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mardi 10 septembre 2013

SYRIE : COMMENT SAPER LE PLAN RUSSE EN UNE CONDITION

La diplomatie française ne veut pas la paix en Syrie. Pour preuve, les conditions imposées par Fabius, surajoutées au plan russe de contrôle et démantèlement des armes chimiques syriennes, pour le rendre rédhibitoire. En particulier, elles exigent, dans une résolution déposée ce jour au Conseil de sécurité de l'Onu, "la condamnation des massacres du 21 août commis par le régime syrien". Une condition que Bachar el-Assad et Vladimir Poutine ne peuvent évidemment pas accepter, puisque cela reviendrait à reconnaître la responsabilité de l'attaque chimique dont Damas s'est toujours défendu.

Pour Fabius comme pour les experts, la neutralisation même des armes chimiques "prendrait des années" et ne garantirait pas, entre-temps, qu'Assad ne fasse pas usage d'autres armes chimiques sises dans des lieux ultra-secrets. En outre, cette destruction pourrait être perçue comme un moyen d'effacer les preuves d'utilisation antérieure de gaz sur la population syrienne, et une diversion pour gagner du temps, de la part d'un régime qui, selon ses adversaires, a décimé des civils et n'hésitera pas à le refaire, avec un équipement chimique ou conventionnel. La conclusion est explicite : "il faut empêcher Assad de nuire en le destituant et le faire comparaître devant le TPI". En clair : user de la force pour le virer. On en revient donc au même point que la semaine dernière et je doute que le brio tactique russe n'aboutisse à désamorcer la bombe géopolitique dans la région...

dimanche 5 février 2012

LA MINUTE DE MONSIEUR CYNIQUE : POURQUOI LE VETO SINO-RUSSE EST UNE BONNE NOUVELLE POUR LA FRANCE

Le veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité de l’Onu prouve que ces deux pays sont suffisamment sûrs de leur puissance et de leurs intérêts en Syrie, pour ne pas craindre l’opprobre international. En dépit du chantage, des accusations de complicité active, malgré toutes les images de massacres qui inondent les médias depuis plusieurs jours, ils ne se sont pas laissé impressionner.

L’obstination de ces deux pays nous rappelle qu’ils ne sont pas aussi assoupis que le dossier libyen avait pu le laisser penser. Leur abstention face à la résolution 1973 sur la Libye ne procédait pas de l’indifférence mais d’un calcul : ils ont laissé faire en espérant que l’OTAN se discréditerait en Libye, voire que les Etats-Unis s’y enliseraient comme dans un nouveau Vietnam.

La guerre froide n’est pas terminée, et le bloc de l’Est n’a pas abandonné ses ambitions géopolitiques. Nous devrions prendre exemple sur ces dirigeants lucides et responsables, qui se comportent de façon souveraine, comme des chefs qui font primer l’intérêt de leur nation sur toute autre considération. Ils savent pertinemment que la communauté internationale ne va pas leur pardonner leur veto et va leur reprocher d’avoir du sang sur les mains, mais ils ont compris qu’il y avait bien plus important pour eux.

La population civile, hélas, aurait été décimée, certainement davantage, si l’OTAN était intervenue en Syrie. Plutôt que de céder à des geignements stériles, certains bobos bisounours feraient mieux de se réjouir : il existe encore des contre-pouvoirs affirmés face aux Etats-Unis, et le monde a peut-être une chance de ne pas devenir un ensemble unipolaire régi par une gouvernance mondiale.

COMMENT LES "ATLANTISTES" VIENNENT DE PROUVER LEUR IMPLICATION DANS LES MASSACRES EN SYRIE

Il suffit parfois d'un "non" pour que les masques tombent. Gauthier Rybinski, envoyé spécial de France 24 pour la Conférence internationale sur la sécurité qui se tient aujourd'hui à Munich, vient d'avouer qu'un ordre du jour relatif au monde arabe avait été planifié : "le Nouveau Moyen-Orient". Comment les membres et organisateurs pouvaient-ils à ce point être persuadés que la Russie et la Chine s'abstiendraient (comme face à la résolution 1973 sur la Libye), plutôt que de poser leur veto ? La seule explication d'un tel optimisme, est qu'ils savaient que des évènements, préparés eux aussi, placeraient les diplomates russes et chinois au pied du mur et qu'ils ne pourraient pas s'opposer à une intervention militaire en Syrie. Quels évènements auraient pu être préparés à cette fin, si ce n'est des attaques ou contre-attaques particulièrement sanglantes, comme celles que le pays a vécu à Homs ces trois derniers jours ?...

samedi 4 février 2012

POURQUOI LA RUSSIE ET LA CHINE NE PEUVENT PAS LÂCHER LA SYRIE

A moyen terme, l’objectif de l'Occident au Moyen-Orient est de s’emparer du verrou eurasiatique, c'est-à-dire de l’Iran. Pour pouvoir le contrôler demain, il faut commencer par le rendre inoffensif aujourd’hui, en bombardant ses sites nucléaires. Car lorsque le pays possédera l’arme atomique, il ne sera plus possible de l’envahir militairement.

Mais avant de neutraliser ces fameux sites, il faut isoler l’Iran en le découplant de son allié chiite, la Syrie. Or l’actuelle absence de consensus diplomatique au sujet de la Syrie fait ressortir les véritables enjeux géopolitiques derrière le maintien de l’arc chiite : c’est à un duel à distance entre l’Est (Russie et Chine) et l’Ouest que nous assistons dans le bras de fer au Conseil de sécurité de l’ONU.

La possession de la bombe par l’Iran redessinerait significativement les cartes stratégiques en leur donnant une physionomie multipolaire. Ce qui entraverait largement le projet occidental d’imposer une gouvernance mondiale et un monde unipolaire sur lequel la fausse monnaie dollar règnerait en maître. On comprend mieux alors pourquoi la Russie et la Chine doivent soutenir à tout prix leurs alliés objectifs de la Caspienne...

SYRIE : VERS UN EMBRASEMENT DES RELATIONS EST-OUEST ?

Les négociations sur le projet de résolution de l’ONU sur la Syrie se sont accompagnées hier d’une escalade de la violence à Homs. Etonnamment pourrait-on dire, car Bachar al-Assad n’a aucun intérêt à jouer la provocation. Sauf à espérer, naïvement, pouvoir mater vite la rébellion, afin de soulager la Russie amie de la responsabilité qui lui incombe actuellement. Je ne crois guère à cette stratégie d’une contre-productivité évidente. La Syrie sait pertinemment qu’accroître la répression placerait encore plus la Russie au pied du mur, et justifierait la résolution onusienne. Sans avoir pu d’ailleurs endiguer des milices constamment reconstituées telles un phénix, et généreusement armées par l’étranger.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme et le Conseil national syrien ont immédiatement imputé ces massacres au régime d’Assad. Les médias occidentaux ont relayé ces allégations, en oubliant le conditionnel que l’opacité de l’information syrienne devrait pourtant requérir. Les opposants auraient voulu forcer la main à la Russie qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. Simultanément, des manifestations anti-Poutine se sont tenues à Moscou. Là encore, les mêmes qui veulent substituer à Assad un gouvernement acquis à la cause de la Ligue arabe et des Etats-Unis, auraient tout intérêt à alimenter les revendications contre l’actuel gouvernement russe allié à la Syrie.

La Russie comprend les visées expansionnistes de long terme des Etats-Unis et de l’Occident. Elle ne peut pas se permettre d’abandonner Assad : cela reviendrait à se séparer d’un allié historique nécessaire à sa propre survie politique autour de la Caspienne et au Moyen-Orient. Dans le camp adverse, les pressions grandissent pour culpabiliser la Russie en lui reprochant de se rendre, par le blocage diplomatique, complice des massacres syriens.

Tandis que l’Europe connaît une vague de froid sibérien, les relations Est-Ouest sont en train de se réchauffer considérablement. Les massacres en Syrie sont d’autant moins prêts à s’interrompre qu’ils sont entretenus par un appui extérieur. Par quels moyens l’Ouest parviendra-t-il à convaincre la Russie ? Les Etats-Unis et la Ligue arabe ne tenteront-ils pas une intervention militaire hors d’une résolution onusienne, quitte à courir le risque d’un affrontement direct avec la Russie ? La Russie ne claquera-t-elle pas la porte du Conseil de sécurité ?

samedi 28 janvier 2012

CENSURE VIRTUELLE ET CHAOS RÉEL

2012 commence très fort. Pas avec une révolution démocratique comme l’année précédente, mais avec une contre-révolution virtuelle.

Les Etats-Unis reprennent ainsi la main, ou plutôt continuent l'agenda totalitaire de la gouvernance mondiale (terme officiellement autorisé depuis la "jurisprudence Attali", merci Jacques :), en cadenassent progressivement les échanges numériques tout en espérant s'insinuer dans le marché chinois : fermeture de megaupload, censure modulable (et donc subjective et négociable) de twitter pour plaire aux régimes politiques en place…

La nation qui reste la 1e puissance mondiale, prépare le terrain à une action forte et généralisée. Elle sème insidieusement des graines de guerre civile et de chaos pour pérenniser sa suprématie. L’objectif : renforcer le conflit de civilisations jusqu'à la 3e guerre mondiale. Tout est déjà en place, à commencer par la scène maritime face à l’Iran et quelques éléments terrestres en Syrie, et j'ajouterais si j'étais plus vicieux, la fin programmée de la zone euro.

L'argument entendu dix fois dans les médias : "Les échanges mondiaux sont tellement imbriqués que les Etats-Unis et la Chine n'auraient aucun intérêt à espérer la déstabilisation de l'Union européenne puisque cela leur porterait également préjudice". Cela serait recevable si les Etats-Unis n'avaient pas à leur disposition une stratégie de renflouement économique plus rapide et efficace... Qui connaît les modalités d'entrée en guerre des Etats-Unis depuis Pearl Harbor sait à quoi je fais allusion.

Ce que je sais d'ores et déjà c'est que j'ai choisi mon camp : je ne ferai rien pour attiser une guerre absurde (pléonasme ?) et je ne combattrai pas pour des intérêts d'une dynastie oligarchique. Leur conflit néo-impérialiste, ils pourront se le mettre au cul. J'aime les valeurs les plus nobles de mon pays, et ces valeurs ne sont ni le mensonge ni la sauvagerie. Français, je ne me prostituerai au sens littéral ni pour des blancs, ni pour des noirs, ni pour des jaunes, ni pour personne.

mercredi 5 octobre 2011

CLASH DIPLOMATIQUE À L'ONU : CHINE ET RUSSIE OPPOSENT LEUR VETO À UNE RÉSOLUTION CONTRE LE RÉGIME SYRIEN

"La Russie et la Chine préféreraient vendre des armes au régime syrien !" De prime abord, on pourrait croire à une reviviscence de la guerre froide. Nous n'en sommes pas là, mais c'est pourtant bien un missile diplomatique que les deux géants de l'Est viennent conjointement de tirer sur le bloc occidental, couvrant tacitement la répression sanglante en Syrie.

Susan,Rice,veto,Chine,Russie,ONU,NU,diplomatie,US,Etats-Unis,Clinton,Syrie,AssadLes propos sont aussi désabusés que révoltés. Et ils sont le fruit de l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU. On a en effet appris en fin de soirée que la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, rejetaient la proposition de "mesures ciblées" contre le régime de Bachar al-Assad. "Aujourd'hui, le peuple courageux de Syrie peut maintenant voir qui dans ce Conseil soutient ses aspirations à la liberté et aux droits de l'homme universels et qui ne le fait pas", a déploré Susan Rice.

Même son de cloche côté français où l'on regrette un immense gâchis diplomatique et, en creux, une complicité irresponsable et criminelle. "Le veto russe et chinois est une expression de mépris pour les aspirations légitimes qui s'expriment courageusement en Syrie depuis cinq mois. C'est un rejet de ce formidable mouvement en faveur de la liberté et de la démocratie qu'est le Printemps arabe", s'est ainsi insurgé l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud. Le ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé s'est lui étonné de cette palinodie inattendue, alors que l'option édulcorante de "mesures ciblées contre le régime d'Assad" (au lieu des "sanctions" initialement souhaitées) avait recueilli le consensus onusien quelques jours auparavant.

Syrie,Bachar,Assad,tyran,dictature,morts,ONU Il s'agit du premier veto russo-chinois depuis celui qui avait bloqué des sanctions de l'ONU contre le président du Zimbabwe Robert Mugabe en juillet 2008. Toutes les autres nations ont en outre voté pour la résolution, à l'exception de l'Afrique du Sud, de l'Inde, du Brésil et du Liban qui ont préféré s'abstenir.

Pendant que la diplomatie internationale en dangereux alchimiste transmute les tergiversations en désunion explosive, le régime syrien continue de décimer sa population à tour de bras : 2 700 morts depuis la mi-mars et 11 nouvelles victimes aujourd'hui selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme.

mercredi 8 juin 2011

L'ONU ET LE CAS SYRIEN

Dans quelques heures, le Conseil de sécurité de l'ONU statuera sur le sort à réserver à la Syrie. Les différents membres craignent une impasse qui pourrait résulter du veto, à présent coutumier, de la Chine et de la Russie. L'intensification ces derniers jours de la pression militaire française et anglo-saxonne sur la Libye, ne pourrait se comprendre sans l'hypothèse d'une intervention prochaine en Syrie. Un front doit se libérer, pour qu'un nouveau soit occupé. Un peu de patience donc et il y en aura pour tout le monde...

vendredi 25 mars 2011

L'OTAN VS LIBYE : CHRONOLOGIE DE LA PREMIÈRE SEMAINE

17/03/2011. 23h34 heure française. La résolution de l'ONU en faveur d'une intervention en Libye, vient d'être adoptée par 10 voix "pour" et 5 abstentions. Au même instant, on apprend que les pro-Kadhafi commencent leur bombardement de Benghazi.

19/03/2011. Début du conflit entre la coalition internationale, dont fait partie la France, et la Libye.

25/03/2011. Transfert de commandement pour l'intervention en Libye. L'Otan supervisera la zone d'exclusion aérienne, la coalition les frappes au sol. La Chine, de son côté, appelle à un cessez-le-feu immédiat. L'explication est d'ordre économique : possédant de nombreuses infrastructures en Libye, elle craint pour la sécurité de ses ressortissants ainsi que pour la coopération économique entre les deux pays.