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samedi 9 février 2013
samedi 12 janvier 2013
HOLLANDE ENFIN CHEF (DE GUERRE)...
Tandis que les Etats-Unis sont les gendarmes du Moyen-Orient, la France, avec son intervention militaire (et pour l'instant solitaire) au Mali, prouve qu’elle reste le principal gendarme de l’Afrique. Certes, nous avons passé un accord de défense avec ce gouvernement francophone. Néanmoins, je pense que sur le fond, on n’a rien à faire là-bas. Et d’ailleurs, pourquoi avons-nous conclu une coopération inter-étatique avec ce pays ? Même Marine Le Pen se félicite de cette intervention armée, certainement parce qu’elle vise des terroristes islamistes.
Une fois de plus, c’est le timing qui m’intrigue. Les fondamentalistes occupent le nord-Mali depuis des mois. Pourquoi intervenir aujourd’hui ? Tout cela ressemble à une nouvelle diversion pour faire oublier l’explosion du chômage et l’accord syndical passé cette semaine sur la flexi-sécurité. Pourtant, la décision du gouvernement ne fit l'objet d'aucune discussion parmi la classe politique et les médias. Or, on ne fait qu'honorer ici une promesse contractuelle entre pays francophones, et réparer les conséquences de la chute de Kadhafi. Cela ne devrait mériter aucun éloge.
Une fois de plus, c’est le timing qui m’intrigue. Les fondamentalistes occupent le nord-Mali depuis des mois. Pourquoi intervenir aujourd’hui ? Tout cela ressemble à une nouvelle diversion pour faire oublier l’explosion du chômage et l’accord syndical passé cette semaine sur la flexi-sécurité. Pourtant, la décision du gouvernement ne fit l'objet d'aucune discussion parmi la classe politique et les médias. Or, on ne fait qu'honorer ici une promesse contractuelle entre pays francophones, et réparer les conséquences de la chute de Kadhafi. Cela ne devrait mériter aucun éloge.
dimanche 12 février 2012
LORSQUE BRÛLE LE BERCEAU DE LA DÉMOCRATIE...
Athènes : rues, banques, bibliothèque nationale, démocratie en proie aux flammes... métaphore et symptôme de ce que l'ultra-libéralisme et ses relais européens sont en train de faire subir à la démocratie. Ce soir c'est là, en Grèce, dans la plus vieille nation occidentale, que le peuple libère sa colère et son désespoir face au plan d'austérité soumis au vote du Parlement. Cela marquera-t-il le réveil des citoyens européens face au diktat de la troïka et à l'extorsion légale par le gonflement de la dette ?
lundi 23 janvier 2012
MON ODE EN DEMI-TEINTE A FRANÇOIS HOLLANDE (MEETING DU BOURGET)
Et puis la mémoire sollicitée.Tous ces souvenirs, conscients, inconscients, les déceptions qui ressortent : des erreurs multiples de la gauche depuis 1983, aux vraies fausses illusions du candidat Sarkozy, le magicien de 2007 devenu depuis un pantin désarticulé, presque pathétique, maigre, essoufflé, chancelant à l'image de son quinquennat écoulé. Enfin, ces paroles vraies qui touchent, vont droit au cœur. Ce diagnostic clair et net, évident presque, malheureusement évident : l'aggravation des déficits ; le mot qui, selon Hollande, résume les 5 ans voire les 10 ans de la droite UMP "dégradation" ; l'accaparement du pouvoir par une minorité, une oligarchie que le candidat socialiste n'a pas hésité à qualifier d'"aristocratie"... Oui tout cela est certainement pertinent. Voilà quelles furent mes premières impressions spontanées. Ensuite, vient l'épreuve de vérité, celle de la raison qui revient à l'esprit et des pieds qui retombent sur terre. Et là, je dois avouer que je ne peux que porter un jugement mitigé.
Première méthode pour convaincre : se présidentialiser en s'élevant ostensiblement au-dessus du débat partisan. Ne nommant jamais Nicolas Sarkozy, il aurait pu y parvenir... s'il n'avait préalablement fixé son cap par opposition aux politiques de droite ; un exemple à ne pas suivre, dont il s'appliqua par conséquent à lister tous les travers. Candidat certes, mais homme de gauche avant tout. Une affiliation assumée, jusqu'au rappel de son propre itinéraire, de cet enfant né de normands conservateurs qui ne subit pas le socialisme mais le choisit. Chassez le naturel... Donc oui, dans ce discours, François Hollande est apparu en socialiste, bien plus qu'en rassembleur national.
Deuxième nécessité stratégique pour se poser, si ce n'est en rassembleur du peuple français, du moins en rassembleur de la gauche : synthétiser les propositions de ces anciens rivaux de la primaire, et au-delà, ratisser le plus large possible, du centre à l'extrême-gauche, en passant par les préoccupations écologistes. En peaufinant son discours, François Hollande n'aura oublié de flatter aucun allié potentiel. Et surtout pas ceux qui ne le ménagèrent pas ces dernières semaines, à savoir les membres de la fameuse "aile gauche de la gauche" (Hamon, Emmanuelli, Montebourg).
Troisième méthode : un fil rouge. Rouge, c'est le cas de le dire. Son nouveau leitmotiv, il le rôda mercredi lors de sa mini-conférence avec Stéphane Hessel aux Journées de Nantes: "je n'ai qu'un seul adversaire ; il n'a pas de nom, pas de visage. C'est le monde de la finance". Ambitieux, noble et surtout malin d'éviter la guéguerre stérile et sempiternelle gauche-droite, devenue indigeste pour l'électorat. Néanmoins, pour tout vous dire, je ne crois pas en la puissance de cette conviction. Pas une seule seconde. Qu'il ait entendu les doléances des classes populaires à travers le Front de gauche et repris, presque mot pour le mot, la sentence de Jean-Luc Mélenchon, cela ne fait aucun doute. Mais qu'il soit un jouteur crédible, en lice pour défaire cet ennemi tentaculaire, terminant son mandat victorieux, là où Sarkozy n'aura été qu'impuissant, ça c'est une autre histoire.
Les idées demandent du temps pour mûrir, les moyens d'actions politiques encore plus pour bâtir un édifice pérenne. "Le changement c'est maintenant", "L'esprit de la force", "La volonté". On a presque envie de lui dire, "tais tes intentions, et économise tes paroles, François, c'est demain que tu auras besoin de ton énergie". Quelle arme compterait-il, pourrait-il utiliser, hormis l'imposition ? Une lance insuffisante et mouchetée...
Sur le fond, les principaux thèmes d'actualité furent abordés. François Hollande surprit même les observateurs en anticipant certaines propositions concrètes et chiffrées. Il s'engagea notamment pour le retour de la retraite à 60 ans à taux plein avec 41 annuités, la création, confirmée, de 60 000 postes d'enseignant à effectif fonctionnaire constant, le retour à l'équilibre budgétaire d'ici 2016, l'inscription dans la Constitution de la loi de 1905 sur la laïcité, le droit de vote accordé aux étrangers dans les élections locales, l'élévation du taux de la dernière tranche de l'ISF à 45%, l'abaissement de 30% de la rémunération de l'exécutif, le doublement du plafond du livret A, le mariage homosexuel et l'adoption par les couples homoparentaux, l'interdiction des stock options, exiger des entreprises qui délocalisent qu'elles remboursent leurs aides publiques...
D'autres propositions restèrent plus allusives : faire de l'éducation et de la jeunesse sa priorité ; rétablir la justice partout (fiscale avec la fusion IRPP-CSG, financière par la taxe Tobin) et en finir avec les "petits caïds de quartier" ; équilibrer le mix énergétique (réduire la part du nucléaire, favoriser la recherche et le développement dans les énergies renouvelables et les économies d'énergie) ; séparer les activités de dépôt et d'affaires dans les banques, et mettre en place une banque d'investissement pour les PME ; préserver l'indépendance à la presse ; généraliser l'internalisation des coûts par le système "pollueur-payeur", notamment en surtaxant les produits étrangers (protectionnisme européen) ; remplacer Hadopi par une autre loi qui équilibrerait davantage les intérêts des créateurs et du public ; encadrer les loyers ; construire plus de logements sociaux ; organiser le retrait des troupes françaises d'Afghanistan sans attendre ; accroître la pression française sur le conseil de sécurité de l'ONU pour s'interposer en Syrie ; lutter contre un encadrement et un renforcement des relations franco-allemandes...
Emporté par son idéalisme de gauche, il se contenta d'inviter les électeurs séduits par le vote extrême ou l'abstention à plus de "confiance". Comme Nicolas Sarkozy avant lui, il se trompe de problème, en oubliant que la peur n'est pas qu'un phénomène irrationnel et qu'il ne suffit pas d'un discours volontariste pour l'éradiquer : des actes forts sont d'autant plus nécessaires qu'elle se fonde sur une extension réelle des clivages sociétaux et du chômage structurel. Bien sûr, l'espoir est une vertu porteuse de progrès, mais on ne gouverne plus en 2012 comme on le faisait en 1981. Et les électeurs qui se sont éloignés de la gauche durant ces trente dernières années savent très bien pourquoi ils l'ont fait. Ce qui paraît primordial aux déçus de l'UMP et du PS, il ne l'a pas identifié ou du moins ne souhaite-t-il pas en faire un axe de campagne. En particulier, il n'a pas compris que les valeurs conservatrices de droite ne sauraient se réduire à des questions contingentes, ni ne concerner que les alliés de la finance. Il lui restera jeudi une seconde chance de préciser les détails et le chiffrage de son programme.
Plus on se rapproche de l'échéance, plus les candidats exhibent leurs tripes, s'expriment de façon plus personnelle. Mélenchon et Le Pen dans le registre de la fronde et de la colère. François Bayrou dans la critique mesurée et la sérénité. François Hollande lui aussi est en train de se découvrir à nous, de se découvrir à lui. Il ne reste plus que le candidat de droite. J'ai parié que Nicolas Sarkozy, par un mauvais tour du destin ou par le vox populi, ne serait pas présent au second tour. J-91. Nous serons bientôt fixés♦
vendredi 11 novembre 2011
FRANCE : "ET 1, ET 2, ET 3 PLANS D’AUSTÉRITÉ"... POUR COMMENCER
La raison ? La pusillanimité d'un gouvernement qui a cédé hier au lobby hôtelier pour annuler la taxe de 2% sur les nuitées de luxe dont le coût dépassait 200 euros — à peine 10 jours d’existence virtuelle, un record de brièveté.
jeudi 10 novembre 2011
L'EUROPE ET LES MARCHÉS ENFANTERONT-ILS UN PEUPLE JETABLE ?
Pourtant, les citoyens sont loin d’observer les bienfaits d'une telle option. Au contraire, ils voient leur pouvoir d’achat s’effriter de jour en jour, le chômage de longue durée exploser et, dans ce marasme, perdent toute confiance en l’avenir. Parallèlement, le ballet des chefs de gouvernement, démissionnaires sous la pression de l’Union européenne, elle-même victime d’un véritable chantage des marchés et des agences de notation, n’a pas davantage de quoi rassurer. C’est la perte de ce qu’il nous restait encore de marges de manœuvre et de sentiment souverain. Aujourd’hui, des ministres jetables, remplacés par des technocrates labellisés « BCE », sans aucune légitimité nationale, et désignés non par le peuple ou ses représentants, mais par la Commission européenne et les marchés. Demain, peut-être un président jetable, et pourquoi pas, après-demain, un peuple jetable.
Cela devient pathétique. En outre, céder une fois aux menaces de la sphère financière, c'est créer une jurisprudence. Si demain tel gouvernement ne convient pas, il n'y aura aucun obstacle de principe à ce qu'il laisse la place à un autre qui pourra, à son tour, être récusé. Et on sait comment se termine une telle instabilité ministérielle...
La zone euro a été construite avec un effet d’irréversibilité, comme un piège pour enferrer des Etats déjà fortement endettés : à ceux qui souhaiteraient en sortir, il serait opposé la menace crédible d’explosion de leur dette. Le couple « loi Rothschild-traités européens » nous a mis entre les mains de l’Union européenne et des marchés. L’Europe a beau se poser en alternative aux marchés, c’est actuellement un leurre et un sophisme : loin d'être un contre-pouvoir politique, elle s'apparente à une complice de la finance mondialisée. Dans les faits, les institutions européennes ne sont pas indépendantes. Pleines de sollicitude, elles s’empressent d’accourir au moindre éternuement du marché ou du créancier universel qu’est devenu la Chine.
Chaque Français à sa manière déplore que sa voix s’évanouisse, spectrale, avant même d’avoir être écoutée. Mais tous semblent encore unis dans un même espoir ; celui d’un vent de changement et d’union nationale soufflant sur l’année 2012 !
mardi 8 novembre 2011
L'EUROPE POLITIQUE S'INCLINE DEVANT LA LOI DU MARCHÉ
Il n'y a pas que les feuilles qui tombent durant cet automne 2011, les chefs de gouvernement aussi. Même Berlusconi, le Cavaliere don juan, semblerait bien avoir enfin trouvé la créature susceptible de le dominer : le Commandeur "Marchés financiers" !
Après Georges Papandréou, c'est au tour de Silvio Berlusconi d'endosser le rôle du fusible, du jouet usager des marchés. Répondant aux rumeurs de ces derniers jours qui annonçaient son départ du gouvernement, il a confirmé ce mardi soir, durant un entretien téléphonique sur l'une de ses chaînes télévisées, son intention de démissionner après l'adoption des mesures d'austérité promises à l'Union européenne. Raison invoquée pour un tel sacrifice ? La poursuite de l'intérêt supérieur de la nation face aux marchés ! Une explication coupable qui revient à reconnaître implicitement son allégeance à un autre maître que le peuple :
Inquiétudes partout. Même en France. Qui sera le prochain chef de gouvernement à subir le courroux des marchés ? La finance internationale entraînera-t-elle définitivement l'Europe, et plus généralement les politiques et les citoyens du monde, dans la tombe ?♦
"Il faut se préoccuper de la situation italienne, de ce qui se passe sur les marchés, du fait que les marchés ne croient pas que l'Italie soit capable ou ait l'intention d'approuver ces mesures que l'Europe a demandées."Que cette décision résulte d'une démarche sincère ou obséquieuse, de promesses et de pressions formidables, tout cela en réalité importe moins que le résultat. Silvio comme les autres est mandaté pour appliquer une politique de rigueur. Une fois sa mission accomplie, il devra céder la place à un technocrate européiste, plus zélé, qui accélérera le processus anti-croissance, parce qu'une raison supranationale en a décidé ainsi. Par ces soumissions en chaîne, les gouvernants européens démontrent que la souveraineté et l'indépendance des Etats ne sont déjà plus que des pièces de musée !
Inquiétudes partout. Même en France. Qui sera le prochain chef de gouvernement à subir le courroux des marchés ? La finance internationale entraînera-t-elle définitivement l'Europe, et plus généralement les politiques et les citoyens du monde, dans la tombe ?♦
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PLAN FILLON ET GUEULE DE BOIS
Les professionnels du bâtiment et de la restauration prévoient des milliers de licenciements, suite à l'augmentation de la TVA et l'abandon du dispositif Scellier de crédits d'impôts. Les journalistes s'en donnent à cœur joie pour dénoncer une fausse réduction des salaires de l'exécutif (gelés depuis 2 ans !) et une vraie augmentation masquée de la pression fiscale sur les classes moyennes. Car au-delà même du manque d'efficacité de certaines mesures, il y a cette impression que nos dirigeants déconnectés ont une nouvelle fois sous-estimé l'ampleur de la crise et son impact sur la vie réelle des ménages. Une fois n'est pas coutume, rendons justice à l'opposition qui a clairement identifié le danger à moyen terme : le sacrifice de toute perspective de croissance sur l'autel du triple A ; ce qui n'est rien d'autre, paradoxalement, qu'une course vers le déclassement !
Seulement, nos concitoyens risqueraient de ne pas vouloir payer pour toutes ces années de laxisme budgétaire et le train de vie somptuaire de l'Etat, et pourraient bien en 2012 retourner la facture aux responsables, par les urnes ou par la rue. Car voilà finalement la seule véritable incertitude : combien de temps les Français pourront-ils encore supporter ce foutage de gueule?
lundi 7 novembre 2011
PLAN FILLON "D’ÉQUILIBRE DES FINANCES PUBLIQUES" : NOUVEL ENFUMAGE OU RAFISTOLAGE À MINIMA ?
Le plan annoncé ce midi par François Fillon affiche la couleur : une rigueur de droite, qui vise d’abord à réduire les dépenses et ensuite ajuster de façon ciblée les impôts.
Ces mesures ne sont pas mauvaises en soi, mais elles sont clairement insuffisantes et déjà caduques compte tenu de l’ampleur du problème ; elles auraient dû être prises bien plus tôt. Une réserve toutefois avec l'accélération du plan sur les retraites qui au mieux restera de l'enfumage, au pire sera contre-productif. Les seniors au chômage qui ne pourront plus bénéficier du départ à taux plein feront appel à l'allocation chômage, ce qui ne fera que transférer le coût social d'un poste budgétaire public à un autre.
Les opposants s'engouffrent dans la brêche. « Pas de vision à long terme »,déplore la gauche. Le gouvernement avoue que cela est consubstantiel d’une mondialisation qui nous rend tributaire de la conjoncture. « Le plan vise les conséquences et non les causes », regrette Corinne Lepage. Cette ligne d’ajustements plutôt que de réformes profondes est assumée par la droite. Elle est parfaitement symptomatique de sa perte d’indépendance, subie ou choisie. À chacun de trouver ce credo pertinent ou non.
- Gel du train de vie de l'État (salaires du Président et des ministres) jusqu'à ce que l'objectif de 0 déficit, fixé pour 2016, soit atteint. Coupe de 5% dans l'aide publique aux partis politiques (subventions et remboursement des frais de campagne).
- Ponction fiscale, avec une péréquation entre le surcroît d'impôts indirects (la TVA réduite passant de 5.5% à 7%, hors produits de première nécessité) et directs (suppression de 2.6 milliards de niches fiscales, majoration temporaire de 5% de l'impôt sur les sociétés, pour les chiffres d'affaires supérieurs à 250 millions d'euros, augmentation des impôts pour les ménages les plus aisés).
- Application avancée de la réforme des retraites, de 2018 à 2017, pour réaliser des économies parafiscales.
Les opposants s'engouffrent dans la brêche. « Pas de vision à long terme »,déplore la gauche. Le gouvernement avoue que cela est consubstantiel d’une mondialisation qui nous rend tributaire de la conjoncture. « Le plan vise les conséquences et non les causes », regrette Corinne Lepage. Cette ligne d’ajustements plutôt que de réformes profondes est assumée par la droite. Elle est parfaitement symptomatique de sa perte d’indépendance, subie ou choisie. À chacun de trouver ce credo pertinent ou non.
vendredi 4 novembre 2011
L'ALTERNATIVE DE JACQUES ATTALI POUR SORTIR DE LA CRISE ? BIEN CHOISIR SA SOUMISSION
Attention, oreilles sensibles et patriotes s'abstenir. Interrogé hier sur France 24 à propos de la crise qui secoue l'Europe, l'omniprésent (-potent ?) président de PlaNet Finance, Jacques Attali, a exposé succinctement ses solutions, et ce qui représente pour lui, la seule alternative raisonnable : choisir son maître, entre l'allégeance à la finance internationale ou au fédéralisme européen.
Considérant la crise grecque comme un épiphénomène, la partie émergée d'un défaut de gouvernance économique et politique européenne, Attali engage les Etats membres à respecter leurs engagements budgétaires au plus vite : "Ce n’est pas manifester dans la rue ni refuser les nécessaires plans d’austérité qui rembourseront des dettes contractées démocratiquement". Et de désespérer de ne pas voir se dessiner à l'issue du G20 les contours d'une véritable gouvernance mondiale...
Enfin, lorsqu'on lui demande de juger des compétences et de la stature présidentielle de François Hollande, l'impérialiste libéral décomplexé ne cache pas ses affinités ni son estime pour le corrézien : "La question n'est pas qu'il ne soit pas expérimenté. David Cameron non plus n'avait pas été ministre avant d'être à la tête du gouvernement britannique [...] François Hollande est tout à fait capable d'occuper le poste, tout à fait capable"♦
Enfin, lorsqu'on lui demande de juger des compétences et de la stature présidentielle de François Hollande, l'impérialiste libéral décomplexé ne cache pas ses affinités ni son estime pour le corrézien : "La question n'est pas qu'il ne soit pas expérimenté. David Cameron non plus n'avait pas été ministre avant d'être à la tête du gouvernement britannique [...] François Hollande est tout à fait capable d'occuper le poste, tout à fait capable"♦
jeudi 3 novembre 2011
RÉFÉRENDUM GREC : L'ESPOIR DÉMOCRATIQUE MORT-NÉ AU LENDEMAIN DE LA FÊTE DES MORTS
J'ai hésité à écrire cette note, mais le péché d'orgueil autant que la tentation ont été trop forts. C'est en effet avec une certaine délectation (et une pensée émue et pas du tout ironique pour la "démocratie participative référendaire", quoi que...) que je constate aujourd'hui le mutisme assourdissant des bobos idéalistes qui avant-hier s'érigeaient en champions du vox populi. Il est vrai le tableau avait tout plaire : l'agora grecque, berceau de la démocratie, montrant l'exemple au monde entier par l'initiative solitaire pour le moins courageuse de son Premier ministre, Georges Papandréou.
Et puis cet après-midi, voilà-t-y-pas qu'nos chers indign... pardon, "inspirés", connurent le deuxième effet kiss cool : la découverte du pragmatisme ! "Quoi ? Comment ? Papandréou renonce au référendum ?! Les pressions ont dû être trop fortes, ça n'est pas possible autrement !"
Exposons donc aux crédules la dure réalité. Papandréou, filou jusqu'au bout, a tenté un coup de bluff, pour deux raisons de politique intérieure. Premièrement, pour monnayer le retrait du référendum contre le vote de confiance parlementaire et, subséquemment, son maintien à la tête du gouvernement. Deuxièmement, pour renégocier des conditions de l'accord de Bruxelles, dans le sens notamment d'un surcroît d'aides aux banques grecques.
Audacieuse mais contre-productive, une telle manœuvre ne fait évidemment que discréditer encore un peu plus Papandréou. A tel point que le chef de l'opposition grecque, Antonis Samaras, réclame ce soir sa démission — une requête de bonne guerre autant que légitime.
Où en sommes-nous à l'heure actuelle et qu'en sera-t-il demain ?
Bien malin qui pourrait le dire, puisque chaque jour réserve son lot de revirements. Nicolas Sarkozy est apparu, cet après-midi à la conférence de presse du G20, encore plus fatigué que la veille. Portant physiquement les stigmates du combat affreusement complexe contre la crise économique et politique, il a seriné son dogme de nécessaire sauvegarde de l'euro. Quitte à user d'un sophisme elliptique pour tenter de préserver sa propre crédibilité, argument de campagne pour la présidentielle de 2012. "L'euro est au cœur de l'Europe. Et donc faire imploser la zone euro, ce serait faire imposer l'Europe". Pas convaincu ? C'est normal.
Toujours est-il que ce n'est pas ce soir que la Grèce et l'Europe sortiront de l'impasse. Mathieu Plane, l'économiste médiatique de l'OFCE, rappela tout à l'heure sur France 24, qu'un départ de la Grèce, à fortiori non concerté, ne serait un service pour personne ; ni pour elle, ni pour nous. En économie ouverte, des engagements politiques et financiers mulilatéraux ne peuvent pas se détricoter rapidement et de façon indolore. D'ailleurs, seule une naïveté béate et inconséquente aurait pu résumer le référendum à une pure victoire démocratique, en oubliant que les Grecs auraient à choisir en creux entre la peste et le choléra.
Un accord est passé à l'unanimité, après des mois de négociation, voulue en particulier par le Parlement et le gouvernement grecs ; il convient de s'y tenir, par respect pour les Grecs et les partenaires européens. Si l'on n'en veut pas, on ne le signe pas. Papandréou vient subitement de s'en souvenir, qui vend ce soir le vote du Parlement comme celui de la seule représentation nationale légitime. Et sinon, quoi d'autre de concret au programme du G20 ?
Et puis cet après-midi, voilà-t-y-pas qu'nos chers indign... pardon, "inspirés", connurent le deuxième effet kiss cool : la découverte du pragmatisme ! "Quoi ? Comment ? Papandréou renonce au référendum ?! Les pressions ont dû être trop fortes, ça n'est pas possible autrement !"
Audacieuse mais contre-productive, une telle manœuvre ne fait évidemment que discréditer encore un peu plus Papandréou. A tel point que le chef de l'opposition grecque, Antonis Samaras, réclame ce soir sa démission — une requête de bonne guerre autant que légitime.
Où en sommes-nous à l'heure actuelle et qu'en sera-t-il demain ?
Toujours est-il que ce n'est pas ce soir que la Grèce et l'Europe sortiront de l'impasse. Mathieu Plane, l'économiste médiatique de l'OFCE, rappela tout à l'heure sur France 24, qu'un départ de la Grèce, à fortiori non concerté, ne serait un service pour personne ; ni pour elle, ni pour nous. En économie ouverte, des engagements politiques et financiers mulilatéraux ne peuvent pas se détricoter rapidement et de façon indolore. D'ailleurs, seule une naïveté béate et inconséquente aurait pu résumer le référendum à une pure victoire démocratique, en oubliant que les Grecs auraient à choisir en creux entre la peste et le choléra.
Un accord est passé à l'unanimité, après des mois de négociation, voulue en particulier par le Parlement et le gouvernement grecs ; il convient de s'y tenir, par respect pour les Grecs et les partenaires européens. Si l'on n'en veut pas, on ne le signe pas. Papandréou vient subitement de s'en souvenir, qui vend ce soir le vote du Parlement comme celui de la seule représentation nationale légitime. Et sinon, quoi d'autre de concret au programme du G20 ?
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mercredi 2 novembre 2011
LE PS ET LE RÉFÉRENDUM GREC : JOKER DU 50/50 OU DU COUP DE FIL À UN AMI ?
Aubry et Hollande alliés pour un communiqué commun. C'est suffisamment rare pour être souligné. Ils n'étaient certainement pas trop de deux pour porter la voix du parti dans l'actuelle tourmente européenne. Néanmoins, leur réaction au référendum grec, publiée sur le site du parti socialiste, se sera faite attendre. Trop. A leur décharge, leur hésitation et leur trouble étaient aussi "compréhensibles" que le référendum pour la ligne modérée du parti. Car valider sans nuance l'option référendaire de Papandréou au nom de la démocratie, aurait été paradoxalement un très mauvais calcul pour le destin du PS. Cela aurait vraisemblablement donné raison in fine au Front National, en facilitant officiellement et sans vergogne l'implosion de l’euro.
La solution de moindre mal consista donc hier à envoyer en service commandé le fusible Montebourg, quitte à sacrifier le fou sur l’échiquier politique pendant quelques années. Après avoir bataillé sur Twitter pour expliquer ses positions face à une partie de la presse légitimement dubitative, en particulier contre le journaliste Jean Quatremer de Libération, l'ex-futur impétrant et ses détracteurs finirent par se calmer sous l'effet du baume Hollande-Aubry.
La stratégie opposée aurait abouti au même résultat : accréditer le plan de Sarkozy-Merkel s'apparenterait en effet, en cas d'échec, à une complicité coupable de la gauche, conduisant à l'avènement irrésistible de Marine Le Pen en 2012.
En réalité, très peu de commentaires officiels auront été observés aujourd'hui de la part des responsables de partis. Preuve d'un malaise général sur une situation clivante et profondément incertaine pour tout le monde.
La stratégie opposée aurait abouti au même résultat : accréditer le plan de Sarkozy-Merkel s'apparenterait en effet, en cas d'échec, à une complicité coupable de la gauche, conduisant à l'avènement irrésistible de Marine Le Pen en 2012.
En réalité, très peu de commentaires officiels auront été observés aujourd'hui de la part des responsables de partis. Preuve d'un malaise général sur une situation clivante et profondément incertaine pour tout le monde.
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mardi 1 novembre 2011
RÉFÉRENDUM GREC : LA DÉMOCRATIE AU PILORI
"Irresponsable et insultant", a commenté l'umpiste Christian Estrosi, inquiet qu'une telle (in)décision ne ruine les efforts de Nicolas Sarkozy pour la stabilité de la zone euro et accessoirement pour la réélection de la droite à la présidentielle française de 2012.
Toutes les places boursières plongeaient déjà à la mi-journée, le CAC40 reculant de plus de 4%, le DAX de 5%. Deux réunions d'urgence élyséennes dans l'après-midi, dont un entretien téléphonique entre le chef d'Etat français et la chancelière allemande Angela Merkel (si elle ne s'est pas encore étouffée en mangeant ses Bretzel).
Décidément constants dans l'inconstance, l'irresponsabilité et l'égoïsme outranciers, les dirigeants grecs accomplissent la mission d'une Furie vengeresse, décidée à en finir avec la Grèce autant qu'avec l'Union européenne. La Grèce, début et fin d'une aventure européenne ? L'Histoire ou la légende retient que c'est sur Patmos, une île grecque, que l'Apocalypse aurait été rédigée par Jean l'Evangéliste...♦
ADIEU ESPRIT : LA MORT, FUTUR LEADER DE LA MODE
jeudi 20 octobre 2011
CRISE ET BUDGET : APPEL À L'UNION SACRÉE
Le temps n'est plus au clivage droite-gauche. La formule n'est pas galvaudée : au contraire, elle n'a jamais été plus appropriée. Car, tandis que le monde politique et financier s'inquiète de la dégradation des notes souveraines et de la fébrilité boursière, notre classe politique hexagonale peine à s'accorder.
"Messieurs de l'UMP, balayez les premiers !"
Plutôt que de lister et chiffrer les dépenses d'un programme qui n'est pas encore décidé par le parti socialiste, l'UMP ferait mieux de prouver son sens des responsabilités. Le pragmatisme commande aujourd'hui d'accepter les propositions de tous bords. Que l'exécutif organise une table ronde avec toutes les sensibilités politiques et cela ne pourra que rassurer la France, ses partenaires, mais aussi les investisseurs. A défaut d'être une condition suffisante de stabilisation des marchés, c'est du moins une condition nécessaire.
La dette, l'éternelle patate chaude
En face, lorsqu'une partie de la gauche propose une pure relance keynésienne, elle flatte l'électeur contemporain mais fait montre d'une inconséquence larvée, en reportant le règlement de la dette sur nos enfants, petits-enfants, et générations suivantes. Le principal que nous n'aurons pas payé devra l'être par nos descendants, renchéri d'une charge de la dette exponentielle. En outre, davantage de dépenses publiques signifiera demain et après-demain plus d'impôts et donc moins de consommation, d'investissement, de production, de croissance et d'emploi.
Après le temps des comparaisons, celui de la raison
Ne nous laissons pas aveugler par les comparaisons. Oui, d'autres nations industrialisées font moins bien que nous. Non, nous n'avons pas le plus fort taux d'endettement public. Simplement, nous n'avons plus suffisamment de contreparties de croissance face à la dette. Et de ce point de vue, d'autres nations rentabilisent et transforment bien mieux l'endettement que nous. Dont acte. La rigueur n'est pas une préoccupation accessoire. Que la médication soit concertée ou non (fédéralisme européen effectif ou, à l'inverse, dirigisme et alliances européennes d'états-nations), le présidentiable qui ne fera pas de la question de la stabilité et du sérieux budgétaires sa priorité pour 2012, sera un inconscient ou un démagogue. Peut-être les deux.
Le couple franco-allemand sauvera-t-il la zone euro ?
Nombre de regards seront braqués dimanche sur le prochain sommet européen. N'attendons pas son issue pour nous souvenir des bégaiements de l'Histoire. Le début du siècle passé nous a révélé l'escalade à laquelle pouvait conduire la conjonction de l'instabilité politico-monétaire et de la crise de confiance bancaire. Rappelons sans relâche à nos dirigeants qu'ils n'ont pas le droit d'être suicidaires.
Plutôt que de lister et chiffrer les dépenses d'un programme qui n'est pas encore décidé par le parti socialiste, l'UMP ferait mieux de prouver son sens des responsabilités. Le pragmatisme commande aujourd'hui d'accepter les propositions de tous bords. Que l'exécutif organise une table ronde avec toutes les sensibilités politiques et cela ne pourra que rassurer la France, ses partenaires, mais aussi les investisseurs. A défaut d'être une condition suffisante de stabilisation des marchés, c'est du moins une condition nécessaire.
En face, lorsqu'une partie de la gauche propose une pure relance keynésienne, elle flatte l'électeur contemporain mais fait montre d'une inconséquence larvée, en reportant le règlement de la dette sur nos enfants, petits-enfants, et générations suivantes. Le principal que nous n'aurons pas payé devra l'être par nos descendants, renchéri d'une charge de la dette exponentielle. En outre, davantage de dépenses publiques signifiera demain et après-demain plus d'impôts et donc moins de consommation, d'investissement, de production, de croissance et d'emploi.
Après le temps des comparaisons, celui de la raison
Nombre de regards seront braqués dimanche sur le prochain sommet européen. N'attendons pas son issue pour nous souvenir des bégaiements de l'Histoire. Le début du siècle passé nous a révélé l'escalade à laquelle pouvait conduire la conjonction de l'instabilité politico-monétaire et de la crise de confiance bancaire. Rappelons sans relâche à nos dirigeants qu'ils n'ont pas le droit d'être suicidaires.
mardi 11 octobre 2011
PRIMAIRE SOCIALISTE : DERNIÈRE LIGNE DROITE... AVANT LES COURBES
Néanmoins, le vrai face-à-face aura lieu demain soir, Martine retrouvant François sur France 2, pour l'explication socialiste d'entre-deux tours. Afin de répondre aux exigences de pluralité et d'impartialité que lui impose son statut, et éviter les foudres de la majorité et du CSA, le service public a en outre prévu un débat ultérieur entre les différentes sensibilités de l'UMP.
Le futur candidat, s'enorgueillissant d'un début de légitimité pourrait bien être atteint de surdité précoce et sélective. Déjà hier, François Hollande assura aux électeurs de Montebourg qu'il les avait "entendus", tandis que Martine Aubry assurait qu'elle ne changerait pas de cap pour complaire aux partisans de la démondialisation.
Finalement, n'eût-il pas été plus démocratique d'avoir un seul candidat donnant la parole à l'ensemble du peuple plus qu'à ses alliés directs ou aux amis de ses amis ? A moins qu'Hollande et Aubry, heureux d'utiliser les règles de la Ve République pour défendre les vertus d'une VIe encore abstraite, ne parviennent à satisfaire tout le monde — un grand écart que même Marine Le Pen trouverait douloureux pour les articulations institutionnelles. Et dire que les deux "impétrants", comme les a nommés Arnaud Montebourg (qui vient de s'attacher une particule virtuelle depuis son "quasi triomphe" du premier tour), vantent les mérites de la cohérence. Mieux vaut entendre cela que d'être sourd♦
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jeudi 8 septembre 2011
AIDE A LA GRÈCE : ENCORE UN PEU DE SUEUR FRANÇAISE
"Idiote". Voilà ce que dit la sénatrice PS Nicole Bricq de la règle d'or. Et il est vrai que certains télescopages ressemblent dangereusement à du foutage de gueule aggravé. Le second collectif budgétaire 2011 prévoit ainsi l'application à la fois du plan de rigueur ET de l'aide à la Grèce. En clair : Français-vaches à lait, serrez-vous la ceinture pour sauver la Grèce qui s'est largement engraissée♦
FRANÇOIS HOLLANDE VOTE LE PLAN DE RIGUEUR "PAR ERREUR" !
Toujours est-il que pour un socialiste, à fortiori président de la Commission des finances de l'Assemblée Nationale — excusez du peu — ça la fout franchement mal. Première réaction à chaud d'un député, celle de Lionel Tardy (UMP) : "Ca ne fait pas sérieux". Tu m'étonnes.
Ces politiques sont élus et rémunérés pour conduire notre destin national, et lors d'un vote de première importance, ils ne sont même pas fichus d'actionner un simple bouton. Je n'ose imaginer la difficulté qu'ils auront à redresser le pays si les Français leur accordent malgré tout leur confiance en 2012. Cependant, il m'est d'avis que les électeurs, eux, ne commettront pas avec leur bulletin une maladresse analogue...
Ces politiques sont élus et rémunérés pour conduire notre destin national, et lors d'un vote de première importance, ils ne sont même pas fichus d'actionner un simple bouton. Je n'ose imaginer la difficulté qu'ils auront à redresser le pays si les Français leur accordent malgré tout leur confiance en 2012. Cependant, il m'est d'avis que les électeurs, eux, ne commettront pas avec leur bulletin une maladresse analogue...
L'AVEU DE NKM : "ON NE PRÊTE PAS AUX GRECS PAR ALTRUISME"
Je ne peux résister à l'envie d'archiver ce terrible aveu de la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors du duel avec Marine Le Pen sur itélé hier soir :
"On ne prête pas aux Grecs par altruisme [..] On ne le fait pas parce qu'on les aime, mais pour sauver nos banques qui détiennent de la dette grecque".
Vous pensiez qu'être cynique, amoral, ruineux (15 milliards de plus de prêts votés aujourd'hui pour la Grèce, une somme qu'on ne reverra vraisemblablement jamais), inconséquent et hypocrite tout à la fois était une chimère ? Et bien non, c'est possible, la preuve ! Les membres du gouvernement n'ont même plus de scrupules à reconnaître leur manque de solidarité réelle : ils ne perfusent un autre membre de la zone euro qu'à contre-coeur, dans un effort désespéré pour maintenir la France dans leur mirage vacillant. Face à des fondements économiques, politiques et moraux aussi fragiles, l'effondrement de l'actuel édifice européen ne semble plus qu'une question de mois♦
"On ne prête pas aux Grecs par altruisme [..] On ne le fait pas parce qu'on les aime, mais pour sauver nos banques qui détiennent de la dette grecque".
vendredi 26 août 2011
CURE FILLON : TRIPLE ZÉRO MENTION INUTILE
Vous savez, ces vendeurs de soda à la sauvette installés à l'entrée d'un parc à thème depuis la taxe voulue par le chef du gouvernement, cette équipe de poseurs d'une conscience filiale incomparable, prêts à défendre leur cap droitier néo-libéral quelle que soit la tourmente économique et sociale. Des aveugles qui courent, tout sourire, sur le bord d'un précipice rédhibitoire.
Simultanément ou presque, on a eu le droit à Xavier Bertrand le prudent ministre du Travail qui avait préféré devancer l'appel en annonçant lui-même les nouveaux chiffres accablants (euphémisme) du chômage. On aurait presque pu croire en sa contrition, si un rappel à l'ordre de sa hiérarchie, ou son propre instinct de survie, ne lui avait pas soufflé un indécent "Je suis optimiste". Une formule dont l'esprit fut relayé ce matin par Nathalie Kosciusko-Morizet dans Bourdin & Co sur RMC. La ministre de l'Ecologie, relativisant la catastrophe, tenta une ultime anesthésie des esprits éveillés : "Au premier semestre 2011, l'emploi industriel a progressé pour la première fois depuis 10 ans !"
Quant au "plan" lui-même, de Fillon ou d'on ne sait plus qui exactement (peu importe pour le peuple en souffrance !), je vous épargne la liste exhaustive des critiques qui se sont abattues de toutes parts, telles des flèches enflammées sur un camp de fortune déjà très entamé par ses propres incohérences et atermoiements funestes. En vrac et presque à l'unisson, la rue, les médias et les tribunes politiques ont fustigé "le rafistolage", "le colmatage", "les propositions insuffisantes", "le report du chantier de la dépendance", "la vision court-termiste" d'une politique où "ce sont encore les petits qui paient, tandis que les plus riches ne vont supporter qu'une saignée fiscale de 3%" etc. En bref et en prévision, entre la rigueur, le chômage, la réduction des postes d'enseignant, et la rentrée syndicale, l'automne s'annonce décidément très "chaud"♦
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