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jeudi 8 janvier 2015

"JE SUIS CHARLIE" : UN MIMETISME RASSURANT... OU PAS

C'est un peu à contrecœur que je publie une note sur l'environnement des attentats contre le journal satirique Charlie Hebdo. Comme tout le monde, j’ai trouvé ces mouvements de foule spontanés impressionnants. Je les ai trouvés également inquiétants, car les gens ne savaient pas encore ce qui s’était exactement passé qu’ils étaient déjà absorbés par l’émotion. On vend au public un spectacle auquel il ne prend nullement part et instantanément le simple spectateur s'identifie, comme s’il était lui-même en face de l’attentat : il pleure, et, pénétrant dans un état de sidération, oublie tout esprit critique, toute vigilance, pourtant fort utile dans une situation où des terroristes rôdent.

C'est par l'un de ces correspondants émus que je fus averti hier, en début d’après-midi, qu’un attentat s’était produit. Mon interlocuteur, comme soudainement privé de tout jugement et endoctriné dans une secte, n’a pu me faire partager que le hashtag "#JeSuisCharlie". Et, telle la psalmodie répétée dans la foulée d'un prêtre ou un gourou, ce leitmotiv hypnotique qui stipule que je est un autre (la définition même de l'aliénation) essaima toute la soirée, toute la nuit, et encore le lendemain, partout, sur des édifices municipaux, dans les transports, sur des panneaux publicitaires, en France comme à l'étranger. Et gare à celui qui tardait à rallier ce mouvement ! Il convenait en effet de dispenser cet évangile de vive voix et promptement, pour montrer sa compassion, ainsi que pour pouvoir dire plus tard que, dans une vie sans relief, nous construisîmes tout de même un moment d'histoire : nous étions là, dans la rue ou sur twitter, ce 7 septembre 2015, nom de Dieu !... Les médias sociaux, devenus la source principale de conditionnement des esprits, savent à présent bien exploiter le besoin compensatoire qu’ont des êtres trop rationnels dans leur travail et trop isolés, de se retrouver et de se livrer à des manifestations brutes d’affects.

Parallèlement aux badauds, les politiques y sont allés de leur Marseillaise, et ont répondu à l'appel des manifestations, au nom de la liberté de la presse, et de la liberté tout court, la république en danger etc. A leur élan sincère s'est ajouté l'instinct opportuniste et déjà, cet après-midi, la volonté d'unité nationale, se brisant sur les récifs du pragmatisme partisan pour refluer vers l'utopie, a disloqué l'espoir d'une alliance œcuménique entre PS, UMP, FN et autres sensibilités, lors de la marche prévue dimanche.

jeudi 17 janvier 2013

STRATÉGIE DU CHAOS : L'ALGÉRIE EST BIEN LA PROCHAINE SUR LA LISTE

La cible de l’intervention au Mali était bien l’Algérie comme nous le supputions il y a quelques jours. Prochain pays sur la liste, après la Syrie, à être déstabilisé afin que son régime nationaliste tombe et soit remplacé par des islamistes labellisés, plus ou moins « modérés » selon la terminologie oligarchique. Aqmi a été armée et formée pendant des mois par des officines françaises, et financée par les mêmes pays (monarchies du Golfe) qui soutiennent la France dans ce conflit. Après la Tunisie, la Libye, la Syrie, la France semble bien poursuivre sa stratégie du chaos. Suite à son enlisement programmé et prévisible, nos dirigeants gagent que les effets de notre impopularité croissante en Algérie (et dans la communauté algérienne de France) fourniront, une fois encore, une diversion opportune à la faillite du système bancaire et financier. Ainsi, après quelques bavures et endoctrinements islamistes, les populations locales se retourneront légitimement, comme c’est presque toujours le cas dans ce genre de situation, contre le néo-impérialisme de l’ancien colon, nourrissant tensions et attentats. Le résultat sera une guerre civile au bled et peut-être dans nos banlieues, qui précipitera à terme, non le terrorisme (fabrication infiniment malléable et donc éternelle), mais l’actuel régime militarisé algérien. Avant l'étape suivante du processus...

lundi 9 juillet 2012

MOHAMED MERAH : "LA MORT JE L'AIME COMME VOUS AIMEZ LA VIE" (DOCUMENT SONORE MADE IN TF1)

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Alors que l'opinion n'en parlait plus, que certains l'avaient presque oublié, voilà que TF1 exhume le cas Merah, du fin fond de la torpeur estivale et des creux d'audience du début juillet (ceci explique peut-être cela, audimat oblige).

Rentré d'une balade dominicale hier soir, je me mets devant la télévision peu avant 20 heures et allume France 2. Actu pauvre, un fait divers en boîte de nuit ouvre la messe de Laurent Delahousse. Je zappe sur TF1 et, ô stupeur ! Chazal annonce un soi-disant enregistrement inédit du tueur de Toulouse et Montauban. Le son est d'une qualité médiocre, gâché par du souffle et du bruit de fond, mais suffisamment précis pour entendre le timbre déterminé autant que le langage bafoué ribériste, caricatural d'un beur djihadiste que les médias tiennent à tout prix à nous vendre. Les "wesh t'as vu" fricotent avec des fautes de syntaxe en rafale. Emmanuel Chain producteur de l'émission Sept à huit dans laquelle un extrait a d'abord été passé, explique ce choix de diffusion, qui semble inutilement polémique et blessant pour les familles de victimes, par la nécessité d'informer et de lever les doutes qui planaient encore sur cette affaire (tu m'étonnes !)

Lorsqu'on lui en demande davantage, l'homme se réfugie derrière une autre priorité journalistique : le secret des sources. Commode. Le document est circonstancié au minimum, n'ayant de valeur que si l'on en accorde aux propos du retranché. N'importe qui aurait pu finalement se faire passer pour Merah, imiter grossièrement un accent de maghrébin et feindre le cynisme comme dans le présent document. "Un enregistrement exclusif fourni par TF1". Connaissant le passif de la première chaîne française en matière d"'investigations sérieuses" on est effectivement en droit de se poser des questions sur son authenticité et sa finalité.

Tout peut être vendu aux consommateurs français, ce sont de bons clients, d'autant que "plus le scoop est gros plus il passe". L'important pour les médias est de fournir un récit auxquels une majorité de téléspectateurs "gogos" non seulement pourra adhérer mais désirera sincèrement adhérer. Pour celui qui veut y croire, l'échange téléphonique, véritable immersion dans un film de truands à l'américaine, aurait donc eu lieu durant les 32 heures de siège avec un ancien contact policier de Merah. La police des polices a d'ailleurs ouvert hier une enquête afin de découvrir dans quelles conditions cet enregistrement confidentiel a pu ainsi fuiter.

Simple recherche d'audimat ? Pas sûr. Un autre motif idéologique et politique existe. Dis-moi qui est derrière TF1 et le Figaro (qui a rapidement mis en ligne sur youtube des extraits du dialogue), et dis-moi quels sont leurs intérêts face au "monde arabo-musulman grand public" et je te donnerais la réponse. Jean-Jacques Bourdin s'est lui aussi empressé de diffuser à 7h10 sur RMC les moments clés de la conversation. En se justifiant immédiatement : "Cela fera taire les théories du complot qui se sont développées depuis mars, sur une éventuelle manipulation policière ou une responsabilité d'Israël (...) C'est la preuve que Merah a bien existé et qu'il n'avait vraiment rien d'admirable". Les médias essaient de nous vendre un début de psychose antisémite en France en continu depuis trois mois, et ce testament phonique ressemble à un parachèvement, la fermeture de la boucle. Seulement, à l'inverse des élucubrations, certaines rumeurs basées sur des faits fragmentés mais exceptionnels ainsi que sur l'expérience et la raison, ne sont jamais totalement infondées.

Merah serait-il donc ce fanatique froid et calculateur, impavide, à la mode de Hollywood, cet affreux arabe islamiste de réseau, qui prétend explicitement agir pour le compte d'un cadre d'Al-Qaïda ? En réalité, au grand dam de TF1, du Figaro et de RMC, le soi-disant entretien de Merah s'avère plus suspect que convaincant. La polémique et le conspirationnisme sont bel et bien relancés. Merci, à qui de droit...

dimanche 25 mars 2012

LES AVEUX POST-MORTEM DE MOHAMED MERAH

Puisque le portrait du monstre semble encore laisser indifférents certains esprits chagrins, les médias militants en rajoutent dans la description horrifiante, assumant pleinement leur rôle d'essoreuse des consciences. Ainsi découvre-t-on aujourd'hui dans le JDD de nouvelles révélations susceptibles de jeter un surcroît d'oppobre sur le tueur de Montauban et Toulouse, mais aussi d'interroger.

Merah, le symétrique génocidaire de Breivik ?

D'abord, on apprend que Merah aurait été pire qu'un monstre : un potentiel criminel contre l'humanité. Interrogé par les policiers du Raid durant la négociation, il aurait en effet exprimé un seul regret, celui "d'avoir manqué la rentrée des classes de l'école juive" durant laquelle il aurait pu tuer plus d'enfants. La source policière mentionnée par le journal, ajoute que le meurtrier prétendait éprouver "un plaisir infini à tuer" et, loin d'être un kamikaze, voulait continuer son oeuvre destructrice pour pouvoir "toucher et filmer ses victimes". En somme, Merah serait la caricature d'un tueur aussi froid que génocidaire.

Mohamed, bras armé d'un mystérieux commanditaire

Le JDD, toujours selon les enquêteurs, précise que l'homme n'aurait pas suivi un "entraînement collectif en camp" — ce qui contredit les allégations d'un porte-parole des talibans pakistanais cité par Reuters — mais une formation sur mesure pour le conditionner physiquement et moralement à commettre ses crimes. Un gourou-instructeur qui, en lui enjoignant de sévir sur le territoire français, aurait été de fait le commanditaire des attentats. Interrogé sur de possibles complicités ou influences familiales, Mohamed se serait empressé de mettre hors de cause son frère Abdelkader en qui il n'avait pas "confiance". Il aurait en revanche affirmé aux policiers être un "autodidacte de l'Islam" qui aurait étudié le Coran seul en prison.

Cela accréditerait la deuxième ou la troisième hypothèse que je formulais dans mon article précédent. Observons la suite des informations distillées et restons critique. Car ces "aveux post-mortem" ne sont peut-être pas les derniers, et ils charieront avec eux un torrent de mensonges et d'approximations prompts à nourrir la paranoïa ambiante et la stigmatisation ethnico-confessionnelle. Gageons que nous aurons le droit demain à l'exhumation d'un véritable testament satanique, écrit ou oral, une synthèse du Mal absolu...

samedi 24 mars 2012

MOHAMED MERAH : LES TROIS SCÉNARIOS QUE LES MÉDIAS VOUS CACHENT

1) L'incurie de l'exécutif :

C'est la principale piste dialectique que les médias dits "d'investigation" explorent. La plus vraisemblable lorsqu'on considère les faits en surface, sans remettre en cause le CV officiel de Mohamed Merah. Le tueur présumé de Toulouse serait donc le fruit d'un environnement pour le moins délétère : un jeune désoeuvré et faible, un MacBeth maghrébin pris dans l'engrenage de la délinquance, se radicalisant sous l'influence de certains préceptes salafistes jusqu'au terrorisme.

Cette parfaite incarnation de l'ennemi public de notre république, semble à postériori renvoyer dos-à-dos un certain laxisme de gauche et les tragiques dysfonctionnements d'un appareil judidiciaire incapable de faire appliquer les lois existantes. Ce scénario devrait, en toute logique, appeler une sanction pour le pouvoir en place : départ immédiat ou, à défaut, défaite cuisante le mois prochain dans les urnes.

2) Le mensonge et la construction du parfait bouc émissaire :

Selon ce scénario, le CV de l'assassin, bourré d'incohérences, serait sujet à caution, invalidant totalement ou partiellement la thèse des "défaillances lourdes" du suivi policier. Son "parcours" aurait été inventé de toutes pièces ou romancé, quitte à sacrifier temporairement la réputation de certaines institutions, telles que la DCRI. En pleine période électorale, nos autorités chargeraient ainsi son portrait d'antécédents islamistes et terroristes, pour créer une psychose en France et justifier le renforcement d'une politique de droite sécuritaire. Objectif : assurer la réélection de l'actuel chef de l'Etat en captant les voix du FN.

3) La manipulation triangulaire et la stratégie du faux drapeau :

Le scénario tabou par excellence. Ni réelles défaillances policières, ni mensonge relatif à son itinéraire : Mohamed Merah aurait été instrumentalisé, payé et encouragé par certains réseaux internationaux, avec la bienveillance des milieux politiques et d'affaires, pour accentuer les tensions ethnico-confessionnelles en France. L'objectif d'un tel chaos étant d'installer, grâce à la vitesse des amalgames, un climat de paranoïa et de détestation généralisée envers les musulmans, comme terreau des futures croisades contre les nations arabo-musulmanes, rétives à céder leur souveraineté et leurs ressources naturelles au nouvel ordre mondial.

jeudi 22 mars 2012

NICOLAS SARKOZY L'A ENFIN SON PATRIOT ACT A LA FRANÇAISE !

Game over et pas de jugement pour le jeune Mohamed Merah. Le tueur présumé de Toulouse a été "neutralisé" par le Raid à l'issue d'un assaut épique et de 32 heures de suspens, devenant de fait un tueur avéré. Ce qu'on sait pour l'instant, c'est que l'homme serait mort au sol, dehors, après avoir sauté de la fenêtre de son appartement du rez-de-chaussée, vraisemblablement abattu par une balle de la police après avoir "présenté une forte résistance et usé 300 cartouches".

Le Président, solennel, salue le Raid et fait taire les rumeurs...

L'enquête sera chargée de lever le voile (sans jeu de mot), sur son passé, afin de vendre à l'opinion un portrait un tant soit peu crédible. Mais déjà, pour faire taire les critiques naissantes, notamment des proches de Hollande, quant aux possibles défaillances des services de renseignement qui suivaient le "djihadiste" supposé, Nicolas Sarkozy a tenu à reprendre l'initiative publiquement et significativement. Durant une courte allocution élyséenne, il a ainsi reconnu en creux que les failles du système judiciaire et préventif concernant l'anti-terrorisme appelaient des réformes immédiates.

Avant de convoquer le candidat Sarkozy pour corriger ses lacunes

Montant la tension d'un cran, il a souhaité en particulier pénaliser tous ceux qui pourraient dorénavant diffuser ou participer à la propagande de l'extrémisme, notamment de l'islam radical : sanction de la consultation de sites Internet qui encouragent les actes terroristes et l'endoctrinement islamiste, interdiction du prosélytisme djihadiste dans le milieu carcéral et de séjour dans des camps d'entraînement en Afghanistan ou au Pakistan...

L'occasion rêvée de justifier le cap "à droite toute !"

"Que ne l'a-t-il fait plus tôt ?" pourrait-on se demander. La réponse est peut-être à chercher du côté de l'analogie idéologique entre Nicolas Sarkozy et celui qui fut (ou reste) son modèle... Souvenons-nous que lorsque George Bush Jr voulait justifier le renforcement de sa politique sécuritaire, il instrumentalisa (pour ne pas dire plus...) les attentats du 11 septembre 2001 pour faire voter le Patriot Act. Certaines mesures ne peuvent en effet passer dans l'opinion et au Parlement qu'après un traumatisme national suffisant...

mercredi 21 mars 2012

"PAS D'AMALGAME !" LORSQUE LA NUANCE EST DÉJÀ OUTRANCE

Mohamed Merah, "Français d'origine algérienne, moudjahid pro-palestinien", prétendument proche d'Al-Qaïda, est le principal suspect des tueries de Montauban et Toulouse. L'homme est cerné, seul dans son domicile assiégé par le RAID depuis plusieurs heures, et déjà de dangereuses erreurs de communication prolifèrent. De Boubakeur, recteur de la grande mosquée de Paris, de Prasquier président du CRIF, et de quelques humanistes de bonne volonté, sur les réseaux sociaux et la télévision.

L'impossibilité de distinguer le bon du mauvais larron

Chacun met en garde contre l'amalgame entre l'islamisme radical dont l'assassin présumé se revendique et l'Islam en général. Or, nuancer présuppose que la différence n'est pas évidente et qu'il y a besoin de le faire. La vérité c'est que le crime d'enfants n'a rien à voir avec la religion musulmane, de quelque "doctrine" que ce soit. Égorger des êtres humains n'est pas de l'extrémisme religieux mais de l'impiété, de l’irréligion. Le seul point commun entre "monstre" et "musulman" est la lettre initiale. Cette ambiguïté va s'ajouter à la méfiance naturelle d'une majorité de gaulois envers les "barbus". L'inconscient collectif fonctionne bien plus sur le choc et la peur que sur la rationalité. Pour beaucoup de Français, puisque la précision est requise pour définir la respectabilité du musulman, tout adepte, réel ou supposé, sera un terroriste potentiel. Nos extrémistes et racistes cocardiers n'en demandaient pas tant. "A qui profite le crime ?" Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire... du moins dans les médias traditionnels.

Un acte froid et politique

Ce crime n'est pas "religieux" mais politique, n'en déplaise à certains officiels qui refusent "tout amalgame politique entre la situation au Moyen-Orient et cet assassinat". On les comprend. Car reconnaître une telle causalité reviendrait à avouer la responsabilité effective des politiques néo-impérialistes et néo-colonialistes dans cette tragédie nationale. D'aucuns penseront "on récolte ce qu'on sème". D'autres esprits complotistes ou clairvoyants (choisissez votre terme), diront que ce fait divers, rapidement identifié comme un acte terroriste par tous les médias internationaux, n'était pas seulement prévisible, mais souhaité, voire prévu par le système...

mercredi 14 mars 2012

NICOLAS "LE PEN" SARKOZY : "STIGMATISE L'ISLAM, PAS LE LIBÉRALISME !"

Nicolas Sarkozy n'ignorait pas le tollé que ses propositions protectionnistes allaient rencontrer. Il prit le risque car il souhaitait en mesurer l'impact sur l'opinion et les sondages français. Toutefois, il a sous-estimé l'effet d'une telle réorientation de campagne, sur le plan diplomatique.

D'abord, l'entourage d'Angela Merkel fit la moue. Puis hier, ce furent le Wall Street Journal et le député libéral ex-premier ministre belge Guy Verhofstadt au Parlement européen, qui taclèrent allègrement le Président français, jusqu'à le qualifier de "Nicolas Le Pen". Sarkozy, le vrai représentant de l'extrême-droite française ? Pas faux. Les observateurs étrangers sont souvent plus lucides que la majorité de nos compatriotes.

Cette petite sortie, plus ou moins discutable et crédible du chef de l'Etat, nous révèle également le degré de tolérance de nos partenaires européens et atlantistes à la droitisation. "Oui à l'extrême-droite sur le plan sociétal, oui au ralentissement de l'immigration musulmane, mais Non ! aux entraves à la libre circulation européenne et donc au libéralisme économique". Attendons de voir comment Sarkozy et l'UMP réagiront à ce recadrage...

vendredi 17 février 2012

REPORTAGE HUMANITAIRE ORIENTÉ : DE L'ART D'INSTRUMENTALISER LES PEURS

Dans la série "C'est pas que ça m'enchante, mais faut bien le faire sinon personne d'autre le fera", je ne peux m'empêcher de faire remarquer le programme hyper-tendancieux et subliminal de l'émission "Envoyé spécial" de ce jeudi 16 février 2012. Je n'ai pas la télévision, mais scrute les opinions que s'en font les internautes sur twitter et youtube. Intrigué par des tweets suintant violemment le dégoût, je pris soin de vérifier le programme du soir sur la chaîne et de visionner quelques extraits sur youtube. Le contenu est racoleur (comme d'hab' depuis 20 ans finalement) et propice à la libération émotionnelle, entre révolte politisée et catharsis, histoire de bien se purifier avant la fin de semaine. Voici l'ordre, vraisemblablement pas fortuit, des reportages :

1) "La viande dans tous ses états" présente un amalgame qui relève au mieux de l'incompétence, au pire de la malhonnêteté intellectuelle, entre abattage rituel et égorgement économique. Tollé des commentateurs sur le site de France2.

2) "Femmes de ménages : les nouveaux domestiques". On notera la transition implicite insidieusement imprimée dans l'inconscient des téléspectateurs (en l'occurrence pas que de la ménagère de moins de 50 ans), particulièrement réceptif avant d'aller se coucher : Viande + femmes de ménages = femmes traitées comme de la viande.

3) "Egypte : la révolution va-t-elle changer la condition des femmes ?" L'esprit continue sa reconstitution logique et vient chatouiller la zone reptilienne. "Où veulent-ils en venir ? Femmes-viande + Egypte islamique = la civilisation musulmane est barbare". Nous y voilà.

Suis-je paranoïaque ? Vérifions le programme de la semaine dernière. Sujet : "Islam, au nom de la peur". Ok...

Je ne sais si je suis plus effrayé par le contenu, certes dramatique de ces reportages, ou par le réflexe aussi pavlovien qu'ulcéré du public adepte du robinet télévisuel. Ce conditionnement manifeste (on sait qui nomme les dirigeants du service public) est destiné à nous accoutumer dès aujourd'hui à un choc accru de civilisations, et à légitimer demain l'affrontement souhaité avec l'Iran et les terres arabes de résistance à la mondialisation. Après tout, les médias ne sont pas qualifiés de quatrième pouvoir par hasard...

jeudi 9 février 2012

ET LA SYRIE INVENTA LA RÉBELLION PERPÉTUELLE

Comment une rébellion réprimée dans le sang peut-elle durer depuis 1 an, sans discontinuer ? Dans 6 mois, nos médias officiels, aussi péremptoires qu'absents du terrain syrien, continueront de s'indigner dans un concert de violons : "Le régime massacre encore son peuple !" De quel peuple s'agit-il d'ailleurs ? Est-ce vraiment "son peuple" ? Un peuple formidablement tenace, et même inconscient, défiant les chars et faisant passer ses revendications sociales avant la vie de ses femmes et enfants  ? N'a-t-on pas plutôt affaire à un afflux constant d'allogènes, constitués de mercenaires, de soldats et de civils, payés par la Ligue arabe pour semer le chaos dans un état laïc, et in fine incriminer Bachar Al-Assad ?

mercredi 30 novembre 2011

ISLAM : QUAND LA FOI REVERDIT EN AUTOMNE

"Zonard" : banlieusard basané désœuvré ; à ne pas confondre avec un musulman.

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Vous ne manquerez pas de voir fleurir cette interrogation : "C'est quoi l'Islam modéré ?" ; répondez par "C'est quoi un juif laïc ?"

mardi 31 mai 2011

GUÉANT, PALADIN DE LA NORMALISATION

"Se sentir bien en France". L’intention est bonne. Les moyens et leurs conséquences seraient plus discutables. Dans une tribune du Monde de mercredi, le ministre de l’Intérieur fait ainsi prévaloir l’assimilation à l’intégration des immigrés. "Assimilation" le mot périlleux. Banni même il fut un temps. Dans les années 80, certains enseignants poussaient des cris d’orfraie en l’entendant prononcer par d'impudents élèves. 2011. Une page s’est tournée. Guéant délaisse la morale humaniste pour le pragmatisme. "Il double le FN à droite, une fois de plus !" s’insurge la gauche. La droite répond que ce sont eux, socialistes en tête, les vrais populistes qui refusent de voir la réalité en face, déforment et instrumentalisent les propos, tentent de s’affirmer comme force d’opposition idéologique à défaut d’exister par des projets réalistes. Ping-pong interminable. Dépassons la critique électoraliste et examinons de plus près les propos de Claude Guéant afin de démêler la vérité et le fantasme.

"La France est un pays ouvert, mais elle n’a pas vocation à accueillir des étrangers pour en faire des chômeurs. A cet égard, je pense qu’il est urgent d’adapter notre politique en matière d’immigration du travail à la réalité économique et sociale de notre pays."
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Le sieur Guéant, maître de l’ellipse et du raccourci, tenterait-il de rapiécer l’habit républicain en y cousant une équation de couleur frontiste "plusieurs millions d’étrangers = autant de chômeurs" ? Des dizaines d’études et témoignages de chercheurs ont durant ces deux derniers mois rappelé que l’immigration du travail n’a pas un caractère artificiel mais nécessaire et adaptatif : le marché recourt à l’immigration légale pour ses propres besoins d’emplois saisonniers et qualifiés. De fait, la marge de manœuvre des politiques dans le domaine de l’immigration légale est faible. Donc non, la France n’accueille pas des étrangers pour en faire des chômeurs. En outre, elle n’a guère besoin de populations allogènes pour crouler sous les déséquilibres frictionnels et structurels du marché du travail. Et puis voyons Claude, n’oubliez pas que les immigrés ne peuvent pas, comme vous le prétendez, à la fois prendre le travail que des français pourraient occuper et en même temps faire exploser les chiffres du chômage. Un peu de cohérence s’il vous plaît, à moins que votre désir le plus fou soit bien de faire élire Marine en 2012…

Quelle forme prendrait donc "l’adaptation" dont parle le ministre ? La réponse, rimée, se résume en un mot, "assimilation" :

"La France doit offrir à ceux à qui elle ouvre les bras, les conditions d’une intégration voire d’une assimilation réussie […] Les immigrants doivent être fiers d’être accueillis sur le territoire français et se fondre dans un destin collectif […] Ils doivent épouser notre culture, adopter notre façon de vivre et nos valeurs cardinales."

Et la valse des raccourcis vertigineux de continuer. Pour combattre les difficultés économiques et sociales patentes des derniers arrivés, Claude Guéant croît pertinent d’invoquer les mânes de Jules Ferry et de répondre sur le terrain culturel. "Donnant-donnant. La France vous fait confiance. En contrepartie, vous lui devez allégeance culturelle." D’abord, nous ne sommes pas en dictature. La vocation républicaine de la France n’est pas de contraindre les sensibilités ni les modes de vie individuels. C’est heureux car à ce jeu-là, je serais en droit, au nom de mes ancêtres, d’exiger des amateurs de MacDo et d’anglicismes ridicules qui gangrènent notre nation de marcher au pas, et de s’affranchir de ce qui, selon moi, avilit notre héritage chéri. Le fait est que je dois composer avec eux, comme avec tout le monde. Alors bien sûr, on peut concevoir que la tolérance et la protection des libertés puissent chagriner les nostalgiques de l’Ancien Régime, cependant ce qu’on demande à chacun, immigré légal ou indigène, c’est de se soumettre à la loi et non à un rêve. Merci au ministre de l’Intérieur de nous rappeler expressément son incapacité chronique à faire respecter cet impératif.
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  Allons plus loin, quels sont selon lui les outils de cette assimilation ?

"[…] l’apprentissage de la langue française, de l’Histoire de France, des règles du vivre ensemble qui sont les nôtres et plus largement de tout ce qui fait notre identité."

Si tout le monde n’a pas de travail en France, certains hauts fonctionnaires d’Etat ne chôment pas, mus qu’ils sont par une conscience nationale qui abolit les frontières de leur champ de compétence. En cas de défection du ministre de l’Education Nationale, pas de panique : Claude Guéant assurerait la relève au pied levé, les mains propres et le front haut. Seulement, il n’existe pas d’hyper-ministre, et les présomptueux qui ont voulu endosser cet habit s’en sont fiévreusement séparés comme d’une tunique de Déjanire. Surtout, l’épigraphe ci-dessus ne peut nous abstraire du problème principal, de ce qui fait l’indignité de notre nation : la négation par une majorité de français d’origine de leurs propres racines. Qu’est-ce qui fait "l’identité française", messieurs du gouvernement ? Vous ne le savez pas, et ne pouvez répliquer que par le constat d’échec des politiques sécuritaires et éducatives… Bon courage à vous pour la traversée du désert qui vous attend après 2012. Le peuple s’efforcera de supporter le mandat d’un socialiste, à moins que dans l’intervalle il ne ressuscite ou n’invente une manière de se délivrer de ses chaînes. [Photo : Reuters / Daniel Joubert]

mardi 3 mai 2011

BEN LADEN : SES OBSÈQUES MARITIMES SELON LES GUIGNOLS DE L'INFO



Ben Laden, inhumé ou immergé mais dans le respect des préceptes musulmans du "Coran pour les nuls". Une parodie qui n'est dépassée que par la vérité qu'on nous cache (Les Guignols de l'Info, Canal Plus, 03/05/2011).

jeudi 7 avril 2011

GUÉANT VEUT RÉDUIRE L'IMMIGRATION LÉGALE



Et un effet d'annonce à finalité électoraliste de plus, un ! Des mesures purement démagogiques, et presque prévisibles, dans la continuité des débats identitaire-sécuritaires, un clin d'œil de plus à l'électorat du FN. Le chercheur Patrick Weil du CNRS explique pourquoi les intentions du ministre sont parfaitement irréalisables (France-Inter, 07/04/2011).

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Cacophonie gouvernementale. Interrogée sur le sujet, la ministre de l'Economie s'est dite surprise. "Je ne sais pas quelles sont les raisons qui l'ont amené à dire cette phrase et je me méfie beaucoup des phrases que l'on sort de leur contexte [...] Il faut réfléchir au court terme mais aussi au long terme. Dans le long terme, on aura besoin de main-d'oeuvre, on aura besoin d'effectifs salariés formés".

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07/04/2011. En visite dans une usine d'aluminium du groupe Alcan EP, au cœur du Puy-de-Dôme, Nicolas Sarkozy en a profité pour répondre sans tarder au "condensé de démagogie" (sic Fillon) du programme socialiste, par une surenchère démagogique flagrante. Deux couches : "Les entreprises qui augmentent leurs dividendes doivent accroître également les salaires versés !", "Les chômeurs doivent être davantage contrôlés ; c'est une question de justice sociale envers les ouvriers qui travaillent dur".

La dernière pourrait tout à fait se lover dans un plan anti-arabe qui ne dit pas son nom. La parfaite illustration du raisonnement du politicien libéral issu d'une bourgeoisie parisienne aisée : "Il y a trop d'arabes à notre goût, mais on ne peut pas les dégager directement sans être hors-la-loi. Employons d'autres leviers pour les virer. Comme on les trouve essentiellement parmi les musulmans, les immigrés, et les chômeurs, établissons un programme visant à restreindre chacune de ces catégories sociales". Après avoir tenté d'opposer les musulmans aux non-musulmans, le président et ses lieutenants cherchent à opposer les ouvriers et les chômeurs... Il oublie juste qu'en continuant à diviser les français, c'est sa propre majorité présidentielle qu'il clive. Il se retrouve de plus en plus esseulé dans cette course pour rattraper la gauche, le FN, le centre-droit, les gaullistes, à tel point que cela devient pitoyable.

lundi 4 avril 2011

GUÉANT : "L'ACCROISSEMENT DU NOMBRE DE MUSULMANS POSE PROBLÈME"


Audio : Claude Guéant au micro d'Europe1.

"Trop, c'est trop !" Entend-on partout. Oui, trop c'est trop... mais de quel côté se trouve l'excès ? Crier haro sur le baudet est une stratégie habituelle des partis d'opposition, autant qu'un fond de commerce pour des médias d'information qui ne reculent devant aucune bulle communicationnelle susceptible de créer le buzz. Et le martèlement de reprendre : "C'est un scandale, nous allons porter plainte contre le ministre ! C'est indigne ! Il est même désavoué par son parti !"

On se calme, on met en veille la paranoïa trente secondes, et on se contente de réécouter les propos, dans le contexte, en se souvenant que le locuteur possède une double casquette : ministre de l'Intérieur et des cultes sur le territoire de la République. Que dit-il ? "Il y a davantage de musulmans aujourd'hui que lors du vote de la loi sur la laïcité en 1905". C'est un fait. Propos révoltant ? Non, à moins bien entendu qu'énoncer un fait soit révoltant. "Cet accroissement pose problème CAR nous n'avons pas suffisamment de mosquées actuellement pour accueillir les fidèles". Deuxième fait. Choquant ? Même en m'adonnant à un furieux brainstorming, là encore il me semble que rappeler un fait n'a rien de répréhensible. Y-a-t-il une maladresse ? Même pas -- pour une fois, diront les mauvaises langues. On ne peut repérer une maladresse qu'en éludant, sciemment ou non, la fin de sa phrase "[...] il n'y a pas suffisamment de lieux de prière".

Dans la lignée de ces procès d'intentions, il sera bientôt interdire de simplement prononcer les mots "musulmans", "Islam", "mosquée", peut-être ensuite interdira-t-on aussi les mots "christianisme", "judaïsme", histoire de faire bonne mesure, et pourquoi ne pas prolonger l'intégrisme républicain jusqu'à s'offusquer d'entendre parler de "laïcité" et de "religion" ? Tout cela finira par s'arrêter car les modes changent et parfois c'est heureux.