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jeudi 22 novembre 2012

VERS UNE COERCITION ACCRUE DE L'OFFRE DE TRAVAIL ?


Mon courriel du 21 novembre 2012 à RMC, lu à 6h50 par Jean-Jacques Bourdin. Thème : "Faut-il que la France, à l'instar de l'Allemagne, contraigne davantage les chômeurs à prendre les emplois qu'on leur propose ?"

mercredi 14 mars 2012

NICOLAS "LE PEN" SARKOZY : "STIGMATISE L'ISLAM, PAS LE LIBÉRALISME !"

Nicolas Sarkozy n'ignorait pas le tollé que ses propositions protectionnistes allaient rencontrer. Il prit le risque car il souhaitait en mesurer l'impact sur l'opinion et les sondages français. Toutefois, il a sous-estimé l'effet d'une telle réorientation de campagne, sur le plan diplomatique.

D'abord, l'entourage d'Angela Merkel fit la moue. Puis hier, ce furent le Wall Street Journal et le député libéral ex-premier ministre belge Guy Verhofstadt au Parlement européen, qui taclèrent allègrement le Président français, jusqu'à le qualifier de "Nicolas Le Pen". Sarkozy, le vrai représentant de l'extrême-droite française ? Pas faux. Les observateurs étrangers sont souvent plus lucides que la majorité de nos compatriotes.

Cette petite sortie, plus ou moins discutable et crédible du chef de l'Etat, nous révèle également le degré de tolérance de nos partenaires européens et atlantistes à la droitisation. "Oui à l'extrême-droite sur le plan sociétal, oui au ralentissement de l'immigration musulmane, mais Non ! aux entraves à la libre circulation européenne et donc au libéralisme économique". Attendons de voir comment Sarkozy et l'UMP réagiront à ce recadrage...

samedi 7 janvier 2012

GOUVERNEMENT À CRAN : ARRÊT-MALADIE COLLECTIF PRÉVU POUR MAI 2012

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Au cas où certains représentants élus l'ignoreraient, tous les citoyens ne sont pas acquis à leur cause. Que nos ministres aillent demander ce que pensent d'eux les classes populaires qui peinent à faire tourner l'économie... Car non, messieurs du gouvernement, la vie ne se limite pas au cocon politique, et tout le monde n'est pas député. Beaucoup n'ont que la tribune Internet pour exprimer leur colère fort légitime.
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Sans être moi-même un fanatique des injures que je trouve trop passionnées pour être précises, je comprends cependant la véhémence de certains de mes camarades internautes. L'irrespect et la condescendance que beaucoup de politiques témoignent à leurs administrés justifient amplement la myriade d'injures argotiques qui s'abat sur leur tête, autant que ces idolâtres, hérétiques et pervers, qui selon la Bible méritèrent leur châtiment divin. Dans ces cas-là, il est préférable de faire profil bas, plutôt que de se perdre en procès ridicules et totalitaires qui sont autant de taches sur les valeurs de notre démocratie, et qui ne font que durcir les critiques ultérieures. Lorsqu'on est une personnalité politique, on se doit d'assurer dans son action pour la collectivité et, à défaut, d'assumer ses erreurs et son incurie patente ! Hélas le fair-play se perd, comme chacun sait...

Dans la même veine, le "sale mec", qu'aurait prononcé François Hollande imitant Nicolas Sarkozy, est-il choquant ? Oui, il l'est, parce qu'un premier magistrat de France qui a tout piétiné, à commencer par l'honneur de sa fonction et son devoir d'exemplarité (un comble pour un héraut autoproclamé de la "république irréprochable"), et traité un citoyen de "pauvre con", mériterait une épithète bien plus tranchante, à la hauteur de sa prime offense ! Il n'est toutefois pas exclu que quelques associations enclenchent la machine judiciaire, pour demain demander réparation, au nom de la République, à l'impudent n°1 qui ne sera plus protégé par son immunité...

vendredi 11 novembre 2011

FRANCE : "ET 1, ET 2, ET 3 PLANS D’AUSTÉRITÉ"... POUR COMMENCER

hôtel,luxe,Fillon,Sarkozy,taxe,impôts,lobby,Accor,Commission,Europe,euro,zone,crise,dette,déficits,agences,notation,S&P,Moody's,FitchLa Commission européenne et la coalition « marchés-agences de notation » sont devenues les maîtres du jeu en France. Longtemps dans l’ombre, leur domination s’affiche aujourd’hui au grand jour. Bruxelles a ainsi jugé que notre pays, en dépit de ses engagements budgétaires, demeurait encore trop velléitaire et laxiste, l'invitant par conséquent à de nouveaux plans d’austérité. Une défiance guère étonnante lorsqu'on constate que l’une des rares mesures visant à taxer le luxe a été déjà été ôtée du projet de rigueur.
La raison ? La pusillanimité d'un gouvernement qui a cédé hier au lobby hôtelier pour annuler la taxe de 2% sur les nuitées de luxe dont le coût dépassait 200 euros — à peine 10 jours d’existence virtuelle, un record de brièveté.

Boutin,Christine,PCD,Parti Chrétien Démocrate,UMP,droite,crise,effondrement,Europe,néolibéral,mondialisation,finance,dette,déficits,euro,agences,notation,Bruxelles,CommissionL’équipe de Sarkozy et de Fillon temporise, espérant reporter l’annonce d’un troisième plan après les échéances électorales. Cependant, il est peu probable que le choix de l’agenda nous soit laissé. La Commission européenne et les agences de notation mettront la pression à la France pour qu’un nouveau plan soit décidé avant avril 2012. Dans l’intervalle, on peut parier que le climat européen anxiogène plombera la confiance des investisseurs, des entreprises, des ménages, et par suite accélérera la récession. "Le système va s'effondrer" a affirmé Christine Boutin ce soir sur Europe 1. La présidente du Parti Chrétien Démocrate a même parlé de "troisième guerre mondiale, économique et morale" et engagé le politique à "reprendre le pouvoir" devant "l’échec de la philosophie néolibérale". Oui. La question est de savoir comment et surtout… à quel prix.

jeudi 3 novembre 2011

RÉFÉRENDUM GREC : L'ESPOIR DÉMOCRATIQUE MORT-NÉ AU LENDEMAIN DE LA FÊTE DES MORTS

J'ai hésité à écrire cette note, mais le péché d'orgueil autant que la tentation ont été trop forts. C'est en effet avec une certaine délectation (et une pensée émue et pas du tout ironique pour la "démocratie participative référendaire", quoi que...) que je constate aujourd'hui le mutisme assourdissant des bobos idéalistes qui avant-hier s'érigeaient en champions du vox populi. Il est vrai le tableau avait tout plaire : l'agora grecque, berceau de la démocratie, montrant l'exemple au monde entier par l'initiative solitaire pour le moins courageuse de son Premier ministre, Georges Papandréou.

Et puis cet après-midi, voilà-t-y-pas qu'nos chers indign... pardon, "inspirés", connurent le deuxième effet kiss cool : la découverte du pragmatisme ! "Quoi ? Comment ? Papandréou renonce au référendum ?! Les pressions ont dû être trop fortes, ça n'est pas possible autrement !"
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Exposons donc aux crédules la dure réalité. Papandréou, filou jusqu'au bout, a tenté un coup de bluff, pour deux raisons de politique intérieure. Premièrement, pour monnayer le retrait du référendum contre le vote de confiance parlementaire et, subséquemment, son maintien à la tête du gouvernement. Deuxièmement, pour renégocier des conditions de l'accord de Bruxelles, dans le sens notamment d'un surcroît d'aides aux banques grecques.

Audacieuse mais contre-productive, une telle manœuvre ne fait évidemment que discréditer encore un peu plus Papandréou. A tel point que le chef de l'opposition grecque, Antonis Samaras, réclame ce soir sa démission — une requête de bonne guerre autant que légitime.

Où en sommes-nous à l'heure actuelle et qu'en sera-t-il demain ?

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Toujours est-il que ce n'est pas ce soir que la Grèce et l'Europe sortiront de l'impasse. Mathieu Plane, l'économiste médiatique de l'OFCE, rappela tout à l'heure sur France 24, qu'un départ de la Grèce, à fortiori non concerté, ne serait un service pour personne ; ni pour elle, ni pour nous. En économie ouverte, des engagements politiques et financiers mulilatéraux ne peuvent pas se détricoter rapidement et de façon indolore. D'ailleurs, seule une naïveté béate et inconséquente aurait pu résumer le référendum à une pure victoire démocratique, en oubliant que les Grecs auraient à choisir en creux entre la peste et le choléra.

Un accord est passé à l'unanimité, après des mois de négociation, voulue en particulier par le Parlement et le gouvernement grecs ; il convient de s'y tenir, par respect pour les Grecs et les partenaires européens. Si l'on n'en veut pas, on ne le signe pas. Papandréou vient subitement de s'en souvenir, qui vend ce soir le vote du Parlement comme celui de la seule représentation nationale légitime. Et sinon, quoi d'autre de concret au programme du G20 ?

vendredi 26 août 2011

CURE FILLON : TRIPLE ZÉRO MENTION INUTILE

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 "Pathétique", "pusillanime" et surtout "inutile". Voilà les adjectifs qui me viennent à l'esprit pour qualifier le paquet de mesures hésitantes, sermonnées hier par François Fillon, ce croque-mort de rock opéra, ce fossoyeur de progrès en service commandé pour son maître. Michaël Darmon sur itélé ("Carte blanche" du 25/08/2011), journaliste du "premier cercle" sarkozyste, l'a confirmé : cette conférence était un plan de com' décidé lors de concertations aoûtiennes entre le chef de l'Etat, et les ministres respectivement de l'Economie et du Budget, François Baroin et Valérie Pécresse. On comprend mieux pourquoi le Premier ministre ne croyait pas lui-même en la pertinence d'une semi-cure d'austérité qui ne dit pas son nom, et qui est déjà perçue par certains comme le début de la fin pour l'équipe en place.

Vous savez, ces vendeurs de soda à la sauvette installés à l'entrée d'un parc à thème depuis la taxe voulue par le chef du gouvernement, cette équipe de poseurs d'une conscience filiale incomparable, prêts à défendre leur cap droitier néo-libéral quelle que soit la tourmente économique et sociale. Des aveugles qui courent, tout sourire, sur le bord d'un précipice rédhibitoire.

eeerr.jpgD'abord, la ministre chargée de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle, Nadine Morano, qui étrennait hier soir la nouvelle mouture d'Elysée 2012 sur itélé, et rappelait, quitte à ressasser lourdement, les légendaires vertus du sarkozysme volontariste : en cas d'attaque, la défense dictée par les éléments de langage élyséen ("Il y a eu la crise !") ; en cas d'insistance journalistique, la mauvaise foi éhontée ("Avec les socialistes la dette aurait été encore plus creusée !").

Simultanément ou presque, on a eu le droit à Xavier Bertrand le prudent ministre du Travail qui avait préféré devancer l'appel en annonçant lui-même les nouveaux chiffres accablants (euphémisme) du chômage. On aurait presque pu croire en sa contrition, si un rappel à l'ordre de sa hiérarchie, ou son propre instinct de survie, ne lui avait pas soufflé un indécent "Je suis optimiste". Une formule dont l'esprit fut relayé ce matin par Nathalie Kosciusko-Morizet dans Bourdin & Co sur RMC. La ministre de l'Ecologie, relativisant la catastrophe, tenta une ultime anesthésie des esprits éveillés : "Au premier semestre 2011, l'emploi industriel a progressé pour la première fois depuis 10 ans !"

Quant au "plan" lui-même, de Fillon ou d'on ne sait plus qui exactement (peu importe pour le peuple en souffrance !), je vous épargne la liste exhaustive des critiques qui se sont abattues de toutes parts, telles des flèches enflammées sur un camp de fortune déjà très entamé par ses propres incohérences et atermoiements funestes. En vrac et presque à l'unisson, la rue, les médias et les tribunes politiques ont fustigé "le rafistolage", "le colmatage", "les propositions insuffisantes", "le report du chantier de la dépendance", "la vision court-termiste" d'une politique où "ce sont encore les petits qui paient, tandis que les plus riches ne vont supporter qu'une saignée fiscale de 3%" etc. En bref et en prévision, entre la rigueur, le chômage, la réduction des postes d'enseignant, et la rentrée syndicale, l'automne s'annonce décidément très "chaud"♦

vendredi 10 juin 2011

TRIBUNES ET PAMPHLETS ANTI-FN : DES COPIES À REVOIR

Chaque période a ses modes. Après celle des frasques sexuelles de nos hommes politiques, voici qu’en plein bachot, certaines personnalités emboîtent le pas à leurs cadets pour se fendre de brûlots destinés à éclairer et avertir les consciences populaires d’une possible toxicité du vote FN. Sortez un quart de feuille ou plutôt une bonne centaine de pages, et lâchez-vous ! Les Indignés espagnols ont décidé la fin de leur mouvement, qu’à cela ne tienne ! Vous, responsables français, prenez le relais ! Indignez-vous à grands coups de “Au feu, au loup, au Front National !”

fn,national,pamphlet,politique,social,ps,socialiste,nkm,ump,droite,journaliste,critiques On crie oui, mais pas trop fort. Faudrait pas réveiller certains répulsions dormantes. On s’insurge juste assez pour tenter de reconquérir une partie des anciens électeurs de l’UMP, en instillant le doute et la peur dans les esprits — une arme qui a fait ses preuves — et en se positionnant comme pompiers responsables face aux dangereux incendiaires. Alors bien sûr tout cela est de bonne guerre ; il s’agit d’une contre-attaque politique et idéologique aux critiques souvent cinglantes de Marine Le Pen. “La caste se défend et s’affole”, ironise-t-elle. Mais au-delà des redondances (“son parti n’a pas changé … en grattant sous le vernis on retrouve les mêmes thématiques et idées que son père … la préférence nationale est contraire aux valeurs républicaines … leur programme économique c’est la ruine de la France”) dont la réappropriation par l’UMP frise au mieux la démagogie grotesque, au pire l’injonction paradoxale, la “caste” craint tellement de ne pas être reconduite en 2012, qu’elle omet quelques considérations macroéconomiques fondamentales.

“Les gens ne comprendraient pas. Évitez les étapes incertaines, les mécanismes seulement probables et les leviers instables. Allez à l’essentiel, parlez-leur de l’inflation, des taux d’intérêt, de leur pouvoir d’achat”, peut-on lire en creux. Les électeurs sont-ils irréfléchis ? Je ne le crois pas. Aveugles ? Encore moins. La critique du projet frontiste aura du mal à convaincre. Sa difficulté provient du fait qu’elle n’est pas actuellement en mesure de quantifier les conséquences possibles de la sortie de l’euro. Comment se comporteraient les marchés boursiers et financiers en cas d’anticipation de ce repli nationaliste et protectionniste ? Dans quel sens et avec quelle ampleur systémique réagiraient les volumes de change ? …

fn,national,pamphlet,politique,social,ps,socialiste,nkm,ump,droite,journaliste,critiquesEn réalité, le front anti-FN répond par une spéculation au “pari” de Marine que la France pourrait aller mieux en retrouvant sa souveraineté monétaire pleine et entière. Approchez mesdames et messieurs, le catch des droites va commencer ! “Conjecture contre conjecture !” C’était cela ou “Le concombre masqué contre la tomate juteuse !” Pas sûr qu’on y gagne au change … Dans l’affrontement dialectique, pour faire court, il y a juste une chose que l’UMP oublie parfois plus que le FN : nous évoluons en économie ouverte. En cas de sortie unilatérale de la France, les conditions de change réel ne seront pas 1 euro = 1FF mais pas davantage 1 euro = 6.56 FF (taux légal arrêté au moment de l’abandon du franc), puisque la zone euro bâtie sur les piliers allemands et français se disloquerait dès l’annonce de la sortie. A mon tour de prendre un pari : si la crise du système banque-assurance-réassurance que certains annoncent pour l’automne 2011 se produit, alors nous connaîtrons un printemps 2012 où les assauts européistes contre le FN seront devenus aussi caducs que l’euro♦

jeudi 9 juin 2011

SMIC : TROP ÉLEVÉ SELON BRUXELLES

La Commission européenne vient de porter un jugement qui ne risque pas de réconcilier les eurosceptiques français avec leurs voisins. Selon Bruxelles, la compétitivité économique de notre pays serait freinée par un SMIC trop élevé. Ce n'est certes qu'un avis extérieur, mais son caractère normatif et impérieux est déjà ressenti par beaucoup comme un diktat. Quelle sera la réponse de nos dirigeants ? Un "De quoi j'me mêle ?!" implicite ou bien un tacite acquiescement, annonciateur d'une baisse prochaine du salaire minimum ?

lundi 30 mai 2011

SOLDES PRINTANIERS

Après la démission de MAM, de DSK puis de Georges Tron de leurs fonctions respectives, voici que sont visés dans la même journée : Nicolas Sarkozy accusé de "crimes contre l'humanité" par maîtres Dumas et Vergès ; le ministre de la Défense Gérard Longuet qui aurait, selon les Inrocks, bénéficié des largesses du régime de Ben Ali fin 2006 ; Christine Lagarde, la ministre de l'Economie et candidate au poste de DG au FMI, soupçonnée d'abus d'autorité et de pouvoir par l'homme d'affaires Jean-Marie Kuhn, en plus de l'affaire Tapie ; un ancien ministre qui, selon Luc Ferry, aurait été surpris dans une orgie sexuelle avec des enfants à Marrakech ; la ministre de l'Apprentissage Nadine Morano qui aurait fait renvoyer une employée de magasin à l'issue d'un accrochage au Printemps de Nancy.

vendredi 27 mai 2011

DES JOB DATING DANS L'ENSEIGNEMENT

Tandis que 16 000 postes d'enseignant seront supprimés à la rentrée 2011, l'académie de Paris inaugure le job dating dans l'enseignement. Des milliers de candidats à des postes de remplaçant et vacataire se sont ainsi présentés cet après-midi dans Paris pour des mini-entretiens organisés par le rectorat et Pôle Emploi. Franck Girard, président d'Avenir Ecoles, évoque "un recrutement au rabais" et associe la file de postulants dans la rue pour décrocher ces emplois précaires aux "méthodes d'embauche du début du XIXe siècle". Les économies voulues par l'exécutif ne pourront pas masquer la conséquence durable du démantèlement de l'éducation nationale : une flexibilité du travail dont le coût social, économique et humain ne fera que s'accroître pour les élèves et les salariés, et qui devra in fine être compensé par un surcroît de dépenses publiques.

jeudi 12 mai 2011

LA GAUCHE FACE À LA DÉSAFFECTION POPULAIRE : UNE TRIBUNE ACCABLANTE DE TERRA NOVA

Le PS se tire une balle dans le pied avec des phrases qui sonnent comme un aveu d'échec et qui font du FN le dernier défenseur des valeurs ouvrières et populaires. Selon le groupe de réflexion de gauche Terra Nova :
"Il n'est pas possible aujourd'hui pour la gauche de chercher à restaurer sa coalition historique de classe : la classe ouvrière n'est plus le cœur du vote de gauche, elle n'est plus en phase avec l'ensemble de ses valeurs, elle ne peut plus être comme elle l'a été le moteur entraînant la constitution de la majorité électorale de la gauche".
"La gauche se heurte désormais à un obstacle de taille : le nouveau Front national. En voie de dé-diabolisation, et donc bientôt fréquentable, le FN de Marine Le Pen a opéré un retournement sur les questions socio-économiques, basculant d'une posture poujadiste néolibérale (anti-Etat, anti-fonctionnaires, anti-impôts) à un programme de protection économique et sociale équivalent à celui du Front de gauche. Pour la première fois depuis plus de trente ans, un parti entre à nouveau en résonance avec toutes les valeurs des classes populaires : protectionnisme culturel, protectionnisme économique et social. Le FN se pose en parti des classes populaires, et il sera difficile à contrer".

mercredi 27 avril 2011

QUAND LES DIRIGEANTS DU CAC40 SE GOINFRENT

"Les patrons du CAC40 ont engrangé 152 fois le SMIC en 2010". Les Echos étayent l'intuition commune : la reprise économique bénéficie principalement aux patrons et actionnaires. Un écart ressenti comme une injustice et une provocation dédaigneuse par une majorité de salariés dont le pouvoir d'achat ne fait que se détériorer depuis plusieurs mois. Car dans les faits, il n'y a pas plus d'autorégulation marchande que d'autocensure dirigeante. Pour Pierre-Yves Gomez, président de l'Institut français de gouvernement des entreprises, cette "grave défaillance de l'élite" n'est pas sans rappeler l'attitude de l'aristocratie d'avant 1789, "lorsque telle comtesse avait vendu une terre pour s'acheter un miroir".

A gauche, on joue les apprentis Robins des Bois et on préconise un interventionnisme économique modéré, en confondant parfois égalitarisme avec équité. "Plafonner les salaires des dirigeants d'entreprises dont l'Etat est actionnaire ? Le principe me choque", telle fut la réponse viscéralement libérale de Christine Lagarde, à l'une des propositions socialistes pour redistribuer plus équitablement la valeur ajoutée. Le ministre de l'Economie a beaucoup plus de scrupules à plafonner les rémunérations des patrons du CAC40, qu'à refuser un soutien solidaire aux ménages face à l'inflation sur les matières premières et l'énergie.

Si l'on ajoute à cela le récent jeu de dupes « suppression du bouclier fiscal contre allègement de l'ISF », on s'aperçoit que les grosses rémunérations desserrent globalement leur contrainte, tandis que les plus menues se serrent un peu plus la ceinture : la paupérisation s'accroît en même temps que les inégalités se creusent. Alors oui, parlons de principe. Un gouvernement peut-il se prétendre responsable en faisant prévaloir le principe de neutralité économique de l'Etat, sur le principe supérieur de poursuite de l'intérêt général ?

mardi 19 avril 2011

SARKOZY ET PME : PRIMES AUX SALARIÉS CONTRE EXONÉRATION DE CHARGES

Hors de question pour Nicolas Sarkozy de laisser écorner sa bonne intention de 2007, celle d'être "le président du pouvoir d'achat" !



Redonner du pouvoir d'achat aux français, en pleine inflation sur les matières premières et l'énergie, sans augmenter les salaires et ajouter de l'inflation à l'inflation. Faire plaisir aux ménages, sans trop fâcher les actionnaires et les patrons. Douloureux grand écart d'un gouvernement totalement dépassé par les évènements. Des propositions à la hâte, mesures inconséquentes, aucune estimation ou simulation pour vérifier la faisabilité, l'efficacité, le coût total. Des effets d'annonce et un rafistolage qui prouvent l'impuissance de nos dirigeants à résoudre les problèmes économiques et sociaux.

Le comble est que certains économistes traditionnellement libéraux avouent que le meilleur levier actuellement pour redresser l'économie resterait l'instrument fiscal et qu'un accroissement de l'imposition sur le capital financier et le patrimoine à des fins de redistribution serait le meilleur moyen de redonner rapidement du pouvoir d'achat à l'ensemble des français. Alors, quelle est l'option privilégiée par l'actuelle équipe gouvernante ?

Une redistribution, oui. Mais pas n'importe laquelle, car augmenter les impôts reviendrait à risquer une confusion avec la gauche et à valider l'un des projets du parti socialiste. Sarkozy suggère une prime universelle et obligatoire aux salaires. Les petites entreprises qui ne versent pas de dividendes bénéficieraient en contrepartie d'une exonération (partielle ou totale) des charges. On prend d'un côté, on redonne de l'autre, sans que la neutralité financière du procédé soit encore bien avérée et surtout sans neutralité sociale.

Cette forme de redistribution favoriserait ceux qui ont déjà la chance d'avoir un travail, au détriment de tous les autres (notamment les retraités, femmes au foyer, étudiants, demandeurs d'emplois, professions libérales et artisans), et à terme de la compétitivité de nos entreprises. En résumé : "échange solidarité et protection nationale contre pouvoir d'achat d'une minorité de français". A l'heure de son bilan, que restera-t-il ? "Le président du pouvoir d'achat" ou bien "le président des minorités" ?

Face à une possibilité de tsunami, il y a plusieurs stratégies de défense. Deux principales : soit on se dit "on verra bien ; on écopera le surplus d'eau, au cas par cas, le cas échéant", soit on se dit "construisons une digue suffisamment forte et haute plutôt que de pleurer et de râler ensuite devant l'ampleur du travail de reconstruction". Force est de constater que nos représentants, obstinément attachés à leur tradition de droite libérale, continuent de privilégier la première option, contre vents et marées. Jusqu'à quand, telle est la question.

jeudi 14 avril 2011

VILLEPIN PROMET 850 EUROS GARANTIS POUR CHAQUE CITOYEN : QUI DIT MIEUX

Ce mercredi 13 avril 2011, le leader de République Solidaire, présentait son projet politique pour l'élection présidentielle. Le préambule était du même acabit que la motivation officielle de candidature de Nicolas Hulot : le constat de l'échec des partis traditionnels comme justification de l'avènement d'une nouvelle vision politique.



Dominique de Villepin est dévoré depuis quelques années par une rancœur ardente envers son ancien ministre de l'Intérieur devenu chef de l'Etat. On le sait. En marge de l'affaire Clearstream, il a tenté dans son ouvrage "De l'esprit de cour" et dans l'actuelle présentation, de convaincre ses compatriotes de l'urgence d'un changement de paradigme républicain.

Que cela procède d'une attitude sincère ou d'un calcul, il n'en reste pas moins que l'ancien membre de l'UMP se décentre pour fustiger, au-delà de ses "alliés de trente ans", les politiques réduites à l'impuissance à force d'être rongées par les logiques court-termistes, électoralistes et partisanes. Après le "changement" souhaité par Martine Aubry, le "changement de cap" de Nicolas Hulot, voici venu un changement que Villepin désire bien plus vaste, l'annonce d'une nouvelle ère. Carrément. A l'écouter, on devine que le chiraquien veut dépasser l'actuelle Ve République, qui se serait pervertie en s'éloignant de ses principes originels, pour revenir à l'esprit premier de la Ve République.

En filigrane, il désire réincarner le souffle gaulliste en construisant une VIe République, telle une suite nécessaire, un rejeton légitime à l'œuvre du Général. La République de Charles de Gaulle était « Soso » : souveraine et solidaire. Elle a perdu l'essentiel de sa souveraineté, et est de moins en moins solidaire. Villepin reprend à son compte la priorité d'une nation plus solidaire et plus responsable ... mais aussi d'un autre « so » : solitaire. Son projet est en effet très ambitieux, et prévoit un immense chantier de réformes. On peut difficilement imaginer que l'ancien premier ministre soit prêt à accepter quelque compromission ou alliance avec les sarkozystes. Il s'agit de son bébé, d'un programme personnalisé et indissociable de son auteur.

Beaucoup de droits, beaucoup de devoirs, dans le cadre d'une "responsabilisation" et d'une "révolution citoyenne". Encore un an avant l'échéance électorale, on attend des précisions sur le financement global et le bouclage budgétaire de l'action politique que le "grand" Dominique compte engager.

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Une semaine après son annonce, la mesure-phare du fougueux Villepin fait toujours autant parler d'elle, avec une défiance sarcastique. Pour nombre d'observateurs, les 850 euros de revenu citoyen proposés par Villepin, font de lui un « Super Démagogue ». S'ils trouvent le principe attrayant, ils craignent également qu'à long terme il placerait notre pays sur une dynamique d'assistanat et de profonde régression économique. Car à moins qu'il ne s'agisse que d'une promesse, cet élément de programme risque en effet de décourager l'audace, l'esprit d'entreprendre ... et l'envie de se lever le matin.

"Irresponsable et dangereux !", selon Daubresse (UMP). On pourrait ajouter "Inconséquent". Cela appelle plusieurs questions, parmi lesquelles : n'est-ce pas une manière de pratiquer un populisme implicite, pour séduire le plus grand nombre d'électeurs, de gauche, de droite, et redonner ces voix ensuite à Nicolas Sarkozy ? N'est-ce pas également symptomatique d'un manque de solutions pour relancer l'économie durablement ?♦

dimanche 3 avril 2011

TAPIE-LAGARDE : NOUVEAU SCANDALE D'ÉTAT ?

Oui si l'on en croît le chevalier sans peur et sans reproches et président du groupe socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault. Pour résumer : les socialistes accusent directement Christine Lagarde, actuelle ministre de l'Economie, d'avoir ponctionné les contribuables de 285 millions pour indemniser l'homme d'affaires Bernard Tapie dans l'affaire Adidas / Crédit Lyonnais. Soulignons d'ailleurs la libéralité du tribunal arbitral qui n'hésita pas à lui verser la somme record de 45 millions au seul titre de la réparation pour préjudice moral.


Source audio : France Inter (02/04/2011).
Photo : © AFP / Pierre Verdy.


Réponse des intéressés. Bernard Tapie menace de publier la semaine prochaine des documents confidentiels du compromis d'arbitrage signé en 2008. Il estime que "ce n'est pas l'affaire Tapie. Elle est finie. C'est l'affaire de la ministre, madame Lagarde, et du Parti socialiste".

De son côté, Christine Lagarde a annoncé ce samedi qu'elle envisageait de poursuivre en justice les députés socialistes qui l'accusent. "Le recours à l'arbitrage ne constitue en aucune façon un abus d'autorité", précise t-elle en assurant que son choix "a été fait pour sauvegarder les intérêts de l'État".

vendredi 25 mars 2011

MARINE LE PEN : POLITIQUE ÉCONOMIQUE, SOCIALE, SÉCURITAIRE



Substantifique moelle de l'interview de la présidente du Front National par Jean-Jacques Bourdin (RMC, 25/03/2011).

Deux jours avant le second tour des cantonales, Marine Le Pen commente les sujets d'actualité, tels que la remise en question du nucléaire, la crise libyenne, et les propos controversés du ministre de l'Intérieur Claude Guéant ("la croisade en Libye", "les usagers ne doivent pas porter de signes religieux dans les services publics"). Présentant quelques-unes des grandes lignes de son programme, elle prône un protectionnisme de l'industrie nationale et l'interventionnisme accru de l'Etat dans l'économie pour réguler le marché. Ses détracteurs pourront être ou non en accord avec ses opinions ; ils ne pourront plus dire qu'elle ne parle que d'immigration.

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25/03/2011, soirée. Marine Le Pen a suspendu aujourd'hui un de ses candidats grenoblois aux cantonales qui avait été photographié en train d'effectuer le salut hitlérien. S'expliquant à ce sujet sur l'antenne de BFMTV, elle a affirmé sa volonté de "faire le ménage" au sein du Front National.

Certains commentateurs politiques interprètent cette décision comme une preuve supplémentaire du tournant démocratique dans la stratégie de communication, l'image et le style, adopté par un parti plus mûr, ambitieux, et conscient de peser sur la vie politique et institutionnelle française /// On a appris en fin de soirée que le candidat suspendu, Alexandre Gabriac, 20 ans, a démenti être présent sur la fameuse photo publiée par le Nouvel Observateur. Dénonçant un "montage", il vient de porter plainte contre le journal.