Game over et pas de jugement pour le jeune Mohamed Merah. Le tueur présumé de Toulouse a été "neutralisé" par le Raid à l'issue d'un assaut épique et de 32 heures de suspens, devenant de fait un tueur avéré. Ce qu'on sait pour l'instant, c'est que l'homme serait mort au sol, dehors, après avoir sauté de la fenêtre de son appartement du rez-de-chaussée, vraisemblablement abattu par une balle de la police après avoir "présenté une forte résistance et usé 300 cartouches".
Le Président, solennel, salue le Raid et fait taire les rumeurs...
L'enquête sera chargée de lever le voile (sans jeu de mot), sur son passé, afin de vendre à l'opinion un portrait un tant soit peu crédible. Mais déjà, pour faire taire les critiques naissantes, notamment des proches de Hollande, quant aux possibles défaillances des services de renseignement qui suivaient le "djihadiste" supposé, Nicolas Sarkozy a tenu à reprendre l'initiative publiquement et significativement. Durant une courte allocution élyséenne, il a ainsi reconnu en creux que les failles du système judiciaire et préventif concernant l'anti-terrorisme appelaient des réformes immédiates.
Avant de convoquer le candidat Sarkozy pour corriger ses lacunes
Montant la tension d'un cran, il a souhaité en particulier pénaliser tous ceux qui pourraient dorénavant diffuser ou participer à la propagande de l'extrémisme, notamment de l'islam radical : sanction de la consultation de sites Internet qui encouragent les actes terroristes et l'endoctrinement islamiste, interdiction du prosélytisme djihadiste dans le milieu carcéral et de séjour dans des camps d'entraînement en Afghanistan ou au Pakistan...
L'occasion rêvée de justifier le cap "à droite toute !"
"Que ne l'a-t-il fait plus tôt ?" pourrait-on se demander. La réponse est peut-être à chercher du côté de l'analogie idéologique entre Nicolas Sarkozy et celui qui fut (ou reste) son modèle... Souvenons-nous que lorsque George Bush Jr voulait justifier le renforcement de sa politique sécuritaire, il instrumentalisa (pour ne pas dire plus...) les attentats du 11 septembre 2001 pour faire voter le Patriot Act. Certaines mesures ne peuvent en effet passer dans l'opinion et au Parlement qu'après un traumatisme national suffisant...
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jeudi 22 mars 2012
NICOLAS SARKOZY L'A ENFIN SON PATRIOT ACT A LA FRANÇAISE !
vendredi 4 novembre 2011
L'ALTERNATIVE DE JACQUES ATTALI POUR SORTIR DE LA CRISE ? BIEN CHOISIR SA SOUMISSION
Attention, oreilles sensibles et patriotes s'abstenir. Interrogé hier sur France 24 à propos de la crise qui secoue l'Europe, l'omniprésent (-potent ?) président de PlaNet Finance, Jacques Attali, a exposé succinctement ses solutions, et ce qui représente pour lui, la seule alternative raisonnable : choisir son maître, entre l'allégeance à la finance internationale ou au fédéralisme européen.
Considérant la crise grecque comme un épiphénomène, la partie émergée d'un défaut de gouvernance économique et politique européenne, Attali engage les Etats membres à respecter leurs engagements budgétaires au plus vite : "Ce n’est pas manifester dans la rue ni refuser les nécessaires plans d’austérité qui rembourseront des dettes contractées démocratiquement". Et de désespérer de ne pas voir se dessiner à l'issue du G20 les contours d'une véritable gouvernance mondiale...
Enfin, lorsqu'on lui demande de juger des compétences et de la stature présidentielle de François Hollande, l'impérialiste libéral décomplexé ne cache pas ses affinités ni son estime pour le corrézien : "La question n'est pas qu'il ne soit pas expérimenté. David Cameron non plus n'avait pas été ministre avant d'être à la tête du gouvernement britannique [...] François Hollande est tout à fait capable d'occuper le poste, tout à fait capable"♦
Enfin, lorsqu'on lui demande de juger des compétences et de la stature présidentielle de François Hollande, l'impérialiste libéral décomplexé ne cache pas ses affinités ni son estime pour le corrézien : "La question n'est pas qu'il ne soit pas expérimenté. David Cameron non plus n'avait pas été ministre avant d'être à la tête du gouvernement britannique [...] François Hollande est tout à fait capable d'occuper le poste, tout à fait capable"♦
mercredi 1 juin 2011
ET LES ÉTATS-UNIS INVENTÈRENT LA VIRTUALITÉ RÉELLE
Attention ça ne rigole plus sur le front américain. Vous pensiez que seuls Ben Laden et consorts pouvaient voir débarquer chez eux des commandos de Seals ? C’était sans compter sur une nouvelle règle du jeu. Les États-Unis viennent en effet d’élargir la portée du "Patriot Act" en annonçant qu’ils répondront à toute cyberattaque comme à n’importe quel acte terroriste dirigé contre le pays ou ses intérêts. En tant qu’offensés, ils se réserveront ainsi le choix des armes : diplomatiques, économiques ou militaires. "Dans le respect des règles internationales" affirme la Maison Blanche (ouf), avant de préciser “qui prévalent dans les conflits armés” (damned nous sommes cuits !)
Toujours à la pointe du progrès, les États-Unis envisagent donc de justifier, quand bon leur semble et, disons-le, en toute impunité, une équivalence entre assauts virtuels et militaires. Un responsable de l’armée a d’ailleurs confié au Wall Street Journal qu’en cas d’atteinte au réseau électronique, le ministère de la Défense pourrait riposter par l’envoi d’un missile. Sur la maison d’un particulier ?! Une telle hypothèse est si peu raisonnable, qu’elle en devient parfaitement américaine. Que l’impérialisme économique s’essouffle chez l’oncle Sam, et c’est le protectionnisme offensif qui surgit du chapeau.
Bluff ? Arme de dissuasion de nouvelle génération ? Instrument machiavélique pour redorer son leadership stratégique (imaginez les conséquences internationales d’un false flag cybernétique made in USA) ? Une chose est sûre, c’est que depuis le début du mois de mai, Obama est passé à la vitesse supérieure et, à l’instar de la France, pointe l’année 2012 dans sa ligne de mire. Il compte bien être réélu et il sera difficile pour le monde de l’ignorer.
Toujours à la pointe du progrès, les États-Unis envisagent donc de justifier, quand bon leur semble et, disons-le, en toute impunité, une équivalence entre assauts virtuels et militaires. Un responsable de l’armée a d’ailleurs confié au Wall Street Journal qu’en cas d’atteinte au réseau électronique, le ministère de la Défense pourrait riposter par l’envoi d’un missile. Sur la maison d’un particulier ?! Une telle hypothèse est si peu raisonnable, qu’elle en devient parfaitement américaine. Que l’impérialisme économique s’essouffle chez l’oncle Sam, et c’est le protectionnisme offensif qui surgit du chapeau.
Bluff ? Arme de dissuasion de nouvelle génération ? Instrument machiavélique pour redorer son leadership stratégique (imaginez les conséquences internationales d’un false flag cybernétique made in USA) ? Une chose est sûre, c’est que depuis le début du mois de mai, Obama est passé à la vitesse supérieure et, à l’instar de la France, pointe l’année 2012 dans sa ligne de mire. Il compte bien être réélu et il sera difficile pour le monde de l’ignorer.
lundi 9 mai 2011
DÉBUT DE L’ÈRE "POST-BEN LADEN"
Ouverture de la chasse aux sorcières "pakistanaises", dans la grande tradition impérialo-paranoïaque américaine. Selon les officiels de la Maison Blanche, l'exécutif du Pakistan aurait connu l'emplacement du leader d'Al Qaida, sans les en informer. Les déclarations d'Obama, qui se multiplient pour traquer les complices éventuels et autres appuis cachés de Ben Laden au sein du gouvernement pakistanais, nous rappellent la voix de GW Bush "Les Etats-Unis déclarent la guerre aux terroristes, à leurs alliés, à ceux qui les cachent ou ne les condamnent pas".
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jeudi 5 mai 2011
LES ÉTATS-UNIS ENCORE MAÎTRES DU MONDE
L'intervention des États-Unis au Pakistan était illégale, tant du point de vue des modalités et de la finalité, que de l'ingérence dans un pays étranger auquel les Américains n'avaient pas déclaré la guerre. Obama n'a pas rompu avec le Patriot Act de GW Bush, il l'a parachevé. Intervention illégale aux yeux du droit international, mais "justifiée" pour la majorité de notre classe politique française. Car lorsque les États-Unis décrètent qu'une mesure est légitime pour leur intérêt et leur morale, les autres pays se prosternent. Dans l'allocution qu'il a tenue quelques heures après la mort de Ben Laden, Obama a déclaré "Nous avons prouvé que lorsque les Etats-Unis veulent quelque chose, ils peuvent le faire". Paul Quilès, ancien ministre de la Défense français a réagi à ces propos par un lapidaire "Terrifiant !"
Voilà en effet le sens qu'on peut attribuer, rétrospectivement à "Yes we can !" Les maîtres du monde sont encore là. Ils s'imposent plus que jamais par leur mauvaise foi et leur lâcheté, comme en atteste ce tableau grotesque de Navy surarmés et surentraînés, tirant sur un Ben Laden désarmé. Ils ont certainement dû confondre un homme avec le Diable pour avoir la gâchette si facile. Et surtout, la tentation de la vengeance était trop forte. A ce titre, Obama a inventé le concept de "légitime défense nationale" : le simple fait que Ben Laden puisse respirer quelque part, constituait déjà une menace, pis, une agression effective pour le peuple américain. Face à ce terrorisme d'état, tacitement accepté par les autres nations, sachez que Big Brother peut, à n'importe quel moment, envoyer chez vous un commando et vous tuer sur-le-champ au nom de leur intérêt.
Voilà en effet le sens qu'on peut attribuer, rétrospectivement à "Yes we can !" Les maîtres du monde sont encore là. Ils s'imposent plus que jamais par leur mauvaise foi et leur lâcheté, comme en atteste ce tableau grotesque de Navy surarmés et surentraînés, tirant sur un Ben Laden désarmé. Ils ont certainement dû confondre un homme avec le Diable pour avoir la gâchette si facile. Et surtout, la tentation de la vengeance était trop forte. A ce titre, Obama a inventé le concept de "légitime défense nationale" : le simple fait que Ben Laden puisse respirer quelque part, constituait déjà une menace, pis, une agression effective pour le peuple américain. Face à ce terrorisme d'état, tacitement accepté par les autres nations, sachez que Big Brother peut, à n'importe quel moment, envoyer chez vous un commando et vous tuer sur-le-champ au nom de leur intérêt.
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mardi 3 mai 2011
MORT DE BEN LADEN : 48 HEURES POUR UNE MISE EN SCÈNE
02/05/2011. 07h GMT. Attention mesdames et messieurs, enturbannés et déturbannés, Barack Obama et tous les médias du monde ont annoncé cette nuit la mort de l'ennemi public n°1 (le bouc-émissaire conscient, inconscient, factice ou réel, bref "le prétexte"), j'ai nommé Oussama Ben Laden. Que ceux que cela fait pleurer de rire ne s'inquiètent pas, ils ne seront pas les seuls. L'info aurait pu tomber un 1e avril, ça n'aurait pas été moins crédible ... J'y reviendrai sans aucun doute, le temps d'intégrer le mensonge abyssal, d'un mensonge dans le mensonge, afin, je l'espère, d'y voir plus clair ...
02/05/2011. 10h GMT. On annonce que le "corps" de Ben Laden a été immergé (la mer est à plus de 1000 km du lieu de son assassinat présumé). Pas de procès et, à priori, plus aucune preuve officielle de sa dépouille ... Pourquoi jeter son corps dans la mer ? Ont-ils peur qu'il puisse ressusciter ? Plus sérieusement, pourquoi auraient-ils fait cela s'ils n'avaient rien à se reprocher ?
02/05/2011. 10h GMT. On annonce que le "corps" de Ben Laden a été immergé (la mer est à plus de 1000 km du lieu de son assassinat présumé). Pas de procès et, à priori, plus aucune preuve officielle de sa dépouille ... Pourquoi jeter son corps dans la mer ? Ont-ils peur qu'il puisse ressusciter ? Plus sérieusement, pourquoi auraient-ils fait cela s'ils n'avaient rien à se reprocher ?
02/05/2011. 19h15 heure de Paris. La séquence des évènements me procure le sentiment d'une logique confuse. La date de "l'assassinat" de Ben Laden ne me semble pas fortuite, mais je ne parviens pas encore à rassembler les morceaux du puzzle pour former un tableau cohérent : accord Hamas-Fatah, vidéo et chantage d'Aqmi pour libérer les otages au Niger, attentats au Maroc, répression syrienne, campagne électorale d'un Obama jusqu'à hier fragilisé politiquement et d'un dollar en perte de vitesse, approche des dix ans des attentats du 11 septembre ...
03/05/2011. "La diffusion des photos de Ben Laden mort doit être retardée jusqu'à ce que les réactions se calment" (Levin, pdt de la commission à la Défense de la haute chambre du Congrès). Voilà j'attendais un argument de ce type ! La stratégie idoine pour donner l'impression aux gens que les autorités américaines sont de bonnes volontés : pour transcrire leur pensée "Nous pourrions montrer la dépouille de Ben Laden, mais, hélas, comme l'annonce de sa mort exacerbe déjà les tensions au Moyen-Orient; nous allons temporiser et nous réservez le droit de diffuser". Comme le calme n'est pas prêt de revenir, il est probable qu'on ne voit jamais les prétendues photos et qu'ils trouvent toujours une raison de les dérober à notre regard♦
03/05/2011. "La diffusion des photos de Ben Laden mort doit être retardée jusqu'à ce que les réactions se calment" (Levin, pdt de la commission à la Défense de la haute chambre du Congrès). Voilà j'attendais un argument de ce type ! La stratégie idoine pour donner l'impression aux gens que les autorités américaines sont de bonnes volontés : pour transcrire leur pensée "Nous pourrions montrer la dépouille de Ben Laden, mais, hélas, comme l'annonce de sa mort exacerbe déjà les tensions au Moyen-Orient; nous allons temporiser et nous réservez le droit de diffuser". Comme le calme n'est pas prêt de revenir, il est probable qu'on ne voit jamais les prétendues photos et qu'ils trouvent toujours une raison de les dérober à notre regard♦
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vendredi 4 mars 2011
SARKOZY, PRÉSIDENT ÉLU... DES DIEUX ?
On peut être de taille modeste et avoir les idées larges et hautes. Très hautes. Un homme va bientôt s'ériger en champion fédérateur de la chrétienté, défenseur de nos valeurs millénaires, ultime rempart contre les extrémismes ... tout en décimant les rangs de sa propre famille politique et en exacerbant les tensions interconfessionnelles avec un acharnement inspiré.
Audio : chronique de Christophe Jakubyszyn (RMC, Bourdin & Co, Les Coulisses de la politique, 04/03/2011).
Photo : Nicolas Sarkozy en la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay (Haute-Loire) © REUTERS/Philippe Wojazer.
De son propre aveu et plus que jamais, des difficultés profondes incombent à notre président de la République dans sa noble mission de service et de représentation. Seulement, la fonction temporelle ne suffit plus à notre "Sauveur". En émule reconnaissant de George Bush Jr, le chef de l'Etat lorgne de plus en plus sur Louis XIV, en se rêvant président des catholiques français, en charge d'un nouveau gallicanisme.
"C'est un héritage qu'on célèbre, une histoire qui nous fonde". Certes. Mais d'aucuns soulignent que ce pèlerinage de Nicolas Sarkozy n'est pas qu'une réaffirmation d'une série d'évidences factuelles. C'est avant tout un signe politique et idéologique fort; pour renouer avec une partie de son électorat de droite et des catholiques. Tandis que d'un côté de la Méditerranée, les despotismes périclitent, de l'autre, ils progressent. Doit-on y trouver une relation de cause à effet ? ... Décidément, notre Président ne parvient pas à rester à la place que la République lui a dévolu. En l'état et en l'Etat, parler encore de république serait hypocrite. Tacitement, nous sommes revenus à une monarchie parlementaire chrétienne. Les plus critiques ajouteront "L'avons-nous jamais quittée ?"
"Il ne faut pas opposer identité et diversité" marque l'entrée en matière présidentielle dans le débat sur la laïcité, concomitant de l'entrée en vigueur de l'interdiction du voile intégral. Le propos répartit fièrement les rapports de force sur l'échiquier. Il met les choses au point, non pas tant sur la sensibilité religieuse personnelle de Nicolas Sarkozy, que sur une hiérarchisation symbolique des valeurs culturelles françaises. Notons la précaution du Président. Sans qu'on lui ait demandé quoi que ce soit, il anticipe et nie déjà l'accusation de prosélytisme qui pourrait être dirigée à son endroit. Une autre question s'impose : ce prélude orienté constitue-t-il une manière sereine de poser les bases d'un débat objectif sur la laïcité ?
Audio : chronique de Christophe Jakubyszyn (RMC, Bourdin & Co, Les Coulisses de la politique, 04/03/2011).
Photo : Nicolas Sarkozy en la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay (Haute-Loire) © REUTERS/Philippe Wojazer.
De son propre aveu et plus que jamais, des difficultés profondes incombent à notre président de la République dans sa noble mission de service et de représentation. Seulement, la fonction temporelle ne suffit plus à notre "Sauveur". En émule reconnaissant de George Bush Jr, le chef de l'Etat lorgne de plus en plus sur Louis XIV, en se rêvant président des catholiques français, en charge d'un nouveau gallicanisme.
"C'est un héritage qu'on célèbre, une histoire qui nous fonde". Certes. Mais d'aucuns soulignent que ce pèlerinage de Nicolas Sarkozy n'est pas qu'une réaffirmation d'une série d'évidences factuelles. C'est avant tout un signe politique et idéologique fort; pour renouer avec une partie de son électorat de droite et des catholiques. Tandis que d'un côté de la Méditerranée, les despotismes périclitent, de l'autre, ils progressent. Doit-on y trouver une relation de cause à effet ? ... Décidément, notre Président ne parvient pas à rester à la place que la République lui a dévolu. En l'état et en l'Etat, parler encore de république serait hypocrite. Tacitement, nous sommes revenus à une monarchie parlementaire chrétienne. Les plus critiques ajouteront "L'avons-nous jamais quittée ?"
"Il ne faut pas opposer identité et diversité" marque l'entrée en matière présidentielle dans le débat sur la laïcité, concomitant de l'entrée en vigueur de l'interdiction du voile intégral. Le propos répartit fièrement les rapports de force sur l'échiquier. Il met les choses au point, non pas tant sur la sensibilité religieuse personnelle de Nicolas Sarkozy, que sur une hiérarchisation symbolique des valeurs culturelles françaises. Notons la précaution du Président. Sans qu'on lui ait demandé quoi que ce soit, il anticipe et nie déjà l'accusation de prosélytisme qui pourrait être dirigée à son endroit. Une autre question s'impose : ce prélude orienté constitue-t-il une manière sereine de poser les bases d'un débat objectif sur la laïcité ?
Prochaine étape ostentatoire ? Cluny, Vézelay ou le Mont-Saint-Michel. Pour Noël Mamère, jamais à court de formules lui non plus, en particulier quand il s'agit de fustiger les incongruités et autres dérives de l'exécutif, la réponse est sans équivoque :
"Avec ce qu'est en train de faire le chef de l'Etat, nous atteignons un niveau politique proche de l'encéphalogramme plat !"Espérons toutefois que nos politiques aient encore suffisamment d'influx nerveux pour conduire le débat avant que nous en arrivions nous-mêmes à nous brûler les esprits et les corps dans une nouvelle guerre de religion♦
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