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lundi 23 janvier 2012

MON ODE EN DEMI-TEINTE A FRANÇOIS HOLLANDE (MEETING DU BOURGET)

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Et puis la mémoire sollicitée.Tous ces souvenirs, conscients, inconscients, les déceptions qui ressortent : des erreurs multiples de la gauche depuis 1983, aux vraies fausses illusions du candidat Sarkozy, le magicien de 2007 devenu depuis un pantin désarticulé, presque pathétique, maigre, essoufflé, chancelant à l'image de son quinquennat écoulé. Enfin, ces paroles vraies qui touchent, vont droit au cœur. Ce diagnostic clair et net, évident presque, malheureusement évident : l'aggravation des déficits ; le mot qui, selon Hollande, résume les 5 ans voire les 10 ans de la droite UMP "dégradation" ; l'accaparement du pouvoir par une minorité, une oligarchie que le candidat socialiste n'a pas hésité à qualifier d'"aristocratie"... Oui tout cela est certainement pertinent. Voilà quelles furent mes premières impressions spontanées. Ensuite, vient l'épreuve de vérité, celle de la raison qui revient à l'esprit et des pieds qui retombent sur terre. Et là, je dois avouer que je ne peux que porter un jugement mitigé.

François Hollande n'a pas imité le président qu'il rêverait d'être (un nouveau Mitterrand), il a véritablement parlé en président. Reconnaissons-lui ce mérite. Il était déjà le président Hollande dans toute la plénitude de sa fonction.

Première méthode pour convaincre : se présidentialiser en s'élevant ostensiblement au-dessus du débat partisan. Ne nommant jamais Nicolas Sarkozy, il aurait pu y parvenir... s'il n'avait préalablement fixé son cap par opposition aux politiques de droite ; un exemple à ne pas suivre, dont il s'appliqua par conséquent à lister tous les travers. Candidat certes, mais homme de gauche avant tout. Une affiliation assumée, jusqu'au rappel de son propre itinéraire, de cet enfant né de normands conservateurs qui ne subit pas le socialisme mais le choisit. Chassez le naturel... Donc oui, dans ce discours, François Hollande est apparu en socialiste, bien plus qu'en rassembleur national.

Deuxième nécessité stratégique pour se poser, si ce n'est en rassembleur du peuple français, du moins en rassembleur de la gauche : synthétiser les propositions de ces anciens rivaux de la primaire, et au-delà, ratisser le plus large possible, du centre à l'extrême-gauche, en passant par les préoccupations écologistes. En peaufinant son discours, François Hollande n'aura oublié de flatter aucun allié potentiel. Et surtout pas ceux qui ne le ménagèrent pas ces dernières semaines, à savoir les membres de la fameuse "aile gauche de la gauche" (Hamon, Emmanuelli, Montebourg).

Troisième méthode : un fil rouge. Rouge, c'est le cas de le dire. Son nouveau leitmotiv, il le rôda mercredi lors de sa mini-conférence avec Stéphane Hessel aux Journées de Nantes: "je n'ai qu'un seul adversaire ; il n'a pas de nom, pas de visage. C'est le monde de la finance". Ambitieux, noble et surtout malin d'éviter la guéguerre stérile et sempiternelle gauche-droite, devenue indigeste pour l'électorat. Néanmoins, pour tout vous dire, je ne crois pas en la puissance de cette conviction. Pas une seule seconde. Qu'il ait entendu les doléances des classes populaires à travers le Front de gauche et repris, presque mot pour le mot, la sentence de Jean-Luc Mélenchon, cela ne fait aucun doute. Mais qu'il soit un jouteur crédible, en lice pour défaire cet ennemi tentaculaire, terminant son mandat victorieux, là où Sarkozy n'aura été qu'impuissant, ça c'est une autre histoire.

Un jongleur habile ne s'improvise pas chevalier du jour au lendemain. L'orateur amateur de boutades se contint, plus grave que de coutume, mais le bouffon céda la place au troubadour, non au dirigeant pragmatique.

Les idées demandent du temps pour mûrir, les moyens d'actions politiques encore plus pour bâtir un édifice pérenne. "Le changement c'est maintenant", "L'esprit de la force", "La volonté". On a presque envie de lui dire, "tais tes intentions, et économise tes paroles, François, c'est demain que tu auras besoin de ton énergie". Quelle arme compterait-il, pourrait-il utiliser, hormis l'imposition ? Une lance insuffisante et mouchetée...

Sur le fond, les principaux thèmes d'actualité furent abordés. François Hollande surprit même les observateurs en anticipant certaines propositions concrètes et chiffrées. Il s'engagea notamment pour le retour de la retraite à 60 ans à taux plein avec 41 annuités, la création, confirmée, de 60 000 postes d'enseignant à effectif fonctionnaire constant, le retour à l'équilibre budgétaire d'ici 2016, l'inscription dans la Constitution de la loi de 1905 sur la laïcité, le droit de vote accordé aux étrangers dans les élections locales, l'élévation du taux de la dernière tranche de l'ISF à 45%, l'abaissement de 30% de la rémunération de l'exécutif, le doublement du plafond du livret A, le mariage homosexuel et l'adoption par les couples homoparentaux, l'interdiction des stock options, exiger des entreprises qui délocalisent qu'elles remboursent leurs aides publiques...

D'autres propositions restèrent plus allusives : faire de l'éducation et de la jeunesse sa priorité ; rétablir la justice partout (fiscale avec la fusion IRPP-CSG, financière par la taxe Tobin) et en finir avec les "petits caïds de quartier" ; équilibrer le mix énergétique (réduire la part du nucléaire, favoriser la recherche et le développement dans les énergies renouvelables et les économies d'énergie) ; séparer les activités de dépôt et d'affaires dans les banques, et mettre en place une banque d'investissement pour les PME ; préserver l'indépendance à la presse ; généraliser l'internalisation des coûts par le système "pollueur-payeur", notamment en surtaxant les produits étrangers (protectionnisme européen) ; remplacer Hadopi par une autre loi qui équilibrerait davantage les intérêts des créateurs et du public ; encadrer les loyers ; construire plus de logements sociaux ; organiser le retrait des troupes françaises d'Afghanistan sans attendre ; accroître la pression française sur le conseil de sécurité de l'ONU pour s'interposer en Syrie ; lutter contre un encadrement et un renforcement des relations franco-allemandes...

Il voulait rompre avec le flou et les ambiguïtés que ne cessent de lui reprocher la droite. Force est de constater qu'il n'y sera pas parvenu. Quid de la vision européenne de long terme ? Fédéralisme, zone euro à deux vitesses ou Union européenne réduite ? Comment, avec quels arguments pour convaincre les partenaires ? Quid d'Israël et de la Palestine ? Des salaires ? De l'accompagnement des demandeurs d'emploi ? De l'utilité même de Pôle Emploi ? De la réforme de la dépendance ? Des droits de succession ? Des mesures ciblées contre la délinquance, les trafics ? De la politique pénitentiaire ? De la politique d'immigration ? Du bouclage macroéconomique permettant de retrouver les conditions de la croissance ? Des leviers, au moins européens, pour agir sur la politique monétaire ? Des priorités de la politique étrangère ?...

Emporté par son idéalisme de gauche, il se contenta d'inviter les électeurs séduits par le vote extrême ou l'abstention à plus de "confiance". Comme Nicolas Sarkozy avant lui, il se trompe de problème, en oubliant que la peur n'est pas qu'un phénomène irrationnel et qu'il ne suffit pas d'un discours volontariste pour l'éradiquer : des actes forts sont d'autant plus nécessaires qu'elle se fonde sur une extension réelle des clivages sociétaux et du chômage structurel. Bien sûr, l'espoir est une vertu porteuse de progrès, mais on ne gouverne plus en 2012 comme on le faisait en 1981. Et les électeurs qui se sont éloignés de la gauche durant ces trente dernières années savent très bien pourquoi ils l'ont fait. Ce qui paraît primordial aux déçus de l'UMP et du PS, il ne l'a pas identifié ou du moins ne souhaite-t-il pas en faire un axe de campagne. En particulier, il n'a pas compris que les valeurs conservatrices de droite ne sauraient se réduire à des questions contingentes, ni ne concerner que les alliés de la finance. Il lui restera jeudi une seconde chance de préciser les détails et le chiffrage de son programme.

Plus on se rapproche de l'échéance, plus les candidats exhibent leurs tripes, s'expriment de façon plus personnelle. Mélenchon et Le Pen dans le registre de la fronde et de la colère. François Bayrou dans la critique mesurée et la sérénité. François Hollande lui aussi est en train de se découvrir à nous, de se découvrir à lui. Il ne reste plus que le candidat de droite. J'ai parié que Nicolas Sarkozy, par un mauvais tour du destin ou par le vox populi, ne serait pas présent au second tour. J-91. Nous serons bientôt fixés♦

mercredi 2 novembre 2011

LE PS ET LE RÉFÉRENDUM GREC : JOKER DU 50/50 OU DU COUP DE FIL À UN AMI ?

Aubry et Hollande alliés pour un communiqué commun. C'est suffisamment rare pour être souligné. Ils n'étaient certainement pas trop de deux pour porter la voix du parti dans l'actuelle tourmente européenne. Néanmoins, leur réaction au référendum grec, publiée sur le site du parti socialiste, se sera faite attendre. Trop. A leur décharge, leur hésitation et leur trouble étaient aussi "compréhensibles" que le référendum pour la ligne modérée du parti. Car valider sans nuance l'option référendaire de Papandréou au nom de la démocratie, aurait été paradoxalement un très mauvais calcul pour le destin du PS. Cela aurait vraisemblablement donné raison in fine au Front National, en facilitant officiellement et sans vergogne l'implosion de l’euro.

Grèce,Grecs,Papandréou,crise,dette,La solution de moindre mal consista donc hier à envoyer en service commandé le fusible Montebourg, quitte à sacrifier le fou sur l’échiquier politique pendant quelques années. Après avoir bataillé sur Twitter pour expliquer ses positions face à une partie de la presse légitimement dubitative, en particulier contre le journaliste Jean Quatremer de Libération, l'ex-futur impétrant et ses détracteurs finirent par se calmer sous l'effet du baume Hollande-Aubry.

La stratégie opposée aurait abouti au même résultat : accréditer le plan de Sarkozy-Merkel s'apparenterait en effet, en cas d'échec, à une complicité coupable de la gauche, conduisant à l'avènement irrésistible de Marine Le Pen en 2012.

En réalité, très peu de commentaires officiels auront été observés aujourd'hui de la part des responsables de partis. Preuve d'un malaise général sur une situation clivante et profondément incertaine pour tout le monde.

lundi 17 octobre 2011

LA ROSE ET LE NOIR : MES CONDOLÉANCES AU PARTI SOCIALISTE

Commedia dell'arte socialiste : le bal des masques

"Joyeux". Voici le mot pour le moins inattendu, entonné par un choeur féminin, hier hostile, aujourd'hui fidèle et dévoué. La veille du dernier round de scrutin de la primaire socialiste, Martine Aubry avait annoncé la "fête" à venir pour lundi. La fête n'aura pas attendu. Ce soir, elle et Ségolène Royal, auront en effet été les premières à féliciter leur nouveau champion, cherchant à étouffer dans l'oeuf les critiques de la droite sur la nouvelle et ridicule union de façade du parti socialiste derrière l'élu. Oui, nous y voilà ... enfin ! Une partie du peuple de gauche s'impatientait. La droite tout autant, qui attendait de mettre un nom et un visage sur son principal adversaire.

Et quel adversaire ! L'ex-monsieur normal, l'ex-gauche molle, l'ex-honni au sein de son propre camp — liste non exhaustive. Voilà la redoutable incarnation des espoirs du PS. Cet homme, vous l'aurez reconnu, c'est François Hollande.

Ce petit chose encore informe il y a quelques mois, emprunté, gentiment drôle, presque touchant, gagna de l'assurance à mesure que le projet socialiste lui-même structurait ses propositions, densifiait ses attaques contre le Président Sarkozy. "Le corrézien serait-il mûr pour l'affronter en 2012 ?", s'inquiétait-on. Avant de vaincre, il fallait convaincre et asseoir sa crédibilité ! Alors les amis, collègues, médias, sondages, artistes un peu rebelles et beaucoup "bobos", unirent leurs forces pour que le miracle s'accomplisse. "Ayez confiance", aimait-il répéter. D'ailleurs, l'illusion était parfaite, ou presque. Nous naviguions dans des eaux nouvelles, celle d'une démocratie exemplaire, préfiguration d'une gauche du XXIe siècle, sur le point d'accoucher de la VIe République. Seulement, il y avait des fils. De grosses ficelles qu'un enthousiasme aveugle et juvénile avait omis de dissimuler. Retour sur le prélude d'un pari pourtant bien tenté.

Un cirque de marionnettes

Tout avait été habilement campé. Le décor installé de longue date, les consciences préparées, lavées par les médias-sondages. Des débats et péroraisons pédantes, s'enlisant inlassablement dans une torpeur intellectuelle confortable pour étouffer la carence des solutions à gauche face à la crise. Douce, insensible transition des âmes vers l'automne. Juste l'excitation du combat interne entre caciques et candidats du PS pour éviter l'endormissement devant la télévision. Et entre deux joutes courtoises, une tape lénifiante et consensuelle sur l'épaule. "Triomphe de la démocratie participative... Merci Ségolène... Merci aussi à toi Arnaud... Merci à toi Manuel..." Hommages collatéraux, auto-congratulations avant les retrouvailles du 16 octobre 2011 et le grand banquet annoncé pour mai 2012.

Alors bien sûr, il y aura eu quelques pseudo-piques, puis le second tour. Ce duel à l'épée au petit matin déprogrammé pour un match de catch. Les jeux étaient bien moins "faits", comme le disait un Pierre Moscovici jouant sur le double sens, que les dés n'étaient pipés. Car tout ceci, mesdames et messieurs n'était qu'un cirque de marionnettes — chacune à la place qui lui était dévolue. La reine d'entre elles est une marionnette sans tête, s'agitant en tout sens. Un "truc qui ne dérange personne" pour citer Jean-François Copé, un "Monsieur je ne prends position sur rien" selon Christian Jacobs, le patron des députés UMP à l'Assemblée Nationale. Rendons hommage à la droite qui ce soir a vu clair dans le jeu d'une alliance médiatico-socialiste dont l'objectif ultime est la non réélection de Nicolas Sarkozy dans 7 mois.

Tout ça pour ça !

"Un faux suspens", dira le secrétaire général de l'UMP. A 20 heures déjà, Christian Jacobs, invité sur le plateau d'itélé, n'accusait pas mais, sans ambages, remettait en question la probité du dépouillement et par là-même, le symbole de la primaire socialiste. "Qui nous dit que le vainqueur est réellement celui que le PS nous vend ?!" Quelle valeur peut-on en effet accorder à une organisation dont les modalités sont aussi opaques qu'internes ?

Un candidat du PS a été chéri, façonné par des médias si soucieux de son image, qu'ils devinrent les conseillers de sa communication et de son régime. Donné gagnant par les sondages, l'homme s'est montré ostensiblement "digne". Tout en retenue, déjà présidentiable, face aux attaques et petites phrases de sa première concurrente, une certaine maire de Lille, ancienne ministre qui accepta d'endosser les habits de la mégère et du faire-valoir de circonstance. Cependant, afin de se poser en "représentant légitime du PS et de tous ceux qui souhaitent destituer Sarkozy en 2012", il convenait d'étayer ses éléments de langage par des chiffres et des faits.

Lessiveuse en marche : "Rassemblement" et "légitimité"

19h45. Premiers résultats partiels sur 120 000 votants : plus de 56% pour Hollande, moins de 44% pour Aubry. Un rapport qui ne se modifiera pas significativement, instillant chez une poignée de crédules un message : Hollande l'emporte avec une large avance, et cette marge est stable et constante quelle que soit la taille de l'échantillon. Ce message, vendu comme un fait objectif, valide un premier élément de langage officiel, celui que les spectateurs auront entendu toute la journée : "François Hollande veut et peut rassembler le parti socialiste".

D'abord, faire croire à un plébiscite populaire. Presque 3 millions de votants, un électorat qui, factuellement, dépasse largement la foule des militants et vraisemblablement mélange des sensibilités de gauche, de droite et du centre. Certains ont voté par adhésion idéologique, d'autres par calcul pour choisir celui des candidats qui leur semblait le plus faible face à l'actuel chef de l'Etat. Ce biais stratégique évoqué la semaine précédente, aura été omis aujourd'hui ; ce jour était certainement celui des sincères, alléluia ! Surtout, le parti et le peuple socialistes n'avaient pas de candidat naturel. Hollande n'avait pas d'expérience ministérielle, ni de légitimité populaire pour rivaliser face à Nicolas Sarkozy. La symbiose crevait les yeux ; elle était trop inespérée pour qu'une main invisible ou des intérêts marketings n'influencent le destin. Après avoir été propulsé devant les caméras, Hollande fut ainsi élevé sur cette estrade où il fit dans la soirée son premier discours de présidentiable.

Le candidat socialiste, à défaut d'avoir l'expérience, a du moins conquis son premier argument de campagne : "la légitimité démocratique". Fera-t-elle le poids face au socle électoral huit fois plus élevé dont pourra s'enorgueillir le premier magistrat de France ? Royal et d'autres en semblent persuadés, eux qui qualifient cette légitimité d'"incontestable", préparant leur défense contre la volée de bois vert que l'UMP réserve à Hollande.

Hollande : la synthèse improbable entre Valls, Montebourg, Aubry, Royal et Baylet

Bises à tout va, entre Ségolène, François, Martine, et tous les autres. Bravo aux artistes pour cette comédie, dont l'épilogue, hélas, ne se jouera que post-mortem. Pour l'heure, tous dans la boîte ... en sapin ! Car le PS n'est plus uniquement un cadavre à la renverse : il est déjà mort ! Supplicié par l'absence de crédibilité, écartelé par ses propres contradictions ! Loin d'être le sauveur de la gauche, François Hollande usera de l'hypocrisie environnante comme le fossoyeur de sa pelle, prêt à ensevelir un cadavre déstructuré et décomposé dans la tombe des convictions socialistes.

Et pendant que les "Hollandistes" s'apprêtaient à sabrer le champagne au siège parisien du parti rue de Solférino, Henri Guaino, invité du Grand Jury sur RTL, se fit diable sonneur de glas. Se réappropriant insidieusement le protectionnisme de Montebourg et Mélenchon, le conseiller spécial du président de la République démontra que la droite n'avait pas dit son dernier mot, et qu'elle était prête à tout pour conserver l'Elysée. Même à vampiriser l'aile gauche esseulée au sein de cette nouvelle équipe sociale-démocrate. Au loin, une autre chanson fait écho à sa mélodie. Un dies irae sarcastique, martelé par la dernière candidate qui puisse encore ambitionner le second tour de la présidentielle...

mardi 11 octobre 2011

PRIMAIRE SOCIALISTE : DERNIÈRE LIGNE DROITE... AVANT LES COURBES

sarkozy,aubry,hollande,ump,ps,socialiste,gauche,vote,primaire,élection,présidentielle,2012,creuse,corrèze,ruralité,terroir,service public,europeEn déplacement aujourd'hui en Creuse, Martine Aubry fait d'une pierre deux coups. D'abord, elle tente de court-circuiter la thématique "rurale" du président Sarkozy, également présent dans le même département, en rappelant le démantèlement des services publics de proximité dont l'actuel chef de l'Etat est rendu responsable par la gauche. Ensuite, elle coupe l'herbe limousine sous le sabot du voisin corrézien, François Hollande, qui avait été fraîchement accueilli par des jets de boules de neige en mars 2005 en raison de son agrément à la Constitution européenne.

Néanmoins, le vrai face-à-face aura lieu demain soir, Martine retrouvant François sur France 2, pour l'explication socialiste d'entre-deux tours. Afin de répondre aux exigences de pluralité et d'impartialité que lui impose son statut, et éviter les foudres de la majorité et du CSA, le service public a en outre prévu un débat ultérieur entre les différentes sensibilités de l'UMP.

Sarkozy,Aubry,UMP,PS,socialiste,gauche,Hollande,présidentielle,primaire,élection,2012,Creuse,Elysée,Corrèze,Limousin,ruralité,terroirsAubry ou Hollande ? Verdict dimanche 16 octobre. "Ouf ! C'est fini", se rassure Nadine Morano. On peut éprouver un soulagement certes, mais aussi une inquiétude. Celle de voir succéder au défilé de mode policé et prétendûment démocratique, les querelles intestines et l'oubli de la démocratie populaire.

Le futur candidat, s'enorgueillissant d'un début de légitimité pourrait bien être atteint de surdité précoce et sélective. Déjà hier, François Hollande assura aux électeurs de Montebourg qu'il les avait "entendus", tandis que Martine Aubry assurait qu'elle ne changerait pas de cap pour complaire aux partisans de la démondialisation.

Finalement, n'eût-il pas été plus démocratique d'avoir un seul candidat donnant la parole à l'ensemble du peuple plus qu'à ses alliés directs ou aux amis de ses amis ? A moins qu'Hollande et Aubry, heureux d'utiliser les règles de la Ve République pour défendre les vertus d'une VIe encore abstraite, ne parviennent à satisfaire tout le monde — un grand écart que même Marine Le Pen trouverait douloureux pour les articulations institutionnelles. Et dire que les deux "impétrants", comme les a nommés Arnaud Montebourg (qui vient de s'attacher une particule virtuelle depuis son "quasi triomphe" du premier tour), vantent les mérites de la cohérence. Mieux vaut entendre cela que d'être sourd♦

lundi 10 octobre 2011

RÉSULTATS DE LA PRIMAIRE PS : UNE ARITHMÉTIQUE SPÉCIEUSE

"2.5 millions d'électeurs se sont déplacés : belle réussite pour les socialistes". On oublierait presque qu'il s'agit bien cette fois d'une primaire... ouverte !

Je ne croyais pas devoir rédiger cette brève note, considérant sa conclusion triviale. Or il semblerait que ce ne soit pas si évident pour tout le monde.
sondage,vote,élection,présidentielle,primaire,primaires,socialiste,ps,aubry,martine,hollande,françois,ump,sarkozy,droite,fn,marine le pen,crise,detteCar depuis hier soir, sciemment ou non, la communauté politico-médiatique suivie par bon nombre de Français, a en effet omis purement et simplement de rappeler qu'il n'y a pas eu 2.5 millions de sympathisants socialistes à braver la pluie et les files d'attente pour glisser un bulletin dans les urnes, mais 2.5 millions de Français. Il est tout aussi évident que ce ne sont pas une simple déclaration d'intention ni une contribution d'1 euro qui auraient pu rebuter les tacticiens de droite, prompts à faire barrage à leur plus dangereux adversaire objectif, François Hollande.

En admettant même que les socialistes représentent 3/4 de cet échantillon, on arrive à un score inférieur à 1.9 millions soit moins de 4% du corps électoral. Alors sauf à considérer que les 14 millions de voix socialistes résiduelles (à suffrages de 2007 constants) ont eu peur d'être fichés, on ne peut que constater que cette primaire, d'un engouement et d'une conviction populaires très relatifs, est tout sauf un "succès". Où est cette populace assoiffée de revanche à l'égard de l'actuel chef de l'Etat qu'on nous promettait ?

dimanche 9 octobre 2011

PRIMAIRE SOCIALISTE : SALE TEMPS POUR LA DÉMOCRATIE

Royal,Ségolène,primaire,socialiste,PS,cirque,UMP,FN,tribune,Aubry,HollandeDémocratie factice, arrangements opportunistes et détournement des règles de la concurrence. Ce cirque, loin d'être la réussite que les médias ostensiblement complices (au plus bas de leur objectivité depuis la fin de la guerre froide) nous vantent, est symptomatique d'une véritable carence idéologique du PS ; le manque de convictions le disputant à l'absence de cohésion. "En Italie les primaires ont désintégré le parti qui les portait" commente Jean-Luc Mélenchon. Le candidat du front de gauche reste persuadé qu'après l'énoncé des pseudo-différences, tout le monde rentrera sagement dans les rangs, la Ve République "machine à niveler" retrouvant alors son régime de croisière.

Tout reste à construire, et à moins de 8 mois de la présidentielle, n'offrir aux Français dépités par les affaires et la crise, qu'un laboratoire de propositions floues et irréalistes, a quelque chose d'indécent. Nos représentants sont d'abord en représentation d'eux-mêmes comme on disait autrefois de Louis XIV. Ce n'est pas qu'ils prennent les gens pour des cons, c'est qu'ils ne les comprennent pas.

De passage sur plusieurs forums, je n'ai pu que constater qu'une autre machine, celle à censurer, s'activait pour étouffer les voix discordantes susceptibles de dévoiler la nature véritable de la primaire. Les Français sont parfois moutons de panurge, mais leur mémoire n'est pas exactement celle d'un poisson rouge. Face à l'érosion résolue du pouvoir d'achat et à cette foire littéralement grotesque qu'est la dégradation consentie des notes d'Etat ("Penche-toi, chérie... ça fait mal au début mais ça ira mieux après"), à quoi ont le droit nos compatriotes ? Un traitement des problèmes à la racine ? Pensez-vous ! A droite, au mépris affiché par le gouvernement pendant la réforme des retraites, et à gauche au favoritisme éhonté des médias durant la couverture redondante des débats primaires. Pour les solutions on repassera : avez-vous appris quelque chose sur le projet PS que vous n'auriez pu deviner sans ces émissions ?
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La droite et la gauche se partagent ce qu'il reste du gâteau et se retrouvent le temps d'attribuer le label "Anti-républicain" aux partis extrémistes. Le problème c'est que le gâteau fond à vue d'oeil, réalisant la prophétie marxiste. La conséquence est encore plus prévisible : la plus grosse surprise risquerait bien de durcir les valeurs, et de délaisser le rose et le bleu d'outremer pour une couleur plus foncée...♦

mercredi 28 septembre 2011

DÉBAT DE LA PRIMAIRE (LE RETOUR). HOLLANDE : REGONFLEZ LA BAUDRUCHE !

Fin du second débat de la primaire socialiste sur itélé. Plus rythmé et vivant que le premier tour de manège, mais peu d'informations nouvelles. Sur la forme, une semi-cacophonie de dîners de famille un peu arrosés, où chacun tonitrue ses différences dans des confrontations poussives avant que tout le monde rejoigne la bonne franquette consensuelle. Sur le fond, quelques désaccords assumés et, ne soyons pas naïfs, largement convenus. Communication médiatico-politique oblige. A l'issue de l'émission, chacun louera son champion.

primaires,socialistes,PS,Hollande,Aubry,Valls,Montebourg,débat,itélé,Baylet,Royal,SégolèneIl y a d'abord les prévisibles. Aubry conservatrice et rassembleuse. Royal déroulant fièrement son CV, vantant ses réussites poitevines. Offensive également, encore plus que de coutume, cherchant à couper la parole à ses concurrents ("des petites phrases agaçantes comme des petits cailloux" selon Christophe Barbier), dans un espoir désespéré de combler son écart dans les sondages. Montebourg fidèle à son credo de démondialisation et de réindustrialisation, dont il a pu préciser un peu plus les contours. Baylet tentant de capter les voix centristes à grands renforts de terminologie ostensiblement laïcarde, humaniste et européiste.
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Et puis les évolutifs-progressistes. Mister Culbuto (dixit Jacques Maillot, fondateur de Nouvelles Frontières), devenu ce soir Mister Baudruche : j'ai nommé François Hollande. Conscient que contrairement à Aubry et Royal, il ne peut miser sur l’expérience gouvernementale pour promouvoir sa candidature, le président du conseil général de Corrèze tenta en effet de se présidentialiser en endossant des habits de sage sphinxial et de moralisateur, manifestement trop amples pour l'homme au régime draconien. "Ayez confiance" serina le Balladur light de gauche, entre deux tentatives mal préparées de se démarquer des autres candidats. En politique, les singes ne font pas des sages.

Valls,Manuel,itélé,primaires,débat,socialiste,PS,EvryReste Valls. Moderne, mordant et parfois taquin, mais dont l'impératif redondant "Il faut dire la vérité aux Français" finit par jeter la suspicion sur son propre camp. Le débat sur la TVA sociale avec Montebourg donna lieu à une paraphrase (révélatrice ?) de Giscard : "Arnaud, tu n'as pas le monopole de la gauche". Enfin, on aura noté aussi la volonté affichée du maire d'Evry de se servir de son ancrage local en banlieue pour reconquérir habilement l’électorat populaire, largement délaissé par Hollande et Aubry.

Troisième et dernier débat, mercredi prochain à 20h30 sur BFMTV-RMC. [crédits photo : Sipa/Dufour-pool]

lundi 19 septembre 2011

QUAND LA FUSÉE AUBRY N'ARRIVE PAS A LARGUER LES ÉTAGES DSK ET HOLLANDE

Objectif clairement affiché : l'Elysée en 2012. Etapes préparatoires : faire oublier DSK et doubler François Hollande dans les sondages... par tous les moyens.

DSK,Strauss-Kahn,PS,socialiste,Chazal,TF1,confession,Diallo,SinclairDimanche 18 septembre. Journal de 20h sur TF1. Un rendez-vous plus attendu et commenté que jamais avec la première intervention télévisée de Dominique Strauss-Kahn depuis son retour en France. Après que Claire Chazal ait interrogé l'ancien directeur du FMI sur ses démêlés judiciaires, elle ramena l'échange sur le terrain politique. En particulier sur la réalité du fameux pacte de non-agression mutuelle dit de Marrakech.

Et là, stupéfaction. Un cadeau empoisonné dont n'avait certes pas besoin une candidate qui peine à rattraper son retard dans les sondages vis-à-vis de François Hollande. Car tandis que Martine Aubry jouait, si ce n'est le démenti, du moins l'équivoque au début du mois dans l'émission "On n'est pas couché" sur France 2, DSK, lui, ne tergiversa pas : "Oui il y a eu pacte entre Martine Aubry et moi", affirma-t-il ce dimanche soir. Une incohérence ou une trahison (bilatérale ou non) qui risque de constituer un handicap supplémentaire dans la longue course vers l'Elysée, pensez-vous ? Presque. Ce serait en effet compter sans un deuxième étage susceptible d'obérer l'ascension politique de la maire de Lille.

Aubry,PS,socialiste,Grand Jury,Mougeotte,AphatieQuelques minutes avant l'intervention de DSK, Martine Aubry était l'invitée du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Questionnée légitimement sur le ressenti de sa performance suite au débat des primaires diffusé sur France 2 jeudi soir, elle répéta avec conviction "Mon adversaire n'est pas François Hollande mais Nicolas Sarkozy".

Jusque là, l'ordre et la paix prônés par Hollande semblaient respectés. Seulement, quelque chose sonnait faux, Martine Aubry paraissant gênée aux entournures par son nouvel habit de candidate à la primaire.

"Nous... pardon, je". La mue ne serait-elle pas totalement achevée, de sorte que le rôle de première secrétaire maître d'oeuvre du projet socialiste lui serait encore totalement chevillé au corps ? Non, il y avait autre chose. Comme le ton maternel et protecteur d'une femme rompue aux vicissitudes de la vie politique, qui souhaite endosser l'investiture suprême pour éviter à sa progéniture les mêmes désillusions et revers. Son argumentaire de campagne "J'ai de l'expérience [...]" était ce soir largement nuancé, contrebalancé par un "J'ai fait des erreurs" -- une amende honorable à la tonalité d'ailleurs étrangement proche de la contrition médiatisée de DSK.

Première charge du directeur du Figaro. A la question d'Etienne Mougeotte : "Qu'avez-vous de plus que François Hollande ?", Martine Aubry, sentant qu'elle ne pouvait plus se dérober, tomba finalement le masque, pourfendant dans la foulée et sa propre armure et la crédibité du favori PS.

C'est surtout par cette nouvelle rengaine chargée de sous-entendus "La politique c'est sérieux. Il faut de la clarté et de la cohérence" qu'est arrivé l'orage. On l'attendait. D'abord, une étincelle dans l'œil d'Aphatie lorsqu'Aubry critique ouvertement la proposition rivale de "contrat de génération". "Déjà expérimenté, ça ne marche pas", affirme-t-elle. Ira-t-elle jusqu'à oser un "Hollande est incompétent" ? L'aveu est quasiment là, à portée de questions. Opiniâtre et, flairant une nouvelle félonie au sein des caciques du parti, le journaliste de RTL explora donc plus avant cette nouvelle piste. Lâchez pas prise, "travaillez-la", les gars ! Entonnera-t-elle la réponse du berger à la bergère, assortie d'une claque verbale et d'un coup de pied au derrière si tonitruants que Ségolène Royal ferait office de tendre brebis en comparaison ? La réponse.
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Hollande une "girouette" donc ? Martine Aubry n'est guère pressée de le nier. Pas plus que de défendre ses qualités de présidentiable et d'opposant à l'actuel chef de l'Etat. Ferait-il un bon ou un mauvais président ? "C'est aux Français d'apprécier". Et enfin le coup de grâce : "Si François Hollande gagne la primaire, ce que je ne crois pas..." Alors, quel que soit le candidat qui sera désigné à la primaire socialiste, la présente archive permettra à tous les électeurs, de droite comme de gauche, de se souvenir des initimités réelles derrière les futures alliances de façade. Aubry et Hollande ne peuvent pas se blairer, cela est à présent démontré. Qu'ils prétendent pouvoir gouverner le pays ensemble, et ils ne feront qu'amuser la galerie et se décrédibiliser encore un peu plus.

Après les révélations de Bourgi la semaine dernière, la gauche opportune a fustigé "la culture de trahison" de la droite. L'ironie du sort lui rappelle aujourd'hui avec force que la trahison ne connaît ni frontière ni parti. Même les familles politiques qui se veulent soudées, s'assassinent parfois. Pour paraphraser Kissinger, "La politique n'a pas de principe, elle n'a que des intérêts"♦

mardi 23 août 2011

RETOUR DE DSK : HÉSITERA-T-IL ENCORE SUR SON AVENIR POLITIQUE ?



Souvenir...

Ou la difficulté d'organiser "le match" de la primaire, en préparation de la campagne présidentielle pour 2012 (extrait de l'émission des Guignols de l'Info du vendredi 4 mars 2011).

lundi 4 juillet 2011

"DSK INNOCENT", L'OXYMORE AMORAL

4 juillet 2011. Independance day outre-Atlantique. Trêve des affaires là-bas. Et trêve de plaisanterie ici : DSK ne peut en aucun cas être “martyre” ou “victime”. Il y a une vérité intermédiaire entre “100% coupable” et “100% innocent”, et le choix des termes est signifiant tant du strict point de vue sémantique que des orientations politiques qu’ils portent.
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Certains amis de l’ex-patron du FMI l’ont bien compris, eux qui, sans nuance aucune, l’ont déjà réhabilité, voire béatifié. L’homme a souffert. Beaucoup souffert. Pas mort en martyre, mais martyrisé symboliquement, abattu médiatiquement. Soif de justice. Fini le “Tiens l’puissant, prend ça dans tes dents ! Néo-colonisateur qui a voulu abuser d’une femme noire, humble et pieuse !”

La première réparation, avant les futurs dommages et intérêts et autres conséquences juridiques pour la menteuse Nafissatou Diallo, appartient au champ de la politique intérieure. Il s’agirait de reporter la date de clôture des candidatures aux primaires, pour faire coïncider l’acquittement de l’accusé avec le timing électoral. “Légitime !” Vraiment ?

Autant je peux comprendre qu’on réaménage le calendrier des primaires pour un ténor du parti victime d’un accident ou d’une manigance totalement indépendante de sa volonté, autant il serait coûteux de discréditer les primaires tant attendues en les accommodant pour un homme qui “au mieux” a trompé sa femme, au pire a violé une femme de chambre. Un ami m’a dit hier “Dans tous les cas, si DSK revient dans la course aux primaires, pour se présenter ou pour soutenir ses alliés, il offrira un cadeau empoisonné aux socialistes ; ce sera la nouvelle machine à perdre de la gauche !”
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Comment pourrait-on en effet confier les rênes d’une nation à un homme qui a du mal à tenir ses propres rênes et ses reins ? Un épris de la lettre médiane de “toqué”, dont on se demanderait en permanence s’il n’a pas rechuté durant le dernier sommet mondial avec telle Allemande, Anglaise, Américaine ou Chinoise. Ah ça pour redresser, il redresserait, Dom’ ! Et pas que les finances. Terrible de passer si vite de “chance de la gauche, DSK la gâchette” à ce statut de “Pervers pépère la défaite” . Il a perdu sa crédibilité, et ne saurait en aucuns cas être “blanchi”. Terme inapproprié en plus d’être vulgairement équivoque.

Certes, l’homme, économiste compétent, qui se serait bien passé de l’emballement médiatique, aspirera à se reconstruire, personnellement, politiquement. S’il est relaxé, il devra s’expliquer. Oui, l’ordre de la séquence peut paraître illogique, mais c’est ainsi lorsque l’accusation s’effondre sous une plaignante grevée d’erreurs et de parjure, et qu’il n’y a aucun autre témoignage direct à charge. Un non-lieu probable et il retrouvera bientôt son passeport et son entière liberté de déplacement … et la malédiction d’un châtiment perpétuel. Car à peine aura-t-il posé le pied sur le territoire français qu’une autre affaire de mœurs l’attendra.

Il y a quelques jours je me risquais à une anticipation :
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Bingo et comble de l’ironie. On a effectivement appris aujourd’hui que l’avocat de Tristane Banon, autre victime présumée du pressant séducteur, a transformé l’avertissement de plainte en plainte effective pour tentative de viol. Contre-attaque immédiate des avocats de Strauss-Kahn avec un dépôt de plainte pour dénonciation calomnieuse. L’objectif est double. D’une part, défendre farouchement une liberté péniblement reconquise ainsi que ce qui lui reste de réputation dans l’opinion, en récusant formellement et sans délai les allégations de la journaliste et romancière. D’autre part, montrer à son accusatrice qu’il est prêt à engager le bras de fer, espérant l’inciter à retirer sa plainte. A peine arrivé sur le territoire, et vlan que ça r’commence.

politique,justice,police,prison,dsk,strauss-kahn,sinclair,tribunal,audience,procès,nafissatou,diallo,femme de chambreLes socialistes ont attendu tout le week-end la réaction de Martine Aubry à la (dé)veine et nouvelle donne politique. C’est finalement dimanche soir qu’elle a rassuré ses partisans tout en ménageant les plus ardents strauss-kahniens : “Quoi qu’il arrive, je maintiens ma candidature […] Personne n’osera opposer à Dominique un quelconque calendrier”. On notera la proximité amicale assumée, mais aussi le traitement de faveur qui sacrifie la grande valeur de gauche qu’est l’équité au profit du réalisme des suffrages : pas question de fermer la porte au précédent champion des sondages et à ses aficionados. Une bien périlleuse compromission de la part de l’intransigeante Martine, la garante de l’agenda et du pacte passé avec DSK à Marrakech. Et quelle idée d’être aussi clémente envers un homme politique à ce point infidèle et inconséquent. A moins qu’elle n’ait eu quelque bonne assurance que nonobstant son acquittement aux Etats-Unis, il ne pourrait pleinement se consacrer à sa carrière politique en France. Ce qui expliquerait qu’elle n’envisage pas de désistement précoce pour son ami, pour son allié devenu “rival” le temps d’un été♦

mardi 28 juin 2011

PRAGMATIQUE POLITIQUE : SÉLECTION NATURELLE CONTRE AUTO-PRÉSERVATION

Dans mon esprit, cela est clair. Le complotisme est mort-vivant. Tout comme la quasi-totalité des interprétations machiavéliennes qui considèrent que le monde s’écrit essentiellement sous l’impulsion de ses représentants, plutôt que par ceux qui les élisent et forgent la société au quotidien. Et les révolutions du monde arabe ne sont pas les seuls arguments susceptibles de contredire cette thèse.

De la mode paranoïaque…

politique,philosophie,social,antiracisme,gauche,droite,ump,ps,socialiste,fn,national,xénophobie,économieLes actions politiques sont guidées essentiellement par une force exogène à la politique, par la nécessité socioéconomique bien plus que par les stratégies politiciennes pour se maintenir au pouvoir. Considérer que ce sont des orientations politiques, soi-disant plénipotentiaires, qui sont la cause première du fait politique, serait au mieux un anachronisme, au pire un mensonge. Le monde ne maîtrise plus son destin collectif, voilà pourquoi d’aucuns le trouvent "fou". La peur du vide incite conséquemment à reconstituer le puzzle des évènements, lutter contre le sentiment d’absurdité en tissant des liens entre le passé, le présent et l’avenir, en s’abstrayant de l’illogisme, de l’instabilité économique, et de l’action au coup par coup qui en résulte. Dans le jeu d’échecs, on appelle cela "avoir un profil de tacticien plutôt que de stratège". A titre d’exemple, une critique virulente et subtile parfois adressée aux socialistes. J’en parle d’autant plus volontiers que je ne suis pas sympathisant socialiste. Je l’entends, ici ou là, ce discours bien rôdé de ceux que les journalistes traditionnels qualifient de "nouveaux réactionnaires" :

"L’antiracisme fut crée par la gauche qui, n’assumant pas sa duplicité idéologique, sa complicité avec l’immigrationnisme patronal et sa volonté de peser à la baisse sur les salaires des français, cherchait à les maquiller sous les traits plus acceptables du combat humaniste".

Ils supposent que les socialistes auraient été des cyniques et des criminels, visant à appauvrir et diviser la France pour mieux régner face à la droite. Et et et… et quoi encore ? Oublions la perversité, aussi fascinante qu’elle pût paraître pour certains esprits, et revenons à la gestion concrète des affaires de la cité. Le parti socialiste n’a rien maîtrisé du tout. Affirmer le contraire, ce serait lui prêter des vertus dont il n’a jamais pu s’enorgueillir, même pas dans ses rêves les plus audacieux. Quant à l’antiracisme et "l’immigrationnisme" si tant est qu’on leur accorde quelque consistance, rappelons qu’ils n’ont pas été mobilisés ex-nihilo, telles des fantaisies de l’esprit, mais bien sous l’effet d’une urgence sociale — choisissez le terme qui vous siéra.
  
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Cette gauche errante, en quête de nouveaux motifs de révolte pour mériter encore son intitulé "parti socialiste", a été
victime d’une profonde crise identitaire. Au moins aussi importante que celle des populations immigrées dont elle prétendait être le chantre. Avec sa "crise de la quarantaine", cette déracinée s’est un jour réveillée en prenant conscience que le monde avait changé bien plus vite qu’elle. D’abord inopérante face à la nouvelle donne internationale, pragmatique et financiarisée, elle peina à recycler ses bons sentiments en un projet réaliste et pertinent.

La mue a été difficile. À présent la voilà décomplexée, relookée, modernisée bien qu’amputée de son champion naturel DSK. La voici sous une étiquette majoritairement sociale-démocrate assortie d’une dose raisonnable de discours sécuritaire. Merci Obama.

…aux interprétations tendancieuses

A la vérité, il serait utopique de se figurer les partis politiques comme des monolithes. Ce sont des rondes de danseurs, qui se forment, se rompent, et se recomposent en permanence, à partir de nouvelles sensibilités, personnalités, le tout sur des rythmes changeants. Ne laissons pas la terminologie traditionnelle nous abuser. Il n’y a jamais eu une gauche ou une droite immuable. Ce qui n’empêche pas les courants de revendiquer des filiations intellectuelles et d’en jouer auprès des électeurs. Parfois jusqu’à la caricature. Au parti radical valois, la laïcité, l’humanisme athée, le primo-libéralisme artisanal. Au parti socialiste, les grandes causes populaires et humanitaires, la redistribution, l’amélioration des conditions de travail et de vie. A la droite républicaine, les grandes réformes régaliennes de l’Etat, de l’Education, la défense du patrimoine familial et foncier, la baisse des charges et l’encouragement à entreprendre. Seulement, les partis évoluent et il est évident, de l’aveu même de leurs cadres, que la conservation du nom n’est guère plus qu’une survivance. Un phare qui ne produit plus qu’un mince filet de lumière dans lequel on cherche quelque espoir, lorsque le vent mauvais électoral fait chavirer les certitudes. "Souvenons-nous, matelots ! Jaurès, Blum, Mendès… Soyons fiers de tenir les gréements socialistes !"

Épopée réaliste ou réalisme épique ?

Surtout, les partis sont tributaires des conditions réelles, des modes de production et de consommation. Pour survivre, ils doivent certes prendre position sur l’échiquier politique, réinventer ou réactualiser leur sémantique. Néanmoins, leur marge de manœuvre reste limitée : ne pas en faire assez, c’est être incompétent, en faire trop c’est être inutile. La satisfaction du politique est bien moins celle d’une vanité naïve que d’un eudémonisme rencontrant opportunément l’intérêt général. Le politique le plus ambitieux n’est pas un caporal ni un notable de province. C’est un empereur romain assoiffé de la plus grande gloire qui soit : celle du demi-dieu qui fait triompher ses principes et ses actions jusqu’à les coiffer des lauriers de l’immortalité.

samedi 11 juin 2011

L'EFFET DSK : T(R)OPIQUES AU COMPTEUR

Accalmie dans l’affaire DSK. Chaque camp affûte ses armes, un mois avant la prochaine audience. Le temps pour les esprits de se calmer, la perspective des vacances aidant. La plainte de la femme de chambre new-yorkaise a à peine essaimé, désinhibé et libéré la parole d’autres victimes présumées, que déjà l’actualité des frasques sexuelles commence à lasser l’opinion et les médias.

Un mois s’est écoulé depuis le scandale. Les journalistes et les commentateurs du net prévoyaient la foudre pour la classe politique française. L’histoire a écorné un peu plus l’image de la France à l’étranger, mais pas au point de rechigner à appuyer une candidature française pour remplacer Strauss-Kahn à la tête du FMI. Christine Lagarde, officieusement adoubée par tous les pays industrialisés, a en effet toutes ses chances.

Certains commentateurs ont hâtivement spéculé sur un effet "lutte des classes". Dommage de galvauder une expression si chargée historiquement. La lutte des classes, c’est la conscience de son exploitation par une majorité populaire affamée et son organisation pour renverser le régime de propriétaires capitalistes. Je me suis déjà exprimé, comme tant d’autres, sur les raisons pour lesquelles une Révolution n’est pas actuellement envisageable en France.politique,économie,dsk,strauss-kahn,besancenot,npa,justice,police,viol,agression,sexuelle,nafissatou,diallo,guinéenne,femme de chambre

Le bras de fer perdu durant la réforme des retraites l’a très bien illustré ; un échec qui incita même un Besancenot découragé, résigné face au manque de convictions révolutionnaires et de moyens des relais syndicaux, à anticiper sa propre retraite politique. "Bougez avec la poste !" Les enquêtes prouvent que l’histoire DSK a eu bien plus de retentissement médiatique que de répercussions sur l’électorat. Ni antagonisme ravivé entre les "puissants" et les "humbles" débouchant sur un "tous pourris" favorable au FN, ni report sur la valeur-refuge présidentielle en attente d’un heureux évènement (ou d’une calamité supplémentaire aux yeux des détracteurs de Sarko). Une inertie qui s’explique par au moins quatre facteurs.

D’abord, la stupeur et l’incrédulité. Rares sont ceux qui croient en ce fâcheux concours de circonstance d’un ex-futur favori à la présidentielle qui, chahuté sur son train de vie somptuaire, clôt sa semaine éprouvante en donnant magistralement raison à ses adversaires et en parachevant son oeuvre d’hédonisme irresponsable par le viol d’une maid. Personnellement, j’ai encore la "fellation forcée" en travers de la gorge. Que voulez-vous, il y a des choses qu’on a du mal à avaler. Certains agendas et plans nous échappent.

Mais gare aux langues déliées ! Selon le dogme Américain, douter des versions officielles US c’est être déjà "complotiste". Nos dirigeants l’ont bien compris, eux dont le cartésianisme s’est effacé docilement devant certaines raisons supranationales. Je m’entends encore en début d’année, m’entretenir avec un ami : "Quand vont-ils ressortir du placard la marionnette Ben Laden et mettre en scène sa mort ?" La réponse n’a pas tardé. Début mai, fin officielle du leader d’Al-Qaïda. Le gars n’a rien pu faire, attaqué par un service encore plus diligent qu’UPS ou Chronopost : découverte, exécution, disparition, tout cela dans la foulée. Ca ne traîne pas chez les SEALs. Chez eux, on bosse en flux hyper-tendus. Que les frustrés qui attendaient un procès se rassurent, il leur reste celui du Perv.

lklk.jpg Autre enseignement. Les gens, bien que perfusés d’informations et de buzz, ne sont pas aussi influençables que d’aucuns l’affirment. Une majorité de français évite l’amalgame : DSK n’est pas représentatif de l’ensemble de la classe politique, ce n’est qu’un "K" particulier. Pour les sympathisants et militants socialistes, sa mise en accusation ressortit d’un fait privé et n’empêchera ni la conduite des primaires du parti, ni une conquête élyséenne désirée comme rarement par le peuple de gauche.

Troisièmement, la désillusion française constitue ici un rempart. Les français sont tellement coutumiers des scandales, qu’un de plus ou de moins n’altérera pas en profondeur leur perception des "puissants". Non seulement ils s’y sont habitués, mais ils ont même tendance, dans une transposition du syndrome de Stockholm, à s’attacher sympathiquement aux escrocs jusqu’à les réélire. Le principal nœud dans le lien présent entre DSK et ses compatriotes, c’est l’incertitude. Qu’elle se lève et il passera soit pour un martyre, soit pour un criminel de grande envergure. Dans tous les cas, sa victoire sur l’indifférence est assurée ; l’Histoire ne sera pas prête de l’oublier.
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Ultimement, il ne faut pas sous-estimer le mécontentement des citoyens à l’encontre de l’action présidentielle. A ce titre, pour une majorité d’électeurs socialistes, le sort de DSK importe bien moins que l’objectif de 2012 : le candidat social-libéral, certes susceptible de moderniser le PS, était un moyen pour renverser le souverain républicain avant d’être une fin en soi. Que la détestation de Sarkozy l’emporte ici sur l’affection envers l’ancien directeur général du FMI ne procède pas tant d’une bulle médiatique ou d’un problème conjoncturel d‘"image", que d’une désapprobation de fond.

Pour la foule vindicative, dix affaires successives de mœurs qui frapperaient le PS, ne lui feraient pas plus oublier les motifs de son courroux que sa fièvre de changement. Le politicien est versatile, mais jamais autant que l’électeur. Tel qui a encensé Sarkozy hier, le déteste aujourd’hui et … le louera peut-être demain, se repentant trois fois comme Pierre. A moins d’un an du scrutin présidentiel, bien malin qui pourrait le dire.

L’impact social surestimé de cet évènement serait-il donc nul ? Pas sûr. Car si certaines associations partisanes se sont gardées d’ameuter la populace, d’autres ont saisi l’occasion pour ranimer la brûlante pertinence de leurs combats. Ainsi, les féministes et antiracistes se sont fait bien plus entendre que les mouvements de contestation politique, rappelant qu’à présent les contre-pouvoirs populaires les plus éloquents, après les antinucléaires, sont à chercher parmi les groupes d’influence sociétaux et anthropologiques à vocation humaniste.

La discrimination sexuelle et ethnique réveille les pulsions libido-insurrectionnelles. Celle économique, nettement moins romantique, trop vulgaire et prosaïque, agace tout au plus. Vérification faite à Manhattan, avec ce cortège improbable digne de l’Apprenti Sorcier, ce ballet du balais devant le palais. Admirez le tableau : un car entier de femmes de chambre en tenue de travail, venues pour conspuer l’affreux agresseur aux cris de "Shame on you ! Shame on you !" ("honte à toi", pour les réfractaires à la langue de Shakespeare). Parallèlement, les cris des Indignés espagnols et français se raréfient et leurs revendications s’éteignent avant même les feux de la Saint-Jean. Certains mouvements n’ont plus la cote. Les temps changent.
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"On s’en moque de Strauss-Kahn, il y a d’autres sujets plus graves ! Des gens meurent sous les balles ou crèvent de faim partout dans le monde !" C’est exact. Toutefois, à l’instar d’autres incrédules, je ne commencerai à tourner cette page au propre comme au figuré que lorsque j’aurai vu et entendu la présumée victime, Nafissatou Diallo. Alors je dirai "ce type est vraiment un malade ! Heureusement qu’on ne l’a pas eu comme président !" Mais pour le moment, rien ne permet de la distinguer d’un personnage fabriqué ou choisi pour les besoins du scénario. Le portrait que les médias et soi disant "proches" en ont dressé appartient aux images d’Épinal; cette femme est à ce point décrite comme une sainte qu’elle en est irréelle. Conséquemment, le contraste entre la plaignante et l’accusé est si saisissant qu’il est sujet à caution et porte avec insolence la signature du manichéisme américain. A quoi ressemblerait l’antithèse d’un homme, blanc, influent, célèbre, à la richesse ostentatoire, juif, peu pratiquant, replet, cultivé, polyglotte, marié, infidèle et hédoniste ? La réponse n’aura échappé à personne. "Les extrêmes s’attirent" dites-vous ? [Dernière photo : Reuters / Mike Segar]

mardi 31 mai 2011

"DIS PAPA, POURQUOI TU VOTES PAS POUR LE PS?"

J’imagine aisément la réponse. Un réquisitoire dont la forme contemporaine pourrait ressembler à cela :

asqs.jpg"Le socialisme est un mensonge qui a depuis longtemps tourné le dos à ses racines marxistes et révolutionnaires. Ce ne sont plus pour lui que de lointains souvenirs. Le socialisme moderne procède d’une orientation sociale-libérale, c’est-à-dire d’un accommodement, pour ne pas dire d’une soumission, de cette sensibilité traditionnelle de gauche aux règles libérales.

Le PS est le représentant de commerce de la mondialisation : ouverture des frontières, libre-circulation des marchandises, des personnes etc. Son objectif n’est pas de révolutionner le régime, mais de le réformer en douceur par la politique fiscale, la redistribution, et la régulation du libéralisme. Réguler le système pour mieux en faciliter l’application ; non pas le contrarier. A ce titre, le parti socialiste ne saurait appliquer l’ascenseur social et ne pourrait libérer les miséreux de leur condition. Là n’est pas son intérêt, puisque soustraire par quelque inspiration providentielle les êtres à la misère hypothéquerait ses chances d’être réélu, en lui ôtant l’objet même de son engagement.

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En outre, ses moyens d’action se limitent à prodiguer aux plus pauvres la béquille et les expédients prompts à leur faire supporter leur condition. Ici, le but n’est pas de guérir, mais de fournir des soins palliatifs, d’accompagner l’autre dans sa douleur avec commisération, puis de l’inciter à se résigner par le découragement. Le socialiste moderne n’entretient pas les pulsions révolutionnaires, mais ne les rejette pas explicitement. Il ménage l’ambiguïté pour mériter encore son titre d’homme de gauche et surtout pour mieux faire passer le breuvage faussement édulcoré et réellement amer de la mondialisation. En vérité, sa conception est celle d’une antinomie profonde entre la défense des classes populaires et celle de l’humanité dans son ensemble ; comme le disait Simone de Beauvoir dans Pyrrhus :
'On ne peut en se transcendant vers le prolétariat se transcender du même coup vers toute l’humanité, car la seule manière de se transcender vers lui, c’est de se transcender avec lui contre le reste de l’humanité.'
Servir sa nation, ça n’est pas monter une catégorie contre une autre. C’est aimer et reconnaître chaque composante de la société, sans chercher à privilégier l’une ou l’autre. Le populaire ou l’humain, il faut choisir. Il y a bien longtemps que j’ai choisi."

Au parti socialiste, dans sa dénomination actuelle ou bien dans une autre, de faire mentir cet électeur.

lundi 16 mai 2011

DSK ARRÊTÉ, JUGÉ, PLACÉ EN DÉTENTION PROVISOIRE

Il est des cas qui ne laissent personne indifférent. Le lundi 16 mai 2011 aura laissé l'opinion et la classe politique française pantelantes, partagées entre peur, révolte, dégoût, soulagement, allégresse parfois.

Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn n'aura jamais autant fait parler de lui. Plus facile et terrible à comprendre que les mécanismes économiques, le choc des images : arrêté, menotté, médiatisé impitoyablement dans une scénographie typiquement américaine qui fait fi de toute décence. Tout cela n'est pas qu'une procédure habituelle aux Etats-Unis, c'est aussi pour eux une opportunité de vanter avec ostentation l'impartialité de leur justice dans le but d'étayer l'exemplarité de leur modèle démocratique.

Les procureurs, désireux d'avoir le scalp d'« un gros client », ont fait preuve d'une rare combattivité que les journalistes habitués des procès américains n'ont pas tardé à relever. Certains commentateurs se sont même risqués à expliquer un tel zèle professionnel et moral par la manœuvre d'un commanditaire politique. Indépendamment même du statut de DSK, il n'est pas impossible que les Etats-Unis cherchent à se présenter aux yeux du monde comme un modèle de justice exemplaire, afin de faire oublier leurs violations régulières du droit international comme lors du raid contre Ben Laden. Ne pas voir d'agenda derrière une telle séquence d'évènements à la portée mondiale, c'est être dangereusement candide♦

samedi 14 mai 2011

UMP : UN VIRAGE DROITIER CONTRE-PRODUCTIF

Sondage Ifop (10-12 mai 2011), pour le Journal du Dimanche. DSK perd 1 point à 26%, Marine Le Pen monte à 22%, Sarkozy obtient 21.5%. En cas de candidature Hollande, les trois candidats se talonnent aux environs de 22%. La proposition de réforme du RSA lancée par Wauquiez visait à prendre le pouls de l'opinion face à un durcissement "droitier" de la politique gouvernementale. La réponse des sondages qu'ils affectionnent tant est cinglante : le cap à la droite de la droite dessert l'UMP et fait grimper systématiquement le FN. Si l'actuel président cherche à faire monter le Front National, on ne peut que lui conseiller de proposer la suppression pure et simple du RSA et le renvoi des immigrés clandestins par voie de catapulte. "Allez, encore un petit effort", comme disait ironiquement la président du FN.

jeudi 12 mai 2011

LA GAUCHE FACE À LA DÉSAFFECTION POPULAIRE : UNE TRIBUNE ACCABLANTE DE TERRA NOVA

Le PS se tire une balle dans le pied avec des phrases qui sonnent comme un aveu d'échec et qui font du FN le dernier défenseur des valeurs ouvrières et populaires. Selon le groupe de réflexion de gauche Terra Nova :
"Il n'est pas possible aujourd'hui pour la gauche de chercher à restaurer sa coalition historique de classe : la classe ouvrière n'est plus le cœur du vote de gauche, elle n'est plus en phase avec l'ensemble de ses valeurs, elle ne peut plus être comme elle l'a été le moteur entraînant la constitution de la majorité électorale de la gauche".
"La gauche se heurte désormais à un obstacle de taille : le nouveau Front national. En voie de dé-diabolisation, et donc bientôt fréquentable, le FN de Marine Le Pen a opéré un retournement sur les questions socio-économiques, basculant d'une posture poujadiste néolibérale (anti-Etat, anti-fonctionnaires, anti-impôts) à un programme de protection économique et sociale équivalent à celui du Front de gauche. Pour la première fois depuis plus de trente ans, un parti entre à nouveau en résonance avec toutes les valeurs des classes populaires : protectionnisme culturel, protectionnisme économique et social. Le FN se pose en parti des classes populaires, et il sera difficile à contrer".

mardi 5 avril 2011

LE PROJET SOCIALISTE ENFIN DÉVOILÉ !

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, revient sur les 30 mesures présentées ce mardi 5 avril 2011 par la secrétaire générale du parti, Martine Aubry. Plus qu'un programme définitif, il s'agit d'un socle commun, un projet à géométrie variable que le futur candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012 sera libre de hiérarchiser, de peaufiner et d'enrichir. Un cahier des charges ancré à gauche mais suffisamment consensuel pour être défendu par l'un ou l'autre des prétendants socialistes à l'investiture suprême.


Audio : France Info (05/04/2011).

Les propositions phares s'articulent autour d'une grande réforme sociale et fiscale, visant à restaurer le pouvoir d'achat des classes populaires et moyennes. D'abord, par une politique de réduction et de plafonnement des prix (tarif social énergétique, encadrement des loyers [...]). Ensuite, par un système de bonus-malus sur l'impôt des sociétés, qui encouragerait la redistribution des richesses créées, des dividendes vers les facteurs de production, le travail en particulier. Du côté des ménages, il serait prévu une fusion de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et de la CSG.

A cela s'ajouterait la création de 300 000 emplois jeunes dans des secteurs d'avenir tels que les énergies renouvelables. Enfin, une pincée de Robin des bois pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, avec un plafonnement des revenus des grands dirigeants (d'entreprise publique —au PS on peut être courageux, mais certainement pas réactionnaire ni téméraire !). Tous leviers censés relancer in fine la croissance par la demande. Martine Aubry, vantant légitimement les mérites du programme socialiste que son camp a mis près de trois ans à tricoter, escompte qu'il ferait flirter la croissance avec les 3%.

Réactions à droite. François Fillon : "le programme socialiste est une anesthésie nationale, une condensé de démagogie sociale et de mesures contre la croissance". Nombre de journalistes, y compris de gauche, font la moue en regrettant l'odeur de réchauffé qu'exhale ce bouquet d'espérances.

samedi 2 avril 2011

AUBRY "À LA CONQUÊTE DE LA JEUNESSE"


Source sonore : France Info.
Photo : © AFP/Martin Bureau


Pour un potentiel présidentiable, la raison de s'adresser à la jeunesse n'est pas seulement économique et démagogique, elle relève aussi de la pédagogie politique, comme le concédait récemment Martine Aubry : "Nos jeunes actuels n'ont connu que des présidents de droite", en s'empressant d'ajouter "Ils n'ont connu qu'une France vieillissante, repliée sur elle et peu ouverte sur le monde".

Ah le fameux changement tant annoncé ! Désirant montrer l'exemple et s'inscrire dans les propositions positives, la première secrétaire du PS, tint, ce samedi 2 avril 2011 lors d'un meeting parisien, à s'adresser à des jeunes. Face aux 500 militants du Mouvement des jeunes socialistes présents, elle lança fièrement : "Allez-y, battez-vous, trouvez les chemins sur lesquels ces emplois d'avenir vont pouvoir être créés !" Et non, vous ne rêvez pas. Cet appel à un volontarisme combatif face à la mondialisation, peu différent de la rhétorique UMP, sur fond de mesures éculées, révèle piteusement la peau de chagrin qui sépare les actuels partis de droite et de gauche. En creux, il dissimule une fracture de plus en plus patente avec le front de gauche, ainsi qu'un renoncement à toute véritable relance keynésienne.

Alors oui, il s'agit bien d'un discours de "gauche socialiste", à condition toutefois de comprendre par là "gauche néolibérale nostalgique du terme socialiste, héritage idéologique de Jaurès et si chargé d'histoire etc." Et dans ce cru 2011, le rose se métamorphose en gros rouge qui tache et qui touche ! 300 000 emplois d'avenir (comprenez "durables") et tout cela, pas en 5 ans, pas en 4 ans, mais bien en 2 ans ! Pour le financement, les modalités, le type d'emploi, le ciblage de ces fameux secteurs porteurs et créateurs, la réponse au mieux la semaine prochaine, au pire jamais. Le décryptage est facile : "Débrouillez-vous seuls, mais sachez que le PS est là pour vous remonter le moral !"

Quelle aubaine ! Et quelle imagination de la part des duellistes socialistes pour la course à la présidentielle. Qui guette une illustration de la pluralité fantoche au sein des primaires et de la fragilité des programmes qu'il reste encore à peaufi... à construire, pourra la contempler dans la concurrence thématique offerte hier par un François Hollande qui a commencé sa campagne en s'adressant ostensiblement à la jeunesse. Les primaires socialistes sont-elles une symphonie planifiée d'avance, une cacophonie, ou bien simple stéréophonie élégiaque et résignée, accordée au diapason du libre-échange ? Si, comme nombre d'observateurs le pensent, l'alternance promise en 2012 n'est qu'illusoire, alors gare Martine, gare François, gare Dominique et les autres, car vous risqueriez bien de vous aliéner définitivement le soutien des dernières consciences "socialistes" de ce pays.

FRANÇOIS HOLLANDE, PAUVRE PÊ(É)CHEUR ?


Source vidéo : itélé.

Pour un 1er avril, le candidat corrézien aux primaires socialistes a choisi un premier auditoire de circonstance : les pêcheurs du Pas-de-Calais. Après Martine à la plage, ladies and gentlemen, voici François à la pêche ! Lorsqu'il a su que "Celui qui va à la chasse perd sa place", il a tout de suite préféré aller à la pêche. Espérons toutefois pour le poissonnier qui se rêve président en 2012, qu'il ne perdra pas la sienne de place, en s'immergeant dans les primaires. Saint François Hollande parviendra-t-il à capturer dans ses filets roses les adeptes de gauche avant qu'une vague d'une autre couleur n'emporte tout sur son passage ? La suite au prochain épisode.

mercredi 23 février 2011

MARTINE AUBRY : "LES AUTRES DÉNONCENT, NOUS PROPOSONS DES SOLUTIONS"



Profession de foi et florilège des propositions de Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste (RMC, Bourdin & Co, 23/02/2011).

Par ordre chronologique :
1) Son positionnement vis-à-vis du FN : "Sarkozy aide la montée du FN", "Ils ne font que dénoncer quand nous proposons des réponses concrètes".
2) Ses mesures pour le logement : "Bloquer les loyers à la relocation et taxer les logements vacants".
3) L'Allemagne, comme modèle de relance économique.
4) Droit de vote des étrangers : "Il faut que les étrangers en France depuis plus de 5 ans puissent voter aux élections locales".