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dimanche 25 mai 2014

LE SOIR OU LE FN ME FIT PLEURER...

J'avoue. J'ai versé une larme en découvrant la première estimation du résultat des élections européennes de ce jour, dimanche 25 mai 2014. L'émotion était forte, même si j'ai du mal à l'interpréter. Joie réelle ou sarcastique, espoir, dépit, peine, étonnement, stupéfaction, quoi qu'il en soit les faits sont là : le FN enregistre un score historique en récoltant 25% des suffrages, devant l'UMP à 20% et le PS loin derrière, rétrogradant encore par rapport à 2009 pour atteindre un niveau humiliant de 14%. Le verdict journalistique le plus radical vient pour l'instant de la une du Libération de demain : "La France FN".

Si le 21 avril 2002 fut une "claque" pour le système UMPS, le 25 mai 2014 restera dans l'histoire comme un véritable coup de tazer dans ses parties sensibles ! On pourra bien sûr relativiser en rappelant que le premier parti de France, ici comme durant les récentes municipales, reste l'abstention (à près de 56%) et que, de fait, une majorité d'électeurs français n'est toujours pas plus convaincue par le FN que par les autres partis traditionnels. On pourra aussi minorer la défaite de l'UMP en pariant que si l'UDI n'avait pas fait cavalier seul il aurait permis au parti de Copé de dépasser le FN. Il n'empêche que pour Hollande, Copé, Mélenchon et consorts, ça fait mal et ça la fout mal. "C'était prévisible" entend-on partout. Prévisible mais aujourd'hui avéré. Hollande et Valls ont rendez-vous demain pour une réunion de crise et selon les informations d'itélé "l'Elysée en tirera les leçons".

Quelles leçons l'équipe Hollande pourrait-elle tirer ? D'ores et déjà, le premier ministre Manuel Valls a donné la consigne et distillé les éléments de langage du PS : "Il faut aller plus vite dans les réformes". Le remaniement ministériel venant d'avoir lieu, il est peu probable qu'un nouveau groupe se forme autour de Flanby Ier ou de Quand Même Ier. La dissolution de l'Assemblée nationale réclamée par les cadres du FN a également peu de chances de rencontrer un écho favorable. En revanche, je miserais volontiers sur une accélération... dans le frémissement du retournement de tendance. Blague à part, si Hollande, "comprenant le message" de la défaite du scrutin municipal, effectua un virage à droite au sein de l'exécutif en y plaçant Manuel Valls, il y a ici deux possibilités relatives à la future ligne gouvernementale. Soit, entendant encore plus fortement le message que l'électorat français se droitise (selon les codes du système qui catalogue le FN à l'extrême-droite), Hollande ira plus loin dans cette droitisation en feignant de la confondre avec une volonté droitière d'un libéralisme plus échevelé (c'est quelque peu pervers, mais je rappelle qu'on parle bien du PS, donc voilà...). Soit, il accélérera les effets de sa sociale-démocratie européiste, jouant le quitte ou double et espérant maintenir le navire à flot pour 2017. Auquel cas, on peut craindre des protestations d'amour régulières pour l'UE, et un lavage de cerveau accru sur fond, par exemple, de conférences, d'allocutions ou simplement de documentaires télévisuels de plus en plus fréquents mettant en garde contre les dangers de l'extrême-droite et du repli protectionniste qui, fatalement, aboutirait au fascisme, au nazisme etc.

Ce que je peux vous certifier en revanche c'est que le candidat UMP 2017 mettra le cap sévèrement à droite, en s'inspirant de la méthode Sarkozy 2012. Le siphonnage a fonctionné, il fonctionnera encore, voilà ce que parieront les ténors du parti droitier. Car, même si la soirée en est, une fois de plus, au règlement de comptes à OK UMP, le temps viendra des conclusions drastiques, et l'UMP elle aussi lancera son : "Nous avons compris le message". Et Copé se fendra, comme il l'a tant fait durant les années 2000, d'un très déterminé : "Nous ne laisserons pas le terrain de la sécurité et de l'identité nationale au FN". Je vous le dis, ça promet pour 2017...

Au-delà de la performance frontiste de ce jour, tout reste à prouver. J'attirerai simplement votre attention sur ce point que le FN, à présent premier parti de France au Parlement européen, non seulement obtient le plus grand nombre de sièges (entre 22 et 25, soit environ un tiers de la représentation française à Strasbourg), mais s'apprête à encaisser le plus gros chèque en provenance des contribuables européens, à savoir une somme dépassant les 45 millions d'euros, pour la totalité des députés et collaborateurs marinistes sur les 5 ans de la législature (sur la base de 36 000 euros / mois, nets d'impôts). Oui, on parle bien du parti qui se veut le plus hostile aux institutions européennes. Drôle, pathétique, pied-de-nez, arnaque, paradoxe... Je vous laisse libre de choisir le mot qui vous convient. En même temps, comme l'a souvent souligné François Asselineau, ni la sortie de l'euro, ni celle de l'UE ne figure dans une quelconque profession de foi du FN. Florian Philippot ce soir parla même de "reconstruire l'Europe". Une expression ambiguë, pour le moins. Mais allez, passons, et admettons même qu'on reste encore longtemps au sein de l'UE et de l'euro. En attendant un éventuel changement de la forme européenne, la seule chose qui importe, c'est de savoir si la France se portera mieux et que cette équipe protégera plus efficacement notre pays de décisions iniques. Le FN, fort de ses nouveaux droits et donc de ses nouveaux devoirs et responsabilités, a déjà bien conscience qu'on l'a à l’œil. Sans mauvais mot, en la circonstance.

lundi 19 novembre 2012

ÉLECTION DU PRÉSIDENT UMP : MOI J'AI DIT PRIMAIRE, COMME C'EST PRIMAIRE

Après s’être gaussée des irrégularités du congrès PS de Reims (2008) et avoir applaudi sportivement la primaire socialiste de l’an passé, l’UMP se devait d’être exemplaire dans l’élection de son président. "A droite aussi on peut être démocrate,et on va le montrer !", pensait-on, confiant. Trop confiant. Car les deux candidats en lice, Jean-François Copé et François Fillon, n’auront réussi qu’à se ridiculiser en revendiquant chacun précocement la victoire, le tout entre deux suspicions de fraude (Nice en particulier), qui s’évanouirent d’ailleurs comme par enchantement.

Copé casaque « décomplexée » fut le premier à grimper sur le podium, suivi de près par Fillon casaque « modérée ». Peut-être dopé aux pains au chocolat et visiblement fâché avec le protocole électoral, Jeff accomplit l’impensable : anticiper le verdict de la COCOE (non comestible, c'est la commission électorale qui est censée officialiser le résultat et recompter en cas de litige). Coup d'état ! Crime de lèse-légitimité ! Sortez le carton rouge, monsieur l'arbitre ! Le rejeton spirituel de Chirac et Sarkozy se révéla plus Bonaparte (voire Napoléon) que le président sortant, en s’autoproclamant vainqueur de l’élection au nez et à la barbe sidérés du camp Fillon.

Ses rivaux dénoncèrent à demi-mot une opération de communication pour ne pas dire de manipulation : "C'est comme si dans une élection présidentielle n'importe qui pouvait se déclarer vainqueur (...) Ce serait suspect", lança la porte-parole de campagne fillonniste, Valérie Pécresse, abasourdie et un brin énervée, en pleine joute technique avec le copéiste Franck Riester sur BFMTV. Mazerolle, malicieux, en profita pour tancer cette bande de cancres thermophiles : "La réforme scolaire est effectivement nécessaire, car à l'UMP vous ne savez pas compter !"

En résumé, une soirée d’embrouilles, de propos acides maugrées à droite,et encore à droite, ping-pong empoisonné entre les uns et les autres. Ridicule, pas sérieux, et surtout suicidaire pour un mouvement qui s’était déjà vu ravir tous les pouvoirs au Parlement et dans les régions. La gauche n'en demandait pas tant. Marine Le Pen non plus. A l'heure actuelle, le résultat n'est toujours pas connu, l'UMP possède donc deux présidents pour le prix d'un. Alors les gars, que se passe-t-il quand, en pleine guerre des chefs et des clans, deux partisans de la méthode Coué s'affrontent ? On tranche le noeud gordien par la méthode Couac ?

Pas encore élu, le nouveau président de l'UMP est déjà affaibli. On ne change pas une formule qui perd, finalement.

samedi 17 novembre 2012

DÉCRYPTAGE : POURQUOI LE SYSTÈME VEUT POLIR L'IMAGE DE LE PEN

La gauche qui a tous les pouvoirs, politiques et médiatiques, avance ponctuellement des pions pour discréditer ou au contraire faire monter le Front national, comme le fit Mitterrand. Il semblerait ainsi que le livre Le Pen, une histoire française de Péan et Cohen, qui réhabilite partiellement Jean-Marie Le Pen (notamment en doutant de ses actes de torture présumés en Algérie), réponde à ce dernier objectif : flatter l’électorat du parti frontiste pour diviser la droite. Mais pas seulement.

En pleine campagne pour la présidence de l’UMP, cette stratégie revêt un autre intérêt pour nos gouvernants et leurs auxiliaires : inciter les militants pro-Copé à se détourner de leur champion et à prendre leur carte au FN, libérant la voie au Hollande de droite, Fillon. En choisissant le député de la seconde circonscription de Paris comme adversaire principal en 2017, la gauche pérennise la structure et les codes traditionnels de l’échiquier politique français, composé d’une gauche modérée (ou "molle" diront certains), d’une droite modérée, et d’une soi-disant menace fasciste en embuscade, contre laquelle l’union sacrée des républicains sera alors possible et requise.

Le livre qui se veut "la première enquête sérieuse et sans parti pris sur Le Pen et les siens" (dixit l'éditeur Laffont) complète l'oeuvre de normalisation du FN en prêtant à son fondateur des aventures homosexuelles. Ce piège est là soit pour l'inciter à s'en défendre violemment (auquel cas il sera taxé d'homophobie), soit pour montrer que, sous ses airs réactionnaires, traditionnels et virils, ce parti, plus délicat qu'on ne l'aurait imaginé, est bien ancré dans son époque et donc parfaitement respectable.

dimanche 22 avril 2012

MARINE LE PEN TROISIÈME : DU PLAISIR DE TENIR UN PRÉSIDENT PAR LES PARTIS INTIMES

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Derrière les 27.5-29.5% de Hollande, les 25.5-27.5% de Sarkozy sont en soi inquiétants. Loin du "désaveu" clamé collectivement par des socialistes auto-satisfaits, le score de l'ennemi public n°1 de la presse, de la gauche et de la rue, est étonnement élevé. Le socle droitier mais surtout influençable des Français a été très indulgent envers le président sortant.

Les sondages semblent avoir vu juste pour la classement et les taux des différents candidats. Dont acte. Jean-Luc Mélenchon récolte un taux correct, dans sa moyenne des sondages de ces deux derniers mois, au-dessus de 11%, mais loin derrière la bête noire qu'il s'était choisie, Marine Le Pen. Pour sa première participation à une élection présidentielle, la candidate-présidente du Front national réalise en effet 18-20%, mieux que les 17% de son père en 2002. Rappelons toutefois que Bruno Megret, frontiste dissident et candidat à cette même élection, avait réalisé au-delà de 2% ; ce qui, en votes cumulés, plaçait le positionnement "extrême-droite" aux alentours de 19%. Pas lieu pour la gauche de s'affoler ni même pour le FN de crier "victoire". Il peut faire mieux, mais ce résultat est évidemment prometteur pour la quadra Marine Le Pen, ses idées et son parti.
Le racolage de l'UMP et de Nicolas Sarkozy envers la candidate frontistes et son électorat va s'intensifier dans l'entre-deux tours. Une fois n'est pas coutume, l'arbitre ne sera pas centriste mais mariniste, Bayrou n'ayant obtenu que 9% des suffrages, un taux deux fois plus faible que lors de sa précédente participation. Les appels du pied ont d'ailleurs commencé sur les différents plateaux de télévision. Ainsi, Guillaume Peltier sur TF1 saluait le score cumulé du bloc de droite en incluant les voix de Marine Le Pen, pendant que Rachida Dati disait "comprendre la souffrance" des électeurs du Front national.
Marine Le Pen délivrera ses consignes de vote lors de la fête de Jeanne d'Arc le 1e mai. Elles seront "blanches", vraisemblablement. D'ici là, attendons-nous à souper de discours poussifs et vains sur la réduction de l'immigration et de l'insécurité. Après tout, un président menteur ne se refait pas et, craignant les cases tribunal et prison, espère bien tromper les électeurs du FN une nouvelle fois pour l'emporter le 6 mai. L'anti-sarkozysme n'a pas encore gagné.

mardi 17 avril 2012

MA CONSIGNE DE VOTE DE PREMIER TOUR ? DÉTRUIRE L'UMPS

Vous êtes encore indécis, 6 jours avant le premier tour de l'élection présidentielle ? Vous avez du mérite ! Car vous parvenez à résister au matraquage des journalistes et éditocrates qui étalent depuis des semaines leurs certitudes dans les médias, au mépris de toute déontologie et de la démocratie. Alors puisque cette campagne n'est qu'une farce, un mensonge supplémentaire de la société du spectacle, rions un peu.

Ma consigne : si vous vous sentez plutôt humaniste, votez Bayrou ; si vous vous sentez d'abord patriote, votez Marine Le Pen. Les deux options que je vous propose sont les seules susceptibles de faire mentir ces courtisans poudrés, mais surtout de détruire l'UMPS en désorganisant leurs rangs respectifs défaits et en discréditant tout "vote utile républicain" au second tour. En particulier, que l'UMP appelle à voter Hollande contre Marine Le Pen, ou que le PS appelle à voter Sarkozy contre elle, et cette collusion contre-nature et illégitime démasquera au grand jour ceux qui se présentent faussement comme les deux grandes forces de l'alternance politique.

mardi 13 mars 2012

MÉLENCHON ET SARKOZY : LA FRANCHE FRATERNITÉ

"Je triomphe!" Voilà le cri orgasmique d'un Jean-Luc Mélenchon qui se révèle bien être l'allié objectif de Nicolas Sarkozy contre François Hollande. Que le président-candidat reprenne à son compte les propositions du candidat du front de gauche sur l'Europe et la fiscalité, que cela puisse le faire remonter dans les sondages voire gagner en mai, et Mélenchon y voit un triomphe de ses idées.

La communauté de principes maçonniques et d'intérêts entre Mélenchon et les réseaux sarkosystes (dont le Dîner du Siècle est le point de convergence) apparaît au grand jour. Plutôt que de condamner les palinodies sarkozystes, l'homme du "bruit et de la fureur" se félicite que ses idées soient Sarko-compatibles. Finalement, il aura fallu peu de temps pour démasquer le tartufe de gauche.

jeudi 19 janvier 2012

SARKOZY DEMANDE À ÊTRE SANCTIONNÉ : FAITES-LUI PLAISIR !



La vidéo tourne beaucoup sur le net depuis 2 jours et c'est bien légitime. Avant d'être élu en 2007, Nicolas Sarkozy y précise expressément le cahier des charges du futur président de la République : obligation de résultat et sanction électorale si le taux de chômage dépassait les 5%. Tout bon citoyen français et cohérent sait donc à quoi s'en tenir...

samedi 7 janvier 2012

GOUVERNEMENT À CRAN : ARRÊT-MALADIE COLLECTIF PRÉVU POUR MAI 2012

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Au cas où certains représentants élus l'ignoreraient, tous les citoyens ne sont pas acquis à leur cause. Que nos ministres aillent demander ce que pensent d'eux les classes populaires qui peinent à faire tourner l'économie... Car non, messieurs du gouvernement, la vie ne se limite pas au cocon politique, et tout le monde n'est pas député. Beaucoup n'ont que la tribune Internet pour exprimer leur colère fort légitime.
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Sans être moi-même un fanatique des injures que je trouve trop passionnées pour être précises, je comprends cependant la véhémence de certains de mes camarades internautes. L'irrespect et la condescendance que beaucoup de politiques témoignent à leurs administrés justifient amplement la myriade d'injures argotiques qui s'abat sur leur tête, autant que ces idolâtres, hérétiques et pervers, qui selon la Bible méritèrent leur châtiment divin. Dans ces cas-là, il est préférable de faire profil bas, plutôt que de se perdre en procès ridicules et totalitaires qui sont autant de taches sur les valeurs de notre démocratie, et qui ne font que durcir les critiques ultérieures. Lorsqu'on est une personnalité politique, on se doit d'assurer dans son action pour la collectivité et, à défaut, d'assumer ses erreurs et son incurie patente ! Hélas le fair-play se perd, comme chacun sait...

Dans la même veine, le "sale mec", qu'aurait prononcé François Hollande imitant Nicolas Sarkozy, est-il choquant ? Oui, il l'est, parce qu'un premier magistrat de France qui a tout piétiné, à commencer par l'honneur de sa fonction et son devoir d'exemplarité (un comble pour un héraut autoproclamé de la "république irréprochable"), et traité un citoyen de "pauvre con", mériterait une épithète bien plus tranchante, à la hauteur de sa prime offense ! Il n'est toutefois pas exclu que quelques associations enclenchent la machine judiciaire, pour demain demander réparation, au nom de la République, à l'impudent n°1 qui ne sera plus protégé par son immunité...

lundi 17 octobre 2011

LA ROSE ET LE NOIR : MES CONDOLÉANCES AU PARTI SOCIALISTE

Commedia dell'arte socialiste : le bal des masques

"Joyeux". Voici le mot pour le moins inattendu, entonné par un choeur féminin, hier hostile, aujourd'hui fidèle et dévoué. La veille du dernier round de scrutin de la primaire socialiste, Martine Aubry avait annoncé la "fête" à venir pour lundi. La fête n'aura pas attendu. Ce soir, elle et Ségolène Royal, auront en effet été les premières à féliciter leur nouveau champion, cherchant à étouffer dans l'oeuf les critiques de la droite sur la nouvelle et ridicule union de façade du parti socialiste derrière l'élu. Oui, nous y voilà ... enfin ! Une partie du peuple de gauche s'impatientait. La droite tout autant, qui attendait de mettre un nom et un visage sur son principal adversaire.

Et quel adversaire ! L'ex-monsieur normal, l'ex-gauche molle, l'ex-honni au sein de son propre camp — liste non exhaustive. Voilà la redoutable incarnation des espoirs du PS. Cet homme, vous l'aurez reconnu, c'est François Hollande.

Ce petit chose encore informe il y a quelques mois, emprunté, gentiment drôle, presque touchant, gagna de l'assurance à mesure que le projet socialiste lui-même structurait ses propositions, densifiait ses attaques contre le Président Sarkozy. "Le corrézien serait-il mûr pour l'affronter en 2012 ?", s'inquiétait-on. Avant de vaincre, il fallait convaincre et asseoir sa crédibilité ! Alors les amis, collègues, médias, sondages, artistes un peu rebelles et beaucoup "bobos", unirent leurs forces pour que le miracle s'accomplisse. "Ayez confiance", aimait-il répéter. D'ailleurs, l'illusion était parfaite, ou presque. Nous naviguions dans des eaux nouvelles, celle d'une démocratie exemplaire, préfiguration d'une gauche du XXIe siècle, sur le point d'accoucher de la VIe République. Seulement, il y avait des fils. De grosses ficelles qu'un enthousiasme aveugle et juvénile avait omis de dissimuler. Retour sur le prélude d'un pari pourtant bien tenté.

Un cirque de marionnettes

Tout avait été habilement campé. Le décor installé de longue date, les consciences préparées, lavées par les médias-sondages. Des débats et péroraisons pédantes, s'enlisant inlassablement dans une torpeur intellectuelle confortable pour étouffer la carence des solutions à gauche face à la crise. Douce, insensible transition des âmes vers l'automne. Juste l'excitation du combat interne entre caciques et candidats du PS pour éviter l'endormissement devant la télévision. Et entre deux joutes courtoises, une tape lénifiante et consensuelle sur l'épaule. "Triomphe de la démocratie participative... Merci Ségolène... Merci aussi à toi Arnaud... Merci à toi Manuel..." Hommages collatéraux, auto-congratulations avant les retrouvailles du 16 octobre 2011 et le grand banquet annoncé pour mai 2012.

Alors bien sûr, il y aura eu quelques pseudo-piques, puis le second tour. Ce duel à l'épée au petit matin déprogrammé pour un match de catch. Les jeux étaient bien moins "faits", comme le disait un Pierre Moscovici jouant sur le double sens, que les dés n'étaient pipés. Car tout ceci, mesdames et messieurs n'était qu'un cirque de marionnettes — chacune à la place qui lui était dévolue. La reine d'entre elles est une marionnette sans tête, s'agitant en tout sens. Un "truc qui ne dérange personne" pour citer Jean-François Copé, un "Monsieur je ne prends position sur rien" selon Christian Jacobs, le patron des députés UMP à l'Assemblée Nationale. Rendons hommage à la droite qui ce soir a vu clair dans le jeu d'une alliance médiatico-socialiste dont l'objectif ultime est la non réélection de Nicolas Sarkozy dans 7 mois.

Tout ça pour ça !

"Un faux suspens", dira le secrétaire général de l'UMP. A 20 heures déjà, Christian Jacobs, invité sur le plateau d'itélé, n'accusait pas mais, sans ambages, remettait en question la probité du dépouillement et par là-même, le symbole de la primaire socialiste. "Qui nous dit que le vainqueur est réellement celui que le PS nous vend ?!" Quelle valeur peut-on en effet accorder à une organisation dont les modalités sont aussi opaques qu'internes ?

Un candidat du PS a été chéri, façonné par des médias si soucieux de son image, qu'ils devinrent les conseillers de sa communication et de son régime. Donné gagnant par les sondages, l'homme s'est montré ostensiblement "digne". Tout en retenue, déjà présidentiable, face aux attaques et petites phrases de sa première concurrente, une certaine maire de Lille, ancienne ministre qui accepta d'endosser les habits de la mégère et du faire-valoir de circonstance. Cependant, afin de se poser en "représentant légitime du PS et de tous ceux qui souhaitent destituer Sarkozy en 2012", il convenait d'étayer ses éléments de langage par des chiffres et des faits.

Lessiveuse en marche : "Rassemblement" et "légitimité"

19h45. Premiers résultats partiels sur 120 000 votants : plus de 56% pour Hollande, moins de 44% pour Aubry. Un rapport qui ne se modifiera pas significativement, instillant chez une poignée de crédules un message : Hollande l'emporte avec une large avance, et cette marge est stable et constante quelle que soit la taille de l'échantillon. Ce message, vendu comme un fait objectif, valide un premier élément de langage officiel, celui que les spectateurs auront entendu toute la journée : "François Hollande veut et peut rassembler le parti socialiste".

D'abord, faire croire à un plébiscite populaire. Presque 3 millions de votants, un électorat qui, factuellement, dépasse largement la foule des militants et vraisemblablement mélange des sensibilités de gauche, de droite et du centre. Certains ont voté par adhésion idéologique, d'autres par calcul pour choisir celui des candidats qui leur semblait le plus faible face à l'actuel chef de l'Etat. Ce biais stratégique évoqué la semaine précédente, aura été omis aujourd'hui ; ce jour était certainement celui des sincères, alléluia ! Surtout, le parti et le peuple socialistes n'avaient pas de candidat naturel. Hollande n'avait pas d'expérience ministérielle, ni de légitimité populaire pour rivaliser face à Nicolas Sarkozy. La symbiose crevait les yeux ; elle était trop inespérée pour qu'une main invisible ou des intérêts marketings n'influencent le destin. Après avoir été propulsé devant les caméras, Hollande fut ainsi élevé sur cette estrade où il fit dans la soirée son premier discours de présidentiable.

Le candidat socialiste, à défaut d'avoir l'expérience, a du moins conquis son premier argument de campagne : "la légitimité démocratique". Fera-t-elle le poids face au socle électoral huit fois plus élevé dont pourra s'enorgueillir le premier magistrat de France ? Royal et d'autres en semblent persuadés, eux qui qualifient cette légitimité d'"incontestable", préparant leur défense contre la volée de bois vert que l'UMP réserve à Hollande.

Hollande : la synthèse improbable entre Valls, Montebourg, Aubry, Royal et Baylet

Bises à tout va, entre Ségolène, François, Martine, et tous les autres. Bravo aux artistes pour cette comédie, dont l'épilogue, hélas, ne se jouera que post-mortem. Pour l'heure, tous dans la boîte ... en sapin ! Car le PS n'est plus uniquement un cadavre à la renverse : il est déjà mort ! Supplicié par l'absence de crédibilité, écartelé par ses propres contradictions ! Loin d'être le sauveur de la gauche, François Hollande usera de l'hypocrisie environnante comme le fossoyeur de sa pelle, prêt à ensevelir un cadavre déstructuré et décomposé dans la tombe des convictions socialistes.

Et pendant que les "Hollandistes" s'apprêtaient à sabrer le champagne au siège parisien du parti rue de Solférino, Henri Guaino, invité du Grand Jury sur RTL, se fit diable sonneur de glas. Se réappropriant insidieusement le protectionnisme de Montebourg et Mélenchon, le conseiller spécial du président de la République démontra que la droite n'avait pas dit son dernier mot, et qu'elle était prête à tout pour conserver l'Elysée. Même à vampiriser l'aile gauche esseulée au sein de cette nouvelle équipe sociale-démocrate. Au loin, une autre chanson fait écho à sa mélodie. Un dies irae sarcastique, martelé par la dernière candidate qui puisse encore ambitionner le second tour de la présidentielle...

mardi 13 septembre 2011

MOSCOVICI : QUAND LA PYTHIE FAIT PITIÉ

Je ne sais jamais s'il convient de parler de "primaire" ou de "primaires", toujours est-il que ce ne sont pas les primaires qui manquent. Je pense évidemment à tous ces courtisans opportunistes, naturellement sponsoriés par des grandes marques de matelas réversibles. Parmi un très large éventail de galettes idéologiquement ratatinées, je n'ai pas résisté à la tentation de capturer celle-ci :
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Oué, il est en train d'se passer un "truc" autour d'Hollande. Une sorte de petit culte de la personne, capable de transposer au PS le même genre d'instant de grâce idolâtre que la droite a connu en 2007 avec Sarkozy. Son message pourrait être prophétique, mais quand on sait que Pierre Moscovici a été l'un des plus fervents soutiens à DSK et qu'il vantait encore ses mérites à 00h30 le dimanche 15 mai, on se dit que cela ne présage rien de bon pour la gauche ! Mosco serait-il le digne héritier de la machine jospinienne ? Mister La Poisse ? Avec Hollande et son fan club, la Pythie ne vient plus en mangeant, en revanche elle ferait quelque peu pitié.

vendredi 8 juillet 2011

PARTIS SEGMENTES : POURQUOI FAIRE SIMPLE QUAND ON PEUT FAIRE COMPLIQUÉ ?

« Les deux droites vont finir par faire imploser l’UMP ! » L’actualité ne manque effectivement pas de thèmes susceptibles de mettre en relief les contrastes saillants entre les courants gaulliste-social et libéral-populaire de l’UMP. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Pour ce qui est de la pluralité idéologique, la gauche non plus n’est pas en reste.

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Ses avatars sont encore plus nombreux : conservatrice, réformiste, sociale-démocrate, patriotique-populiste de gauche, communiste, sécuritaire, protectionniste, écologiste, etc. Une palette de couleurs déclinée finalement autour de deux valeurs chromatiques : l’une interprète son hémisphère politique comme une émanation intangible des Lumières et de la Révolution, luttant contre les injustices et inégalités ; l’autre, hédoniste et libertaire, cherche moins l’égalité que le progrès socio-économique et humain.

J’ai retenu ma main tentée par la dichotomie « l’une est idéaliste, l’autre pragmatique », car ni l’une ni l’autre ne sauraient de nos jours être qualifiées ainsi. Les partis républicains de ce début de XXIe siècle sont dirigés par des gestionnaires, élus pour organiser le partage des fruits de la mondialisation. De fait, il n’y a plus de clivage patent tel qu’au XIXe siècle entre une « gauche charitable et proche du peuple » et une « droite cynique et élitiste, protectrice du capital et des riches ». Lorsque d’aucuns essaient de le ressusciter, c’est à grand renforts de caricatures — une mayonnaise qui ne prend presque plus. Il est toutefois intéressant de noter que leurs anciens crédos respectifs sont entretenus dans l’inconscient collectif par les éléments de langage des politiciens.

A gauche, « la modernité sociétale » (le mariage homosexuel en particulier) s’est substituée à la lutte des classes sociales, tandis qu’à droite on fustige le « compassionnel » compassé et « les solutions dépassées » de la gauche en lui opposant un esprit de « responsabilité ». Au milieu de cette nouvelle harmonie, le leitmotiv wagnérien du secrétaire général de l’UMP était prévisible : « Le FN c’est surtout des devoirs. Le PS c’est surtout des droits. Nous, nous sommes le parti des droits et des devoirs ».
politique,philosophie,france,économie,social,ump,sarkozy,ps,droite,gauche,fn,national,électionLa France est décidément une terre d’exception politique. Gauloise et romaine à la fois, elle porte en germe tout et son contraire, avant que ses antagonismes ne se résolvent en complémentarités nécessaires. Ses lumières sont tamisées, ses contours changeants. Lionel Jospin a répété après sa défaite en 2002 que le FN ne représentait pas une menace fasciste. Mal voyant ou clairvoyant ? Car s’il n’était alors pas une porte ouverte sur une dictature, il est peu probable que sa nouvelle mouture normalisée le soit davantage. Une majorité d’historiens affirme d’ailleurs que notre pays n’a jamais eu de tradition fasciste, pas même au sein de l’extrême-droite des années 30. Pas plus qu’une culture communiste à tendance stalinienne. Petitesse et grandeur d’une nation viscéralement attachée aux nuances, pour le meilleur et pour le pire.

samedi 11 juin 2011

L'EFFET DSK : T(R)OPIQUES AU COMPTEUR

Accalmie dans l’affaire DSK. Chaque camp affûte ses armes, un mois avant la prochaine audience. Le temps pour les esprits de se calmer, la perspective des vacances aidant. La plainte de la femme de chambre new-yorkaise a à peine essaimé, désinhibé et libéré la parole d’autres victimes présumées, que déjà l’actualité des frasques sexuelles commence à lasser l’opinion et les médias.

Un mois s’est écoulé depuis le scandale. Les journalistes et les commentateurs du net prévoyaient la foudre pour la classe politique française. L’histoire a écorné un peu plus l’image de la France à l’étranger, mais pas au point de rechigner à appuyer une candidature française pour remplacer Strauss-Kahn à la tête du FMI. Christine Lagarde, officieusement adoubée par tous les pays industrialisés, a en effet toutes ses chances.

Certains commentateurs ont hâtivement spéculé sur un effet "lutte des classes". Dommage de galvauder une expression si chargée historiquement. La lutte des classes, c’est la conscience de son exploitation par une majorité populaire affamée et son organisation pour renverser le régime de propriétaires capitalistes. Je me suis déjà exprimé, comme tant d’autres, sur les raisons pour lesquelles une Révolution n’est pas actuellement envisageable en France.politique,économie,dsk,strauss-kahn,besancenot,npa,justice,police,viol,agression,sexuelle,nafissatou,diallo,guinéenne,femme de chambre

Le bras de fer perdu durant la réforme des retraites l’a très bien illustré ; un échec qui incita même un Besancenot découragé, résigné face au manque de convictions révolutionnaires et de moyens des relais syndicaux, à anticiper sa propre retraite politique. "Bougez avec la poste !" Les enquêtes prouvent que l’histoire DSK a eu bien plus de retentissement médiatique que de répercussions sur l’électorat. Ni antagonisme ravivé entre les "puissants" et les "humbles" débouchant sur un "tous pourris" favorable au FN, ni report sur la valeur-refuge présidentielle en attente d’un heureux évènement (ou d’une calamité supplémentaire aux yeux des détracteurs de Sarko). Une inertie qui s’explique par au moins quatre facteurs.

D’abord, la stupeur et l’incrédulité. Rares sont ceux qui croient en ce fâcheux concours de circonstance d’un ex-futur favori à la présidentielle qui, chahuté sur son train de vie somptuaire, clôt sa semaine éprouvante en donnant magistralement raison à ses adversaires et en parachevant son oeuvre d’hédonisme irresponsable par le viol d’une maid. Personnellement, j’ai encore la "fellation forcée" en travers de la gorge. Que voulez-vous, il y a des choses qu’on a du mal à avaler. Certains agendas et plans nous échappent.

Mais gare aux langues déliées ! Selon le dogme Américain, douter des versions officielles US c’est être déjà "complotiste". Nos dirigeants l’ont bien compris, eux dont le cartésianisme s’est effacé docilement devant certaines raisons supranationales. Je m’entends encore en début d’année, m’entretenir avec un ami : "Quand vont-ils ressortir du placard la marionnette Ben Laden et mettre en scène sa mort ?" La réponse n’a pas tardé. Début mai, fin officielle du leader d’Al-Qaïda. Le gars n’a rien pu faire, attaqué par un service encore plus diligent qu’UPS ou Chronopost : découverte, exécution, disparition, tout cela dans la foulée. Ca ne traîne pas chez les SEALs. Chez eux, on bosse en flux hyper-tendus. Que les frustrés qui attendaient un procès se rassurent, il leur reste celui du Perv.

lklk.jpg Autre enseignement. Les gens, bien que perfusés d’informations et de buzz, ne sont pas aussi influençables que d’aucuns l’affirment. Une majorité de français évite l’amalgame : DSK n’est pas représentatif de l’ensemble de la classe politique, ce n’est qu’un "K" particulier. Pour les sympathisants et militants socialistes, sa mise en accusation ressortit d’un fait privé et n’empêchera ni la conduite des primaires du parti, ni une conquête élyséenne désirée comme rarement par le peuple de gauche.

Troisièmement, la désillusion française constitue ici un rempart. Les français sont tellement coutumiers des scandales, qu’un de plus ou de moins n’altérera pas en profondeur leur perception des "puissants". Non seulement ils s’y sont habitués, mais ils ont même tendance, dans une transposition du syndrome de Stockholm, à s’attacher sympathiquement aux escrocs jusqu’à les réélire. Le principal nœud dans le lien présent entre DSK et ses compatriotes, c’est l’incertitude. Qu’elle se lève et il passera soit pour un martyre, soit pour un criminel de grande envergure. Dans tous les cas, sa victoire sur l’indifférence est assurée ; l’Histoire ne sera pas prête de l’oublier.
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Ultimement, il ne faut pas sous-estimer le mécontentement des citoyens à l’encontre de l’action présidentielle. A ce titre, pour une majorité d’électeurs socialistes, le sort de DSK importe bien moins que l’objectif de 2012 : le candidat social-libéral, certes susceptible de moderniser le PS, était un moyen pour renverser le souverain républicain avant d’être une fin en soi. Que la détestation de Sarkozy l’emporte ici sur l’affection envers l’ancien directeur général du FMI ne procède pas tant d’une bulle médiatique ou d’un problème conjoncturel d‘"image", que d’une désapprobation de fond.

Pour la foule vindicative, dix affaires successives de mœurs qui frapperaient le PS, ne lui feraient pas plus oublier les motifs de son courroux que sa fièvre de changement. Le politicien est versatile, mais jamais autant que l’électeur. Tel qui a encensé Sarkozy hier, le déteste aujourd’hui et … le louera peut-être demain, se repentant trois fois comme Pierre. A moins d’un an du scrutin présidentiel, bien malin qui pourrait le dire.

L’impact social surestimé de cet évènement serait-il donc nul ? Pas sûr. Car si certaines associations partisanes se sont gardées d’ameuter la populace, d’autres ont saisi l’occasion pour ranimer la brûlante pertinence de leurs combats. Ainsi, les féministes et antiracistes se sont fait bien plus entendre que les mouvements de contestation politique, rappelant qu’à présent les contre-pouvoirs populaires les plus éloquents, après les antinucléaires, sont à chercher parmi les groupes d’influence sociétaux et anthropologiques à vocation humaniste.

La discrimination sexuelle et ethnique réveille les pulsions libido-insurrectionnelles. Celle économique, nettement moins romantique, trop vulgaire et prosaïque, agace tout au plus. Vérification faite à Manhattan, avec ce cortège improbable digne de l’Apprenti Sorcier, ce ballet du balais devant le palais. Admirez le tableau : un car entier de femmes de chambre en tenue de travail, venues pour conspuer l’affreux agresseur aux cris de "Shame on you ! Shame on you !" ("honte à toi", pour les réfractaires à la langue de Shakespeare). Parallèlement, les cris des Indignés espagnols et français se raréfient et leurs revendications s’éteignent avant même les feux de la Saint-Jean. Certains mouvements n’ont plus la cote. Les temps changent.
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"On s’en moque de Strauss-Kahn, il y a d’autres sujets plus graves ! Des gens meurent sous les balles ou crèvent de faim partout dans le monde !" C’est exact. Toutefois, à l’instar d’autres incrédules, je ne commencerai à tourner cette page au propre comme au figuré que lorsque j’aurai vu et entendu la présumée victime, Nafissatou Diallo. Alors je dirai "ce type est vraiment un malade ! Heureusement qu’on ne l’a pas eu comme président !" Mais pour le moment, rien ne permet de la distinguer d’un personnage fabriqué ou choisi pour les besoins du scénario. Le portrait que les médias et soi disant "proches" en ont dressé appartient aux images d’Épinal; cette femme est à ce point décrite comme une sainte qu’elle en est irréelle. Conséquemment, le contraste entre la plaignante et l’accusé est si saisissant qu’il est sujet à caution et porte avec insolence la signature du manichéisme américain. A quoi ressemblerait l’antithèse d’un homme, blanc, influent, célèbre, à la richesse ostentatoire, juif, peu pratiquant, replet, cultivé, polyglotte, marié, infidèle et hédoniste ? La réponse n’aura échappé à personne. "Les extrêmes s’attirent" dites-vous ? [Dernière photo : Reuters / Mike Segar]

mardi 31 mai 2011

"DIS PAPA, POURQUOI TU VOTES PAS POUR LE PS?"

J’imagine aisément la réponse. Un réquisitoire dont la forme contemporaine pourrait ressembler à cela :

asqs.jpg"Le socialisme est un mensonge qui a depuis longtemps tourné le dos à ses racines marxistes et révolutionnaires. Ce ne sont plus pour lui que de lointains souvenirs. Le socialisme moderne procède d’une orientation sociale-libérale, c’est-à-dire d’un accommodement, pour ne pas dire d’une soumission, de cette sensibilité traditionnelle de gauche aux règles libérales.

Le PS est le représentant de commerce de la mondialisation : ouverture des frontières, libre-circulation des marchandises, des personnes etc. Son objectif n’est pas de révolutionner le régime, mais de le réformer en douceur par la politique fiscale, la redistribution, et la régulation du libéralisme. Réguler le système pour mieux en faciliter l’application ; non pas le contrarier. A ce titre, le parti socialiste ne saurait appliquer l’ascenseur social et ne pourrait libérer les miséreux de leur condition. Là n’est pas son intérêt, puisque soustraire par quelque inspiration providentielle les êtres à la misère hypothéquerait ses chances d’être réélu, en lui ôtant l’objet même de son engagement.

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En outre, ses moyens d’action se limitent à prodiguer aux plus pauvres la béquille et les expédients prompts à leur faire supporter leur condition. Ici, le but n’est pas de guérir, mais de fournir des soins palliatifs, d’accompagner l’autre dans sa douleur avec commisération, puis de l’inciter à se résigner par le découragement. Le socialiste moderne n’entretient pas les pulsions révolutionnaires, mais ne les rejette pas explicitement. Il ménage l’ambiguïté pour mériter encore son titre d’homme de gauche et surtout pour mieux faire passer le breuvage faussement édulcoré et réellement amer de la mondialisation. En vérité, sa conception est celle d’une antinomie profonde entre la défense des classes populaires et celle de l’humanité dans son ensemble ; comme le disait Simone de Beauvoir dans Pyrrhus :
'On ne peut en se transcendant vers le prolétariat se transcender du même coup vers toute l’humanité, car la seule manière de se transcender vers lui, c’est de se transcender avec lui contre le reste de l’humanité.'
Servir sa nation, ça n’est pas monter une catégorie contre une autre. C’est aimer et reconnaître chaque composante de la société, sans chercher à privilégier l’une ou l’autre. Le populaire ou l’humain, il faut choisir. Il y a bien longtemps que j’ai choisi."

Au parti socialiste, dans sa dénomination actuelle ou bien dans une autre, de faire mentir cet électeur.

dimanche 15 mai 2011

AVERTISSEMENT D'OBAMA SUR LA DETTE AMÉRICAINE

"La hausse du plafond légal de l'endettement ou l'effondrement systémique..." Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision CBS, Barack Obama a averti le Congrès qu'un non relèvement de la limite légale de l'endettement serait perçu par les marchés financiers comme un signe d'insolvabilité américaine. "Cela pourrait défaire le système financier tout entier", a mis en garde le président. "Nous pourrions subir une récession encore plus grave que celle que nous venons de traverser. Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas songer à relever le plafond de la dette", a-t-il plaidé.

mardi 5 avril 2011

LAÏCITÉ : COPÉ PRÊCHE CONTRE LE FN ET LE PS


Extrait de l'introduction du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, à la fameuse convention polémique sur la laïcité (05/04/2011, Paris, France Info).

Copéator predicator, suite. Sa harangue est devenue si caricaturale, que je ne peux m'empêcher d'en poster les manifestations périodiquement. Le Bossuet de la Sarkozye, en plein sermon sur la laïcité, en a profité pour taper à sa gauche et à sa droite, histoire de joindre l'(in)utile au désagréable, en vue de défricher le terrain de la future campagne électorale du roi-président.

Il va falloir s'habituer à ce que l'apôtre Jean-François nous resserve à tous les repas la rengaine "l'UMP est le parti de la responsabilité" qui relègue les autres au rang des judas, des démagogues, et des fumistes inconséquents. Amen.

vendredi 11 mars 2011

MALEK BOUTIH : "IL Y A UN DANGER QUE MARINE LE PEN SOIT PRÉSIDENTE DE LA RÉPUBLIQUE"



Le Secrétaire national du Parti Socialiste en charge des questions de société, intervenait ce jeudi 10 mars 2011 dans l'émission "Ménard sans Interdit" (I-télé). Réputé pour ses fréquences prises de position contre sa propre famille politique, Malek Boutih appelle dès à présent à un élargissement de la campagne des primaires socialistes à toutes les sensibilités de gauche. Agitant "l'épouvantail FN", il les exhorte à constituer un nouveau programme commun, capable de renverser la tendance des sondages qui placent Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2012.

Les enquêtes d'opinions et les difficultés de la gauche à s'organiser ne sont pas les seules à expliquer ce coup de sang socialiste. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy a donné au PS un autre motif d'inquiétude. Le président qui recevait à déjeuner les principaux cadres de son parti a défini la stratégie générale qu'il recommande d'adopter au second tour en cas d'échec aux cantonales : "pas d'alliance avec le FN et pas de front républicain pour faire barrage au parti d'extrême-droite en cas d'absence de l'UMP au deuxième tour", a rapporté un responsable de l'UMP.

Toutefois, il a délégué à son bureau politique la responsabilité d'édicter des consignes de votes locales, afin de se prononcer "tantôt pour l'abstention, tantôt pour le PS". En somme, cette journée du 10 mars 2011, qui fût marquée également par le durcissement de son discours face à la crise libyenne, aura été pour le chef de l'Etat celle des "frappes ciblées".