Affichage des articles dont le libellé est OTAN. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est OTAN. Afficher tous les articles

dimanche 5 février 2012

LA MINUTE DE MONSIEUR CYNIQUE : POURQUOI LE VETO SINO-RUSSE EST UNE BONNE NOUVELLE POUR LA FRANCE

Le veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité de l’Onu prouve que ces deux pays sont suffisamment sûrs de leur puissance et de leurs intérêts en Syrie, pour ne pas craindre l’opprobre international. En dépit du chantage, des accusations de complicité active, malgré toutes les images de massacres qui inondent les médias depuis plusieurs jours, ils ne se sont pas laissé impressionner.

L’obstination de ces deux pays nous rappelle qu’ils ne sont pas aussi assoupis que le dossier libyen avait pu le laisser penser. Leur abstention face à la résolution 1973 sur la Libye ne procédait pas de l’indifférence mais d’un calcul : ils ont laissé faire en espérant que l’OTAN se discréditerait en Libye, voire que les Etats-Unis s’y enliseraient comme dans un nouveau Vietnam.

La guerre froide n’est pas terminée, et le bloc de l’Est n’a pas abandonné ses ambitions géopolitiques. Nous devrions prendre exemple sur ces dirigeants lucides et responsables, qui se comportent de façon souveraine, comme des chefs qui font primer l’intérêt de leur nation sur toute autre considération. Ils savent pertinemment que la communauté internationale ne va pas leur pardonner leur veto et va leur reprocher d’avoir du sang sur les mains, mais ils ont compris qu’il y avait bien plus important pour eux.

La population civile, hélas, aurait été décimée, certainement davantage, si l’OTAN était intervenue en Syrie. Plutôt que de céder à des geignements stériles, certains bobos bisounours feraient mieux de se réjouir : il existe encore des contre-pouvoirs affirmés face aux Etats-Unis, et le monde a peut-être une chance de ne pas devenir un ensemble unipolaire régi par une gouvernance mondiale.

samedi 4 février 2012

POURQUOI LA RUSSIE ET LA CHINE NE PEUVENT PAS LÂCHER LA SYRIE

A moyen terme, l’objectif de l'Occident au Moyen-Orient est de s’emparer du verrou eurasiatique, c'est-à-dire de l’Iran. Pour pouvoir le contrôler demain, il faut commencer par le rendre inoffensif aujourd’hui, en bombardant ses sites nucléaires. Car lorsque le pays possédera l’arme atomique, il ne sera plus possible de l’envahir militairement.

Mais avant de neutraliser ces fameux sites, il faut isoler l’Iran en le découplant de son allié chiite, la Syrie. Or l’actuelle absence de consensus diplomatique au sujet de la Syrie fait ressortir les véritables enjeux géopolitiques derrière le maintien de l’arc chiite : c’est à un duel à distance entre l’Est (Russie et Chine) et l’Ouest que nous assistons dans le bras de fer au Conseil de sécurité de l’ONU.

La possession de la bombe par l’Iran redessinerait significativement les cartes stratégiques en leur donnant une physionomie multipolaire. Ce qui entraverait largement le projet occidental d’imposer une gouvernance mondiale et un monde unipolaire sur lequel la fausse monnaie dollar règnerait en maître. On comprend mieux alors pourquoi la Russie et la Chine doivent soutenir à tout prix leurs alliés objectifs de la Caspienne...

SYRIE : VERS UN EMBRASEMENT DES RELATIONS EST-OUEST ?

Les négociations sur le projet de résolution de l’ONU sur la Syrie se sont accompagnées hier d’une escalade de la violence à Homs. Etonnamment pourrait-on dire, car Bachar al-Assad n’a aucun intérêt à jouer la provocation. Sauf à espérer, naïvement, pouvoir mater vite la rébellion, afin de soulager la Russie amie de la responsabilité qui lui incombe actuellement. Je ne crois guère à cette stratégie d’une contre-productivité évidente. La Syrie sait pertinemment qu’accroître la répression placerait encore plus la Russie au pied du mur, et justifierait la résolution onusienne. Sans avoir pu d’ailleurs endiguer des milices constamment reconstituées telles un phénix, et généreusement armées par l’étranger.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme et le Conseil national syrien ont immédiatement imputé ces massacres au régime d’Assad. Les médias occidentaux ont relayé ces allégations, en oubliant le conditionnel que l’opacité de l’information syrienne devrait pourtant requérir. Les opposants auraient voulu forcer la main à la Russie qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. Simultanément, des manifestations anti-Poutine se sont tenues à Moscou. Là encore, les mêmes qui veulent substituer à Assad un gouvernement acquis à la cause de la Ligue arabe et des Etats-Unis, auraient tout intérêt à alimenter les revendications contre l’actuel gouvernement russe allié à la Syrie.

La Russie comprend les visées expansionnistes de long terme des Etats-Unis et de l’Occident. Elle ne peut pas se permettre d’abandonner Assad : cela reviendrait à se séparer d’un allié historique nécessaire à sa propre survie politique autour de la Caspienne et au Moyen-Orient. Dans le camp adverse, les pressions grandissent pour culpabiliser la Russie en lui reprochant de se rendre, par le blocage diplomatique, complice des massacres syriens.

Tandis que l’Europe connaît une vague de froid sibérien, les relations Est-Ouest sont en train de se réchauffer considérablement. Les massacres en Syrie sont d’autant moins prêts à s’interrompre qu’ils sont entretenus par un appui extérieur. Par quels moyens l’Ouest parviendra-t-il à convaincre la Russie ? Les Etats-Unis et la Ligue arabe ne tenteront-ils pas une intervention militaire hors d’une résolution onusienne, quitte à courir le risque d’un affrontement direct avec la Russie ? La Russie ne claquera-t-elle pas la porte du Conseil de sécurité ?

mercredi 8 juin 2011

L'ONU ET LE CAS SYRIEN

Dans quelques heures, le Conseil de sécurité de l'ONU statuera sur le sort à réserver à la Syrie. Les différents membres craignent une impasse qui pourrait résulter du veto, à présent coutumier, de la Chine et de la Russie. L'intensification ces derniers jours de la pression militaire française et anglo-saxonne sur la Libye, ne pourrait se comprendre sans l'hypothèse d'une intervention prochaine en Syrie. Un front doit se libérer, pour qu'un nouveau soit occupé. Un peu de patience donc et il y en aura pour tout le monde...

dimanche 29 mai 2011

LIBYE : LA GRANDE-BRETAGNE RELÈVE LE COCKTAIL...

Après l'intensification des frappes de l'OTAN sur la Libye et l'envoi d'hélicoptères de combat, la Grande-Bretagne pimente encore un peu plus la sauce grâce aux bombes Enhanced Paveway II, qui pèsent chacune près d'une tonne et sont capables de percer des toits ou des murs renforcés. "Nous ne tentons pas de cibler physiquement des individus dans l'entourage de Kadhafi (...) mais nous leur adressons des messages de plus en plus fort", a déclaré le secrétaire à la Défense, Liam Fox. Des frappes de moins en moins chirurgicales et de plus en plus sanglantes attendent les civils libyens. Puisque l'OTAN ne peut plus soutenir le coût économique d'une telle intervention militaire, elle réévalue le prix de Kadhafi en vies humaines ... Question : qui, actuellement, meurtrit le plus la Libye ?

vendredi 25 mars 2011

L'OTAN VS LIBYE : CHRONOLOGIE DE LA PREMIÈRE SEMAINE

17/03/2011. 23h34 heure française. La résolution de l'ONU en faveur d'une intervention en Libye, vient d'être adoptée par 10 voix "pour" et 5 abstentions. Au même instant, on apprend que les pro-Kadhafi commencent leur bombardement de Benghazi.

19/03/2011. Début du conflit entre la coalition internationale, dont fait partie la France, et la Libye.

25/03/2011. Transfert de commandement pour l'intervention en Libye. L'Otan supervisera la zone d'exclusion aérienne, la coalition les frappes au sol. La Chine, de son côté, appelle à un cessez-le-feu immédiat. L'explication est d'ordre économique : possédant de nombreuses infrastructures en Libye, elle craint pour la sécurité de ses ressortissants ainsi que pour la coopération économique entre les deux pays.

jeudi 10 mars 2011

LIBYE : RÉDEMPTION OU DÉCHÉANCE DE SARKOZY ?


Audio : Yves Izard, pour France-Info.
Photo : agence Reuters.

Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention de redorer le blason de la diplomatie française. Il souhaitait sans attendre se racheter des atermoiements et ambiguïtés géopolitiques dérangeantes qui avaient discrédité la France sur la scène internationale, lors des précédentes révoltes du monde arabe.

Ainsi, ce jeudi 10 mars 2011, en pleine guerre civile entre partisans et opposants au régime de Kadhafi, l'Elysée a reçu le Conseil national de l'opposition et fait de la France la première nation à le reconnaître officiellement comme représentant du peuple libyen. Conscient du bras de fer qui s'engage entre lui et le chef libyen, le président français a évoqué la possibilité d'un renforcement des mesures coercitives de type "frappes ciblées" sur des zones stratégiques contrôlées par le colonel Kadhafi. Une prise de position "formidable", selon Bernard Henri-Lévy qui était présent durant cet entretien.

Une autre personnalité grimace beaucoup plus et vient d'avaler sa première grosse couleuvre, en constatant, médusé, que Nicolas Sarkozy écoutait le "philosophe glamour" héritier de la gauche caviar avant de consulter son ministre officiel. Ces décisions ont été prises en effet à l'insu d'Alain Juppé qui en a eu connaissance en même temps que l'opinion. Sans ambages, l'Elysée rappelle à l'ambitieux ministre des affaires étrangères que le président de la République reste le maître de la diplomatie tricolore. Une humiliation que le potentiel présidentiable UMP risquerait bien de payer cher d'ici 2012...

Dans la foulée, une vive contre-réaction accompagnée de menaces personnelles s'est élevée de l'autre côté de la Méditerranée. L'agence officielle libyenne Jana a annoncé avoir "appris qu'un grave secret allait entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale de 2007". Notre président désirait "élever le débat". Hélas, ce n'est pas "l'Ascension" mais le Jugement Dernier libyen qui lui est promis, sur fond de représailles politiques. Des risques de pactiser avec le diable et de dîner sous sa tente...

10/03/2011. 16h. "L'empereur des français" comme d'aucuns le surnomment, se prend pour un empereur européen. Grincements de dents de l'Union Européenne qui n'entend pas consacrer l'imperium d'un Charles Quint tricolore. En dépit du soutien du Parlement européen à Strasbourg, plusieurs nations partenaires de la France émettent des réserves à l'encontre de cet acte politique. Une source proche du gouvernement allemand a souligné l'absence de "signification" au regard du droit international d'"une reconnaissance du Conseil des rebelles". De son côté, le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a jugé "préférable d'attendre la position de l'ensemble de l'Union européenne avant de reconnaître le Conseil National de Transition comme étant la seule autorité légitime en Libye". François Bayrou dénonce une "erreur politique", de même que le président d'honneur du Front National, Jean-Marie Le Pen.

—————————————————————

11/03/2011. L'Union Européen s'est finalement rangée derrière les positions de Nicolas Sarkozy et David Cameron, après que notre président ait rectifié son tir par la nuance "mesures ciblées", à la place de "frappes ciblées".