"Les patrons du CAC40 ont engrangé 152 fois le SMIC en 2010". Les Echos étayent l'intuition commune : la reprise économique bénéficie principalement aux patrons et actionnaires. Un écart ressenti comme une injustice et une provocation dédaigneuse par une majorité de salariés dont le pouvoir d'achat ne fait que se détériorer depuis plusieurs mois. Car dans les faits, il n'y a pas plus d'autorégulation marchande que d'autocensure dirigeante. Pour Pierre-Yves Gomez, président de l'Institut français de gouvernement des entreprises, cette "grave défaillance de l'élite" n'est pas sans rappeler l'attitude de l'aristocratie d'avant 1789, "lorsque telle comtesse avait vendu une terre pour s'acheter un miroir".
A gauche, on joue les apprentis Robins des Bois et on préconise un interventionnisme économique modéré, en confondant parfois égalitarisme avec équité. "Plafonner les salaires des dirigeants d'entreprises dont l'Etat est actionnaire ? Le principe me choque", telle fut la réponse viscéralement libérale de Christine Lagarde, à l'une des propositions socialistes pour redistribuer plus équitablement la valeur ajoutée. Le ministre de l'Economie a beaucoup plus de scrupules à plafonner les rémunérations des patrons du CAC40, qu'à refuser un soutien solidaire aux ménages face à l'inflation sur les matières premières et l'énergie.
Si l'on ajoute à cela le récent jeu de dupes « suppression du bouclier fiscal contre allègement de l'ISF », on s'aperçoit que les grosses rémunérations desserrent globalement leur contrainte, tandis que les plus menues se serrent un peu plus la ceinture : la paupérisation s'accroît en même temps que les inégalités se creusent. Alors oui, parlons de principe. Un gouvernement peut-il se prétendre responsable en faisant prévaloir le principe de neutralité économique de l'Etat, sur le principe supérieur de poursuite de l'intérêt général ?
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mercredi 27 avril 2011
mardi 5 avril 2011
LE PROJET SOCIALISTE ENFIN DÉVOILÉ !
Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, revient sur les 30 mesures présentées ce mardi 5 avril 2011 par la secrétaire générale du parti, Martine Aubry. Plus qu'un programme définitif, il s'agit d'un socle commun, un projet à géométrie variable que le futur candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2012 sera libre de hiérarchiser, de peaufiner et d'enrichir. Un cahier des charges ancré à gauche mais suffisamment consensuel pour être défendu par l'un ou l'autre des prétendants socialistes à l'investiture suprême.
Audio : France Info (05/04/2011).
Les propositions phares s'articulent autour d'une grande réforme sociale et fiscale, visant à restaurer le pouvoir d'achat des classes populaires et moyennes. D'abord, par une politique de réduction et de plafonnement des prix (tarif social énergétique, encadrement des loyers [...]). Ensuite, par un système de bonus-malus sur l'impôt des sociétés, qui encouragerait la redistribution des richesses créées, des dividendes vers les facteurs de production, le travail en particulier. Du côté des ménages, il serait prévu une fusion de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et de la CSG.
A cela s'ajouterait la création de 300 000 emplois jeunes dans des secteurs d'avenir tels que les énergies renouvelables. Enfin, une pincée de Robin des bois pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, avec un plafonnement des revenus des grands dirigeants (d'entreprise publique —au PS on peut être courageux, mais certainement pas réactionnaire ni téméraire !). Tous leviers censés relancer in fine la croissance par la demande. Martine Aubry, vantant légitimement les mérites du programme socialiste que son camp a mis près de trois ans à tricoter, escompte qu'il ferait flirter la croissance avec les 3%.
Réactions à droite. François Fillon : "le programme socialiste est une anesthésie nationale, une condensé de démagogie sociale et de mesures contre la croissance". Nombre de journalistes, y compris de gauche, font la moue en regrettant l'odeur de réchauffé qu'exhale ce bouquet d'espérances.
Audio : France Info (05/04/2011).
Les propositions phares s'articulent autour d'une grande réforme sociale et fiscale, visant à restaurer le pouvoir d'achat des classes populaires et moyennes. D'abord, par une politique de réduction et de plafonnement des prix (tarif social énergétique, encadrement des loyers [...]). Ensuite, par un système de bonus-malus sur l'impôt des sociétés, qui encouragerait la redistribution des richesses créées, des dividendes vers les facteurs de production, le travail en particulier. Du côté des ménages, il serait prévu une fusion de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et de la CSG.
A cela s'ajouterait la création de 300 000 emplois jeunes dans des secteurs d'avenir tels que les énergies renouvelables. Enfin, une pincée de Robin des bois pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, avec un plafonnement des revenus des grands dirigeants (d'entreprise publique —au PS on peut être courageux, mais certainement pas réactionnaire ni téméraire !). Tous leviers censés relancer in fine la croissance par la demande. Martine Aubry, vantant légitimement les mérites du programme socialiste que son camp a mis près de trois ans à tricoter, escompte qu'il ferait flirter la croissance avec les 3%.
Réactions à droite. François Fillon : "le programme socialiste est une anesthésie nationale, une condensé de démagogie sociale et de mesures contre la croissance". Nombre de journalistes, y compris de gauche, font la moue en regrettant l'odeur de réchauffé qu'exhale ce bouquet d'espérances.
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