Dans la série "C'est pas que ça m'enchante, mais faut bien le faire sinon personne d'autre le fera", je ne peux m'empêcher de faire remarquer le programme hyper-tendancieux et subliminal de l'émission "Envoyé spécial" de ce jeudi 16 février 2012. Je n'ai pas la télévision, mais scrute les opinions que s'en font les internautes sur twitter et youtube. Intrigué par des tweets suintant violemment le dégoût, je pris soin de vérifier le programme du soir sur la chaîne et de visionner quelques extraits sur youtube. Le contenu est racoleur (comme d'hab' depuis 20 ans finalement) et propice à la libération émotionnelle, entre révolte politisée et catharsis, histoire de bien se purifier avant la fin de semaine. Voici l'ordre, vraisemblablement pas fortuit, des reportages :
1) "La viande dans tous ses états" présente un amalgame qui relève au mieux de l'incompétence, au pire de la malhonnêteté intellectuelle, entre abattage rituel et égorgement économique. Tollé des commentateurs sur le site de France2.
2) "Femmes de ménages : les nouveaux domestiques". On notera la transition implicite insidieusement imprimée dans l'inconscient des téléspectateurs (en l'occurrence pas que de la ménagère de moins de 50 ans), particulièrement réceptif avant d'aller se coucher : Viande + femmes de ménages = femmes traitées comme de la viande.
3) "Egypte : la révolution va-t-elle changer la condition des femmes ?" L'esprit continue sa reconstitution logique et vient chatouiller la zone reptilienne. "Où veulent-ils en venir ? Femmes-viande + Egypte islamique = la civilisation musulmane est barbare". Nous y voilà.
Suis-je paranoïaque ? Vérifions le programme de la semaine dernière. Sujet : "Islam, au nom de la peur". Ok...
Je ne sais si je suis plus effrayé par le contenu, certes dramatique de ces reportages, ou par le réflexe aussi pavlovien qu'ulcéré du public adepte du robinet télévisuel. Ce conditionnement manifeste (on sait qui nomme les dirigeants du service public) est destiné à nous accoutumer dès aujourd'hui à un choc accru de civilisations, et à légitimer demain l'affrontement souhaité avec l'Iran et les terres arabes de résistance à la mondialisation. Après tout, les médias ne sont pas qualifiés de quatrième pouvoir par hasard...
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vendredi 17 février 2012
mercredi 30 novembre 2011
ISLAM : QUAND LA FOI REVERDIT EN AUTOMNE
"Zonard" : banlieusard basané désœuvré ; à ne pas confondre avec un musulman.
Libye, Tunisie, Egypte, Maroc, tous submergés par la vague verte de l'Islam à des degrés divers. Après que les bobos et pseudo-humanistes ont loué le printemps arabe ("Vous reprendrez bien un Ferrerro Rocher... les soirées de l'ambassadeur sont toujours un succès"), ils se découvrent une tentation droitifuge au fur et à mesure que les voiles et autres charia se rapprochent de la patrie de Charles Martel. Sans comprendre leurs leaders et idéologues qui relativisent un automne musulman hier encore décrit comme une terrible menace, ils saisissent au moins une chose : "Soisic, tu ne penses pas qu'on devrait attendre encore avant de réserver pour l'Egypte ou la Tunisie ? C'est bien beau leurs élections, mais cette démocratie-là moi je dis non ! C'était quand même plus sûr quand il y avait des dictateurs".
Vous ne manquerez pas de voir fleurir cette interrogation : "C'est quoi l'Islam modéré ?" ; répondez par "C'est quoi un juif laïc ?"
Vous ne manquerez pas de voir fleurir cette interrogation : "C'est quoi l'Islam modéré ?" ; répondez par "C'est quoi un juif laïc ?"
lundi 28 février 2011
MAM ET NICO : PAROLES, PAROLES...
Qu'est-ce qui a réellement dicté à Michèle Alliot-Marie sa lettre de démission à Nicolas Sarkozy ? La poursuite fidèle de l'intérêt général, y compris par son propre départ, comme elle l'affirme ? MAM s'est-elle "immolée" politiquement de son gré, ou bien cette Iphigénie s'est-elle résignée à être sacrifiée par Agamemnon-Sarkozy, comme l'avait été Eric Woerth quelques mois auparavant, et ce pour calmer le courroux des dieux-sondages et du peuple ?
Musique : "Paroles, Paroles" (Dalida et Alain Delon).
28/02/2011. Au lendemain du limogeage de MAM et du remaniement-redéploiement ministériel, chaque membre du gouvernement y va de son explication. D'abord, un consensus : "Le contexte exceptionnel de révoltes en série du monde arabe, réclame des êtres d'exception" ; "Alain Juppé est une personne d'une grande expérience politique, en particulier dans la tenue des affaires étrangères." Le lien entre les deux propositions pourrait être rapidement établi et la conclusion d'un "Alain Juppé, homme providentiel de la situation" évidente... si "le cas MAM" n'entrait pas dans le jeu des chaises musicales. Un autre quasi consensus au sein du gouvernement : "Elle n'est pas licenciée pour faute grave." Alors comment expliquer qu'elle soit évincée de l'exécutif français, sans contrepartie ni lot de consolation ? Pour tenter de dissimuler les coutures de l'instigation ouvragée, deux principales versions ont été produites, non sans quelques interférences.
1) La version de François Fillon, qui se fait l'écho du contenu de la lettre de démission. "Ce n'est pas une décision morale, mais politique. C'est un acte stratégique face à une accélération de l'Histoire qui va avoir des conséquences que nous ne sommes pas en mesure d'imaginer sur l'économie mondiale" a-t-il déclaré aujourd'hui sur RTL. Dit autrement, sa démission, bien que fâcheuse, était nécessaire pour ne pas flétrir davantage aux yeux du monde notre crédibilité et notre place dans cette nouvelle configuration géopolitique. Plus familièrement : "pour rester dans la course internationale, on ne peut pas s'attacher un boulet au pied !" C'est la version officielle, non pas de Nicolas Sarkozy, mais du courrier signé par MAM et de François Fillon. Pour MAM, c'est une solution de moindre mal qui lui permet de se poser en victime innocente, défendant fièrement son honneur et sa capacité d'abnégation.
2) La version de Nicolas Sarkozy, relayée et explicitée par François Baroin et Christine Lagarde, moins tenus par le devoir de réserve que le chef de l'Etat. Pour la ministre de l'Economie s'exprimant ce matin sur Europe 1 : "On ne saurait accabler Michèle Alliot-Marie [...] Cette décision extraordinairement professionnelle est fondée sur l'expérience". Cela va certainement faire plaisir à la déchue... Et le porte-parole du gouvernement, philosophe et fataliste, de refermer diligemment la parenthèse MAM : "Il ne faut pas effacer 20 ans au service de notre pays [...] Son départ est cruel, mais personne n'est propriétaire de son poste ministériel". Salut l'artiste ! Le monde arabe lui préfère l'interjection "Dégage !", plus agressive, mais répondant à la même intention fondamentale.
La quasi totalité de la presse et de l'opinion aura noté la discourtoisie avec laquelle la ministre multicartes MAM a été "remerciée". Au milieu des témoignages de sympathie et de considération affectés, la ministre des affaires étrangères, importune et désavouée, est chassée comme une malpropre, par un tonitruant coup de pied au derrière. Si l'Histoire n'est pas trop injuste, elle apportera peut-être encore quelque éclairage critique à cette petite histoire, afin que les livres ne retiennent pas que la version du licenciement pour incompétence.
Musique : "Paroles, Paroles" (Dalida et Alain Delon).
28/02/2011. Au lendemain du limogeage de MAM et du remaniement-redéploiement ministériel, chaque membre du gouvernement y va de son explication. D'abord, un consensus : "Le contexte exceptionnel de révoltes en série du monde arabe, réclame des êtres d'exception" ; "Alain Juppé est une personne d'une grande expérience politique, en particulier dans la tenue des affaires étrangères." Le lien entre les deux propositions pourrait être rapidement établi et la conclusion d'un "Alain Juppé, homme providentiel de la situation" évidente... si "le cas MAM" n'entrait pas dans le jeu des chaises musicales. Un autre quasi consensus au sein du gouvernement : "Elle n'est pas licenciée pour faute grave." Alors comment expliquer qu'elle soit évincée de l'exécutif français, sans contrepartie ni lot de consolation ? Pour tenter de dissimuler les coutures de l'instigation ouvragée, deux principales versions ont été produites, non sans quelques interférences.
1) La version de François Fillon, qui se fait l'écho du contenu de la lettre de démission. "Ce n'est pas une décision morale, mais politique. C'est un acte stratégique face à une accélération de l'Histoire qui va avoir des conséquences que nous ne sommes pas en mesure d'imaginer sur l'économie mondiale" a-t-il déclaré aujourd'hui sur RTL. Dit autrement, sa démission, bien que fâcheuse, était nécessaire pour ne pas flétrir davantage aux yeux du monde notre crédibilité et notre place dans cette nouvelle configuration géopolitique. Plus familièrement : "pour rester dans la course internationale, on ne peut pas s'attacher un boulet au pied !" C'est la version officielle, non pas de Nicolas Sarkozy, mais du courrier signé par MAM et de François Fillon. Pour MAM, c'est une solution de moindre mal qui lui permet de se poser en victime innocente, défendant fièrement son honneur et sa capacité d'abnégation.
2) La version de Nicolas Sarkozy, relayée et explicitée par François Baroin et Christine Lagarde, moins tenus par le devoir de réserve que le chef de l'Etat. Pour la ministre de l'Economie s'exprimant ce matin sur Europe 1 : "On ne saurait accabler Michèle Alliot-Marie [...] Cette décision extraordinairement professionnelle est fondée sur l'expérience". Cela va certainement faire plaisir à la déchue... Et le porte-parole du gouvernement, philosophe et fataliste, de refermer diligemment la parenthèse MAM : "Il ne faut pas effacer 20 ans au service de notre pays [...] Son départ est cruel, mais personne n'est propriétaire de son poste ministériel". Salut l'artiste ! Le monde arabe lui préfère l'interjection "Dégage !", plus agressive, mais répondant à la même intention fondamentale.
La quasi totalité de la presse et de l'opinion aura noté la discourtoisie avec laquelle la ministre multicartes MAM a été "remerciée". Au milieu des témoignages de sympathie et de considération affectés, la ministre des affaires étrangères, importune et désavouée, est chassée comme une malpropre, par un tonitruant coup de pied au derrière. Si l'Histoire n'est pas trop injuste, elle apportera peut-être encore quelque éclairage critique à cette petite histoire, afin que les livres ne retiennent pas que la version du licenciement pour incompétence.
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