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jeudi 22 novembre 2012

VERS UNE COERCITION ACCRUE DE L'OFFRE DE TRAVAIL ?


Mon courriel du 21 novembre 2012 à RMC, lu à 6h50 par Jean-Jacques Bourdin. Thème : "Faut-il que la France, à l'instar de l'Allemagne, contraigne davantage les chômeurs à prendre les emplois qu'on leur propose ?"

mercredi 16 novembre 2011

SARKOLAND : L’INDÉCENT PAYS DE L'ANTISOCIAL

Après un début novembre qui focalisa l'attention sur la crise des dettes souveraines, retour en France pour une politique intérieure de plus en plus antisociale. Et magnez-vous les pauvres, les riches ont horreur d'attendre !

Afin de répondre aux préoccupations de nos nouveaux maîtres tout-puissants, la Comission européenne et les marchés financiers, Nicolas Sarkozy et son équipe de bricoleurs fourbes ont décidé de serrer la vis aux citoyens. Pour mieux faire passer la pilule, la traque aux fraudes et autres "niches sociales" devait intervenir après les apparentes coupes sur les niches fiscales et le pseudo-gel des rémunérations de l'exécutif. "Les riches ont fait des efforts, aux autres à présent !" Certes, tout le monde doit faire des efforts à hauteur de ses moyens et de sa responsabilité dans l'alourdissement des déficits publics. Cependant, constate-t-on ce souci d'équité dans les faits ? Voyons en bref ce qui a été entériné (ou non) durant ces deux dernières semaines :

Mesures relatives aux plus aisés et au capital Mesures relatives aux plus modestes

Abandon de la taxe hôtelière (2% sur les nuitées de plus de 200 euros)

Absence de réduction effective des salaires ministériels et présidentiel

Rejet parlementaire commun (UMP et PS) du projet de diminution de la paie des députés

Mutisme gouvernemental suite à l'annonce de licenciements massifs de PSA Peugeot Citroën et de la SOCGEN

Accroissement de la TVA

Dissuasion des arrêts maladies (jours de carence)

Accélération de la réforme des retraites

Travail forcé déguisé pour les bénéficiaires du RSA, financé par la dépense publique et sans perspective de retour à l'emploi durable

Sacrifice de la souveraineté populaire au nom de la loi des marchés et agences de notation

Il n'y a pas besoin d'être énarque pour comprendre qui dans notre pays paie réellement le prix de l'austérité. Encore six mois, mais peut-être plus, puisque l'actuel chef de l'Etat semble connaître une seconde jeunesse, si ce n'est dans l'opinion du moins dans les sondages. Imaginer un second mandat de Sarkozy, c'est faire une plongée vertigineuse dans le puits sans fond des inégalités. Qu'il soit reconduit, et il y aurait fort à parier qu'au mensonge succéderait l'escalade dans l'exploitation décomplexée des Français.

lundi 7 novembre 2011

PLAN FILLON "D’ÉQUILIBRE DES FINANCES PUBLIQUES" : NOUVEL ENFUMAGE OU RAFISTOLAGE À MINIMA ?

Le plan annoncé ce midi par François Fillon affiche la couleur : une rigueur de droite, qui vise d’abord à réduire les dépenses et ensuite ajuster de façon ciblée les impôts.
  1. Gel du train de vie de l'État (salaires du Président et des ministres) jusqu'à ce que l'objectif de 0 déficit, fixé pour 2016, soit atteint. Coupe de 5% dans l'aide publique aux partis politiques (subventions et remboursement des frais de campagne).
  2. Ponction fiscale, avec une péréquation entre le surcroît d'impôts indirects (la TVA réduite passant de 5.5% à 7%, hors produits de première nécessité) et directs (suppression de 2.6 milliards de niches fiscales, majoration temporaire de 5% de l'impôt sur les sociétés, pour les chiffres d'affaires supérieurs à 250 millions d'euros, augmentation des impôts pour les ménages les plus aisés).
  3. Application avancée de la réforme des retraites, de 2018 à 2017, pour réaliser des économies parafiscales.
sarkozy,ump,crise,dette,fillon,ps,socialiste,fn,front national,le pen,marine,inflation,croissance,euro,impôts,fiscalité,lepage,aubry,hollandeCes mesures ne sont pas mauvaises en soi, mais elles sont clairement insuffisantes et déjà caduques compte tenu de l’ampleur du problème ; elles auraient dû être prises bien plus tôt. Une réserve toutefois avec l'accélération du plan sur les retraites qui au mieux restera de l'enfumage, au pire sera contre-productif. Les seniors au chômage qui ne pourront plus bénéficier du départ à taux plein feront appel à l'allocation chômage, ce qui ne fera que transférer le coût social d'un poste budgétaire public à un autre.

Les opposants s'engouffrent dans la brêche. « Pas de vision à long terme »,déplore la gauche. Le gouvernement avoue que cela est consubstantiel d’une mondialisation qui nous rend tributaire de la conjoncture. « Le plan vise les conséquences et non les causes », regrette Corinne Lepage. Cette ligne d’ajustements plutôt que de réformes profondes est assumée par la droite. Elle est parfaitement symptomatique de sa perte d’indépendance, subie ou choisie. À chacun de trouver ce credo pertinent ou non.

dimanche 10 juillet 2011

SOMMÉE DE FUIR CE QU'ELLE FUT

Un glissement sémantique s’effectue imperceptiblement, interprétant de plus en plus l’égalité comme un nivèlement, un égalitarisme, et non plus seulement comme l’équité devant la loi ou la justice sociale. Ce refus de notre condition originelle, cette lutte contre l’état de nature ou contre la volonté divine, n’est pas "la faute à Rousseau" ni aux révolutionnaires, mais c’est une dérive que notre société a fini par produire et qui demain pourrait bien engendrer un chaos social.

politique,mœurs,société,égalité,féminisme,équité,liberté,machisme,mariage,homosexuel,gayNon, toutes nos différences ne sont pas relatives et réversibles. Pas plus qu’elles ne sont mauvaises en soi. Exception faite du plafond de verre, car effectivement il n’est ni logique ni juste que les femmes soient encore discriminées à l’embauche et moins rémunérées que les hommes à compétence égale. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette critique contre toute forme d’exploitation par le travail trouve son origine dans le marxisme, avant d’être féministe ; une filiation qui rappelle la prééminence du fait social sur le sociétal. Inverser les priorités, élever la revendication sociétale sur un pavois sous couvert de progrès lumineux, ça n’est pas entraver et ralentir la révolution communiste, ça n’est pas non plus l’amalgamer en s’autoproclamant “héraut de tous les opprimés”, c’est la transposer en faisant méticuleusement le lit du totalitarisme.
"— Tu vas être comme nous, oui ?!
— Non, je ne veux pas, je veux rester traditionnelle !
— Tu gênes notre cause, traîtresse, collabo !"
La liberté d’être autrui se retrouve alors, pauvre liberté chérie, prise en otage par un devoir insidieusement libellé "droit à l’égalité".

Un droit, parfaitement monsieur ! Tu en doutes ? Vilain réactionnaire ! Au pilori bien-pensant ! A l’instar de Gérard Bessette, qui claironnait haut et fier en 1962 dans Les Pédagogues :
"Les femmes jouent souvent en dehors du foyer un rôle utile. Toutefois, il ne faudrait pas, que sous prétexte d’une égalité d’ailleurs chimérique et contre-nature, elles s’immiscent partout à la place des hommes"
C’est vrai que cela fait mal à nos oreilles conditionnées par une autre rengaine, typiquement gauchisante. Vous vouliez de la trivialité ? Ca tombe bien, en voici ! D’abord, qu’un homme soit en moyenne plus fort physiquement qu’une femme, et que cela continue d’orienter les rapports sociaux entre eux, c’est un fait. Légiférer ne gommera pas les dissemblances biologiques. Essayer de réduire artificiellement toutes les différences entre hommes et femmes, aboutit à une perte de repères identitaires. Il est de connaissance commune que selon les psychanalystes, le désir refoulé de nombreuses femmes serait de s’approprier tous les symboles associés au pénis, à défaut de le posséder physiquement. Les hommes, pour continuer à exister face à des femmes qui leur disputent le territoire masculin barbelé, se défendent par l’outrance, souvent ridicule, de la survirilité machiste ou de la coquetterie.

politique,mœurs,société,transgenre,transsexuel,égalité,féminisme,équité,liberté,machisme,mariage,homosexuel,gayA la vérité, certaines idéologies de normalisation distillent un déni de réalité qui est aussi démagogique que pernicieux : “Tous égaux … tous pareils !” Si les hommes n’assument plus leur masculinité, et que les femmes veulent devenir des hommes, qui demain perpétuera l’espèce humaine ? Ce n’est pas du schématisme, mais du bon sens ; jusqu’à preuve du contraire, il n’y a que les femmes qui portent les enfants, leur donnent naissance et ont avec eux ce rapport privilégié, fondement de la socialisation primaire. La loi et les sciences auront beau s’amender, elles ne pourront pas modifier ce qui, dans la détermination naturelle, continue à régir l’essentiel de nos rapports humains.

De la même manière, d’aucuns souhaiteraient ignorer la spécificité de la libido masculine qui repose sur le sentiment de domination. Concrètement, un homme ne peut pas avoir d’érection pour une femme qui lui paraît supérieure physiquement, socialement, économiquement, intellectuellement, puisque il l’associe inconsciemment à une forme de perfection maternelle intouchable. Caricatural ? Non. Dur à entendre parce que froidement réaliste.

L’identité ne s’élabore pas dans l’égalité mais dans la conscience de l’unicité. Le progrès démocratique de nos sociétés, leur moteur, est d’ordre hégélien : c’est l’opposition. Qu’on cherche à la faire taire et elle renaît ailleurs, plus virulente que jamais. Notre nature, aiguillonnée par la culture occidentale individualiste, n’admet pas qu’on l’étouffe en la noyant dans la masse. Elle a besoin de se nourrir de différences : lorsque les différences fondamentales sont niées, une pléthore d’autres, plus futiles et superficielles, apparaît. Le credo égalitaire est l’une des plus dangereuses et captieuses utopies qui soient. Sa force de séduction est si grande que des foules entières la réclament encore, par la rue et par les urnes. Qui aura raison ? La majorité ou l’Histoire ?

jeudi 9 juin 2011

SMIC : TROP ÉLEVÉ SELON BRUXELLES

La Commission européenne vient de porter un jugement qui ne risque pas de réconcilier les eurosceptiques français avec leurs voisins. Selon Bruxelles, la compétitivité économique de notre pays serait freinée par un SMIC trop élevé. Ce n'est certes qu'un avis extérieur, mais son caractère normatif et impérieux est déjà ressenti par beaucoup comme un diktat. Quelle sera la réponse de nos dirigeants ? Un "De quoi j'me mêle ?!" implicite ou bien un tacite acquiescement, annonciateur d'une baisse prochaine du salaire minimum ?

mardi 7 juin 2011

VERS UN RSA SOUS CONDITIONS ?

politique,rsa,économie,wauquiez,copé,ump,ps,socialiste,dsk,hirsch,allocation,fn,guizot Copé et certains de ses camarades UMP font un pas vers une politique autoritariste de lutte contre le chômage. Puisqu'il y a encore des millions de demandeurs d'emploi en dépit de métiers en forte tension, ces politiciens se sont dit "Pourquoi ne pas forcer le matching ?" Afin de faire passer la pilule mieux que ne l'avait tenté Wauquiez, Copé suggère qu'une partie du RSA ne soit versé qu'en contrepartie d'un travail social rémunéré au SMIC horaire. A quand des travaux d'intérêt général pour les rentiers et cumulards qui nous gouvernent ?

Que pense le père du RSA de la réforme proposée par l'impétueux Copé ? Réponse : "Ca me ferait mal au coeur qu'on utilise l'argent des travailleurs modestes pour alléger l'impôt de solidarité sur la fortune [...] C'est de l'entourloupe."

L'affaire DSK aura été pour l'UMP un instrument de politique intérieure providentiel (...) Afin de faire oublier "l'entourloupe" budgétaire dénoncée par Martin Hirsch, la majorité attendait en effet la moindre occasion pour retourner contre le PS chacune de ses attaques sur le thème du clientélisme ploutocratique. Un manque à gagner pour l'Etat suite à la réforme fiscale ? Pas de panique, on compense en rognant la dépense publique allouée aux aides sociales. "Faites un effort, bandes de faignasses de pauvres, sinon tous les riches vont partir et ce sera de votre faute !" Ubuesque.

Si les conditions du RSA devaient être modifiées, il faut que les bénéficiaires qui en acceptent l'augure comprennent bien de quelle forme de contrepartie et de justice sociale il s'agit. Allocataires, quand vous vous lèverez le matin pour effectuer vos heures de travail pour la collectivité, sachez que grâce à vous, certaines grosses fortunes ne changeront pas tout de suite de territoire fiscal... Alors, heureux ?

Paradoxalement, la crise a protégé les ménages les plus modestes de la politique ultralibérale débridée que la droite souhaitait mettre progressivement en place. Une crise qui fut aussi un prétexte pour cacher l'inanité des promesses sécuritaires, le démantèlement des services publics et l'absence de valorisation et de stabilité du travail. Mise en concurrence mesquine entre employés et chômeurs, agenda politique dicté par une mauvaise imitation du FN et la crainte de l'exil fiscal des plus gros patrimoines, une équipe de gestionnaires sans ambition, mesquine, sans souffle, digne de Guizot "Enrichissez-vous et ne discutez pas trop les décisions".

vendredi 27 mai 2011

DES JOB DATING DANS L'ENSEIGNEMENT

Tandis que 16 000 postes d'enseignant seront supprimés à la rentrée 2011, l'académie de Paris inaugure le job dating dans l'enseignement. Des milliers de candidats à des postes de remplaçant et vacataire se sont ainsi présentés cet après-midi dans Paris pour des mini-entretiens organisés par le rectorat et Pôle Emploi. Franck Girard, président d'Avenir Ecoles, évoque "un recrutement au rabais" et associe la file de postulants dans la rue pour décrocher ces emplois précaires aux "méthodes d'embauche du début du XIXe siècle". Les économies voulues par l'exécutif ne pourront pas masquer la conséquence durable du démantèlement de l'éducation nationale : une flexibilité du travail dont le coût social, économique et humain ne fera que s'accroître pour les élèves et les salariés, et qui devra in fine être compensé par un surcroît de dépenses publiques.

mercredi 11 mai 2011

REFORMES DU RSA ET DE L'ISF : LA LIAISON FATALE

Concrétisation de la réforme fiscale. L'ISF nouveau est arrivé. Un rappel qui risque de fâcher encore l'ensemble des classes populaires et moyennes. Dans les grandes lignes : les ménages dont le patrimoine est compris entre 800 000 et 1,3 millions d'euros se voient gracieusement exonérés d'impôt sur la fortune, par la conception présidentielle de l'équité et de la justice magnanime "Voilà pour mes vassaux ! -- Oh merci mon Roi, vous êtes grand Seigneur". Le prélèvement forfaitaire minimal ? Une "infime" saignée de 1 500 euros (et je ne reviens même pas sur l'entourloupe de l'arbitrage allègement de l'ISF contre suppression du bouclier fiscal, et la dépense fiscale qu'elle génère pour nos porte-monnaies).

Cette réforme de l'ISF ? Une honte absolue, une pure forfaiture. Le Parti communiste français dénonce "le cadeau fiscal du gouvernement aux assistés de l'ISF". Le gouvernement prétend chercher la justice sociale et permet aux plus grosses fortunes (on ne parle pas des "hauts revenus" du travail, mais bien de patrimoines financiers issus de la spéculation et de l'actionnariat) de continuer à s'enrichir. Il leur envoie même un signal positif "allez-y, enrichissez-vous sans travailler mais juste en spéculant et en exploitant ceux qui travaillent, on vous soutient et pendant ce temps on va culpabiliser les plus modestes et exiger d'eux 5h de service social en tentant de les persuader que c'est un 'dû'". Allo Spock, allo allo la Terre ?! On croît rêver.

Si le service social est un dû dès lors qu'on perçoit une rémunération qui ne provient pas de son travail, mais de la collectivité, alors qu'attend-on pour exiger de la quasi totalité des actionnaires un service social pour être juste envers la communauté des travailleurs qui les enrichit ?! Que les gens comprennent enfin que les "fortunes" de la finance ne sont pas "justifiées" par une contribution réelle, et qu'elles ne se font que par un effet de bulle spéculative et aux dépens de ceux qui bossent. Non seulement ils bossent pour entretenir les fortunes des actionnaires, des grands patrons et des rentiers, mais à présent on cherche à les culpabiliser en les accusant de ne pas se laisser exploiter suffisamment. Quelle est la prochaine étape ? Enchaîner les ouvriers et les employés et fouetter ceux qui refusent d'engraisser les vrais profiteurs du système qui sont les "amis" de la droite libérale ?!

300 000 foyers exonérés d'ISF... D'un côté, le gouvernement se livre à une bataille de marchands de tapis en affirmant qu'il n'y a pas suffisamment d'écart de rémunération entre les SMICards et les exclus du marché du travail, de l'autre il accentue lui-même l'écart entre les plus riches et les plus pauvres. Messieurs les ministres, vous avez ici la solution pour creuser davantage les écarts entre les premiers salaires et les allocations, et réduire dans le même temps le sentiment général d'injustice socioéconomique : plafonner l'intervalle entre les revenus les plus élevés et les plus faibles.

mardi 19 avril 2011

SARKOZY ET PME : PRIMES AUX SALARIÉS CONTRE EXONÉRATION DE CHARGES

Hors de question pour Nicolas Sarkozy de laisser écorner sa bonne intention de 2007, celle d'être "le président du pouvoir d'achat" !



Redonner du pouvoir d'achat aux français, en pleine inflation sur les matières premières et l'énergie, sans augmenter les salaires et ajouter de l'inflation à l'inflation. Faire plaisir aux ménages, sans trop fâcher les actionnaires et les patrons. Douloureux grand écart d'un gouvernement totalement dépassé par les évènements. Des propositions à la hâte, mesures inconséquentes, aucune estimation ou simulation pour vérifier la faisabilité, l'efficacité, le coût total. Des effets d'annonce et un rafistolage qui prouvent l'impuissance de nos dirigeants à résoudre les problèmes économiques et sociaux.

Le comble est que certains économistes traditionnellement libéraux avouent que le meilleur levier actuellement pour redresser l'économie resterait l'instrument fiscal et qu'un accroissement de l'imposition sur le capital financier et le patrimoine à des fins de redistribution serait le meilleur moyen de redonner rapidement du pouvoir d'achat à l'ensemble des français. Alors, quelle est l'option privilégiée par l'actuelle équipe gouvernante ?

Une redistribution, oui. Mais pas n'importe laquelle, car augmenter les impôts reviendrait à risquer une confusion avec la gauche et à valider l'un des projets du parti socialiste. Sarkozy suggère une prime universelle et obligatoire aux salaires. Les petites entreprises qui ne versent pas de dividendes bénéficieraient en contrepartie d'une exonération (partielle ou totale) des charges. On prend d'un côté, on redonne de l'autre, sans que la neutralité financière du procédé soit encore bien avérée et surtout sans neutralité sociale.

Cette forme de redistribution favoriserait ceux qui ont déjà la chance d'avoir un travail, au détriment de tous les autres (notamment les retraités, femmes au foyer, étudiants, demandeurs d'emplois, professions libérales et artisans), et à terme de la compétitivité de nos entreprises. En résumé : "échange solidarité et protection nationale contre pouvoir d'achat d'une minorité de français". A l'heure de son bilan, que restera-t-il ? "Le président du pouvoir d'achat" ou bien "le président des minorités" ?

Face à une possibilité de tsunami, il y a plusieurs stratégies de défense. Deux principales : soit on se dit "on verra bien ; on écopera le surplus d'eau, au cas par cas, le cas échéant", soit on se dit "construisons une digue suffisamment forte et haute plutôt que de pleurer et de râler ensuite devant l'ampleur du travail de reconstruction". Force est de constater que nos représentants, obstinément attachés à leur tradition de droite libérale, continuent de privilégier la première option, contre vents et marées. Jusqu'à quand, telle est la question.