Cérémonie en hommage aux victimes de l'attentat de Toulouse (1 novembre 2012).
Question : pourquoi faire d'une tragédie nationale ayant meurtri des Français athées, des catholiques, des juifs et des arabes, un drame spécifiquement juif, commenté par Netanyahu et accompagné de prières en hébreu par des rabbins ? Le tout devant les représentants de notre république française laïque (le Président Hollande et Peillon le ministre de l'Education nationale), qui devinrent pour l'occasion de simples invités de marque... Les journalistes d'itélé, gênés aux entournures, eurent du moins l'honnêteté intellectuelle de s'interroger sur le mélange des genres politique-religieux, incompatible avec les règles d'un Etat laïque, et sur l'instrumentalisation politique de ce recueillement par un Netanyahu en quête d'alliés sur le dossier du nucléaire iranien.
Le Premier ministre israélien, décidément à l'aise comme chez lui, clôtura cette commémoration transformée en meeting par un chant en hébreu "Israël vivra", un hors sujet indigne. Mais au fait, aurait-il accepté la réciproque, c'est-à-dire que l'exécutif français entonne la Marseillaise dans son pays ? J'en doute. L'hospitalité française a beau être proverbiale, elle a aussi sa limite : le ridicule.
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jeudi 1 novembre 2012
mardi 5 avril 2011
LAÏCITÉ : COPÉ PRÊCHE CONTRE LE FN ET LE PS
Extrait de l'introduction du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, à la fameuse convention polémique sur la laïcité (05/04/2011, Paris, France Info).
Copéator predicator, suite. Sa harangue est devenue si caricaturale, que je ne peux m'empêcher d'en poster les manifestations périodiquement. Le Bossuet de la Sarkozye, en plein sermon sur la laïcité, en a profité pour taper à sa gauche et à sa droite, histoire de joindre l'(in)utile au désagréable, en vue de défricher le terrain de la future campagne électorale du roi-président.
Il va falloir s'habituer à ce que l'apôtre Jean-François nous resserve à tous les repas la rengaine "l'UMP est le parti de la responsabilité" qui relègue les autres au rang des judas, des démagogues, et des fumistes inconséquents. Amen.
lundi 4 avril 2011
GUÉANT : "L'ACCROISSEMENT DU NOMBRE DE MUSULMANS POSE PROBLÈME"
Audio : Claude Guéant au micro d'Europe1.
"Trop, c'est trop !" Entend-on partout. Oui, trop c'est trop... mais de quel côté se trouve l'excès ? Crier haro sur le baudet est une stratégie habituelle des partis d'opposition, autant qu'un fond de commerce pour des médias d'information qui ne reculent devant aucune bulle communicationnelle susceptible de créer le buzz. Et le martèlement de reprendre : "C'est un scandale, nous allons porter plainte contre le ministre ! C'est indigne ! Il est même désavoué par son parti !"
On se calme, on met en veille la paranoïa trente secondes, et on se contente de réécouter les propos, dans le contexte, en se souvenant que le locuteur possède une double casquette : ministre de l'Intérieur et des cultes sur le territoire de la République. Que dit-il ? "Il y a davantage de musulmans aujourd'hui que lors du vote de la loi sur la laïcité en 1905". C'est un fait. Propos révoltant ? Non, à moins bien entendu qu'énoncer un fait soit révoltant. "Cet accroissement pose problème CAR nous n'avons pas suffisamment de mosquées actuellement pour accueillir les fidèles". Deuxième fait. Choquant ? Même en m'adonnant à un furieux brainstorming, là encore il me semble que rappeler un fait n'a rien de répréhensible. Y-a-t-il une maladresse ? Même pas -- pour une fois, diront les mauvaises langues. On ne peut repérer une maladresse qu'en éludant, sciemment ou non, la fin de sa phrase "[...] il n'y a pas suffisamment de lieux de prière".
Dans la lignée de ces procès d'intentions, il sera bientôt interdire de simplement prononcer les mots "musulmans", "Islam", "mosquée", peut-être ensuite interdira-t-on aussi les mots "christianisme", "judaïsme", histoire de faire bonne mesure, et pourquoi ne pas prolonger l'intégrisme républicain jusqu'à s'offusquer d'entendre parler de "laïcité" et de "religion" ? Tout cela finira par s'arrêter car les modes changent et parfois c'est heureux.
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