Nicolas Sarkozy n'ignorait pas le tollé que ses propositions protectionnistes allaient rencontrer. Il prit le risque car il souhaitait en mesurer l'impact sur l'opinion et les sondages français. Toutefois, il a sous-estimé l'effet d'une telle réorientation de campagne, sur le plan diplomatique.
D'abord, l'entourage d'Angela Merkel fit la moue. Puis hier, ce furent le Wall Street Journal et le député libéral ex-premier ministre belge Guy Verhofstadt au Parlement européen, qui taclèrent allègrement le Président français, jusqu'à le qualifier de "Nicolas Le Pen". Sarkozy, le vrai représentant de l'extrême-droite française ? Pas faux. Les observateurs étrangers sont souvent plus lucides que la majorité de nos compatriotes.
Cette petite sortie, plus ou moins discutable et crédible du chef de l'Etat, nous révèle également le degré de tolérance de nos partenaires européens et atlantistes à la droitisation. "Oui à l'extrême-droite sur le plan sociétal, oui au ralentissement de l'immigration musulmane, mais Non ! aux entraves à la libre circulation européenne et donc au libéralisme économique". Attendons de voir comment Sarkozy et l'UMP réagiront à ce recadrage...
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mercredi 14 mars 2012
NICOLAS "LE PEN" SARKOZY : "STIGMATISE L'ISLAM, PAS LE LIBÉRALISME !"
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samedi 18 février 2012
COMMENT MARINE LE PEN TOMBE DANS LE PIÈGE DE L'UMP
Depuis des mois, par intermittence, l'UMP défie le FN sur son terrain de prédilection : l'identité et la sécurité. Pour l'opinion, les deux revers d'une même médaille. Systématiquement, le FN et sa présidente, se sentant légitimement concurrencés, répliquent à leur insolent rival. Dans tous les cas, le parti frontiste tombe, paradoxalement, dans un piège de débutant.
Sa riposte est trop douce ? L'UMP serine que le FN n'a rien inventé et que ses propositions sont déjà pleinement assumées par le parti majoritaire. Sa riposte est trop radicale ? L'UMP en profite pour se différencier d'un parti qu'elle juge outrancier, "anti-républicain", et compte sur la communauté médiatique pour amplifier les accusations de fascisme. Son verbe se joint aux piques puériles des uns et des autres ? Elle se laisse phagocyter en gommant sa spécificité.
Au final, tandis que les enjeux économiques et géopolitiques sont largement occultés, Marine Le Pen participe, à son corps défendant, au succès présent et futur des conservateurs. En reprenant en chœur le credo de droitisation voulu par l'UMP, elle normalise un peu plus dans le débat public les politiques sécuritaires de droite et aussi, par émulation électoraliste, de gauche sociale-démocrate. A ce jeu, le "système" sera toujours plus malin et efficace qu'elle.
Dommage pour elle de gâcher aussi naïvement ses chances de remporter une élection majeure. Mais surtout, dommage de voir un candidat de plus renoncer à la seule voie susceptible de restaurer la grandeur nationale : le rassemblement. La division est un poison, et il n'y a plus guère que François Bayrou qui le sache.
Sa riposte est trop douce ? L'UMP serine que le FN n'a rien inventé et que ses propositions sont déjà pleinement assumées par le parti majoritaire. Sa riposte est trop radicale ? L'UMP en profite pour se différencier d'un parti qu'elle juge outrancier, "anti-républicain", et compte sur la communauté médiatique pour amplifier les accusations de fascisme. Son verbe se joint aux piques puériles des uns et des autres ? Elle se laisse phagocyter en gommant sa spécificité.
Au final, tandis que les enjeux économiques et géopolitiques sont largement occultés, Marine Le Pen participe, à son corps défendant, au succès présent et futur des conservateurs. En reprenant en chœur le credo de droitisation voulu par l'UMP, elle normalise un peu plus dans le débat public les politiques sécuritaires de droite et aussi, par émulation électoraliste, de gauche sociale-démocrate. A ce jeu, le "système" sera toujours plus malin et efficace qu'elle.
Dommage pour elle de gâcher aussi naïvement ses chances de remporter une élection majeure. Mais surtout, dommage de voir un candidat de plus renoncer à la seule voie susceptible de restaurer la grandeur nationale : le rassemblement. La division est un poison, et il n'y a plus guère que François Bayrou qui le sache.
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samedi 28 janvier 2012
LA LISTE DE XAVIER BERTRAND CONTRE LES FRAUDES SOCIALES : LORSQUE LA HONTE MÉRITE LA HAINE
"Je pense que tout jugement devrait entraîner la parution dans la presse de l'identité des fraudeurs et de la nature de la fraude. Pourquoi ? Parce que je veux un effet préventif pour dissuader les fraudeurs. Il ne s'agit pas d'être dur pour être dur, il s'agit tout simplement d'être juste. Notre système verse des allocations à ceux qui en ont besoin mais on ne peut pas avoir des gens qui contournent le système de protection sociale." (Xavier Bertrand, ministre du Travail et membre de la "Droite sociale", 26 janvier 2012).
Je vous laisse imaginer l'ire de la gauche, comme de la droite gaullienne... Mais au fait, tant que nous y sommes, peut-on espérer "la prime délation" pour 2017, monsieur Bertrand ?
Commentaire fictif de gauche : "Une fois de plus, l'UMP prouve son impuissance à résoudre les problèmes de fonds. Les fraudeurs doivent subir le coup de la loi. Que Xavier Bertrand et ses amis ne mettent pas la poussière sous le tapis, qu'ils l'aspirent en faisant appliquer la loi ! A défaut d'en être capables, depuis 5 ans, nos ministres multiplient les propositions (qui souvent ne dépassent pas ce stade) infâmantes. La loi existe déjà pour punir la fraude, la prison également. Mettre au ban de la société les fraudeurs c'est instaurer un climat de défiance généralisé et faire subir une double peine qui enfonce davantage des individus déjà fragiles."
Commentaire fictif d'extrême-droite : "C'est la moindre des choses ! Ils n'avaient qu'à pas voler les Français !"
Commentaire personnel : "pipeau". La boule puante habituelle, une mesure qui ne sera jamais appliquée mais poursuit un triple objectif : effrayer, faire du pied périodiquement aux électeurs du FN, et faire diversion pour masquer une autre réforme ou l'incurie de l'exécutif.
Je vous laisse imaginer l'ire de la gauche, comme de la droite gaullienne... Mais au fait, tant que nous y sommes, peut-on espérer "la prime délation" pour 2017, monsieur Bertrand ?
Commentaire fictif de gauche : "Une fois de plus, l'UMP prouve son impuissance à résoudre les problèmes de fonds. Les fraudeurs doivent subir le coup de la loi. Que Xavier Bertrand et ses amis ne mettent pas la poussière sous le tapis, qu'ils l'aspirent en faisant appliquer la loi ! A défaut d'en être capables, depuis 5 ans, nos ministres multiplient les propositions (qui souvent ne dépassent pas ce stade) infâmantes. La loi existe déjà pour punir la fraude, la prison également. Mettre au ban de la société les fraudeurs c'est instaurer un climat de défiance généralisé et faire subir une double peine qui enfonce davantage des individus déjà fragiles."
Commentaire fictif d'extrême-droite : "C'est la moindre des choses ! Ils n'avaient qu'à pas voler les Français !"
Commentaire personnel : "pipeau". La boule puante habituelle, une mesure qui ne sera jamais appliquée mais poursuit un triple objectif : effrayer, faire du pied périodiquement aux électeurs du FN, et faire diversion pour masquer une autre réforme ou l'incurie de l'exécutif.
samedi 14 mai 2011
UMP : UN VIRAGE DROITIER CONTRE-PRODUCTIF
Sondage Ifop (10-12 mai 2011), pour le Journal du Dimanche. DSK perd 1 point à 26%, Marine Le Pen monte à 22%, Sarkozy obtient 21.5%. En cas de candidature Hollande, les trois candidats se talonnent aux environs de 22%. La proposition de réforme du RSA lancée par Wauquiez visait à prendre le pouls de l'opinion face à un durcissement "droitier" de la politique gouvernementale. La réponse des sondages qu'ils affectionnent tant est cinglante : le cap à la droite de la droite dessert l'UMP et fait grimper systématiquement le FN. Si l'actuel président cherche à faire monter le Front National, on ne peut que lui conseiller de proposer la suppression pure et simple du RSA et le renvoi des immigrés clandestins par voie de catapulte. "Allez, encore un petit effort", comme disait ironiquement la président du FN.
jeudi 12 mai 2011
LA RÉÉLECTION... À TOUT PRIX ?
Les pistes de la stratégie de réélection se dessinent, jour après jour : 1) réduire la distance politique entre DSK "le riche", "l'amateur de Porsche" et la droite pour fausser son image de candidat de gauche, 2) rappeler la distance géographique et administrative entre lui et le peuple, pour le discréditer en tant qu'imitateur de la droite auprès des électeurs de droite qui seraient attirés par lui, 3) laisser le PS se déchirer dans une bataille d'ego en répétant à l'envi que son programme est invariable et désuet, 4) stigmatiser les plus faibles pour faire plaisir à l'image fantasmée de l'électeur-type d'extrême-droite, 5) rééquilibrer le tir auprès des classes populaires passées au FN, en feignant de prendre des mesures de justice sociale et fiscale "prime aux salariés", en supprimant le bouclier fiscal.
vendredi 8 avril 2011
LE CÔTÉ OBSCUR DE L'UMP
Les actuels clivages de l'UMP m'ont inspiré une petite parodie sur fond de Star Wars 3. Qui est le défenseur de l'ancienne foi, qui est le faux républicain qui se rêve Empereur, qui est le jeune jedi qui se laisse tenter par le côté obscur ? A vous de retrouver ou simplement d'imaginer !
mercredi 9 mars 2011
FILLON : "L’EXTRÊME-DROITE NE FIXERA PAS LE CALENDRIER MÉDIATIQUE ET POLITIQUE"
Mise au point et recentrage républicain du Premier ministre, qui récuse les débordements de la députée UMP Chantal Brunel. François Fillon appelle à l'élévation du débat et à la responsabilisation collective, à gauche comme à droite (LCP, Questions d'actualité au gouvernement, 09/03/2011).
Un message fort. Le Premier ministre adopte une rhétorique professorale et une posture présidentielle en rappelant que la république est notre bien commun le plus précieux et que personne, ni de l'extérieur ni de l'intérieur, ne viendra en saper les fondements. En clair "Ne déféquez pas dans nos bottes républicaines ! Arrêtez de vous chamailler, et toi la vilaine députée, que je ne t'y reprenne pas !"
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