancer dans une troisième guerre mondiale. La plupart d'entre nous n'aurons pas connu les deux précédentes, et nos parents juraient que l'Union européenne nous préserverait d'un nouveau conflit d'ampleur. Erreur : nous aurons nous aussi le triste honneur d'assister à un embrasement général, plus ou moins conscient et désiré, selon le degré de responsabilité dans les sphères du pouvoir atlantophile.

Alors bien sûr, vous me direz "les Syriens ne nous ont rien demandé, ils ne nous ont rien fait non plus". D'autant que, interrogés dans la rue, une majorité des habitants de Damas soutient Bachar al-Assad. Ils ne verraient presque pas où est le problème, et ils continuent à nier l'hypothèse d'une intervention militaire occidentale "Impossible !" Pourtant si. C'est acté. Navires de guerre au large des cotes. L'assaut est juste une "question de temps" selon des sources proches d'Obama et selon la quasi totalité des médias. L'intérêt objectif de cette nouvelle coalition ? Préserver l'intérêt de Syriens soi-disant "gazés" ? Non puisque l'enquête de l'Onu n'est pas encore terminée et que, même si des armes chimiques avaient été utilisées, il serait bien difficile d'en attribuer la responsabilité à Damas plutôt qu'aux "rebelles" islamistes sous contrôle étranger. Tout le monde a en tête les manipulations pour l'Irak, ainsi que l'engrenage des pertes civiles. Un intérêt pour les Occidentaux ? Pas davantage. Tous sont endettés et aucun n'a d'intérêt stratégique ni économique dans la région. D'ailleurs, Obama avait mis un point d'honneur à rompre avec le bellicisme de son prédécesseur par principe et pour rétablir les comptes de sa nation. Enfin, l'armée syrienne, bien que diminuée après tous ces mois de luttes intestines, est plus organisée que ne l'était l'armée libyenne, et peut compter sur le soutien indéfectible de la Russie et de la Chine, ainsi que sur l'appui de l'Iran, du Hezbollah, voire de l'Egypte. Globalement, personne ne comprend rien à l'intérêt d'un tel clash des titans, pas même les géopoliticiens au nez habituellement creux, tels que Bassam Tahhan, Frédéric Ancel ou Antoine Sfeir, ou le journaliste Thierry Meyssan, résidant sur place, à Damas.

Alors comment expliquer que les Etats-Unis recherchent ce conflit, dont chacun mesure le risque d'escalade évident vers une guerre mondiale, en dépit de la modération fallacieuse d'un Barack Obama qui joue le naïf ("Nos attaques, depuis la mer, seront ciblées et ne dureront que 2 jours") ? Ben voyons, prend-nous pour des cons aussi. Un seul missile américain entre les frontières souveraines de cette grande nation arabe qu'est la Syrie et tout s'enchaînera très vite. L'intérêt de prendre un tel risque s'explique pour partie par une logique de diversion et de fuite en avant ("une guerre bien saignante pour ne plus parler de l'incurie des gouvernements à résoudre les crises économiques, pour remettre les gens au boulot et pour réaliser l'union sacrée autour du chef de l'Etat"), et pour partie par l'intérêt d'Israël de résoudre radicalement les négociations avec les Palestiniens en décapitant le Hezbollah et autres menaces régionales pour sa sécurité (cf lobbying intense d'AIPAIC).

Obama aurait pu écouter la voix de son peuple qui, dans un sondage récent, désapprouve largement toute intervention militaire en Syrie (9% seulement y sont favorables). Il a choisi d'écouter une autre voix, celle du premier lobby états-unien. Répondre à la question "Qui profitera à terme de cette guerre ?" permet de répondre à "Qui contrôle les Etats-Unis ?" Quant à nos gouvernants français, qu'ils suivent ou entraînent le mouvement, une chose est certaine c'est qu'ils se soucient bien peu de l'intérêt des peuples, syriens comme français. Même l'indécis Bayrou s'est prononcé contre cette guerre, tandis que Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, plusieurs députés UMP, et les Front de gauche Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ("ce serait une erreur gigantesque") requièrent en urgence une consultation du Parlement. Hélas, nous pouvons prévoir qu'ils ne seront pas entendus. Le doigt est déjà dans l'engrenage et la lénification de l'inique triumvirat Obama-Cameron-Hollande ("les frappes ne dureront que 2 ou 3 jours") n'est là que pour faire de nous une future grenouille ébouillantée, en nous habituant progressivement à la nécessité d'une guerre longue, d'une guerre d'usure, par réchauffements graduels...

mardi 22 janvier 2013

MALI : MÉDIAMENSONGES ET TRAPPE À PAUVRETÉ

La guerre contre le terrorisme est toujours un prétexte. Au Mali, l'oligarchie euro-mondialiste, via le gauleiter France, est intervenue afin de poursuivre sa stratégie de mainmise sur le continent. Dès qu'un dirigeant menace, non pas de tuer son peuple comme la propagande le fait croire, mais de s'émanciper des multinationales et de la tutelle bancaire, financière, et donc à terme politique et culturelle, des occidentaux, ceux-ci interviennent militairement. Pour conserver ou accroître leur contrôle des matières premières et de l'énergie dont l'Afrique regorge, ils la déstabilisent de l'intérieur, installent un chaos durable, en guerroyant contre un ancien allié diabolisé, en poursuivant les islamistes ou au contraire en les favorisant, comme ce fut le cas en Libye, en Tunisie et en Égypte. Feignant ensuite de superviser la transition démocratique, ils justifient l'ancrage de leurs forces armées et de leurs entreprises (exploitation d'uranium, de pétrole, de gaz...), et placent au pouvoir un potentat plus corrompu et docile que le précédent, qui ne manquera pas de les gratifier de tarifs préférentiels. Sous des motifs fallacieux, ils parviennent donc à annihiler tout début d'indépendance et simultanément court-circuiter les velléités hégémoniques du concurrent commercial chinois. Éviter la prise de conscience, au sens marxiste du terme, et, finalement, diviser pour mieux régner, voilà des maximes appliquées partout, et la politique africaine des superpuissances n'y fait pas exception. Je constate donc que l'Afrique reste prisonnière de sa cruelle trappe à pauvreté : son sol est fertile, mais, exploitée par les pays étrangers, trop pauvre dès lors pour consommer ses propres fruits, elle s'avère incapable d'en faire profiter les autochtones.


Rares sont les politiques européens, lucides et courageux, qui dénoncent fermement l'intervention au Mali et en exposent les véritables raisons. Raison de plus pour saluer les "couilles" incroyables d'un député indépendant belge, Laurent Louis, qui, de sa monarchie parlementaire, assène les vérités que ses homologues de notre soi-disant exemple démocratique français, aidés de leurs complices des médias, se gardent bien d'avouer.

jeudi 17 janvier 2013

STRATÉGIE DU CHAOS : L'ALGÉRIE EST BIEN LA PROCHAINE SUR LA LISTE

La cible de l’intervention au Mali était bien l’Algérie comme nous le supputions il y a quelques jours. Prochain pays sur la liste, après la Syrie, à être déstabilisé afin que son régime nationaliste tombe et soit remplacé par des islamistes labellisés, plus ou moins « modérés » selon la terminologie oligarchique. Aqmi a été armée et formée pendant des mois par des officines françaises, et financée par les mêmes pays (monarchies du Golfe) qui soutiennent la France dans ce conflit. Après la Tunisie, la Libye, la Syrie, la France semble bien poursuivre sa stratégie du chaos. Suite à son enlisement programmé et prévisible, nos dirigeants gagent que les effets de notre impopularité croissante en Algérie (et dans la communauté algérienne de France) fourniront, une fois encore, une diversion opportune à la faillite du système bancaire et financier. Ainsi, après quelques bavures et endoctrinements islamistes, les populations locales se retourneront légitimement, comme c’est presque toujours le cas dans ce genre de situation, contre le néo-impérialisme de l’ancien colon, nourrissant tensions et attentats. Le résultat sera une guerre civile au bled et peut-être dans nos banlieues, qui précipitera à terme, non le terrorisme (fabrication infiniment malléable et donc éternelle), mais l’actuel régime militarisé algérien. Avant l'étape suivante du processus...

samedi 12 janvier 2013

HOLLANDE ENFIN CHEF (DE GUERRE)...

Tandis que les Etats-Unis sont les gendarmes du Moyen-Orient, la France, avec son intervention militaire (et pour l'instant solitaire) au Mali, prouve qu’elle reste le principal gendarme de l’Afrique. Certes, nous avons passé un accord de défense avec ce gouvernement francophone. Néanmoins, je pense que sur le fond, on n’a rien à faire là-bas. Et d’ailleurs, pourquoi avons-nous conclu une coopération inter-étatique avec ce pays ? Même Marine Le Pen se félicite de cette intervention armée, certainement parce qu’elle vise des terroristes islamistes.

Une fois de plus, c’est le timing qui m’intrigue. Les fondamentalistes occupent le nord-Mali depuis des mois. Pourquoi intervenir aujourd’hui ? Tout cela ressemble à une nouvelle diversion pour faire oublier l’explosion du chômage et l’accord syndical passé cette semaine sur la flexi-sécurité. Pourtant, la décision du gouvernement ne fit l'objet d'aucune discussion parmi la classe politique et les médias. Or, on ne fait qu'honorer ici une promesse contractuelle entre pays francophones, et réparer les conséquences de la chute de Kadhafi. Cela ne devrait mériter aucun éloge.

lundi 19 novembre 2012

ÉLECTION DU PRÉSIDENT UMP : MOI J'AI DIT PRIMAIRE, COMME C'EST PRIMAIRE

Après s’être gaussée des irrégularités du congrès PS de Reims (2008) et avoir applaudi sportivement la primaire socialiste de l’an passé, l’UMP se devait d’être exemplaire dans l’élection de son président. "A droite aussi on peut être démocrate,et on va le montrer !", pensait-on, confiant. Trop confiant. Car les deux candidats en lice, Jean-François Copé et François Fillon, n’auront réussi qu’à se ridiculiser en revendiquant chacun précocement la victoire, le tout entre deux suspicions de fraude (Nice en particulier), qui s’évanouirent d’ailleurs comme par enchantement.

Copé casaque « décomplexée » fut le premier à grimper sur le podium, suivi de près par Fillon casaque « modérée ». Peut-être dopé aux pains au chocolat et visiblement fâché avec le protocole électoral, Jeff accomplit l’impensable : anticiper le verdict de la COCOE (non comestible, c'est la commission électorale qui est censée officialiser le résultat et recompter en cas de litige). Coup d'état ! Crime de lèse-légitimité ! Sortez le carton rouge, monsieur l'arbitre ! Le rejeton spirituel de Chirac et Sarkozy se révéla plus Bonaparte (voire Napoléon) que le président sortant, en s’autoproclamant vainqueur de l’élection au nez et à la barbe sidérés du camp Fillon.

Ses rivaux dénoncèrent à demi-mot une opération de communication pour ne pas dire de manipulation : "C'est comme si dans une élection présidentielle n'importe qui pouvait se déclarer vainqueur (...) Ce serait suspect", lança la porte-parole de campagne fillonniste, Valérie Pécresse, abasourdie et un brin énervée, en pleine joute technique avec le copéiste Franck Riester sur BFMTV. Mazerolle, malicieux, en profita pour tancer cette bande de cancres thermophiles : "La réforme scolaire est effectivement nécessaire, car à l'UMP vous ne savez pas compter !"

En résumé, une soirée d’embrouilles, de propos acides maugrées à droite,et encore à droite, ping-pong empoisonné entre les uns et les autres. Ridicule, pas sérieux, et surtout suicidaire pour un mouvement qui s’était déjà vu ravir tous les pouvoirs au Parlement et dans les régions. La gauche n'en demandait pas tant. Marine Le Pen non plus. A l'heure actuelle, le résultat n'est toujours pas connu, l'UMP possède donc deux présidents pour le prix d'un. Alors les gars, que se passe-t-il quand, en pleine guerre des chefs et des clans, deux partisans de la méthode Coué s'affrontent ? On tranche le noeud gordien par la méthode Couac ?

Pas encore élu, le nouveau président de l'UMP est déjà affaibli. On ne change pas une formule qui perd, finalement.

mardi 28 février 2012

LA LOI PÉNALISANT LA NÉGATION DU GÉNOCIDE ARMÉNIEN JUGÉE INCONSTITUTIONNELLE

"Le Conseil constitutionnel a jugé qu'en réprimant la contestation de l'existence et de la qualification juridique de crimes qu'il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels, le législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l'exercice de la liberté d'expression et de communication", indique le communiqué des Sages. En clair, la plus haute juridiction française reconnaît et rappelle que ce n'est pas au législateur d'édicter une Histoire officielle. Le président de la République va proposer un nouveau texte, mais d'ici là les précédentes lois mémorielles conservent pleinement leur caractère exceptionnel au sein des lois sur la liberté d'expression et de presse...

Qu'elle se soit ou non inclinée devant des pressions politiques d'Ankara, la loi française fait du moins fi de toute cohérence, n'étant guère troublée par l'affirmation d'un nouveau "deux poids deux mesures" législatif. Le motif du Conseil est parfaitement légitime : il se range derrière l'un des principes inaliénables et fondamentaux de notre république. Il est en outre si explicite qu'il pourrait former en la matière une nouvelle jurisprudence, si demain une action juridique était menée pour abolir les lois d'exception. Seulement, le rôle proverbial d'une exception reste celui qu'on sait : confirmer la règle...

dimanche 5 février 2012

LA MINUTE DE MONSIEUR CYNIQUE : POURQUOI LE VETO SINO-RUSSE EST UNE BONNE NOUVELLE POUR LA FRANCE

Le veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité de l’Onu prouve que ces deux pays sont suffisamment sûrs de leur puissance et de leurs intérêts en Syrie, pour ne pas craindre l’opprobre international. En dépit du chantage, des accusations de complicité active, malgré toutes les images de massacres qui inondent les médias depuis plusieurs jours, ils ne se sont pas laissé impressionner.

L’obstination de ces deux pays nous rappelle qu’ils ne sont pas aussi assoupis que le dossier libyen avait pu le laisser penser. Leur abstention face à la résolution 1973 sur la Libye ne procédait pas de l’indifférence mais d’un calcul : ils ont laissé faire en espérant que l’OTAN se discréditerait en Libye, voire que les Etats-Unis s’y enliseraient comme dans un nouveau Vietnam.

La guerre froide n’est pas terminée, et le bloc de l’Est n’a pas abandonné ses ambitions géopolitiques. Nous devrions prendre exemple sur ces dirigeants lucides et responsables, qui se comportent de façon souveraine, comme des chefs qui font primer l’intérêt de leur nation sur toute autre considération. Ils savent pertinemment que la communauté internationale ne va pas leur pardonner leur veto et va leur reprocher d’avoir du sang sur les mains, mais ils ont compris qu’il y avait bien plus important pour eux.

La population civile, hélas, aurait été décimée, certainement davantage, si l’OTAN était intervenue en Syrie. Plutôt que de céder à des geignements stériles, certains bobos bisounours feraient mieux de se réjouir : il existe encore des contre-pouvoirs affirmés face aux Etats-Unis, et le monde a peut-être une chance de ne pas devenir un ensemble unipolaire régi par une gouvernance mondiale.

samedi 4 février 2012

SYRIE : VERS UN EMBRASEMENT DES RELATIONS EST-OUEST ?

Les négociations sur le projet de résolution de l’ONU sur la Syrie se sont accompagnées hier d’une escalade de la violence à Homs. Etonnamment pourrait-on dire, car Bachar al-Assad n’a aucun intérêt à jouer la provocation. Sauf à espérer, naïvement, pouvoir mater vite la rébellion, afin de soulager la Russie amie de la responsabilité qui lui incombe actuellement. Je ne crois guère à cette stratégie d’une contre-productivité évidente. La Syrie sait pertinemment qu’accroître la répression placerait encore plus la Russie au pied du mur, et justifierait la résolution onusienne. Sans avoir pu d’ailleurs endiguer des milices constamment reconstituées telles un phénix, et généreusement armées par l’étranger.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme et le Conseil national syrien ont immédiatement imputé ces massacres au régime d’Assad. Les médias occidentaux ont relayé ces allégations, en oubliant le conditionnel que l’opacité de l’information syrienne devrait pourtant requérir. Les opposants auraient voulu forcer la main à la Russie qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. Simultanément, des manifestations anti-Poutine se sont tenues à Moscou. Là encore, les mêmes qui veulent substituer à Assad un gouvernement acquis à la cause de la Ligue arabe et des Etats-Unis, auraient tout intérêt à alimenter les revendications contre l’actuel gouvernement russe allié à la Syrie.

La Russie comprend les visées expansionnistes de long terme des Etats-Unis et de l’Occident. Elle ne peut pas se permettre d’abandonner Assad : cela reviendrait à se séparer d’un allié historique nécessaire à sa propre survie politique autour de la Caspienne et au Moyen-Orient. Dans le camp adverse, les pressions grandissent pour culpabiliser la Russie en lui reprochant de se rendre, par le blocage diplomatique, complice des massacres syriens.

Tandis que l’Europe connaît une vague de froid sibérien, les relations Est-Ouest sont en train de se réchauffer considérablement. Les massacres en Syrie sont d’autant moins prêts à s’interrompre qu’ils sont entretenus par un appui extérieur. Par quels moyens l’Ouest parviendra-t-il à convaincre la Russie ? Les Etats-Unis et la Ligue arabe ne tenteront-ils pas une intervention militaire hors d’une résolution onusienne, quitte à courir le risque d’un affrontement direct avec la Russie ? La Russie ne claquera-t-elle pas la porte du Conseil de sécurité ?

samedi 28 janvier 2012

CENSURE VIRTUELLE ET CHAOS RÉEL

2012 commence très fort. Pas avec une révolution démocratique comme l’année précédente, mais avec une contre-révolution virtuelle.

Les Etats-Unis reprennent ainsi la main, ou plutôt continuent l'agenda totalitaire de la gouvernance mondiale (terme officiellement autorisé depuis la "jurisprudence Attali", merci Jacques :), en cadenassent progressivement les échanges numériques tout en espérant s'insinuer dans le marché chinois : fermeture de megaupload, censure modulable (et donc subjective et négociable) de twitter pour plaire aux régimes politiques en place…

La nation qui reste la 1e puissance mondiale, prépare le terrain à une action forte et généralisée. Elle sème insidieusement des graines de guerre civile et de chaos pour pérenniser sa suprématie. L’objectif : renforcer le conflit de civilisations jusqu'à la 3e guerre mondiale. Tout est déjà en place, à commencer par la scène maritime face à l’Iran et quelques éléments terrestres en Syrie, et j'ajouterais si j'étais plus vicieux, la fin programmée de la zone euro.

L'argument entendu dix fois dans les médias : "Les échanges mondiaux sont tellement imbriqués que les Etats-Unis et la Chine n'auraient aucun intérêt à espérer la déstabilisation de l'Union européenne puisque cela leur porterait également préjudice". Cela serait recevable si les Etats-Unis n'avaient pas à leur disposition une stratégie de renflouement économique plus rapide et efficace... Qui connaît les modalités d'entrée en guerre des Etats-Unis depuis Pearl Harbor sait à quoi je fais allusion.

Ce que je sais d'ores et déjà c'est que j'ai choisi mon camp : je ne ferai rien pour attiser une guerre absurde (pléonasme ?) et je ne combattrai pas pour des intérêts d'une dynastie oligarchique. Leur conflit néo-impérialiste, ils pourront se le mettre au cul. J'aime les valeurs les plus nobles de mon pays, et ces valeurs ne sont ni le mensonge ni la sauvagerie. Français, je ne me prostituerai au sens littéral ni pour des blancs, ni pour des noirs, ni pour des jaunes, ni pour personne.

mercredi 1 juin 2011

ET LES ÉTATS-UNIS INVENTÈRENT LA VIRTUALITÉ RÉELLE

Attention ça ne rigole plus sur le front américain. Vous pensiez que seuls Ben Laden et consorts pouvaient voir débarquer chez eux des commandos de Seals ? C’était sans compter sur une nouvelle règle du jeu. Les États-Unis viennent en effet d’élargir la portée du "Patriot Act" en annonçant qu’ils répondront à toute cyberattaque comme à n’importe quel acte terroriste dirigé contre le pays ou ses intérêts. En tant qu’offensés, ils se réserveront ainsi le choix des armes : diplomatiques, économiques ou militaires. "Dans le respect des règles internationales" affirme la Maison Blanche (ouf), avant de préciser “qui prévalent dans les conflits armés” (damned nous sommes cuits !)

Toujours à la pointe du progrès, les États-Unis envisagent donc de justifier, quand bon leur semble et, disons-le, en toute impunité, une équivalence entre assauts virtuels et militaires. Un responsable de l’armée a d’ailleurs confié au Wall Street Journal qu’en cas d’atteinte au réseau électronique, le ministère de la Défense pourrait riposter par l’envoi d’un missile. Sur la maison d’un particulier ?! Une telle hypothèse est si peu raisonnable, qu’elle en devient parfaitement américaine. Que l’impérialisme économique s’essouffle chez l’oncle Sam, et c’est le protectionnisme offensif qui surgit du chapeau.

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Bluff ? Arme de dissuasion de nouvelle génération ? Instrument machiavélique pour redorer son leadership stratégique (imaginez les conséquences internationales d’un false flag cybernétique made in USA) ? Une chose est sûre, c’est que depuis le début du mois de mai, Obama est passé à la vitesse supérieure et, à l’instar de la France, pointe l’année 2012 dans sa ligne de mire. Il compte bien être réélu et il sera difficile pour le monde de l’ignorer.

dimanche 29 mai 2011

LIBYE : LA GRANDE-BRETAGNE RELÈVE LE COCKTAIL...

Après l'intensification des frappes de l'OTAN sur la Libye et l'envoi d'hélicoptères de combat, la Grande-Bretagne pimente encore un peu plus la sauce grâce aux bombes Enhanced Paveway II, qui pèsent chacune près d'une tonne et sont capables de percer des toits ou des murs renforcés. "Nous ne tentons pas de cibler physiquement des individus dans l'entourage de Kadhafi (...) mais nous leur adressons des messages de plus en plus fort", a déclaré le secrétaire à la Défense, Liam Fox. Des frappes de moins en moins chirurgicales et de plus en plus sanglantes attendent les civils libyens. Puisque l'OTAN ne peut plus soutenir le coût économique d'une telle intervention militaire, elle réévalue le prix de Kadhafi en vies humaines ... Question : qui, actuellement, meurtrit le plus la Libye ?

jeudi 10 mars 2011

LIBYE : RÉDEMPTION OU DÉCHÉANCE DE SARKOZY ?


Audio : Yves Izard, pour France-Info.
Photo : agence Reuters.

Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention de redorer le blason de la diplomatie française. Il souhaitait sans attendre se racheter des atermoiements et ambiguïtés géopolitiques dérangeantes qui avaient discrédité la France sur la scène internationale, lors des précédentes révoltes du monde arabe.

Ainsi, ce jeudi 10 mars 2011, en pleine guerre civile entre partisans et opposants au régime de Kadhafi, l'Elysée a reçu le Conseil national de l'opposition et fait de la France la première nation à le reconnaître officiellement comme représentant du peuple libyen. Conscient du bras de fer qui s'engage entre lui et le chef libyen, le président français a évoqué la possibilité d'un renforcement des mesures coercitives de type "frappes ciblées" sur des zones stratégiques contrôlées par le colonel Kadhafi. Une prise de position "formidable", selon Bernard Henri-Lévy qui était présent durant cet entretien.

Une autre personnalité grimace beaucoup plus et vient d'avaler sa première grosse couleuvre, en constatant, médusé, que Nicolas Sarkozy écoutait le "philosophe glamour" héritier de la gauche caviar avant de consulter son ministre officiel. Ces décisions ont été prises en effet à l'insu d'Alain Juppé qui en a eu connaissance en même temps que l'opinion. Sans ambages, l'Elysée rappelle à l'ambitieux ministre des affaires étrangères que le président de la République reste le maître de la diplomatie tricolore. Une humiliation que le potentiel présidentiable UMP risquerait bien de payer cher d'ici 2012...

Dans la foulée, une vive contre-réaction accompagnée de menaces personnelles s'est élevée de l'autre côté de la Méditerranée. L'agence officielle libyenne Jana a annoncé avoir "appris qu'un grave secret allait entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale de 2007". Notre président désirait "élever le débat". Hélas, ce n'est pas "l'Ascension" mais le Jugement Dernier libyen qui lui est promis, sur fond de représailles politiques. Des risques de pactiser avec le diable et de dîner sous sa tente...

10/03/2011. 16h. "L'empereur des français" comme d'aucuns le surnomment, se prend pour un empereur européen. Grincements de dents de l'Union Européenne qui n'entend pas consacrer l'imperium d'un Charles Quint tricolore. En dépit du soutien du Parlement européen à Strasbourg, plusieurs nations partenaires de la France émettent des réserves à l'encontre de cet acte politique. Une source proche du gouvernement allemand a souligné l'absence de "signification" au regard du droit international d'"une reconnaissance du Conseil des rebelles". De son côté, le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a jugé "préférable d'attendre la position de l'ensemble de l'Union européenne avant de reconnaître le Conseil National de Transition comme étant la seule autorité légitime en Libye". François Bayrou dénonce une "erreur politique", de même que le président d'honneur du Front National, Jean-Marie Le Pen.

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11/03/2011. L'Union Européen s'est finalement rangée derrière les positions de Nicolas Sarkozy et David Cameron, après que notre président ait rectifié son tir par la nuance "mesures ciblées", à la place de "frappes ciblées".