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jeudi 8 novembre 2012

NETANYAHU "EN MEETING A TOULOUSE", "PAS CORRECT" (FRANÇOIS HOLLANDE)

"Netanyahu était venu faire campagne en France on le savait. Son déplacement était prévu en deux temps à Toulouse, recueillement puis discours [...] Comme j'étais là, il a un peu resserré son discours, mais ce n'était pas bien de transformer cette cérémonie en meeting électoral [...] Il n'a pas été correct" (François Hollande, 4 novembre 2012, dans l'avion vers Beyrouth, propos recueillis par Le canard enchaîné et confirmés par l'AFP).

Si même l'Indolent de la République le dit, au risque de se brouiller avec son allié hébreu et de passer pour un antisémite... On attend avec impatience la réaction du CRIF, de Bernheim et de la diplomatie israélienne...

Après Obama et Sarkozy qui déclaraient en off en avoir marre de Netanyahu, voilà Hollande qui leur emboîte le pas après seulement 6 mois de mandat. Ça promet !

lundi 9 juillet 2012

MOHAMED MERAH : "LA MORT JE L'AIME COMME VOUS AIMEZ LA VIE" (DOCUMENT SONORE MADE IN TF1)

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Alors que l'opinion n'en parlait plus, que certains l'avaient presque oublié, voilà que TF1 exhume le cas Merah, du fin fond de la torpeur estivale et des creux d'audience du début juillet (ceci explique peut-être cela, audimat oblige).

Rentré d'une balade dominicale hier soir, je me mets devant la télévision peu avant 20 heures et allume France 2. Actu pauvre, un fait divers en boîte de nuit ouvre la messe de Laurent Delahousse. Je zappe sur TF1 et, ô stupeur ! Chazal annonce un soi-disant enregistrement inédit du tueur de Toulouse et Montauban. Le son est d'une qualité médiocre, gâché par du souffle et du bruit de fond, mais suffisamment précis pour entendre le timbre déterminé autant que le langage bafoué ribériste, caricatural d'un beur djihadiste que les médias tiennent à tout prix à nous vendre. Les "wesh t'as vu" fricotent avec des fautes de syntaxe en rafale. Emmanuel Chain producteur de l'émission Sept à huit dans laquelle un extrait a d'abord été passé, explique ce choix de diffusion, qui semble inutilement polémique et blessant pour les familles de victimes, par la nécessité d'informer et de lever les doutes qui planaient encore sur cette affaire (tu m'étonnes !)

Lorsqu'on lui en demande davantage, l'homme se réfugie derrière une autre priorité journalistique : le secret des sources. Commode. Le document est circonstancié au minimum, n'ayant de valeur que si l'on en accorde aux propos du retranché. N'importe qui aurait pu finalement se faire passer pour Merah, imiter grossièrement un accent de maghrébin et feindre le cynisme comme dans le présent document. "Un enregistrement exclusif fourni par TF1". Connaissant le passif de la première chaîne française en matière d"'investigations sérieuses" on est effectivement en droit de se poser des questions sur son authenticité et sa finalité.

Tout peut être vendu aux consommateurs français, ce sont de bons clients, d'autant que "plus le scoop est gros plus il passe". L'important pour les médias est de fournir un récit auxquels une majorité de téléspectateurs "gogos" non seulement pourra adhérer mais désirera sincèrement adhérer. Pour celui qui veut y croire, l'échange téléphonique, véritable immersion dans un film de truands à l'américaine, aurait donc eu lieu durant les 32 heures de siège avec un ancien contact policier de Merah. La police des polices a d'ailleurs ouvert hier une enquête afin de découvrir dans quelles conditions cet enregistrement confidentiel a pu ainsi fuiter.

Simple recherche d'audimat ? Pas sûr. Un autre motif idéologique et politique existe. Dis-moi qui est derrière TF1 et le Figaro (qui a rapidement mis en ligne sur youtube des extraits du dialogue), et dis-moi quels sont leurs intérêts face au "monde arabo-musulman grand public" et je te donnerais la réponse. Jean-Jacques Bourdin s'est lui aussi empressé de diffuser à 7h10 sur RMC les moments clés de la conversation. En se justifiant immédiatement : "Cela fera taire les théories du complot qui se sont développées depuis mars, sur une éventuelle manipulation policière ou une responsabilité d'Israël (...) C'est la preuve que Merah a bien existé et qu'il n'avait vraiment rien d'admirable". Les médias essaient de nous vendre un début de psychose antisémite en France en continu depuis trois mois, et ce testament phonique ressemble à un parachèvement, la fermeture de la boucle. Seulement, à l'inverse des élucubrations, certaines rumeurs basées sur des faits fragmentés mais exceptionnels ainsi que sur l'expérience et la raison, ne sont jamais totalement infondées.

Merah serait-il donc ce fanatique froid et calculateur, impavide, à la mode de Hollywood, cet affreux arabe islamiste de réseau, qui prétend explicitement agir pour le compte d'un cadre d'Al-Qaïda ? En réalité, au grand dam de TF1, du Figaro et de RMC, le soi-disant entretien de Merah s'avère plus suspect que convaincant. La polémique et le conspirationnisme sont bel et bien relancés. Merci, à qui de droit...

jeudi 9 février 2012

ET LA SYRIE INVENTA LA RÉBELLION PERPÉTUELLE

Comment une rébellion réprimée dans le sang peut-elle durer depuis 1 an, sans discontinuer ? Dans 6 mois, nos médias officiels, aussi péremptoires qu'absents du terrain syrien, continueront de s'indigner dans un concert de violons : "Le régime massacre encore son peuple !" De quel peuple s'agit-il d'ailleurs ? Est-ce vraiment "son peuple" ? Un peuple formidablement tenace, et même inconscient, défiant les chars et faisant passer ses revendications sociales avant la vie de ses femmes et enfants  ? N'a-t-on pas plutôt affaire à un afflux constant d'allogènes, constitués de mercenaires, de soldats et de civils, payés par la Ligue arabe pour semer le chaos dans un état laïc, et in fine incriminer Bachar Al-Assad ?

mercredi 8 février 2012

SARKOZY ET HOLLANDE POSENT ENSEMBLE AU DÎNER DU CRIF

Ce n'est pas cela qui va réconcilier les Français avec la politique. UMP et PS finissent toujours par se retrouver, main dans la main, au dîner annuel du Crif. Et avant de se quitter, une belle photo symbolique en trio avec Richard Prasquier, le président du Crif, histoire de rassurer certains lobbys. Tout est dit...

 

samedi 4 février 2012

POURQUOI LA RUSSIE ET LA CHINE NE PEUVENT PAS LÂCHER LA SYRIE

A moyen terme, l’objectif de l'Occident au Moyen-Orient est de s’emparer du verrou eurasiatique, c'est-à-dire de l’Iran. Pour pouvoir le contrôler demain, il faut commencer par le rendre inoffensif aujourd’hui, en bombardant ses sites nucléaires. Car lorsque le pays possédera l’arme atomique, il ne sera plus possible de l’envahir militairement.

Mais avant de neutraliser ces fameux sites, il faut isoler l’Iran en le découplant de son allié chiite, la Syrie. Or l’actuelle absence de consensus diplomatique au sujet de la Syrie fait ressortir les véritables enjeux géopolitiques derrière le maintien de l’arc chiite : c’est à un duel à distance entre l’Est (Russie et Chine) et l’Ouest que nous assistons dans le bras de fer au Conseil de sécurité de l’ONU.

La possession de la bombe par l’Iran redessinerait significativement les cartes stratégiques en leur donnant une physionomie multipolaire. Ce qui entraverait largement le projet occidental d’imposer une gouvernance mondiale et un monde unipolaire sur lequel la fausse monnaie dollar règnerait en maître. On comprend mieux alors pourquoi la Russie et la Chine doivent soutenir à tout prix leurs alliés objectifs de la Caspienne...

vendredi 3 février 2012

POURQUOI LA SYRIE DOIT ÊTRE SOUMISE AVANT D'ATTAQUER L'IRAN

Comme chacun sait, l’Iran est le verrou eurasiatique et le trait d’union terrestre et stratégique entre l’Europe, l’Asie, le monde arabe et l’Afrique. Qui apprivoise l’Iran et les pétromonarchies peut contrôler le détroit d’Ormuz (et mettre la main sur 40% de la production de pétrole de la planète), mais aussi occuper un poste avancé face à la Russie et aux pays émergents qui cherchent de nouvelles sources énergétiques au Moyen-Orient.

Maintenus de longue date dans l’opposition par des manœuvres occidentales (voir notamment Sheikh Imran Hosein à ce sujet), les musulmans sunnites syriens ont un compte à régler avec l’Iran d'Ahmadinejad qui a armé contre eux le régime de Bachar Al-Assad et la minorité alaouite. On comprend mieux alors pourquoi Israël et ses alliés ont intérêt à favoriser l’accession au pouvoir des Sunnites s’ils souhaitent isoler l’adversaire iranien.

Côté syrien, le départ d’Assad romprait potentiellement le lien Syrie-Iran, ainsi que l'unité autoritaire du régime nationaliste en place. Comme en Libye, la destitution du « tyran » rendrait le pays plus facilement manipulable par la sentinelle orientale de l’ONU qu’est la Ligue arabe, en le fragilisant politiquement et économiquement sous couvert d’instaurer une démocratie de façade.

Symétriquement, l’Iran esseulé comme jamais, radicaliserait sa doctrine chiite (de facto ou par un effet de loupe médiatique) à des fins défensives, justifiant des frappes israéliennes ciblées et préventives sur ses présumés sites de recherche nucléaire. Une opportunité d'autant plus facile à saisir que les couloirs aériens seraient dégagés au-dessus de la nouvelle Syrie "libre" et pacifiée.


samedi 28 janvier 2012

CENSURE VIRTUELLE ET CHAOS RÉEL

2012 commence très fort. Pas avec une révolution démocratique comme l’année précédente, mais avec une contre-révolution virtuelle.

Les Etats-Unis reprennent ainsi la main, ou plutôt continuent l'agenda totalitaire de la gouvernance mondiale (terme officiellement autorisé depuis la "jurisprudence Attali", merci Jacques :), en cadenassent progressivement les échanges numériques tout en espérant s'insinuer dans le marché chinois : fermeture de megaupload, censure modulable (et donc subjective et négociable) de twitter pour plaire aux régimes politiques en place…

La nation qui reste la 1e puissance mondiale, prépare le terrain à une action forte et généralisée. Elle sème insidieusement des graines de guerre civile et de chaos pour pérenniser sa suprématie. L’objectif : renforcer le conflit de civilisations jusqu'à la 3e guerre mondiale. Tout est déjà en place, à commencer par la scène maritime face à l’Iran et quelques éléments terrestres en Syrie, et j'ajouterais si j'étais plus vicieux, la fin programmée de la zone euro.

L'argument entendu dix fois dans les médias : "Les échanges mondiaux sont tellement imbriqués que les Etats-Unis et la Chine n'auraient aucun intérêt à espérer la déstabilisation de l'Union européenne puisque cela leur porterait également préjudice". Cela serait recevable si les Etats-Unis n'avaient pas à leur disposition une stratégie de renflouement économique plus rapide et efficace... Qui connaît les modalités d'entrée en guerre des Etats-Unis depuis Pearl Harbor sait à quoi je fais allusion.

Ce que je sais d'ores et déjà c'est que j'ai choisi mon camp : je ne ferai rien pour attiser une guerre absurde (pléonasme ?) et je ne combattrai pas pour des intérêts d'une dynastie oligarchique. Leur conflit néo-impérialiste, ils pourront se le mettre au cul. J'aime les valeurs les plus nobles de mon pays, et ces valeurs ne sont ni le mensonge ni la sauvagerie. Français, je ne me prostituerai au sens littéral ni pour des blancs, ni pour des noirs, ni pour des jaunes, ni pour personne.

lundi 7 novembre 2011

SHIMON PERES FACE AU NUCLÉAIRE IRANIEN : "NOUS COMPTONS SUR NOS ALLIÉS"


israël,shimon,peres,ahmadinejad,iran,président,sarkozy,ump,juppé,alain,diplomatie,guerre,nucléaire,civil,militairesRépétition et accélération de l'Histoire, comme les plus perspicaces l'auront peut-être compris après lecture d'une note précédente : Shimon Peres a en effet annoncé son intention de décapiter la Bête iranienne, au prétexte prophylactique de neutraliser un éventuel arsenal nucléaire. Ce n'est pas tout. Le président israélien compte explicitement sur ses alliés pour aider Israël à régler son compte à Mahmoud. En creux un avertissement à l'endroit des super-puissances occidentales : "Qui n'est pas avec nous est contre nous, et donc un ennemi de la liberté". Tiens, cela rappelle quelque chose...
Pas de réaction tonitruante côté américain (prévisible), en revanche un accueil particulièrement frais côté français. Le chef de la diplomatie française Alain Juppé, sans doute l'un des plus arabophiles membres du gouvernement Fillon, a ainsi immédiatement mis en garde Israël contre une situation qui serait "totalement déstabilisatrice pour la région". Israël et les Etats-Unis iront-ils au bout de leur stratégie ? Si un conflit éclatait en Iran, la France y resterait-elle étrangère ? Cramponnez-vous à vos accoudoirs, les comédiens se préparent pour le dernier acte. [Crédit photo : AFP/Gali Tibbon]

vendredi 23 septembre 2011

DEMANDE DE RECONNAISSANCE DE L'ÉTAT PALESTINIEN : LE COUP DE FORCE PACIFIQUE D'ABBAS

Fascinante accélération de l'Histoire aujourd'hui avec la demande explicite et officielle de reconnaissance de l'Etat palestinien, par le président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, auprès des instances de l'ONU. Un moment historique, même si la requête a peu de chances d'aboutir. Le journaliste spécialiste de politique internationale d'itélé, Olivier Ravanello, nuance ainsi : "La Palestine n'aura peut-être pas gagné un Etat, mais elle aura trouvé un chef d'Etat".

abbas,onu,diplomatie,palestine,israël,netanyahu,colons,gaza,cisjordanie,jerusalem,intégrisme,obama,hamasCertains ne l'en croyaient pas capable. "Trop velléitaire". Pourtant, il a osé ! L'initiative est fraîchement accueillie par Israël, même si ce soir à l'Assemblée Générale Netanyahu s'est montré conciliant, assurant son allié que la paix était bien l'objectif commun aux deux peuples. Les Etats-Unis, qui avaient multiplié les tractations avec Abbas depuis plusieurs jours dans l'espoir de le voir renoncer à son coup de poker, ont peu apprécié. Une grise mine ostensiblement affichée, représentative, selon la journaliste Laurence Haïm (itélé), d'un "véritable échec de la diplomatie d'Obama". Entre les difficultés intérieures et la perte d'autorité internationale, la réélection du chef de l'Etat américain semble bien compromise.

Un autre point de vue très intéressant, celui d'Elias Sanbar, l'ambassadeur de Palestine à l'UNESCO, cet après-midi sur Europe 1. Selon lui, les Etats-Unis sont d'autant plus réticents à ce va-tout diplomatique et pacifique "unilatéral", qu'ils ne "veulent pas partager le processus de paix -- chasse gardée". L'ambassadeur reproche implicitement aux Etats-Unis de vouloir conserver l'arbitrage majoritaire du processus de négociation, afin d'être juge et partie pour la cause israélienne, et au final d'entretenir le statu quo ou de faire achopper les négociations. Une reconnaissance de l'Etat Palestinien, arriverait-elle après une étape intermédiaire d'Etat observateur comme celle que proposait le président français Nicolas Sarkozy, modifierait radicalement la donne géopolitique au Proche-Orient et le leadership de l'alliance israélo-américaine.
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Certes, la contre-attaque d'Obama est attendue et reconnue avec lucidité et franchise par notre ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé. Interrogé hier sur itélé, il valida dans le langage diplomatique ce que l'opinion sait déjà : quelle que soit l'intensité des pourparlers prévus dans les semaines qui nous séparent du verdict onusien, le membre permanent américain opposera son veto au sein du Conseil de sécurité.

Néanmoins, et sans préjuger du résultat procédural, Ramallah (Cisjordanie), en liesse, célèbre déjà une avancée. Le peuple palestinien, approuvant à 80% l'action d'Abbas, est en effet conscient que le courage de celui qui se présente à l'ONU avec seulement "un olivier dans la main et pas de fusil" (contrairement à la métaphore plus belliqueuse d'Arafat) est porteur de chance et d'espoir.

La chance que le monde, obnubilé par ses propres difficultés intérieures et par le printemps arabe, tourne de nouveau ses yeux vers le processus de paix. L'espoir que cette tribune offerte par l'ONU et les pourparlers qui s'annoncent, puissent enfin cristalliser la paix de deux voisins qui n'aspirent au fond qu'à exister. [crédits photos : respectivement Reuters / Mike Segar et AFP]