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jeudi 9 février 2012

ET LA SYRIE INVENTA LA RÉBELLION PERPÉTUELLE

Comment une rébellion réprimée dans le sang peut-elle durer depuis 1 an, sans discontinuer ? Dans 6 mois, nos médias officiels, aussi péremptoires qu'absents du terrain syrien, continueront de s'indigner dans un concert de violons : "Le régime massacre encore son peuple !" De quel peuple s'agit-il d'ailleurs ? Est-ce vraiment "son peuple" ? Un peuple formidablement tenace, et même inconscient, défiant les chars et faisant passer ses revendications sociales avant la vie de ses femmes et enfants  ? N'a-t-on pas plutôt affaire à un afflux constant d'allogènes, constitués de mercenaires, de soldats et de civils, payés par la Ligue arabe pour semer le chaos dans un état laïc, et in fine incriminer Bachar Al-Assad ?

dimanche 5 février 2012

COMMENT LES "ATLANTISTES" VIENNENT DE PROUVER LEUR IMPLICATION DANS LES MASSACRES EN SYRIE

Il suffit parfois d'un "non" pour que les masques tombent. Gauthier Rybinski, envoyé spécial de France 24 pour la Conférence internationale sur la sécurité qui se tient aujourd'hui à Munich, vient d'avouer qu'un ordre du jour relatif au monde arabe avait été planifié : "le Nouveau Moyen-Orient". Comment les membres et organisateurs pouvaient-ils à ce point être persuadés que la Russie et la Chine s'abstiendraient (comme face à la résolution 1973 sur la Libye), plutôt que de poser leur veto ? La seule explication d'un tel optimisme, est qu'ils savaient que des évènements, préparés eux aussi, placeraient les diplomates russes et chinois au pied du mur et qu'ils ne pourraient pas s'opposer à une intervention militaire en Syrie. Quels évènements auraient pu être préparés à cette fin, si ce n'est des attaques ou contre-attaques particulièrement sanglantes, comme celles que le pays a vécu à Homs ces trois derniers jours ?...

samedi 4 février 2012

SYRIE : VERS UN EMBRASEMENT DES RELATIONS EST-OUEST ?

Les négociations sur le projet de résolution de l’ONU sur la Syrie se sont accompagnées hier d’une escalade de la violence à Homs. Etonnamment pourrait-on dire, car Bachar al-Assad n’a aucun intérêt à jouer la provocation. Sauf à espérer, naïvement, pouvoir mater vite la rébellion, afin de soulager la Russie amie de la responsabilité qui lui incombe actuellement. Je ne crois guère à cette stratégie d’une contre-productivité évidente. La Syrie sait pertinemment qu’accroître la répression placerait encore plus la Russie au pied du mur, et justifierait la résolution onusienne. Sans avoir pu d’ailleurs endiguer des milices constamment reconstituées telles un phénix, et généreusement armées par l’étranger.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme et le Conseil national syrien ont immédiatement imputé ces massacres au régime d’Assad. Les médias occidentaux ont relayé ces allégations, en oubliant le conditionnel que l’opacité de l’information syrienne devrait pourtant requérir. Les opposants auraient voulu forcer la main à la Russie qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. Simultanément, des manifestations anti-Poutine se sont tenues à Moscou. Là encore, les mêmes qui veulent substituer à Assad un gouvernement acquis à la cause de la Ligue arabe et des Etats-Unis, auraient tout intérêt à alimenter les revendications contre l’actuel gouvernement russe allié à la Syrie.

La Russie comprend les visées expansionnistes de long terme des Etats-Unis et de l’Occident. Elle ne peut pas se permettre d’abandonner Assad : cela reviendrait à se séparer d’un allié historique nécessaire à sa propre survie politique autour de la Caspienne et au Moyen-Orient. Dans le camp adverse, les pressions grandissent pour culpabiliser la Russie en lui reprochant de se rendre, par le blocage diplomatique, complice des massacres syriens.

Tandis que l’Europe connaît une vague de froid sibérien, les relations Est-Ouest sont en train de se réchauffer considérablement. Les massacres en Syrie sont d’autant moins prêts à s’interrompre qu’ils sont entretenus par un appui extérieur. Par quels moyens l’Ouest parviendra-t-il à convaincre la Russie ? Les Etats-Unis et la Ligue arabe ne tenteront-ils pas une intervention militaire hors d’une résolution onusienne, quitte à courir le risque d’un affrontement direct avec la Russie ? La Russie ne claquera-t-elle pas la porte du Conseil de sécurité ?

vendredi 3 février 2012

POURQUOI LA SYRIE DOIT ÊTRE SOUMISE AVANT D'ATTAQUER L'IRAN

Comme chacun sait, l’Iran est le verrou eurasiatique et le trait d’union terrestre et stratégique entre l’Europe, l’Asie, le monde arabe et l’Afrique. Qui apprivoise l’Iran et les pétromonarchies peut contrôler le détroit d’Ormuz (et mettre la main sur 40% de la production de pétrole de la planète), mais aussi occuper un poste avancé face à la Russie et aux pays émergents qui cherchent de nouvelles sources énergétiques au Moyen-Orient.

Maintenus de longue date dans l’opposition par des manœuvres occidentales (voir notamment Sheikh Imran Hosein à ce sujet), les musulmans sunnites syriens ont un compte à régler avec l’Iran d'Ahmadinejad qui a armé contre eux le régime de Bachar Al-Assad et la minorité alaouite. On comprend mieux alors pourquoi Israël et ses alliés ont intérêt à favoriser l’accession au pouvoir des Sunnites s’ils souhaitent isoler l’adversaire iranien.

Côté syrien, le départ d’Assad romprait potentiellement le lien Syrie-Iran, ainsi que l'unité autoritaire du régime nationaliste en place. Comme en Libye, la destitution du « tyran » rendrait le pays plus facilement manipulable par la sentinelle orientale de l’ONU qu’est la Ligue arabe, en le fragilisant politiquement et économiquement sous couvert d’instaurer une démocratie de façade.

Symétriquement, l’Iran esseulé comme jamais, radicaliserait sa doctrine chiite (de facto ou par un effet de loupe médiatique) à des fins défensives, justifiant des frappes israéliennes ciblées et préventives sur ses présumés sites de recherche nucléaire. Une opportunité d'autant plus facile à saisir que les couloirs aériens seraient dégagés au-dessus de la nouvelle Syrie "libre" et pacifiée.