Affichage des articles dont le libellé est libéralisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est libéralisme. Afficher tous les articles

jeudi 22 novembre 2012

VERS UNE COERCITION ACCRUE DE L'OFFRE DE TRAVAIL ?


Mon courriel du 21 novembre 2012 à RMC, lu à 6h50 par Jean-Jacques Bourdin. Thème : "Faut-il que la France, à l'instar de l'Allemagne, contraigne davantage les chômeurs à prendre les emplois qu'on leur propose ?"

samedi 17 septembre 2011

NOUVELLE PRISE DE LA BASTILLE... AUX ÉTATS-UNIS

new york,takewallstreet,finance,crise,bourseSymbolique (devant Wall Street) et pour l'instant relativement peu suivie. Et pour cause : à l'origine, un appel du collectif Anonymous, sans aucun relais des médias traditionnels. Quelques centaines voire milliers de manifestants ont suivi la révolution démocratique, notamment en France et en Espagne. Des Indignés qui portent à peu près tous le même message : suivons l'exemple du printemps arabe, et libérons nos nations occidentales du joug des 1% les plus riches et des spéculateurs qui dépossèdent les peuples de leur souveraineté, s'accaparent, sous couvert de libéralisme et de capitalisme, tous les pouvoirs économiques et politiques.

D'aucuns s'étonnent : "Le 17 septembre est un samedi, la Bourse est fermée !" Certes, mais les organisateurs précisent que cette date, choisie pour coïncider avec le Jour de la Constitution ou Jour citoyen aux Etats-Unis, n'est que le début du processus vers "la démocratie réelle" et non une fin. Quelques hashtags de circonstance : #OccupyWallStreet #TakeWallStreet #Sept17.

"Ni anarchie, ni corporatisme, mais démocratie réelle", voilà en substance leur slogan. Premiers adversaires : les "corps intermédiaires" entre le peuple et leurs représentants, les spéculateurs et les structures corruptrices. Ils précisent qu'ils ne sont pas hostiles au libéralisme, mais à la forme contemporaine du capitalisme : "la démocratie n'est pas l'ennemi du libéralisme, mais son complément nécessaire". Ce mouvement peut être perçu comme stérile ou révélateur de cette année de bouleversements économiques et politiques que nous connaissons. Face aux crises, toutes les bonnes volontés et idées constructives doivent se manifester librement.

Personnellement, je ne me représente pas ces manifestants comme des ennemis du libéralisme, mais au contraire comme les meilleurs alliés pour reconstruire, demain, un libéralisme dont l'énoncé sera épuré de toute connotation péjorative. Un environnement où la liberté d'entreprendre retrouvera sens et force. Laisser des oligarchies financières générer leurs propres oligopoles n'est pas servir l'esprit démocrate et libéral dont se sont toujours targués les Etats-Unis. Cela n'offre pas davantage de modèle de croissance durable, équilibrée et humaine au reste du monde. Donc oui, le changement est nécessaire. Laissons l'Histoire emprunter la marche que l'humanité requiert. A suivre donc♦

mardi 28 juin 2011

PRAGMATIQUE POLITIQUE : SÉLECTION NATURELLE CONTRE AUTO-PRÉSERVATION

Dans mon esprit, cela est clair. Le complotisme est mort-vivant. Tout comme la quasi-totalité des interprétations machiavéliennes qui considèrent que le monde s’écrit essentiellement sous l’impulsion de ses représentants, plutôt que par ceux qui les élisent et forgent la société au quotidien. Et les révolutions du monde arabe ne sont pas les seuls arguments susceptibles de contredire cette thèse.

De la mode paranoïaque…

politique,philosophie,social,antiracisme,gauche,droite,ump,ps,socialiste,fn,national,xénophobie,économieLes actions politiques sont guidées essentiellement par une force exogène à la politique, par la nécessité socioéconomique bien plus que par les stratégies politiciennes pour se maintenir au pouvoir. Considérer que ce sont des orientations politiques, soi-disant plénipotentiaires, qui sont la cause première du fait politique, serait au mieux un anachronisme, au pire un mensonge. Le monde ne maîtrise plus son destin collectif, voilà pourquoi d’aucuns le trouvent "fou". La peur du vide incite conséquemment à reconstituer le puzzle des évènements, lutter contre le sentiment d’absurdité en tissant des liens entre le passé, le présent et l’avenir, en s’abstrayant de l’illogisme, de l’instabilité économique, et de l’action au coup par coup qui en résulte. Dans le jeu d’échecs, on appelle cela "avoir un profil de tacticien plutôt que de stratège". A titre d’exemple, une critique virulente et subtile parfois adressée aux socialistes. J’en parle d’autant plus volontiers que je ne suis pas sympathisant socialiste. Je l’entends, ici ou là, ce discours bien rôdé de ceux que les journalistes traditionnels qualifient de "nouveaux réactionnaires" :

"L’antiracisme fut crée par la gauche qui, n’assumant pas sa duplicité idéologique, sa complicité avec l’immigrationnisme patronal et sa volonté de peser à la baisse sur les salaires des français, cherchait à les maquiller sous les traits plus acceptables du combat humaniste".

Ils supposent que les socialistes auraient été des cyniques et des criminels, visant à appauvrir et diviser la France pour mieux régner face à la droite. Et et et… et quoi encore ? Oublions la perversité, aussi fascinante qu’elle pût paraître pour certains esprits, et revenons à la gestion concrète des affaires de la cité. Le parti socialiste n’a rien maîtrisé du tout. Affirmer le contraire, ce serait lui prêter des vertus dont il n’a jamais pu s’enorgueillir, même pas dans ses rêves les plus audacieux. Quant à l’antiracisme et "l’immigrationnisme" si tant est qu’on leur accorde quelque consistance, rappelons qu’ils n’ont pas été mobilisés ex-nihilo, telles des fantaisies de l’esprit, mais bien sous l’effet d’une urgence sociale — choisissez le terme qui vous siéra.
  
politique,philosophie,social,antiracisme,gauche,droite,ump,ps,socialiste,fn,national,xénophobie,économie
Cette gauche errante, en quête de nouveaux motifs de révolte pour mériter encore son intitulé "parti socialiste", a été
victime d’une profonde crise identitaire. Au moins aussi importante que celle des populations immigrées dont elle prétendait être le chantre. Avec sa "crise de la quarantaine", cette déracinée s’est un jour réveillée en prenant conscience que le monde avait changé bien plus vite qu’elle. D’abord inopérante face à la nouvelle donne internationale, pragmatique et financiarisée, elle peina à recycler ses bons sentiments en un projet réaliste et pertinent.

La mue a été difficile. À présent la voilà décomplexée, relookée, modernisée bien qu’amputée de son champion naturel DSK. La voici sous une étiquette majoritairement sociale-démocrate assortie d’une dose raisonnable de discours sécuritaire. Merci Obama.

…aux interprétations tendancieuses

A la vérité, il serait utopique de se figurer les partis politiques comme des monolithes. Ce sont des rondes de danseurs, qui se forment, se rompent, et se recomposent en permanence, à partir de nouvelles sensibilités, personnalités, le tout sur des rythmes changeants. Ne laissons pas la terminologie traditionnelle nous abuser. Il n’y a jamais eu une gauche ou une droite immuable. Ce qui n’empêche pas les courants de revendiquer des filiations intellectuelles et d’en jouer auprès des électeurs. Parfois jusqu’à la caricature. Au parti radical valois, la laïcité, l’humanisme athée, le primo-libéralisme artisanal. Au parti socialiste, les grandes causes populaires et humanitaires, la redistribution, l’amélioration des conditions de travail et de vie. A la droite républicaine, les grandes réformes régaliennes de l’Etat, de l’Education, la défense du patrimoine familial et foncier, la baisse des charges et l’encouragement à entreprendre. Seulement, les partis évoluent et il est évident, de l’aveu même de leurs cadres, que la conservation du nom n’est guère plus qu’une survivance. Un phare qui ne produit plus qu’un mince filet de lumière dans lequel on cherche quelque espoir, lorsque le vent mauvais électoral fait chavirer les certitudes. "Souvenons-nous, matelots ! Jaurès, Blum, Mendès… Soyons fiers de tenir les gréements socialistes !"

Épopée réaliste ou réalisme épique ?

Surtout, les partis sont tributaires des conditions réelles, des modes de production et de consommation. Pour survivre, ils doivent certes prendre position sur l’échiquier politique, réinventer ou réactualiser leur sémantique. Néanmoins, leur marge de manœuvre reste limitée : ne pas en faire assez, c’est être incompétent, en faire trop c’est être inutile. La satisfaction du politique est bien moins celle d’une vanité naïve que d’un eudémonisme rencontrant opportunément l’intérêt général. Le politique le plus ambitieux n’est pas un caporal ni un notable de province. C’est un empereur romain assoiffé de la plus grande gloire qui soit : celle du demi-dieu qui fait triompher ses principes et ses actions jusqu’à les coiffer des lauriers de l’immortalité.

mardi 31 mai 2011

"DIS PAPA, POURQUOI TU VOTES PAS POUR LE PS?"

J’imagine aisément la réponse. Un réquisitoire dont la forme contemporaine pourrait ressembler à cela :

asqs.jpg"Le socialisme est un mensonge qui a depuis longtemps tourné le dos à ses racines marxistes et révolutionnaires. Ce ne sont plus pour lui que de lointains souvenirs. Le socialisme moderne procède d’une orientation sociale-libérale, c’est-à-dire d’un accommodement, pour ne pas dire d’une soumission, de cette sensibilité traditionnelle de gauche aux règles libérales.

Le PS est le représentant de commerce de la mondialisation : ouverture des frontières, libre-circulation des marchandises, des personnes etc. Son objectif n’est pas de révolutionner le régime, mais de le réformer en douceur par la politique fiscale, la redistribution, et la régulation du libéralisme. Réguler le système pour mieux en faciliter l’application ; non pas le contrarier. A ce titre, le parti socialiste ne saurait appliquer l’ascenseur social et ne pourrait libérer les miséreux de leur condition. Là n’est pas son intérêt, puisque soustraire par quelque inspiration providentielle les êtres à la misère hypothéquerait ses chances d’être réélu, en lui ôtant l’objet même de son engagement.

politique,philosophie,économie,social,gauche,droite,ps,socialiste,ump,sarkozy,aubry,hollande,beauvoir

En outre, ses moyens d’action se limitent à prodiguer aux plus pauvres la béquille et les expédients prompts à leur faire supporter leur condition. Ici, le but n’est pas de guérir, mais de fournir des soins palliatifs, d’accompagner l’autre dans sa douleur avec commisération, puis de l’inciter à se résigner par le découragement. Le socialiste moderne n’entretient pas les pulsions révolutionnaires, mais ne les rejette pas explicitement. Il ménage l’ambiguïté pour mériter encore son titre d’homme de gauche et surtout pour mieux faire passer le breuvage faussement édulcoré et réellement amer de la mondialisation. En vérité, sa conception est celle d’une antinomie profonde entre la défense des classes populaires et celle de l’humanité dans son ensemble ; comme le disait Simone de Beauvoir dans Pyrrhus :
'On ne peut en se transcendant vers le prolétariat se transcender du même coup vers toute l’humanité, car la seule manière de se transcender vers lui, c’est de se transcender avec lui contre le reste de l’humanité.'
Servir sa nation, ça n’est pas monter une catégorie contre une autre. C’est aimer et reconnaître chaque composante de la société, sans chercher à privilégier l’une ou l’autre. Le populaire ou l’humain, il faut choisir. Il y a bien longtemps que j’ai choisi."

Au parti socialiste, dans sa dénomination actuelle ou bien dans une autre, de faire mentir cet électeur.