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jeudi 14 mars 2013
FRANÇOIS, PAPE, 76 ANS ET (PRESQUE) TOUTES SES DENTS
Le nouveau pape, 76 ans, jésuite (une première) et Argentin, de prénom
François, en référence vraisemblablement à François d’Assise, mais aussi à
François Xavier et François 1er pendant le règne duquel fut fondé en
France l’ordre des jésuites, se veut humble et attaché à la mission sociale de son
apostolat. En particulier, l’ancien cardinal Bergoglio entend amplifier ici son
discours critique contre la spéculation boursière et financière. « Rassurons »
les droitiers et catholiques traditionalistes : en tant que souverain
pontife et chrétien social, il serait néanmoins plus proche politiquement d’un
gaulliste social que d’un marxiste. Notons d’ailleurs que le temporel rejoint
parfois le spirituel, dans des coïncidences étonnantes. A ce titre, qu’il
débute son pontificat le 14 mars 2013, soit le jour anniversaire des 130 ans de
la mort de Karl Marx, pourrait per se présager
d’un progrès, si ce n’est dans les institutions ecclésiales et doctrinales, du
moins dans le message social et critique de l’Eglise catholique. Saint Malachie
prédisait que ce pape serait le dernier. Certes, il n’a qu’un poumon et
certains de ses coreligionnaires lui donnent peu de temps à vivre, néanmoins il
ne semble pas à priori correspondre au « Pierre le Romain » de la
prophétie. Trêve d’élucubrations, laissons-le travailler et observons.
lundi 4 mars 2013
CHÔMAGE : REFORMEZ-VOUS QU'Y DISAIT L'BON HOLLANDE...
"Il n'y a pas d'exigence plus forte pour le gouvernement que la lutte contre le chômage". Le diagnostic était bon, dommage que les remèdes soient aussi vains. Ne pouvant retenir les emplois, ne disposant plus de souveraineté
suffisante pour jouer sur les leviers monétaires et budgétaires, et n’ayant pas
assez de crédibilité pour tenir tête aux Etats-Unis et aux pays émergents, l’exécutif
français, en la personne de François Hollande, nous ressort l’urgence d’une
politique de flexi-formation obligatoire des demandeurs d’emploi, semblant ignorer
qu’elle n’a pas permis de relancer les indicateurs économiques sous la mandature précédente (c'est le moins qu'on puisse dire). Les
chômeurs ne souffrent pas, pour la plupart, d’un manque de formation, mais d’un
manque de perspectives pertinentes et décentes. Alors, sauf à vouloir faire le jeu du
patronat (ne surtout pas le toucher, autrement que superficiellement ou apparemment !), cette
politique produira les mêmes effets qu’hier et restera socialement
sous-optimale.
Le gouvernement social-libéral rêverait que les demandeurs d’emploi, tels le facteur travail des modèles micro-économiques, s’adaptent au marché, sans avoir besoin de remettre en cause les traités européens, l’euro et la mondialisation. Hélas pour son futur bilan, la réalité est plus complexe et les travailleurs n’acceptent pas si facilement d’être formés et reformés, bringuebalés de stages en CDD, traités comme des marchandises et de simples variables d’ajustement. Il pourra bien multiplier les déclarations volontaristes et les formations proposées par Pôle Emploi, cela ne n’endiguera pas les délocalisations et donc ne résorbera pas le chômage. Comme l’Etat ne peut plus s’endetter davantage ni demander un surcroît d’efforts de solidarité aux actifs, on peut aisément en déduire que notre cher Président, loin d’être responsable et honnête, nous conduit dans une impasse dont la seule vertu sera d’exposer au grand jour et au grand public les incohérences et mensonges grossiers du système.
Le gouvernement social-libéral rêverait que les demandeurs d’emploi, tels le facteur travail des modèles micro-économiques, s’adaptent au marché, sans avoir besoin de remettre en cause les traités européens, l’euro et la mondialisation. Hélas pour son futur bilan, la réalité est plus complexe et les travailleurs n’acceptent pas si facilement d’être formés et reformés, bringuebalés de stages en CDD, traités comme des marchandises et de simples variables d’ajustement. Il pourra bien multiplier les déclarations volontaristes et les formations proposées par Pôle Emploi, cela ne n’endiguera pas les délocalisations et donc ne résorbera pas le chômage. Comme l’Etat ne peut plus s’endetter davantage ni demander un surcroît d’efforts de solidarité aux actifs, on peut aisément en déduire que notre cher Président, loin d’être responsable et honnête, nous conduit dans une impasse dont la seule vertu sera d’exposer au grand jour et au grand public les incohérences et mensonges grossiers du système.
mardi 13 novembre 2012
HOLLANDE : SA DÉCLARATION DE GUERRE CONTRE LA SOUVERAINETÉ SYRIENNE
Suite de l'indignité nationale. Durant sa première conférence de presse, le mardi 13 novembre à l'Elysée, François Hollande aura confirmé le peu d'estime qu'il a pour la souveraineté des peuples, signifiant en creux que la France s'apprêtait à réarmer les mercenaires djihadistes illégitimes et à préparer une issue libyenne à la crise en Syrie :
« J’annonce ici que la France reconnaît la coalition nationale syrienne comme la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement de la Syrie démocratique permettant d’en terminer avec le régime de Bachar al-Assad. »
mardi 14 août 2012
100 JOURS DE HOLLANDE : DÉJÀ L'ABDICATION ET L'EXIL
Au lendemain de la nuit d'émeutes à Amiens (plusieurs policiers blessés), le bon président Hollande nous a fait l'insigne honneur d'interrompre durant quelques minutes ses congés payés, pour réaffirmer sa volonté "ferme" de lutter contre la délinquance. Son arme ultime ? Manuel Valls, le chasseur de Roms sur les traces de son prédécesseur UMP Claude Guéant. Rien de neuf en somme. "Paroles, paroles". Napoléon avait choisi l'aigle pour le représenter, le peuple choisira bientôt le coucou pour figurer le "règne de Normal Ie", dont les promesses criées sonnent comme des suppliques affamées aux travailleurs Français : "Nourrissez-moi s'il vous plaît ! Payez-moi mes vacances !" Le changement ? Jamais, probablement. Mais ce qui est sûr que c'est que la rentrée sociale pourrait bien annoncer un nouveau slogan tacite : "La déception, c'est maintenant !"
lundi 23 juillet 2012
HOLLANDE ET LA RAFLE DU VEL' D'HIV : LES AMALGAMES ET L'AUTO-FLAGELLATION DES TRAÎTRES A LA NATION
C'est donc hier matin, durant la commémoration de la rafle du Vel' d'Hiv que le président français François Hollande a décidé d'inscrire ses pas dans ceux de son prédécesseur Corrézien, Jacques Chirac, en se livrant à un exercice expiatoire assumé. Trop bien assumé selon de nombreux observateurs.
"Ce qui s'est passé les 16 et 17 juillet 1942 à Paris, c'est un crime qui a eu lieu en France, commis par la France", asséna-t-il lors de son allocution officielle. Un amalgame implicite entre le gouvernement français collaborationniste et les résistants, que n'a pas manqué de dénoncer le gaullien Henri Guaino sur RMC : "cette France n'était pas ma France. Ma France c'est celle de Londres (...) Peut-être que M. Hollande se sent plus proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l'armistice ?" Hollande n'aurait peut-être pas été pétainiste, mais il n'est déjà plus tout à fait mitterrandien. Car au-delà de la distance volontairement prise avec "l'ère Sarkozy" par son rapprochement personnel et idéologique avec Chirac, c'est avec l'autre François que l'actuel chef de l'Etat règle ses comptes historiques.
Le but de la manoeuvre est double. D'abord, satisfaire certaines communautés et associations influentes qui, redécouvrant le passé ambivalent et trouble de Mitterrand, s'étaient offusquées de son refus de pénitence collective. Ensuite, les rassurer dans un présumé contexte de résurgence de l'antisémitisme en France. Hollande et Valls, son fidèle affidé de l'Intérieur, tous deux sionistes sans nuance, sont à la vérité aussi peu philosémites que ne l'étaient Clémenceau et Zola dans l'affaire Dreyfus.
Ils sont en revanche suffisamment opportunistes pour trahir la mémoire de la France qui résiste, et bafouer son honneur dans des amalgames tribaux et essentialistes qui n'ont rien à voir avec l'esprit et la lettre de notre République. Ce sont les mêmes qui stigmatisèrent Roger Garaudy, ancien résistant (sans francisque, lui), anti-stalinien, ami de l'Abbé Pierre, mais qui eut comme seul tort dans sa vie d'avoir fustigé la politique israélienne. Ce sont encore ces radicaux-socialistes zélés et lâches, qui, en service commandé pour le président du Crif, sont prêts à oublier toute mesure et raison, en amalgamant systématiquement les judéo-critiques, les antisionistes et les antisémites.
Comme nous l'avions prévu, François Hollande a précocement démontré qu'il n'incarne pas l'esprit universaliste, rationnel et éclairé français, pas plus qu'il n'aime un pays dont il est pourtant censé porter la voix dans le monde. Finalement, Hollande, c'est la France qui rampe, lèche servilement ceux qu'il identifie comme ses maîtres, veut oublier Mitterrand lorsque cela l'arrange et supplie pour sa propre rédemption, à défaut d'oeuvrer pour la nôtre.
mercredi 1 février 2012
FRANÇOIS HOLLANDE ENFARINÉ : CLAIRE SEGUIN EXPLIQUE SON GESTE PAR LE DÉSESPOIR
On connaissait l'"entartage", voici venue une nouvelle forme d'agression : l'"enfarinage".
Invité par la Fondation Abbé-Pierre pour parler du "contrat social pour le logement" dont il est cosignataire, François Hollande fut victime cet après-midi d'un geste malheureux, qui aurait pu prêter à rire s'il n'avait été provoqué par le désespoir. L'"agresseur", Claire Seguin, femme en colère de 45 ans, ancienne enseignante de l'Education nationale, et auteur du blog Un micro sous votre oreiller, fut rapidement évacuée par le service d'ordre et conduite dans une loge pour s'expliquer. Quelques journalistes présents recueillirent sa confession sur fond de difficultés personnelles, jusqu'à ce qu'une injonction fut donnée de l'isoler. Porte close. Fin de l'acte.
Réaction de la "victime" détendue : "C'est un acte irresponsable". François Hollande, en homme prétendument de gauche, aurait pu demander à converser avec cette femme, pour comprendre et calmer son courroux. Il n'en fit rien. Cet épilogue est très révélateur de sa conception technocratique et carriériste de la social-démocratie. Bien loin d'user d'empathie, le tartufe PS tira ridiculement vanité de la situation, se victimisant au passage : "Ce sont les risques du métier. Je les assume". Comme quoi, il n'y a pas que l'UMP qui regorge de courage...
De la décadence du pouvoir et de ses symboles : JFK aura eu le droit à un assassin, George W. Bush à un lanceur de pantoufles, Nicolas Sarkozy à un entarteur, et François Hollande à une "enfarineuse". C'est peut-être ça finalement la justice : avoir un bourreau à sa mesure.
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lundi 23 janvier 2012
MON ODE EN DEMI-TEINTE A FRANÇOIS HOLLANDE (MEETING DU BOURGET)
Et puis la mémoire sollicitée.Tous ces souvenirs, conscients, inconscients, les déceptions qui ressortent : des erreurs multiples de la gauche depuis 1983, aux vraies fausses illusions du candidat Sarkozy, le magicien de 2007 devenu depuis un pantin désarticulé, presque pathétique, maigre, essoufflé, chancelant à l'image de son quinquennat écoulé. Enfin, ces paroles vraies qui touchent, vont droit au cœur. Ce diagnostic clair et net, évident presque, malheureusement évident : l'aggravation des déficits ; le mot qui, selon Hollande, résume les 5 ans voire les 10 ans de la droite UMP "dégradation" ; l'accaparement du pouvoir par une minorité, une oligarchie que le candidat socialiste n'a pas hésité à qualifier d'"aristocratie"... Oui tout cela est certainement pertinent. Voilà quelles furent mes premières impressions spontanées. Ensuite, vient l'épreuve de vérité, celle de la raison qui revient à l'esprit et des pieds qui retombent sur terre. Et là, je dois avouer que je ne peux que porter un jugement mitigé.
Première méthode pour convaincre : se présidentialiser en s'élevant ostensiblement au-dessus du débat partisan. Ne nommant jamais Nicolas Sarkozy, il aurait pu y parvenir... s'il n'avait préalablement fixé son cap par opposition aux politiques de droite ; un exemple à ne pas suivre, dont il s'appliqua par conséquent à lister tous les travers. Candidat certes, mais homme de gauche avant tout. Une affiliation assumée, jusqu'au rappel de son propre itinéraire, de cet enfant né de normands conservateurs qui ne subit pas le socialisme mais le choisit. Chassez le naturel... Donc oui, dans ce discours, François Hollande est apparu en socialiste, bien plus qu'en rassembleur national.
Deuxième nécessité stratégique pour se poser, si ce n'est en rassembleur du peuple français, du moins en rassembleur de la gauche : synthétiser les propositions de ces anciens rivaux de la primaire, et au-delà, ratisser le plus large possible, du centre à l'extrême-gauche, en passant par les préoccupations écologistes. En peaufinant son discours, François Hollande n'aura oublié de flatter aucun allié potentiel. Et surtout pas ceux qui ne le ménagèrent pas ces dernières semaines, à savoir les membres de la fameuse "aile gauche de la gauche" (Hamon, Emmanuelli, Montebourg).
Troisième méthode : un fil rouge. Rouge, c'est le cas de le dire. Son nouveau leitmotiv, il le rôda mercredi lors de sa mini-conférence avec Stéphane Hessel aux Journées de Nantes: "je n'ai qu'un seul adversaire ; il n'a pas de nom, pas de visage. C'est le monde de la finance". Ambitieux, noble et surtout malin d'éviter la guéguerre stérile et sempiternelle gauche-droite, devenue indigeste pour l'électorat. Néanmoins, pour tout vous dire, je ne crois pas en la puissance de cette conviction. Pas une seule seconde. Qu'il ait entendu les doléances des classes populaires à travers le Front de gauche et repris, presque mot pour le mot, la sentence de Jean-Luc Mélenchon, cela ne fait aucun doute. Mais qu'il soit un jouteur crédible, en lice pour défaire cet ennemi tentaculaire, terminant son mandat victorieux, là où Sarkozy n'aura été qu'impuissant, ça c'est une autre histoire.
Les idées demandent du temps pour mûrir, les moyens d'actions politiques encore plus pour bâtir un édifice pérenne. "Le changement c'est maintenant", "L'esprit de la force", "La volonté". On a presque envie de lui dire, "tais tes intentions, et économise tes paroles, François, c'est demain que tu auras besoin de ton énergie". Quelle arme compterait-il, pourrait-il utiliser, hormis l'imposition ? Une lance insuffisante et mouchetée...
Sur le fond, les principaux thèmes d'actualité furent abordés. François Hollande surprit même les observateurs en anticipant certaines propositions concrètes et chiffrées. Il s'engagea notamment pour le retour de la retraite à 60 ans à taux plein avec 41 annuités, la création, confirmée, de 60 000 postes d'enseignant à effectif fonctionnaire constant, le retour à l'équilibre budgétaire d'ici 2016, l'inscription dans la Constitution de la loi de 1905 sur la laïcité, le droit de vote accordé aux étrangers dans les élections locales, l'élévation du taux de la dernière tranche de l'ISF à 45%, l'abaissement de 30% de la rémunération de l'exécutif, le doublement du plafond du livret A, le mariage homosexuel et l'adoption par les couples homoparentaux, l'interdiction des stock options, exiger des entreprises qui délocalisent qu'elles remboursent leurs aides publiques...
D'autres propositions restèrent plus allusives : faire de l'éducation et de la jeunesse sa priorité ; rétablir la justice partout (fiscale avec la fusion IRPP-CSG, financière par la taxe Tobin) et en finir avec les "petits caïds de quartier" ; équilibrer le mix énergétique (réduire la part du nucléaire, favoriser la recherche et le développement dans les énergies renouvelables et les économies d'énergie) ; séparer les activités de dépôt et d'affaires dans les banques, et mettre en place une banque d'investissement pour les PME ; préserver l'indépendance à la presse ; généraliser l'internalisation des coûts par le système "pollueur-payeur", notamment en surtaxant les produits étrangers (protectionnisme européen) ; remplacer Hadopi par une autre loi qui équilibrerait davantage les intérêts des créateurs et du public ; encadrer les loyers ; construire plus de logements sociaux ; organiser le retrait des troupes françaises d'Afghanistan sans attendre ; accroître la pression française sur le conseil de sécurité de l'ONU pour s'interposer en Syrie ; lutter contre un encadrement et un renforcement des relations franco-allemandes...
Emporté par son idéalisme de gauche, il se contenta d'inviter les électeurs séduits par le vote extrême ou l'abstention à plus de "confiance". Comme Nicolas Sarkozy avant lui, il se trompe de problème, en oubliant que la peur n'est pas qu'un phénomène irrationnel et qu'il ne suffit pas d'un discours volontariste pour l'éradiquer : des actes forts sont d'autant plus nécessaires qu'elle se fonde sur une extension réelle des clivages sociétaux et du chômage structurel. Bien sûr, l'espoir est une vertu porteuse de progrès, mais on ne gouverne plus en 2012 comme on le faisait en 1981. Et les électeurs qui se sont éloignés de la gauche durant ces trente dernières années savent très bien pourquoi ils l'ont fait. Ce qui paraît primordial aux déçus de l'UMP et du PS, il ne l'a pas identifié ou du moins ne souhaite-t-il pas en faire un axe de campagne. En particulier, il n'a pas compris que les valeurs conservatrices de droite ne sauraient se réduire à des questions contingentes, ni ne concerner que les alliés de la finance. Il lui restera jeudi une seconde chance de préciser les détails et le chiffrage de son programme.
Plus on se rapproche de l'échéance, plus les candidats exhibent leurs tripes, s'expriment de façon plus personnelle. Mélenchon et Le Pen dans le registre de la fronde et de la colère. François Bayrou dans la critique mesurée et la sérénité. François Hollande lui aussi est en train de se découvrir à nous, de se découvrir à lui. Il ne reste plus que le candidat de droite. J'ai parié que Nicolas Sarkozy, par un mauvais tour du destin ou par le vox populi, ne serait pas présent au second tour. J-91. Nous serons bientôt fixés♦
lundi 17 octobre 2011
LA ROSE ET LE NOIR : MES CONDOLÉANCES AU PARTI SOCIALISTE
Commedia dell'arte socialiste : le bal des masques
"Joyeux". Voici le mot pour le moins inattendu, entonné par un choeur féminin, hier hostile, aujourd'hui fidèle et dévoué. La veille du dernier round de scrutin de la primaire socialiste, Martine Aubry avait annoncé la "fête" à venir pour lundi. La fête n'aura pas attendu. Ce soir, elle et Ségolène Royal, auront en effet été les premières à féliciter leur nouveau champion, cherchant à étouffer dans l'oeuf les critiques de la droite sur la nouvelle et ridicule union de façade du parti socialiste derrière l'élu. Oui, nous y voilà ... enfin ! Une partie du peuple de gauche s'impatientait. La droite tout autant, qui attendait de mettre un nom et un visage sur son principal adversaire.
Et quel adversaire ! L'ex-monsieur normal, l'ex-gauche molle, l'ex-honni au sein de son propre camp — liste non exhaustive. Voilà la redoutable incarnation des espoirs du PS. Cet homme, vous l'aurez reconnu, c'est François Hollande.
Ce petit chose encore informe il y a quelques mois, emprunté, gentiment drôle, presque touchant, gagna de l'assurance à mesure que le projet socialiste lui-même structurait ses propositions, densifiait ses attaques contre le Président Sarkozy. "Le corrézien serait-il mûr pour l'affronter en 2012 ?", s'inquiétait-on. Avant de vaincre, il fallait convaincre et asseoir sa crédibilité ! Alors les amis, collègues, médias, sondages, artistes un peu rebelles et beaucoup "bobos", unirent leurs forces pour que le miracle s'accomplisse. "Ayez confiance", aimait-il répéter. D'ailleurs, l'illusion était parfaite, ou presque. Nous naviguions dans des eaux nouvelles, celle d'une démocratie exemplaire, préfiguration d'une gauche du XXIe siècle, sur le point d'accoucher de la VIe République. Seulement, il y avait des fils. De grosses ficelles qu'un enthousiasme aveugle et juvénile avait omis de dissimuler. Retour sur le prélude d'un pari pourtant bien tenté.
Et quel adversaire ! L'ex-monsieur normal, l'ex-gauche molle, l'ex-honni au sein de son propre camp — liste non exhaustive. Voilà la redoutable incarnation des espoirs du PS. Cet homme, vous l'aurez reconnu, c'est François Hollande.
Ce petit chose encore informe il y a quelques mois, emprunté, gentiment drôle, presque touchant, gagna de l'assurance à mesure que le projet socialiste lui-même structurait ses propositions, densifiait ses attaques contre le Président Sarkozy. "Le corrézien serait-il mûr pour l'affronter en 2012 ?", s'inquiétait-on. Avant de vaincre, il fallait convaincre et asseoir sa crédibilité ! Alors les amis, collègues, médias, sondages, artistes un peu rebelles et beaucoup "bobos", unirent leurs forces pour que le miracle s'accomplisse. "Ayez confiance", aimait-il répéter. D'ailleurs, l'illusion était parfaite, ou presque. Nous naviguions dans des eaux nouvelles, celle d'une démocratie exemplaire, préfiguration d'une gauche du XXIe siècle, sur le point d'accoucher de la VIe République. Seulement, il y avait des fils. De grosses ficelles qu'un enthousiasme aveugle et juvénile avait omis de dissimuler. Retour sur le prélude d'un pari pourtant bien tenté.
Un cirque de marionnettes
Tout avait été habilement campé. Le décor installé de longue date, les consciences préparées, lavées par les médias-sondages. Des débats et péroraisons pédantes, s'enlisant inlassablement dans une torpeur intellectuelle confortable pour étouffer la carence des solutions à gauche face à la crise. Douce, insensible transition des âmes vers l'automne. Juste l'excitation du combat interne entre caciques et candidats du PS pour éviter l'endormissement devant la télévision. Et entre deux joutes courtoises, une tape lénifiante et consensuelle sur l'épaule. "Triomphe de la démocratie participative... Merci Ségolène... Merci aussi à toi Arnaud... Merci à toi Manuel..." Hommages collatéraux, auto-congratulations avant les retrouvailles du 16 octobre 2011 et le grand banquet annoncé pour mai 2012.
Alors bien sûr, il y aura eu quelques pseudo-piques, puis le second tour. Ce duel à l'épée au petit matin déprogrammé pour un match de catch. Les jeux étaient bien moins "faits", comme le disait un Pierre Moscovici jouant sur le double sens, que les dés n'étaient pipés. Car tout ceci, mesdames et messieurs n'était qu'un cirque de marionnettes — chacune à la place qui lui était dévolue. La reine d'entre elles est une marionnette sans tête, s'agitant en tout sens. Un "truc qui ne dérange personne" pour citer Jean-François Copé, un "Monsieur je ne prends position sur rien" selon Christian Jacobs, le patron des députés UMP à l'Assemblée Nationale. Rendons hommage à la droite qui ce soir a vu clair dans le jeu d'une alliance médiatico-socialiste dont l'objectif ultime est la non réélection de Nicolas Sarkozy dans 7 mois.
Tout ça pour ça !
"Un faux suspens", dira le secrétaire général de l'UMP. A 20 heures déjà, Christian Jacobs, invité sur le plateau d'itélé, n'accusait pas mais, sans ambages, remettait en question la probité du dépouillement et par là-même, le symbole de la primaire socialiste. "Qui nous dit que le vainqueur est réellement celui que le PS nous vend ?!" Quelle valeur peut-on en effet accorder à une organisation dont les modalités sont aussi opaques qu'internes ?
Un candidat du PS a été chéri, façonné par des médias si soucieux de son image, qu'ils devinrent les conseillers de sa communication et de son régime. Donné gagnant par les sondages, l'homme s'est montré ostensiblement "digne". Tout en retenue, déjà présidentiable, face aux attaques et petites phrases de sa première concurrente, une certaine maire de Lille, ancienne ministre qui accepta d'endosser les habits de la mégère et du faire-valoir de circonstance. Cependant, afin de se poser en "représentant légitime du PS et de tous ceux qui souhaitent destituer Sarkozy en 2012", il convenait d'étayer ses éléments de langage par des chiffres et des faits.
Lessiveuse en marche : "Rassemblement" et "légitimité"
19h45. Premiers résultats partiels sur 120 000 votants : plus de 56% pour Hollande, moins de 44% pour Aubry. Un rapport qui ne se modifiera pas significativement, instillant chez une poignée de crédules un message : Hollande l'emporte avec une large avance, et cette marge est stable et constante quelle que soit la taille de l'échantillon. Ce message, vendu comme un fait objectif, valide un premier élément de langage officiel, celui que les spectateurs auront entendu toute la journée : "François Hollande veut et peut rassembler le parti socialiste".
D'abord, faire croire à un plébiscite populaire. Presque 3 millions de votants, un électorat qui, factuellement, dépasse largement la foule des militants et vraisemblablement mélange des sensibilités de gauche, de droite et du centre. Certains ont voté par adhésion idéologique, d'autres par calcul pour choisir celui des candidats qui leur semblait le plus faible face à l'actuel chef de l'Etat. Ce biais stratégique évoqué la semaine précédente, aura été omis aujourd'hui ; ce jour était certainement celui des sincères, alléluia ! Surtout, le parti et le peuple socialistes n'avaient pas de candidat naturel. Hollande n'avait pas d'expérience ministérielle, ni de légitimité populaire pour rivaliser face à Nicolas Sarkozy. La symbiose crevait les yeux ; elle était trop inespérée pour qu'une main invisible ou des intérêts marketings n'influencent le destin. Après avoir été propulsé devant les caméras, Hollande fut ainsi élevé sur cette estrade où il fit dans la soirée son premier discours de présidentiable.
Alors bien sûr, il y aura eu quelques pseudo-piques, puis le second tour. Ce duel à l'épée au petit matin déprogrammé pour un match de catch. Les jeux étaient bien moins "faits", comme le disait un Pierre Moscovici jouant sur le double sens, que les dés n'étaient pipés. Car tout ceci, mesdames et messieurs n'était qu'un cirque de marionnettes — chacune à la place qui lui était dévolue. La reine d'entre elles est une marionnette sans tête, s'agitant en tout sens. Un "truc qui ne dérange personne" pour citer Jean-François Copé, un "Monsieur je ne prends position sur rien" selon Christian Jacobs, le patron des députés UMP à l'Assemblée Nationale. Rendons hommage à la droite qui ce soir a vu clair dans le jeu d'une alliance médiatico-socialiste dont l'objectif ultime est la non réélection de Nicolas Sarkozy dans 7 mois.
Tout ça pour ça !
"Un faux suspens", dira le secrétaire général de l'UMP. A 20 heures déjà, Christian Jacobs, invité sur le plateau d'itélé, n'accusait pas mais, sans ambages, remettait en question la probité du dépouillement et par là-même, le symbole de la primaire socialiste. "Qui nous dit que le vainqueur est réellement celui que le PS nous vend ?!" Quelle valeur peut-on en effet accorder à une organisation dont les modalités sont aussi opaques qu'internes ?
Lessiveuse en marche : "Rassemblement" et "légitimité"
19h45. Premiers résultats partiels sur 120 000 votants : plus de 56% pour Hollande, moins de 44% pour Aubry. Un rapport qui ne se modifiera pas significativement, instillant chez une poignée de crédules un message : Hollande l'emporte avec une large avance, et cette marge est stable et constante quelle que soit la taille de l'échantillon. Ce message, vendu comme un fait objectif, valide un premier élément de langage officiel, celui que les spectateurs auront entendu toute la journée : "François Hollande veut et peut rassembler le parti socialiste".
D'abord, faire croire à un plébiscite populaire. Presque 3 millions de votants, un électorat qui, factuellement, dépasse largement la foule des militants et vraisemblablement mélange des sensibilités de gauche, de droite et du centre. Certains ont voté par adhésion idéologique, d'autres par calcul pour choisir celui des candidats qui leur semblait le plus faible face à l'actuel chef de l'Etat. Ce biais stratégique évoqué la semaine précédente, aura été omis aujourd'hui ; ce jour était certainement celui des sincères, alléluia ! Surtout, le parti et le peuple socialistes n'avaient pas de candidat naturel. Hollande n'avait pas d'expérience ministérielle, ni de légitimité populaire pour rivaliser face à Nicolas Sarkozy. La symbiose crevait les yeux ; elle était trop inespérée pour qu'une main invisible ou des intérêts marketings n'influencent le destin. Après avoir été propulsé devant les caméras, Hollande fut ainsi élevé sur cette estrade où il fit dans la soirée son premier discours de présidentiable.
Le candidat socialiste, à défaut d'avoir l'expérience, a du moins conquis son premier argument de campagne : "la légitimité démocratique". Fera-t-elle le poids face au socle électoral huit fois plus élevé dont pourra s'enorgueillir le premier magistrat de France ? Royal et d'autres en semblent persuadés, eux qui qualifient cette légitimité d'"incontestable", préparant leur défense contre la volée de bois vert que l'UMP réserve à Hollande.
Hollande : la synthèse improbable entre Valls, Montebourg, Aubry, Royal et Baylet
Bises à tout va, entre Ségolène, François, Martine, et tous les autres. Bravo aux artistes pour cette comédie, dont l'épilogue, hélas, ne se jouera que post-mortem. Pour l'heure, tous dans la boîte ... en sapin ! Car le PS n'est plus uniquement un cadavre à la renverse : il est déjà mort ! Supplicié par l'absence de crédibilité, écartelé par ses propres contradictions ! Loin d'être le sauveur de la gauche, François Hollande usera de l'hypocrisie environnante comme le fossoyeur de sa pelle, prêt à ensevelir un cadavre déstructuré et décomposé dans la tombe des convictions socialistes.
Et pendant que les "Hollandistes" s'apprêtaient à sabrer le champagne au siège parisien du parti rue de Solférino, Henri Guaino, invité du Grand Jury sur RTL, se fit diable sonneur de glas. Se réappropriant insidieusement le protectionnisme de Montebourg et Mélenchon, le conseiller spécial du président de la République démontra que la droite n'avait pas dit son dernier mot, et qu'elle était prête à tout pour conserver l'Elysée. Même à vampiriser l'aile gauche esseulée au sein de cette nouvelle équipe sociale-démocrate. Au loin, une autre chanson fait écho à sa mélodie. Un dies irae sarcastique, martelé par la dernière candidate qui puisse encore ambitionner le second tour de la présidentielle...
Hollande : la synthèse improbable entre Valls, Montebourg, Aubry, Royal et Baylet
Et pendant que les "Hollandistes" s'apprêtaient à sabrer le champagne au siège parisien du parti rue de Solférino, Henri Guaino, invité du Grand Jury sur RTL, se fit diable sonneur de glas. Se réappropriant insidieusement le protectionnisme de Montebourg et Mélenchon, le conseiller spécial du président de la République démontra que la droite n'avait pas dit son dernier mot, et qu'elle était prête à tout pour conserver l'Elysée. Même à vampiriser l'aile gauche esseulée au sein de cette nouvelle équipe sociale-démocrate. Au loin, une autre chanson fait écho à sa mélodie. Un dies irae sarcastique, martelé par la dernière candidate qui puisse encore ambitionner le second tour de la présidentielle...
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jeudi 8 septembre 2011
FRANÇOIS HOLLANDE VOTE LE PLAN DE RIGUEUR "PAR ERREUR" !
Toujours est-il que pour un socialiste, à fortiori président de la Commission des finances de l'Assemblée Nationale — excusez du peu — ça la fout franchement mal. Première réaction à chaud d'un député, celle de Lionel Tardy (UMP) : "Ca ne fait pas sérieux". Tu m'étonnes.
Ces politiques sont élus et rémunérés pour conduire notre destin national, et lors d'un vote de première importance, ils ne sont même pas fichus d'actionner un simple bouton. Je n'ose imaginer la difficulté qu'ils auront à redresser le pays si les Français leur accordent malgré tout leur confiance en 2012. Cependant, il m'est d'avis que les électeurs, eux, ne commettront pas avec leur bulletin une maladresse analogue...
Ces politiques sont élus et rémunérés pour conduire notre destin national, et lors d'un vote de première importance, ils ne sont même pas fichus d'actionner un simple bouton. Je n'ose imaginer la difficulté qu'ils auront à redresser le pays si les Français leur accordent malgré tout leur confiance en 2012. Cependant, il m'est d'avis que les électeurs, eux, ne commettront pas avec leur bulletin une maladresse analogue...
samedi 2 avril 2011
FRANÇOIS HOLLANDE, PAUVRE PÊ(É)CHEUR ?
Source vidéo : itélé.
Pour un 1er avril, le candidat corrézien aux primaires socialistes a choisi un premier auditoire de circonstance : les pêcheurs du Pas-de-Calais. Après Martine à la plage, ladies and gentlemen, voici François à la pêche ! Lorsqu'il a su que "Celui qui va à la chasse perd sa place", il a tout de suite préféré aller à la pêche. Espérons toutefois pour le poissonnier qui se rêve président en 2012, qu'il ne perdra pas la sienne de place, en s'immergeant dans les primaires. Saint François Hollande parviendra-t-il à capturer dans ses filets roses les adeptes de gauche avant qu'une vague d'une autre couleur n'emporte tout sur son passage ? La suite au prochain épisode.
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