"— Tu vas être comme nous, oui ?!
— Non, je ne veux pas, je veux rester traditionnelle !
— Tu gênes notre cause, traîtresse, collabo !"La liberté d’être autrui se retrouve alors, pauvre liberté chérie, prise en otage par un devoir insidieusement libellé "droit à l’égalité".
Un droit, parfaitement monsieur ! Tu en doutes ? Vilain réactionnaire ! Au pilori bien-pensant ! A l’instar de Gérard Bessette, qui claironnait haut et fier en 1962 dans Les Pédagogues :
"Les femmes jouent souvent en dehors du foyer un rôle utile. Toutefois, il ne faudrait pas, que sous prétexte d’une égalité d’ailleurs chimérique et contre-nature, elles s’immiscent partout à la place des hommes"C’est vrai que cela fait mal à nos oreilles conditionnées par une autre rengaine, typiquement gauchisante. Vous vouliez de la trivialité ? Ca tombe bien, en voici ! D’abord, qu’un homme soit en moyenne plus fort physiquement qu’une femme, et que cela continue d’orienter les rapports sociaux entre eux, c’est un fait. Légiférer ne gommera pas les dissemblances biologiques. Essayer de réduire artificiellement toutes les différences entre hommes et femmes, aboutit à une perte de repères identitaires. Il est de connaissance commune que selon les psychanalystes, le désir refoulé de nombreuses femmes serait de s’approprier tous les symboles associés au pénis, à défaut de le posséder physiquement. Les hommes, pour continuer à exister face à des femmes qui leur disputent le territoire masculin barbelé, se défendent par l’outrance, souvent ridicule, de la survirilité machiste ou de la coquetterie.
De la même manière, d’aucuns souhaiteraient ignorer la spécificité de la libido masculine qui repose sur le sentiment de domination. Concrètement, un homme ne peut pas avoir d’érection pour une femme qui lui paraît supérieure physiquement, socialement, économiquement, intellectuellement, puisque il l’associe inconsciemment à une forme de perfection maternelle intouchable. Caricatural ? Non. Dur à entendre parce que froidement réaliste.
L’identité ne s’élabore pas dans l’égalité mais dans la conscience de l’unicité. Le progrès démocratique de nos sociétés, leur moteur, est d’ordre hégélien : c’est l’opposition. Qu’on cherche à la faire taire et elle renaît ailleurs, plus virulente que jamais. Notre nature, aiguillonnée par la culture occidentale individualiste, n’admet pas qu’on l’étouffe en la noyant dans la masse. Elle a besoin de se nourrir de différences : lorsque les différences fondamentales sont niées, une pléthore d’autres, plus futiles et superficielles, apparaît. Le credo égalitaire est l’une des plus dangereuses et captieuses utopies qui soient. Sa force de séduction est si grande que des foules entières la réclament encore, par la rue et par les urnes. Qui aura raison ? La majorité ou l’Histoire ?
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