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jeudi 8 novembre 2012

NETANYAHU "EN MEETING A TOULOUSE", "PAS CORRECT" (FRANÇOIS HOLLANDE)

"Netanyahu était venu faire campagne en France on le savait. Son déplacement était prévu en deux temps à Toulouse, recueillement puis discours [...] Comme j'étais là, il a un peu resserré son discours, mais ce n'était pas bien de transformer cette cérémonie en meeting électoral [...] Il n'a pas été correct" (François Hollande, 4 novembre 2012, dans l'avion vers Beyrouth, propos recueillis par Le canard enchaîné et confirmés par l'AFP).

Si même l'Indolent de la République le dit, au risque de se brouiller avec son allié hébreu et de passer pour un antisémite... On attend avec impatience la réaction du CRIF, de Bernheim et de la diplomatie israélienne...

Après Obama et Sarkozy qui déclaraient en off en avoir marre de Netanyahu, voilà Hollande qui leur emboîte le pas après seulement 6 mois de mandat. Ça promet !

jeudi 1 novembre 2012

TOULOUSE : COMMÉMORATION D'UN DRAME NATIONAL OU... COMMUNAUTAIRE ?

Cérémonie en hommage aux victimes de l'attentat de Toulouse (1 novembre 2012).

Question : pourquoi faire d'une tragédie nationale ayant meurtri des Français athées, des catholiques, des juifs et des arabes, un drame spécifiquement juif, commenté par Netanyahu et accompagné de prières en hébreu par des rabbins ? Le tout devant les représentants de notre république française laïque (le Président Hollande et Peillon le ministre de l'Education nationale), qui devinrent pour l'occasion de simples invités de marque... Les journalistes d'itélé, gênés aux entournures, eurent du moins l'honnêteté intellectuelle de s'interroger sur le mélange des genres politique-religieux, incompatible avec les règles d'un Etat laïque, et sur l'instrumentalisation politique de ce recueillement par un Netanyahu en quête d'alliés sur le dossier du nucléaire iranien.

Le Premier ministre israélien, décidément à l'aise comme chez lui, clôtura cette commémoration transformée en meeting par un chant en hébreu "Israël vivra", un hors sujet indigne. Mais au fait, aurait-il accepté la réciproque, c'est-à-dire que l'exécutif français entonne la Marseillaise dans son pays ? J'en doute. L'hospitalité française a beau être proverbiale, elle a aussi sa limite : le ridicule.

vendredi 23 septembre 2011

DEMANDE DE RECONNAISSANCE DE L'ÉTAT PALESTINIEN : LE COUP DE FORCE PACIFIQUE D'ABBAS

Fascinante accélération de l'Histoire aujourd'hui avec la demande explicite et officielle de reconnaissance de l'Etat palestinien, par le président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, auprès des instances de l'ONU. Un moment historique, même si la requête a peu de chances d'aboutir. Le journaliste spécialiste de politique internationale d'itélé, Olivier Ravanello, nuance ainsi : "La Palestine n'aura peut-être pas gagné un Etat, mais elle aura trouvé un chef d'Etat".

abbas,onu,diplomatie,palestine,israël,netanyahu,colons,gaza,cisjordanie,jerusalem,intégrisme,obama,hamasCertains ne l'en croyaient pas capable. "Trop velléitaire". Pourtant, il a osé ! L'initiative est fraîchement accueillie par Israël, même si ce soir à l'Assemblée Générale Netanyahu s'est montré conciliant, assurant son allié que la paix était bien l'objectif commun aux deux peuples. Les Etats-Unis, qui avaient multiplié les tractations avec Abbas depuis plusieurs jours dans l'espoir de le voir renoncer à son coup de poker, ont peu apprécié. Une grise mine ostensiblement affichée, représentative, selon la journaliste Laurence Haïm (itélé), d'un "véritable échec de la diplomatie d'Obama". Entre les difficultés intérieures et la perte d'autorité internationale, la réélection du chef de l'Etat américain semble bien compromise.

Un autre point de vue très intéressant, celui d'Elias Sanbar, l'ambassadeur de Palestine à l'UNESCO, cet après-midi sur Europe 1. Selon lui, les Etats-Unis sont d'autant plus réticents à ce va-tout diplomatique et pacifique "unilatéral", qu'ils ne "veulent pas partager le processus de paix -- chasse gardée". L'ambassadeur reproche implicitement aux Etats-Unis de vouloir conserver l'arbitrage majoritaire du processus de négociation, afin d'être juge et partie pour la cause israélienne, et au final d'entretenir le statu quo ou de faire achopper les négociations. Une reconnaissance de l'Etat Palestinien, arriverait-elle après une étape intermédiaire d'Etat observateur comme celle que proposait le président français Nicolas Sarkozy, modifierait radicalement la donne géopolitique au Proche-Orient et le leadership de l'alliance israélo-américaine.
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Certes, la contre-attaque d'Obama est attendue et reconnue avec lucidité et franchise par notre ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé. Interrogé hier sur itélé, il valida dans le langage diplomatique ce que l'opinion sait déjà : quelle que soit l'intensité des pourparlers prévus dans les semaines qui nous séparent du verdict onusien, le membre permanent américain opposera son veto au sein du Conseil de sécurité.

Néanmoins, et sans préjuger du résultat procédural, Ramallah (Cisjordanie), en liesse, célèbre déjà une avancée. Le peuple palestinien, approuvant à 80% l'action d'Abbas, est en effet conscient que le courage de celui qui se présente à l'ONU avec seulement "un olivier dans la main et pas de fusil" (contrairement à la métaphore plus belliqueuse d'Arafat) est porteur de chance et d'espoir.

La chance que le monde, obnubilé par ses propres difficultés intérieures et par le printemps arabe, tourne de nouveau ses yeux vers le processus de paix. L'espoir que cette tribune offerte par l'ONU et les pourparlers qui s'annoncent, puissent enfin cristalliser la paix de deux voisins qui n'aspirent au fond qu'à exister. [crédits photos : respectivement Reuters / Mike Segar et AFP]